Edito

Une page où La Faquinade laisse la part belle aux auteurs qui ont quelque chose à dire !

Edito 12.16 / Julien Garry

To be or not to be ?

[ou les petits bonheurs de l’autodidactie]

« Non, je peux pas, j’ai pas les diplômes… » Qui n’a jamais entendu cette phrase, au détour d’une conversation ? Quoi de plus énervant, quoi de plus frustrant ?

L’ancrage culturel de l’importance du sacro-saint « diplôme » dans notre société se révèle souvent un frein, pour l’amateur éclectique qui souhaite s’intéresser à autre chose que son domaine de prédilection. Pourtant qui pourrait l’en blâmer, qui pourrait souhaiter interdire au curieux de jeter un œil à d’autres matières ? La France, lieu de naissance de l’humanisme, aurait pu être le terrain fertile du développement de l’éducation érudite. Mais l’occident, dans sa majeure partie, est le domaine de « la spécialisation ». Si la spécialisation a des qualités évidentes, nécessaires à l’élévation de la connaissance dans tous les domaines, elle est encore trop souvent opposée à l’érudition. Ne dit-on pas que le spécialiste est celui qui connaît presque tout de son sujet, et que l’érudit est celui qui connaît un tout petit peu de presque tous les sujets ?

Pourquoi cette opposition ? Pourquoi le spécialiste ne pourrait-il  pas s’autoriser de temps en temps à se lancer dans l’étude d’un sujet totalement inconnu pour lui ? L’érudit ne pourrait-il pas creuser un sujet qui l’intéresse jusqu’à le maîtriser parfaitement ?

"Donald Dingue, l'érudit par excellence!"

« Donald Dingue, l’érudit par excellence ! »

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Edito 10.16 / L’Infâme Jé

Verbum Cleptere

L’Infâme Jé

Bonjour,

Je ne suis pas mort, on m’a pas niqué ma mère car j’ai dit bonjour. Ainsi, en un mot comme en quatorze, mon inactivité pour poster des trucs sur ce site pourtant si classe [#sucelefaquinpendantquilesttiède] tient simplement à une putain de flemme.

Behn oui ! Ecrire c’est compliqué, parfois un peu fastidieux et quand on a envie de pondre des trucs biens on peut pas se permettre de faire genre on donne son impression sur le goût de telle ou telle pizza surgelée. Tout ça pour dire que pour créer un truc qui a vraiment une bonne substance et bien il faut avoir un truc qui vous motive ! Zartec ! J’ai inventé l’eau tiède avec cette dernière phrase ! J’espère que vous arriverez à vous en remettre parce que c’est quand même pas rien.

Si vous ne connaissiez pas Vald, je vous invite à cliquer ici pour une claque de pertinence sociale.

Si vous ne connaissiez pas Vald, je vous invite à cliquer ici pour une claque de pertinence sociale. (et aussi pour comprendre l’introduction)

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Edito 7.16 / Fred d’Omerveilles

Tapote tapote tapote, scoll scoll scoll, clic clic…

[ou de pourquoi être libraire]

Ding Dong !

  • Bonjour Monsieur,
  • Bonjour ! Bienvenue à Omerveilles.

Tapote tapote tapote, scoll scoll scoll, clic clic. Observe le nouvel arrivant.

  • Ah, mais ça sent le livre chez vous, c’est agréable. Dites-donc j’ai rarement vu autant de livres de SF, c’est impressionnant.
  • Oui, ça, y en a quelques uns. (sourire entendu)
  • C’est vous qui avez fait cette librairie ? Comment ça vous est venu comme idée ?

Comment ça m’est venu ? Ah ben oui, en voilà une question. Et puis des raisons y’en a tellement…

Des histoires à modeler, par l'esprit ou les mains.

Des histoires à modeler, par l’esprit ou les mains.

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Edito 3.16 / Mathieu Rivero

Réécrire un mythe et réécrire Harry Potter, quelle différence ?

