Mythe et Super-Héros

Mythe et Super-Héros

Alex Nikolavitch

La question des super-héros est à la mode en ce moment. Quand je dis à la mode, je ne parle pas des deux grandes franchises américaines, Marvel et DC, qui sévissent depuis plus de dix ans déjà sur le marché de l’industrie cinématographique, avec le succès que l’on sait, et plus récemment dans le domaine des séries télévisées, avec un succès non moins important, ce qu’aucune des deux firmes ne boude.

Du coup quand je dis que les super-héros sont à la mode en ce moment, de quoi que j’cause ? Hein ? Bah déjà faudrait définir un sujet et un espace-temps. C’est complexifique tout ça. Le sujet ce sont les super-héros (avec ou sans trait d’union) et l’espace-temps c’est l’apparition des mythes indo-européens, parce que je connais pas les autres, en GROS.

Bah ouais, parce qu’au final nos super-héros ont quoi de plus que les super héros antiques – et là, vous comprenez l’importance de ce trait d’union – hein ? La combo slip-caleçon, ça oui, on peut pas la leur enlever. Mais bon quand même. Et c’est là tout l’intérêt du livre d’Alex Nikolavitch que je vais essayer de vous présenter ce jour.

Et comme je me sers pas mal de ce bouquin pour préparer une conférence que je donne vendredi soir dans un petit cinéma au Sud de Mâcon, bah en fait, je prends du retard dans mes chroniques. Ouais.

Un Super-Livre

Avec des titres de la sorte, je me dis que les Moutons finiront par repérer à quel point je suis consciencieux dans le cirage de pompe et que j’aurais mon petit lopin dans le paradis doré des éditeurs. Bref, après cet intermède carriériste et arriviste, reprenons.

Mythe et Super-Héros, puisque c’est son titre, est édité chez Les Moutons Electriques, justement. J’avais déjà présenté quelques ouvrages de cet éditeur, tous issus jusqu’à présent de la Bibliothèque Voltaïque, une de leurs collections. Pour cette fois, on s’éloigne un peu, on tourne de 4 rayons à droite, on prend la porte verte, on salue le Maître des Miroirs, parce que nous entrons désormais dans la Bibliothèque des Miroirs.

Alors c’est vaguement compliqué de décrire les bouquins des Moutons, parce qu’ils ont tendance à être bons, agréables à la lecture et à ne pas s’abîmer trop vite. On peut noter deux choses frappantes, pour toute la collection. Et une troisième.

La première chose est le soin apporté aux couvertures. Rapidement, le premier truc qui saute aux yeux, ce sont les couvertures, toutes travaillées. En même temps, quand on veut pondre des essais sur les comics, c’est la moindre des choses que de se mettre au niveau. Il faut, sur une monographie, du premier coup d’oeil distinguer à quoi l’ouvrage se réfère. Quand on bosse sur Alan Moore ou Frank Miller, ça semble plutôt réussi. Alors pour un titre comme Mythe et Super-Héros, à quel encapé peut-on penser en premier si ce n’est The Almighty Thor duquel ne subsiste que la cape rouge, découpé sur fond blanc devant un orage formidable qu’il semble avoir convoqué. On doit ce formidable visuel à Sébastien Hayez [ndlf : le garçon est en pleine recherche d’emploi alors n’hésitez pas à cliquer], comme quasiment l’intégralité des ouvrages de cette collection que j’ai pu me procurer (9/10). On peut dire qu’il a su interpréter les styles des uns et des autres et les rendre vivants sur une couverture catchy. D’ailleurs, on notera la présence de rabats illustrés, comme pour la Bib’ Voltaïque, et notamment l’effort fait sur les « crédits » en fin d’ouvrage. Le rabat du quatrième de couv’ porte effectivement, comme d’hab chez les Moutons, les mentions d’autres ouvrages de la collection plus ou moins en rapport avec celui que l’on tient entre les mains, c’est d’bonne guerre, mais il y a un véritable effort – donc – de mise en scène de ces mentions à la « générique » de comics. C’est cool, ça fait du bien, et ça marche.

Pour revenir sur l’édition à proprement parler, la charte graphique de la collection permet de s’y retrouver avec des bandeaux de couleurs selon les thématiques et les auteurs, un dos harmonisé pour plus de lisibilité – éditeur en rouge, titre en majuscules et auteur – ce qui donne un bel ensemble qui rend parfaitement bien dans une étagère. Pourquoi je vous raconte ça ? Peut-être parce que c’est important d’avoir un ensemble visuel cohérent quand on contemple le rayonnage dans lequel sont entreposés tes comics. Et pour une collection regroupant des essais exclusivement sur l’univers et les grandes figures des comicbooks, c’est quand même un effort plus qu’appréciable de la part de l’éditeur qui, comme à son habitude, fait les choses correctement, voire plus. Ainsi notre étagère comics gagne donc en uniformité. Non pas que je soutienne outre mesure les uniformes, mais bon. Et puis, le noir, c’est digne. Comme Lucas.

