Y F’rait beau voir – Chroniques des Nouveaux Mondes

Chroniques des Nouveaux Mondes

Jean-Marc Ligny

Des Chroniques de la Lune Noire aux Chroniques des Raven, les dieux savent que les littératures de l’imaginaire sont remplies d’une volonté chronicatrice – je suis sûr que ça se dit – parfois jusqu’à l’encombrement. Bien souvent, d’ailleurs, force est d’admettre que la plupart de ces chroniques ont pour cadre un univers qu’on pourrait qualifier de fantasy.

Sur le ouèbe aussi, on peut voir que cette sur-abondance de « chroniques » à tous les coins de clic est sans limite. Les Chroniques de Mi (blog), les Chroniques de Bi (vlog), Chroniques « à-peu-près-exactes » de Si (actu), Chroniques d’un Boui (politique)… tout se chronique partout et par tous. Il m’arrive également de parler de chroniques pour mes papiers digitaux.

Pourtant on oublie souvent que, comme pour toute chose, il existe certains esprits taquins qui aiment prendre à rebrousse poil les lies lieux communs pour mieux les réinventer. Et c’est exactement le cas aujourd’hui avec ces Chroniques des Nouveaux Mondes signées de l’infatigable Jean-Marc Ligny, dont nous avions déjà découvert la version remaniée d’Inner City lors de notre escapade cyberpunk.

Un beau triptyque bien bleu comme le fond de tes yeux… wouhou ♪♫

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Nam-Bok

Nam-Bok (d’après la nouvelle de Jack London)

Thierry Martin

Il faut bien le dire, je n’avais aucune idée d’avec quoi commencer cette nouvelle rubrique de la Faquinade. Ce n’est pas évident de franchir un nouveau pas et de prendre un tel risque à quelques jours d’un autre événement majeur dans la vie de La Faquinade, à savoir le Colloque du Héros. Mais il faut parfois savoir prendre une grande respiration puis faire le vide, pour prendre la décision la plus adaptée.

Et, la décision la plus adaptée, c’était bien de rebondir sur l’un des auteurs sur lequel je suis revenu une paire de fois, même si je n’ai jamais trop présenté de ses oeuvres. Mais son écriture et la conscience populaire qu’on peut avoir de celle-ci ont tant traversé les âges qu’on ne peut que se réjouir de voir fleurir des adaptations de ses travaux.

Il s’agit, vous l’aurez de toute façon remarqué, de Jack London, le grand poète du Nord et de l’aventure humaine, que je n’ai jamais, à proprement parler, chroniqué ici. Tout juste paraphrasé dans deux Carnets (L’orLe Fils du Loup). Et, une fois encore, comme Les Chants de la Terre lointaine d’Arthur C. Clarke proposé il y a quinze jours, ce texte nous sera utile dans notre questionnement actuel de société.

London et le Nord, c’est aussi une histoire de bêtes, et de bateaux.

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Interview d’Alex Nikolavitch / 13.2.17

Interview d’Alex Nikolavitch / 13.2.17

Présentation

Bonjour, t’es qui ? Alex Nikolavitch. Ce qui est essentiellement un personnage fictif, d’ailleurs. J’ai un vrai nom, que mon banquier et les écoles de mes mômes utilisent toujours, mais y a plus qu’eux. J’ai même fait de vrais métiers, dans le temps. Et puis ça m’a gavé et j’ai reformaté le bazar. Et le jour où je reformate encore pour devenir un super-vilain, mon nom sera Lex Lavitch, au fait [ndlf : double initiale, y’a un côté Stan Lee, là, non ?]. J’attends d’avoir perdu mes derniers cheveux et je me lance.

Ca va ? J’veux dire la vie, la famille ? On fait aller. Mes mômes trouvent que papa fait un métier cool, donc c’est bien.

Et sinon, tu as un vrai métier ? C’était y a longtemps, y a prescription. J’en ai même eu plusieurs, d’ailleurs. Ça a été de technicien de laboratoire et employé de pharmacie à agent de sécurité en passant par libraire, rédacteur de catalogues/dicos, journaliste dans une agence de presse photo, un peu d’animation radio, inventoriste…

Bon, j’aurais bien mis une photo classe d’une interview sur canapé, à la fraîche. Mais j’aime pas trop le contact humain. Voilà donc une compensation papier.

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Edito 4.17 / Alex Nikolavitch

Courroies de transmission

[ou des rouages de la translatio studii]

Certaines choses sont tellement évidentes, tellement ancrées qu’on ne les questionne plus. Des noms, des mots, de constructions verbales ou visuelles qui se sont transmises sans trop bien qu’on sache comment et qui ont fini par se sédimenter tranquillement dans les habitudes mentales.

On connaît par exemple le cas du pouce levé ou baissé des empereurs romains. C’est pour nous un signe évident et connoté historiquement. Qui n’a, pour ce qu’on en sait, jamais été employé par les romains mais qu’on peut faire remonter aux peintres dits « pompiers » (notamment Gérôme) qui avaient besoin d’un élément visuel directement explicite et compréhensible pour leurs toiles représentant des combats de gladiateurs. Par la suite, les films du genre peplum ont recyclé l’image, et elle fait désormais partie de notre boite à outils de clichés, au même titre que le supplice de la planche chez les pirates (oui, ça n’a pas existé non plus) ou le roi qui se balade en permanence avec sa couronne sur la tête pour qu’on sache que c’est le roi. On n’évoquera qu’en passant le parler médiéval façon Jacquouille La Fripouille, fabrication de romanciers ayant vécu cinq à huit siècles après leurs personnages.

D’ailleurs, puisqu’on parle de langage, il en va de même avec nos habitudes dans ce domaine. Beaucoup de nos expressions sont arbitraires et tellement courantes qu’on ne les remet plus en question. Vous savez « sabler le champagne », vous ? Moi, pas. Par contre, « sabrer le champagne », oui. Mais c’est la première expression qui s’est imposée, Dieu sait pourquoi. Sans doute que la deuxième faisait trop cosaque (et donnait de mauvaises idées à des maladroits. J’avais un copain qui arborait une cicatrice très virile au visage à cause de ce genre de plaisanteries).

Dans le même ordre d’idée, le mot prophète ne signifie pas « voyant », au départ, pas plus qu’apocalypse ne veut dire fin du monde. Je vous laisse chercher le sens réel de ces mots.

Cachez ce pouce que l’on ne saurait voir. #cépahisto

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