Allia

Y F’rait Beau Voir – Témoignages de guerre

Elégies du Nord (северные элегии)
Carnets de Guerre
Près de la voie ferrée (Prsy torze kolejowym)

Anna Akhmatova
Henri Barbusse
Zofia Nalkowska

Aujourd’hui, c’est un article particulier qui vous attend, chers lecteurs. Depuis quelques temps déjà, je comptais m’attarder un peu sur le sujet des témoignages de guerre. Mais il était bien difficile de faire un choix. Le but n’était pas de vous présenter le témoignage sous forme de roman, ceci nous l’avions déjà fait notamment avec L’Adieu aux armes d’Ernest Hemingway. De même, en ces temps de commémoration de la Première Guerre mondiale, le témoignage de guerre est souvent abordé avec plus ou moins d’à-propos.

L’objectif était donc de sortir des sentiers battus et de vous proposer, habiles lecteurs, trois formes de témoignages de guerre aussi différentes les unes que les autres. Et, tant qu’à faire, sur des périodes différentes. Sans compter que, pour une fois, vue l’ampleur des conflits, nous pouvions élargir nos horizons à de nouveaux horizons.

Alors parmi tous les auteurs qui s’offraient à nous – je pense notamment à Guillaume Apollinaire pour Première Guerre mondiale ou encore Robert Desnos, Paul Eluard ou Louis Aragon pour la Deuxième Guerre mondiale et la Résistance – il a fallu faire des choix. En cela, l’édito de Julien Delorme sur l’abolition des genres est intéressant pour le lecteur avisé.

Et ce sont donc trois formes et trois auteurs qui ont été retenus : le carnet de guerre, la poésie (notamment l’élégie) et la nouvelle ; un français, une russe, une polonaise.

Des témoignages de guerre, de différentes époques, mais qui portent tous en eux une vérité absolue : face aux horreurs du temps reste l'humanité universelle.

Des témoignages de guerre, de différentes époques, mais qui portent tous en eux une vérité absolue : face aux horreurs du temps reste l’humanité universelle.

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Au-delà de Blade Runner

Au-delà de Blade Runner – Los Angeles et l’imagination du désastre (Beyond Blade Runner – The Ecology of Fear)

Mike Davis

Depuis quelques temps déjà, vous avez pu apercevoir sur ce site une tendance se dessiner fortement. Exprimée au cours du Prix Exégète 2015 et bientôt dans notre Colloque du Héros – nous avons toujours besoin de vous pour le financement, soit dit en passant -, cette idée effleure largement dans plusieurs de nos articles récents et à venir.

Cette idée, c’est celle que les littératures de l’imaginaire, plus que refléter l’image sociale d’une société, développent un propos dont ces mêmes sociétés se saisissent pour évoluer, bien plus souvent qu’on ne le pense. Nous avons notamment évoqué cette idée avec deux articles récents, Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? / Blade Runner et Neuromancien, et nous arrivons aujourd’hui avec un gros morceau.

Mais qu’entend-on par gros morceau ? A quel moment un faquin tel que moi, chers lecteurs, peut-il décider qu’il tient un gros morceau ? Peut-être quand un essai d’analyse de l’écologie urbaine se base sur des symboles aussi évidents et universels de l’imaginaire science-fictionnel urbain que sont les ouvrages de Dick et de Gibson précédemment cités. Non ?

Allez, on va dire que oui.

L'ombre de la peur qui plane à la suite de l'anticipation noire de Ridely Scott.

L’ombre de la peur qui plane à la suite de l’anticipation noire de Ridely Scott.

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La Fin du voyage

Après les horribles massacres du week end dernier à Paris, il nous a semblé que mettre en avant ce texte était un moyen à notre portée, et intelligent, d’apporter notre pierre à l’édifice. Pas de grande déclaration comme en janvier. Beaucoup de bonnes choses ont été dites, beaucoup de mauvaises aussi. Nous devons nous serrer les coudes et nous faire des bisous, ne pas oublier d’où nous venons et où nous voulons aller : vers plus de paix, d’amour et de joie de vivre comme disent nos amis du monde entier. Pour cela nous ne devons pas être ethnocentrés, une nouvelle fois : c’est à Ankara, à Beyrouth et en Irak, ce week end, que le monde libre a été frappé. Nous sommes tous humains et ce texte devrait nous servir pour apprendre du passé et ne pas recommencer (notamment en se lançant dans une guerre idiote, on ne vainc pas le terrorisme avec les armes). Et puis, à ceux qui veulent #PrayForParis : non merci. On en a déjà eu assez, des religions. Rappelez-vous que l’on doit chanter. Merci à tous, on vous aime. Courage ❤

La Fin du voyage – Postérité du Captain Cook

Pierre Auriol

Une fois n’est pas coutume – décidément je dis beaucoup cela dans mes récents articles – on ne va pas faire une critique à proprement parler d’un ouvrage. Pourtant on va bien parler d’un bouquin en particulier, celui que vous voyez ci-dessous, de son auteur et de son contenu. Bon alors, je vous entends d’ici, qu’est-ce que c’est quoi qui change en définitive ?