On notera rapidement la présence de quelques pages imprimées en couleur pleine page de reproductions de planches des auteurs dont il est question, en début d’ouvrage. Un chouette travail, complété par des illustrations en noir et blanc au long du texte. Bref, ça fait deux choses remarquables. Il est donc temps de parler de la troisième. Bon, pour être tout à fait honnête avec vous, on en a déjà parlé un peu à propos d’Un éclat de Givre d’Estelle Faye :

L’ouvrage en lui-même compte 245 pages et a été imprimé en République Tchèque. Je tenais à souligner ce point parce que les Moutons semblent vouloir faire un tour du monde des imprimeur pour leurs publications. Visez plutôt ce quelques exemples :

Bon j’avais alors ergoté quelques instants, vous beurrant la biscotte de théories échevelées sur les raisons qui peuvent, ou non, pousser un éditeur à se délocaliser de la sorte. Le patron des Moutons, André-François Ruaud, était alors intervenu en commentaires pour expliquer un peu et me rappeler à l’ordre.

À propos d’imprimeurs, hum, désolé mais vous êtes un peu à côté de la plaque, oserais-je dire.
À vous lire, on croirait que vous pensez que l’impression française c’est la Rolls-Royce de l’impression ? Loin de là, très loin de là : être imprimé en France c’est l’horreur, tout bonnement. Nous n’avons jamais trouvé un seul imprimeur français réellement compétent. non seulement ils sont plus chers, mais ils sont *mauvais*, apparemment il n’y a plus de savoir-faire en France pour l’impression de livres autres que bas de gamme (et encore, même ainsi ça laisse à désirer). Je vous ferai grâce de la multitude d’avanies que nous avons subi en 10 ans chez les imprimeurs français… incompétence, mauvaise foi, ratages en tous genres, arnaques sur le papier, arnaques sur le prix, retards, non respect du cahier des charges, etc. L’horreur, vraiment. Nous ne voulons vraiment plus nous frotter aux imprimeurs français, trop échaudés que nous sommes !
Donc dans un premier temps, nous avons trouvé un imprimeur espagnol, à Barcelone, qui n’était pas moins cher que les français mais qui avait le double avantage d’avoir un représentant lyonnais et archi-compétent (au lieu d’un vendeur de cravate ou de saucisse comme apparemment la plupart des autres représentants français d’imprimerie) et d’être très très bon, d’avoir une haute tenue et une grande exigence technique, à un point que nous n’avions tout simplement jamais vu chez les imprimeurs français.
Puis leur repré a pris son indépendance et nous l’avons suivi : il est devenu notre chef de fabrication freelance, et c’est lui qui nous trouve des imprimeurs, des solutions techniques, les meilleurs prix, qui négocie pour nous et qui suit de près chaque projet. et depuis que nous sommes en partenariat avec ce chef de fab freelance, Sébastien Ferlin, nous n’avons plus jamais rencontré le moindre problème, au contraire, le niveau de qualité technique de l’impression et fabrication de nos ouvrages n’a cessé de grimper. Touchons du bois. Et il s’avère qu’actuellement, les meilleurs imprimeurs, ceux avec le plus haut niveau, sont en Europe de l’Est – par exemple, le meilleur fabricant de machines se trouve en Pologne, eh oui, la technologie s’est déplacée vers l’Est.
Quant à la Chine, eh bien c’était pour des fabrications que personne en Europe n’était fichu de faire, tout simplement. Ceci dit, la Chine est devenue trop chère, plus chère que l’Europe, et les délais sont forcément colossaux, donc nous tâcherons de ne plus y aller.
Quant au fait de changer tout le temps d’imprimeurs, eh bien c’est parce que ce qui nous importe c’est la qualité spécifique de chaque réalisation, et chaque livre ou presque a ses propres exigences techniques. Donc mettre tous nos œufs dans un même panier était une erreur que nous essayons de moins commettre.

Merci infiniment pour vos chroniques, très pertinentes et analytiques, c’est le rêve que d’avoir un lecteur aussi attentif, savez-vous ?

Pour Les Moutons Électriques, AF Ruaud.

