Contes

Parce que le conte fait souvent office de premier pas dans les littératures de l’imaginaire.

Le Petit Chaperon Rouge dans la tradition orale

Le Petit Chaperon Rouge dans la tradition orale

Yvonne Verdier

Vous savez, vous qui fréquentez régulièrement ces lieux, à quel point j’affectionne la forme du conte et l’importance que celle-ci revêt à mes yeux. Une importance que j’ai plusieurs fois ici essayé de mettre en avant, au travers du premier roman (chez Les Moutons Electriques) d’Estelle Faye, Porcelaine, mais aussi par deux billets Y F’rait Beau Voir consacrés à deux grands auteurs de notre temps et qui se sont eux aussi exercés au conte : Tolkien, avec son Roverandom, et Rowling, avec Les Contes de Beedle le barde.

Bon si vous ne le saviez pas, vous voilà prévenus. Alors quand, au détour d’un rayon d’une librairie spécialisée que j’affectionne, je tombe sur ce petit essai, je ne me pose pas de question. Après tout, on l’a dit à maintes reprises, qu’est-ce que le conte, si ce n’est un matériau malléable qui évolue, se déforme et s’adapte au cours du temps ? C’est bien là, dans l’oralité, que résident toutes les variantes des contes que l’on a pu connaître par l’écrit, d’abord, puis par le cinéma, ensuite.

Alors Le Petit Chaperon Rouge dans la tradition orale, pensez.

Le Chaperon, blanc ici, représenté dans de vieilles expériences photographiques du XIXème siècle, de l'époque des versions orales étudiées par l'auteure.

Le Chaperon, blanc ici, représenté dans de vieilles expériences photographiques du XIXème siècle, de l’époque des versions orales étudiées par l’auteure.

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Y F’rait Beau Voir / Les Contes de Beedle le Barde

Les Contes de Beedle le Barde (The Tales of Beedle the Bard)

J. K. Rowling

Vous qui me lisez, avides lecteurs et prompts critiques, vous savez tout l’amour que je porte au roman jeunesse, qui pourrait, pour peu qu’on veuille être clairs pour ceux qui nous ont rejoint plus récemment,  se traduire de la sorte : hem… nope! Qu’est-ce à dire que ceci ? Certainement pas une critique, ne va pas croire cela fidèle lecteur, ni toi fruste critique, ce serait impropre – un peu comme comme ta chemise, gai lecteur, après qu’un preste critique t’aura renversé ta pinte de Bière au Beurre sur la tête.

J’ai lu plus que mon saoul de Bottero et de Rowling, pour ne citer qu’eux, et j’en suis bien content. Simplement, je me répète, ce n’est pas une lecture qui répond aux attentes qui sont les miennes quand je prends un livre au hasard dans une bibliothèque. Alors pourquoi, me direz vous, sagaces lecteurs et perspicaces critiques, pourquoi faire un article ici et maintenant sur un des ouvrages de l’univers étendu d’Harry Potter ?

Peut-être tout simplement parce que ça fait des vues. Pleins de vues. Et donc des sous – comment ça je suis bénévole ? Plus sérieusement, Les Contes de Beedle le Barde sont le meilleur exemple de contes modernes à disposition, et vous savez que c’est un thème qui me tient à cœur (voir). Avec une telle matière, il y a de quoi disserter longtemps.

Trois ouvrages fascicules ayant plusieurs points communs. Vous voulez savoir lesquels ? Lisez la suite !

Trois ouvrages fascicules ayant plusieurs points communs. Vous voulez savoir lesquels ? Lisez la suite !

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Y f’rait beau voir / Roverandom

Roverandom (Roverandom)

John Ronald Reuel Tolkien

Comme dit dans la news de fin d’année, l’année 2015 s’ouvre pour moi sur un Tolkien Challenge qui me permettra enfin de me motiver à relire l’intégrale de Tolkien Père & Fils concernant les Terres du Milieu. Si je précise que je relirai tout ce qui concerne la Terre du Milieu, c’est fort justement parce qu’il y a aussi d’autres ouvrages du maître anglais qui sont plus ou moins, plutôt moins, liés à cet univers. C’est pourquoi je vais commencer par vous présenter l’un d’eux.

Huuu, what ? Oui, parfaitement, mais il y a une raison expliquant cela. En effet, si les Lettres du Père Noël constitue un ouvrage formidable pour peu qu’on ait un petit coeur tout saignant, elles n’apportent pas grand chose de ce qui fait la grâce de ce blog : les univers de l’imaginaire – quoique en ce qui concerne le Père Noël…

Roverandom a de multiples intérêts et je vous propose de les découvrir ici. Et puis, au final, même si ce n’est pas un livre qui se passe dans les Terres du Milieu, on peut dire que ça les préfigure pas mal.

Le premier a été écrit en 1927, l'autre rédigé entre la fin des années 20 et le début des années 30.

Le premier a été écrit en 1927, l’autre rédigé entre la fin des années 20 et le début des années 30.