Et bien sur la forme pas grand chose. Mais c’est plutôt sur le fond. Parce que le présent article va en effet servir de billet d’humeur, également, d’exutoire et de miroir d’actualité. Parce que les thèmes abordés sont incroyablement d’actualités et que chaque jour, un peu plus, nous sommes confrontés à l’accès à notre continent – l’Europe – de centaines de milliers de voyageurs qui y voient, eux aussi, la fin du voyage.

Aujourd’hui, on va parler de voyage, certes, mais pas que. Aujourd’hui, on va parler philo.

C'est le voyage où la découverte qui est venue le premier ? Hein ?

C’est le voyage où la découverte qui est venue le premier ? Hein ?

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Le Petit Chaperon Rouge dans la tradition orale

Le Petit Chaperon Rouge dans la tradition orale

Yvonne Verdier

Vous savez, vous qui fréquentez régulièrement ces lieux, à quel point j’affectionne la forme du conte et l’importance que celle-ci revêt à mes yeux. Une importance que j’ai plusieurs fois ici essayé de mettre en avant, au travers du premier roman (chez Les Moutons Electriques) d’Estelle Faye, Porcelaine, mais aussi par deux billets Y F’rait Beau Voir consacrés à deux grands auteurs de notre temps et qui se sont eux aussi exercés au conte : Tolkien, avec son Roverandom, et Rowling, avec Les Contes de Beedle le barde.

Bon si vous ne le saviez pas, vous voilà prévenus. Alors quand, au détour d’un rayon d’une librairie spécialisée que j’affectionne, je tombe sur ce petit essai, je ne me pose pas de question. Après tout, on l’a dit à maintes reprises, qu’est-ce que le conte, si ce n’est un matériau malléable qui évolue, se déforme et s’adapte au cours du temps ? C’est bien là, dans l’oralité, que résident toutes les variantes des contes que l’on a pu connaître par l’écrit, d’abord, puis par le cinéma, ensuite.

Alors Le Petit Chaperon Rouge dans la tradition orale, pensez.

Le Chaperon, blanc ici, représenté dans de vieilles expériences photographiques du XIXème siècle, de l'époque des versions orales étudiées par l'auteure.

Le Chaperon, blanc ici, représenté dans de vieilles expériences photographiques du XIXème siècle, de l’époque des versions orales étudiées par l’auteure.

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Cyberpunk – 1988

Cyberpunk – 1988

Mark ‘Vague Downham

Originellement programmé pour octobre, l’événement La Rentrée des Cartables débutera un peu plus tôt sur La Faquinade. Aujourd’hui en fait. Comme je l’expliquerai d’ici à une semaine dans une news consacrée, cet événement aura pour but de profiter -sauvagement – de la rentrée universitaire pour vous enjoindre, à notre suite de vous plonger dans un essai, aussi court soit-il, en relation avec nos thématiques (culture geek, littératures de l’imaginaire, SFFF…).

Alors, au vu du premier tome, on peut se dire que je vais commencer doucement. On ne peut guère plus se tromper. Pour tout vous dire, je pensais lire ces 60 pages en… quoi… allez… disons deux jours en décousant bien ma lecture. Au final cela fait bientôt plus d’une semaine que je suis dessus. Et quand je dis dessus, c’est au moins une heure et demi tous les soirs, 5 à 6 fois par semaine.

Comment diable un si petit tome a-t-il pu retenir aussi longtemps un faquin tel que moi ? Hé bien… Peut-être parce que le propos en est d’une complexité rare, où chaque mot savant s’accompagne de son pendant néologique et où tout n’est rien et rien est tout.  C’est pourquoi, plutôt que de vous présenter une critique habituelle, je vais vous proposer une aide de lecture, qui, si la vie était bien faite, il faut bien l’admettre, aurait du être dispensée lors trois longues journées d’études dans un séminaire se tenant sous le métro moscovite. Mais la vie n’est pas une douce promenade au bord de la Méditerranée.

Heureusement d’ailleurs, je préfère largement la Mer du Nord.

Bienvenue dans le Métrophage. Lobotomie par exposition au Vidéodrome tous les jours à 6:00 AM. Réservez vos places !

Bienvenue dans le Métrophage. Lobotomie par exposition au Vidéodrome tous les jours à 6:00 AM. Réservez vos places !

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