Je jure sur The Watchmen que je n’avais pas fait attention à la dernière phrase avant maintenant. Bon, maintenant qu’elle y est, autant la laisser, non ? Bref, du coup ça se répète ici ? Et bien, hormis le hardcover – Le Dico des Super Héros – imprimé en République Tchèque, et celui sur Kirby, imprimé en France, les 8 autres l’ont été en Espagne. Une stabilité trouvée entre les exigences techniques des couvertures souples et du mélange d’impression couleur / noir et blanc dans l’ouvrage ? Il semblerait. D’autant que le seul imprimé en softcover hors Espagne est le plus ancien. Mais qui sait, peut-être aurons-nous le plaisir de revenir plus longuement sur ce point.

Une belle unité visuelle, mais un intrus se cache en bas à gauche, sauras-tu le repérer ?

Une belle unité visuelle, mais un intrus se cache en bas à gauche, sauras-tu le repérer ?

Un mythe dans la poutre

Je n’ai pas encore pris le temps de vous dire de quoi parle Mythe et Super-Héros, mais j’ai gagé que le titre se suffirait à lui-même. Vous l’aurez compris, Alex Nikolavitch veut vous emmener dans les petits papiers petite connections synaptiques des monstres du comicbook à l’américaine pour retracer le lien entre les vieux mythes à l’indo-européenne – on y revient t’inquiète pas – et nos amis à super-pouvoirs. Mais avant ça, une dernière chose à préciser sur le bouquin. On l’a vu cette édition regorge d’avantages, dont le dernier n’est ni la qualité de ses illustration ni le confort de lecture, on ne le dit pas assez souvent. Mais il en est encore plusieurs que l’on n’a pas cités et qui, dans un tel ouvrage, s’avèrent parfaitement indispensables, certes ne font pas de bruit dans le coin, mais sans qui on passerait un sale moment dès que l’on voudrait retrouver un passage. Parce qu’à l’ère du papier, point de ctrl + F pour rechercher une référence, une analyse ou que sais-je encore. Ce sont bien évidemment les bien-nommés IndexChronologie et Bibliographie, disposés strictement inversement à cet ordre en fin d’ouvrage. Si les intérêts de l’Index et de la Chronologie sont assez évidents – compilation et recherche en premier lieu, contexte et clarté dans le second cas – ceux de la Bibliographies sont plus subtils.

Bon, je vais pas vous prendre pour des têtes de pont – une tête de pont, c’est là, c’est passif, ça ne fait que subir et s’en prendre plein la poire à la moindre sortie de route voyez-vous, et vous n’êtes pas de ce genre, non mais ! – ni casser trois pattes à un canard – boiteux le canard, en plus, hein, planqué sous sa tête de pont là – en vous disant que ça sert avant tout à aller plus loin comme disait la documentaliste pendant vos heures au CDI, quand vous étiez en 5ème D du Collège du Vieux Fresne. Bref, c’est de la biblio, quoi. Mais là où elle se montre intelligente et perspicace c’est quand on prend l’aspect EXPANSIF que peuvent prendre les publications papiers de nos amis américains, surtout au niveau des comicbooks. Classant ses entrées par thème, comme toute bonne bibliographie qui se respecte, elle nous synthétise rapidement et de façon rédigée l’intérêt de très peu d’ouvrages (car sélection en amon) : cela permet de ne pas avoir une liste longue comme le bras  – austère et donnant envie au lecteur de se pendre avec ses propres intestins plutôt que de lire toutes les lignes une par une en les inversant fréquemment à cause de son strabisme divergeant, sans que l’éditeur ait le moins du monde ce poids sur sa conscience déjà bien rognée – et de permettre au lecteur de s’y retrouver dans cette forêt – de symboles ! LMFAO Baudelaire troll. Et, dit comme ça, ça peut paraître, une fois encore, surfait. Mais quand on vous conseille de lire un peu le job de Kirby sur the The Eternals, croyez bien que vous aimez soudainement l’auteur quand il vous indique une obscure édition compilée des meilleures années plutôt que devoir vous les taper tous sur des brocantes ou des comics-shops au rayon occaz’ ou, pire, en scan sur votre tablette.

L’auteur, tant qu’on y est, ne l’oublions pas. Qui c’est ce Nikolavitch, là, qui nous raconte des trucs sur les collants et les marteaux ? Et bien c’est un mec qui, outre être scénariste à ses heures perdues, conférencier ou encore, on le voit ici, essayiste, a traduit pendant pas mal d’années un sacré nombre de comics US. Et à force d’en extraire la moelle ricaine et de la transformer en une digeste farce plus franchouillarde afin que les suppôts de Voltaire puissent y comprendre quelque chose, il a fini par déceler les redites, les grandes similitudes et les origines communes. C’est pourquoi, fort de son expérience, il se retrouve, à terme, capable de nous parler aussi bien des Apocalypses que des Super-héros en slip. La preuve, à Angoulême, cette année, si j’en crois son blog, il a fait une conférence sur « Les dieux de Kirby« , c’est dire. Et ouais mon pote, tu sais pas à qui tu t’frottes.