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Porcelaine

Porcelaine – La légende du tigre et de la tisseuse

Estelle Faye

Dans l’article sur Un éclat de Givre, je signalais la volonté inébranlable d’une collègue libraire trop zélée qui me tannait avait Porcelaine quasiment quotidiennement. Le fait que j’aie voulu chroniquer Un éclat de Givre avant Porcelaine n’a fait qu’empirer les choses et je m’en suis trouvé à deux doigts d’appeler le 119, harcelé que j’étais de remarques désobligeantes, qui sur mon facebook, qui par téléphone, qui oralement à la librairie. Je n’en pouvais plus et, sous la pression dictatoriale, j’ai finalement craqué et lu le livre en question.

Et putain que j’ai bien fait. Alors avant de commencer à parler du bouquin et de son contenu ainsi que de l’auteure, je vais juste préciser un élément. Porcelaine est un conte. Il se présente comme un conte chinois et doit être appréhendé en tant que tel, nous y reviendrons. Non, j’dis ça parce que je m’étais bien foiré sur Un jour la guerre s’arrêta de Pierre Bordage. Enfin, foiré… Disons que la recette du conte n’avait pas prise et que je m’étais emmerdé. Mais là, c’est pas l’cas. Là, c’est bien.

On voit ici la très jolie illustration de couverture d'Amandine Labarre et le rabat pratique qui la poursuit.

On voit ici la très jolie illustration de couverture d’Amandine Labarre et le rabat pratique qui la poursuit.

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Un jour la guerre s’arrêta

Un jour la guerre s’arrêta

Pierre Bordage

Je n’ai jamais lu de Pierre Bordage avant aujourd’hui. Je ne sais pas, c’est le genre d’auteur que j’avais arbitrairement qualifié de mainstream dans ma psyché dérangée. Je n’avais jamais été attiré par sa bibliographie jusqu’à présent même si, il y a quelques semaines/mois de cela, nous avions reçu à la librairie l’édition anniversaire des 20 ans de la Trilogie des Guerriers du Silence, aux éditions de l’Atalante. Et le moins que l’on puisse dire, avec le packaging (marques-page, édition soignée), c’est que comme toujours chez nos amis de l’Atalante, c’est que l’ouvrage est beau (notamment l’intrigante illustration de couverture). Mais, même à ce moment je n’ai pas été convaincu, ayant trop peur de tomber sur un ouvrage new-age qui ne me convienne pas.

Alors quand sont arrivées à la librairie les épreuves non corrigées du prochain roman de Bordage, programmé pour septembre 2014 et intitulé Un jour la guerre s’arrêta, Au Diable Vauvert, autant dire que j’étais pas follement emballé. Et puis, comme on dit, il faut bien se lancer un jour dans le grand bain, donc le voilà, blanc comme des épreuves, estampillé du petit diable à la zigounette tombante – notons que zigounette et ziggourat sont parmi les rares mots de la langue française à commencer par zig (même zygomatique leur a faussé compagnie), un mystère que les plus grand linguistes ne s’expliquent pas.

Un avis franc du collier

Je vais essayer de donner un avis objectif tant la lecture a été fade, comme… comme un truc fade quoi. Je ne dis pas que l’ouvrage est mal écrit ou encore qu’il n’y a rien à chercher dans ce genre d’écrit, cependant, en l’état actuel, je n’ai absolument rien retiré du roman. Le billet risque, ipso facto, d’être fortement plus condensé que les précédents.

L’histoire est celle d’un jeune enfant de moins de 10 ans sans nom, qui n’est visiblement pas humain et débarque sur Terre (Paris, Gaza, Inde, New York…) sans en connaître les raisons. Il est à la recherche de son identité, de sa mémoire – Jason Bourne style – et des raisons qui motivent sa présence sur la planète bleue. Il n’est pas comme nous, pauvres humains mortels, et peut parler aux âmes, commander à la matière (il se déplace sur un nuage) et lui demander de stopper la guerre, comme ça.

A priori, l’intrigue peut potentiellement – j’y vais avec des pincettes, je vous préviens – revêtir une tournure sympathique. Simplement… Bah, je me suis franchement ennuyé. Je mentionnais en introduction mon appréhension de tomber dans un trip new-age, et mes craintes se retrouvent fondées. L’avis des quelques personnes à qui j’ai fait parcourir l’ouvrage – par ailleurs bien écrit, très facilement lisible et plutôt frais – est systématiquement le même : l’idée parait sympathique mais elle revêt, dans son traitement, trop de banalité. Non pas que l’on s’ennuie à la lecture du Jour la guerre s’arrêta – on n’a pas le temps pour ça et l’écriture ne nous le permet pas – mais à aucun moment on ne s’emballe pour savoir la suite, on la devine et on n’est jamais surpris.

Pour ceux qui se demanderaient à quoi ressemblent des épreuves non corrigées.

Pour ceux qui se demanderaient à quoi ressemblent des épreuves non corrigées.

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