[ou une réflexion sur cette tendance mal-aimée qu’est la fanfiction]

Quand le Faquin m’a proposé cette tribune, je me suis demandé sur quoi j’allais écrire. En tant qu’auteur, plein de choses me passionnent, tant sur les aspects techniques du métier que sur ses côtés politiques. Mais j’aurais l’impression de donner des leçons, d’être un peu dogmatique. Du coup, je vais vous parler de tout autre chose aujourd’hui.

Il est une question qu’on ne m’a jamais posée. Jamais.

Or et Nuit, le roman que j’ai publié l’an dernier chez les Moutons Électriques, parle de Shéhérazade une fois qu’elle a raconté ses Mille et Une Nuits et quitté son palais pour fuir son mari et voir le vaste monde. Souvent, on me demande pourquoi Shéhérazade. Pourquoi elle. J’ai plein de réponses à fournir sur ça : elle permet d’ancrer le récit dans le conte, elle donne du liant à l’histoire, elle justifie le contexte oriental, entre autres.

Mais du coup, on ne me demande jamais ce que je pense de la fanfiction.

Ça y est, le gros mot est lâché. J’ai dit fanfiction. Oui, le truc qui a vaguement mauvaise presse sur tout l’internet.

S'emparer de l'oeuvre originale pour se l'approprier et lui rendre un hommage. Parole aux lecteurs.

S’emparer de l’oeuvre originale pour se l’approprier et lui rendre un hommage. Parole aux lecteurs.

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Edito 2.16 / Mélanie Fazi

Il était une fois… l’interview

[ou une réflexion sur une pratique trop banalisée]

Tout est parti d’une constatation, dans un contexte particulier où, n’étant pas au mieux de ma forme, les tâches les plus simples semblaient me demander un surplus d’énergie. S’y ajoutait l’étape symbolique et déroutante de mes quinze ans d’édition, associée à des impressions contradictoires (« C’était hier »/« C’était il y a longtemps »). Toujours est-il qu’il m’a semblé franchir une étape dans l’exercice de l’interview ; un moment où, soudain, certaines questions récurrentes m’ont semblé perdre de leur sens, au point que je ne savais plus très bien ce que j’étais censée répondre, ni si les mots que je répétais depuis tout ce temps correspondaient encore à ma pensée. La conscience même du nombre de fois où j’y avais répondu (et y répondrais encore) devenait vertigineuse. Une expérience de déréalisation assez étrange, née de l’impression d’un cycle sans cesse répété alors même que je percevais le passage du temps avec une netteté accrue.

Une fois sortie de cette mauvaise passe, la perplexité et la réflexion associée sont restées. C’est là que j’ai commencé à poser cette question à d’autres écrivains ou artistes, puis sur Facebook où elle a donné lieu à des échanges intéressants : « Quelle est la question que vous détestez le plus en interview ? » Celle qui n’a pour vous aucun sens, celle dont vous vous êtes lassé, ou à laquelle vous n’avez jamais aimé répondre ? Le but n’était évidemment pas de jouer les blasés en ronchonnant sur le dos des journalistes, ni de décourager les aspirants intervieweurs ; encore moins de prétendre que l’exercice en soi serait pénible – au contraire, j’ai toujours adoré ça. Mais au fil du temps, la récurrence de certaines questions m’interpelle, et savoir s’il en allait de même pour d’autres m’intéressait. Le sujet me passionne à trois titres : en tant qu’auteur et traductrice parfois interviewée, en tant que chroniqueuse qui soumet des musiciens à la question pour le webzine Le Cargo, et en tant que fan/lectrice/auditrice qui adore explorer l’univers de ses artistes préférés. Et cette interrogation, qui semble faire écho chez certains de mes collègues, ne me paraît pas avoir été souvent abordée.

Ou comment ne plus savoir ni quoi ni comment, mais apprendre à comprendre.

Ou comment ne plus savoir ni quoi ni comment, mais apprendre à comprendre.

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