On ressent d’ailleurs cette capacité d’analyse, qui lui est venue à force de disséquer cette forme de narration, au fil de cet ouvrage où se découpent au laser d’innombrables points de concordances avec d’autres médias, d’autres supports et l’impact de la réalité du temps sur les productions. En cela j’essaierai de vous faire un petit billet sur Mythe et Idéologie du Cinéma Américain, de Laurent Aknin, qui d’un postulat et d’un référent différents, arrive à tirer des conclusions parallèles sur la place du mythe et du divin dans les productions fictionnelles que l’on range hâtivement sous le label de fantasy (à savoir horreur, sf, fantasy au sens strict, historico-péplum). De l’intérêt, vous dis-je, y’en a à la pelle.

Une

Une glorieuse illustration d’Odin, un Yggdrasil en pleine page, un générique qui gicle, et Question qui dispute son espace de page au Silver Surfer, c’est aussi ça, ce bouquin.

De l’indo-européanisme

Mythe et Super-Héros est pensé comme un Petit Manuel de l’exégèse de la BD américaine spécialisé dans la relecture du sous-texte – ou du trans-texte, on est pas genré ni miso, ici – qui ne cherche pas vraiment à vous expliquer les mythes en tant que tel. Son but c’est vous faire prendre conscience de la présence de nombre desdits mythes et d’un amont de terreau commun implanté dans les consciences collectives en Asie et en Europe. Il emploie pour cela un mode de discours efficace et délibérément limpide. Après une introduction dans laquelle il pose rapidement les bases de son analyse (corpus, définition du sujet), il va faire un rapide tour d’horizon de ce qu’on appelle mythe (fonctionnement, origine, opposition…) avant d’exemplariser au travers de deux maîtres incontestés ayant opéré simultanément (Steve Ditko et Jack Kirby) et ayant deux visions différentes des mythes, puis terminera sa démonstration par un élargissement volontaire du champ de vision en regardant comment se multiplient les faces du mythe en autant de fragments de miroirs, parfois inversés (actualisation, copies, panthéons modernes, doubles-inversés) pour conclure sur une note qui n’est pas sans rappeler l’edito qu’Estelle Faye, que l’on a rapidement citée plus haut, avait écrit pour nous : de l’espoir dans nos mouilles.

  • Introduction
  • Mythe et Structure
  • Deux ourdisseurs de mythe
  • Le Miroir et les Masques
  • CRé-Enchanter le monde

Simple et limpide, ai-je dit. Ce qui ne veut pas dire facilité. Quand bien même ça rimerait. Comment ça, ça rime ? Je le saurais ! Outre le côté tri-partite par lequel mon passif de médiéviste aigri et borné se sent latté et contenté au plus haut point, et qui est signe d’un sérieux à toute épreuve – sauf celle du feu parce que le papier, et donc les livres, ça brûle bien – qui est développé sans sombrer dans la niaise, mièvre et mauvaise trilogie du lycéen préparant le bac de philo à la petite semaine – bien connue des milieux autorisés comme étant la TAS, qui ne signifie pas ici tool-assisted-speedrun mais plutôt, hélas, trois fois hélas, thèse-antithèse-synthèse. En plus de tout ça, on est bien obligé d’avouer que le thème est initialement centré autour de la culture des super-héros, longtemps taxée de contre culture et de sous-culture. Fort agréablement, on n’assiste pas à une justification du caractère culturel de ces lectures, qu’on sait bien acquis pour la plupart d’entre nos contemporains, mais encore discutée par les instances – ça me rappelle ce combat, tiens -, mais à un développement de ses racines profondes dans la culture indo-européennes et les représentations que se fait icelle – j’adore ce mot – de ses héros, de quelque époque qu’ils soient.

