Melchior Ascaride

Edito 8.17 / Melchior Ascaride

La littérature, c’est fait pour s’emmerder

[Ou d’une réflexion sur ce qu’on (dé)fait]

Sous ce titre affreusement clickbait se cache néanmoins un problème culturel de fond.

En France, on ne plaisante pas avec la littérature. En France, on ne badine pas avec le livre. C’est très grave, c’est comme insulter la mère de quelqu’un. Diable, nous sommes le pays héritier de Molière, Hugo, Zola et tant d’autres dont l’ombre s’étend sur toute l’histoire du livre dans l’Hexagone. Eux ne plaisantaient pas, alors ne plaisantons pas nous non plus, s’il vous plaît. La littérature, c’est le texte, le texte, le texte. Et RIEN d’autre. Alors virez-moi ces couvertures, virez-moi toute trace d’image dans ce temple stérilisé qu’est le roman.

Sans titre 1

Au milieu, le genre traité en classique. Autour, le genre. Vous avez 4 heures.

(suite…)

Tout au milieu du monde

Tout au milieu du monde

Julien Bétan, Mathieu Rivero
& Melchior Ascaride

J’ai lu Tout au milieu du monde (que j’abrégerai dorénavant TAMDUM, déjà parce que ça me fait marrer, et aussi parce que c’est moins long) une semaine avant sa sortie officielle car ses auteurs avaient eu la gentillesse – sur les demandes et menaces de mort appuyées – de me le faire parvenir en avance, en signe, j’imagine, de soumission à mon autorité critique folle, que chacun ici reconnaîtra – ou bien, si tu ne la reconnais pas, habile lecteur, tu seras banni ad vitam aeternam de cette terre numérique de plaisir, tant pis pour toi ou, comme on disait dans mon collège : che! Cependant, malgré toute ma bonne volonté je n’ai pas trouvé le ton juste et une approche qui me satisfasse pour parler de l’ouvrage. J’écrivais, je griffonnais mais je n’y arrivais pas. Pourquoi ?

Ce n’est pas la première fois que j’ai l’impression de passer à côté de quelque chose mais c’est bien la première fois que j’ai cette impression tout en en ayant une autre totalement contradictoire, celle d’avoir saisi un sens profond. C’est étrange d’avoir l’impression de passer un moment formidable dans une oeuvre et, soudainement, d’être certain d’avoir loupé un truc. Ce genre de truc qui ne peut que vous décevoir.

C’est exactement mon cas mais, que ce soit bien clair, on va quand même décortiquer ce bousin, parce que merde.

DSCN9602

Rouge, noir, blanc. Un choix graphique imitant celui de la Faquinade qui honore ses auteurs 😀

(suite…)

News 23 / 14.3.17 / Colloque du Héros & Intergalactiques

Hugh,

Ici Vil. Cela fait un bail que je n’étais pas venu vous parler directement et, pour cause, j’ai été pas mal occupé. D’abord l’ouverture de Terra Ludica, ma boutique de jeu sur Dijon – j’en avais déjà parlé dans la News 22 de septembre dernier mais l’ouverture a eu lieu mi-novembre -, et ensuite parce qu’il a bien fallu lancer le bousin et bosser comme un fou.

Mais, si j’ai gardé un rythme de lecture toujours convenable, j’avais du mal à venir en rendre compte en ces lieux. Cela s’explique tout simplement parce que j’étais sur un projet un peu plus grand. Non, il ne s’agit pas déjà du Prix Exégète – il va falloir encore un peu patienter, habiles lecteurs -, mais bien de la concrétisation – ENFIN ! – d’un projet déjà deux fois avorté – voir – : le Colloque du Héros !

Ce dernier aura lieu lors du prochain festival des Intergalactiques de Lyon les 29 et 30 avril prochains !

Colloque du Héros ma gueule. #maskagaz

(suite…)

Eschatôn

Eschatôn

Alex Nikolavitch

Finaliste du Prix Exégète 2016

Comme je l’écrivais sur twitter peu après avoir fini ma seconde lecture (en diagonale cette fois-ci) d’Eschatôn, je tiens tout spécialement à ne pas remercier Alex Nikolavitch pour son roman. En effet, et pour la première fois depuis longtemps, j’ai ressenti cette désagréable sensation de manque et de profond mal-être après avoir terminé ledit roman.

J’ai souffert à nouveau du syndrome post-lecture, et ce n’est pas pour me rassurer. La première fois que j’avais ressenti ce syndrome c’était en terminant Le Seigneur des Anneaux, à douze ans et demi, puis une nouvelle fois après avoir lu 1984 à quatorze ou quinze ans. Et depuis, eh bien… même la mort de Dumbledore à la fin du tome 6 d’Harry Potter ne m’avait pas laissé dans cet état. Seul Neuromancien avait récemment réussi à me faire sortir de mes gonds de la sorte, tant son questionnement sincère sur le monde de 1984 – l’année, cette fois-ci, pas le bouquin d’Orwell – avait fait percuter en moi des petits trucs.

Alors forcément, j’ai dévoré Eschatôn, j’ai raté plein de trucs. Du coup, l’article avait du mal à trouver une juste place et il m’a fallu attendre un peu et relancer une lecture diagonale avec un oeil moins acéré pour trouver les mots. Parce que, comme disait Sheryfa Luna – pas à propos d’Alex Nikolavitch, mais bon, c’était seulement parce qu’elle ne savait pas lire, la pauvresse – :

Il avait les mots
M’a rendue accro

A qui le dis-tu, cocotte.

Un auteur qui commence à se faire une petite place dans ma bibliothèque et que j'ai hâte de relire, tant en fictions qu'en essais.

Un auteur qui commence à se faire une petite place dans ma bibliothèque et que j’ai hâte de relire, tant en fictions qu’en essais.

(suite…)