Parce que c’est bien ça la véritable leçon, c’est que Superman est le cousin d’Hercule et un fanboy incompris de Moïse et du hippie bohème de Nazareth. La leçon c’est que Flash et Hermès – pas la marque de sacs, hein – se ressemblent autant que Bruce Wayne et Batman. Normal, ‘sont les mêmes. L’intérêt de tout ça, c’est de nous amener à nous interroger sur ce qui nous fait frémir dans Man Of Steel quand le mythe de Superman se confond avec celui de l’Arche de Noé, de Gilgamesh et de la naissance du Christ. C’est important tout ça, c’est ce qui fonde le terreau de tous nos pré-supposés culturels. Pourquoi le monde a été pendant les 1000 ans qu’a pu durer le Moyen-Âge divisé entre ceux qui Travaillent, ceux qui Prient et ceux qui Combattent (tiens, encore de la tri-partition, c’est fou) et, surtout, pourquoi les Avengers fonctionnent-ils de la même façon (Iron Man, Thor, Capt’ain Murica) ? Et on est vachement bien placé pour y répondre, nous autres les fromages qui puent.

Bawai. Parce que bon si on dit mythe, en France, et essai, on fait Cocorico et on dit Georges Dumézil. Les américains , eux, feront cock-a-doodle-do – haha cock haha – et ressortiront leurs vieux ouvrages de Joseph Campbell. Bon, c’est là que vous me direz, mais ils sont où tes ouvrages de Dumézil, sale fourbe traître, vendu à la cause anglaise ? Et je vous répondrai que si je ne possède pas d’ouvrage du Très Saint Papounet de Toute Chose, ce n’est pas tant parce que, quoique vous puissiez insinuer de par mes origines Bourguignonnes – nous n’avons jamais trahi, seulement, parfois, à la limite, arrangé les choses de façon intelligente et perspicace -, je suis un Veule Félon – ou un Vil Faquin, je sais jamais – ou que je n’adhère pas à ses thèses que parce que les ouvrages de Dumézil, si intéressant soient-ils, te coûtent ton testicule gauche à l’achat et que les sujets qui nous intéressent ici est découpé entre plusieurs ouvrages, qui se répondent et se renvoient tous l’un à l’autre. Voyez : 1, 2, 3, 4, 5, 6, … Alors que Campbell, qui a aussi travaillé sur ces sujets, existe, lui, en poche… et qu’il est peu traduit.

On peut bien sûr ne pas oublier cet autre bouquin qui permet de voir un autre aspect.

On peut bien sûr ne pas oublier cet autre bouquin qui permet de voir un autre aspect.

By the Power of Gayskull!

Et si je vous mets un lien aussi débile dans le titre de ma conclusion, ce n’est pas pour rien. Parce que notre cher He-Man reflète parfaitement l’archétype de personnage qui, s’il était sérieux et non une dérive comme en offre si souvent l’internet – et c’est tant mieux -, serait à même de faire couler l’encre dumézilien ou campbellien. Tout ça pour vous dire que, souvent, c’est vachement plus proche de vous que vous voulez bien le croire.

Pour finir sur Mythe et Super-Héros, c’est un ouvrage qui ne concentre pas sur un listing bête et méchant, un peu insipide et surtout neuneu des liens existants entre machi et macha. Alex Nikolavitch s’arrête aussi sur les auteurs et bien souvent nous parlera plus d’un auteur comme Ditko, Kirby, Miller, Moore ou plein d’autres pour expliquer les liens que la personne en question entretien avec l’univers collectif mythique et comment elle les exprime dans ses oeuvres, pour quelles influences et conséquences. Par exemple, Miller et Moore sont très différentes de Ditko et Kirby et pourtant tous les 4 ont eu, à des époques différentes, une formidable poussée d’influence, par leur univers, leurs thèmes, sur le milieu du comics et donc, à plus long terme, sur une forme d’inconscient collectif naissant. On passe petit à petit du sense of wonder au graphic novel plus sombre d’Hells Kitchen ou aux conséquences du Projet Manhattan, à la rébellion organisée de rue avec Daredevil nouveau visage, Watchmen ou V pour Vendetta.

« Les mythes évoluent, laissez-nous changer la poutre de votre inconscient collectif avant qu’ils ne la rongent jusqu’au trognon et que vous retrouviez sous la clameur de cieux de plus en plus sombres« . Ca c’est du message, mazette !

Vil Faquin.

Du même auteur : Eschatôn, Les Dieux de Kirby. 
Sur le même thème : Les Super-HérosMythes et idéologies du cinéma américain, Star Wars – Une saga, un mythe, Le Mythe, l’excellent édito de Frédéric Wittner sur Méchants et Héros
& Conférence Les Mythes dans le cinéma moderne.

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23 commentaires

  1. Je note Joseph Campbell, j’ai lu un ou deux Dumézil (un, en fait, et je sais plus lequel, mais y’en avait plus sur l’étagère), découverts tardivement lors de mes tous derniers mois à la fac dans un coin de la BU et j’ai retenu que c’était bien.

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