Autodidactie

Edito 12.16 / Julien Garry

To be or not to be ?

[ou les petits bonheurs de l’autodidactie]

« Non, je peux pas, j’ai pas les diplômes… » Qui n’a jamais entendu cette phrase, au détour d’une conversation ? Quoi de plus énervant, quoi de plus frustrant ?

L’ancrage culturel de l’importance du sacro-saint « diplôme » dans notre société se révèle souvent un frein, pour l’amateur éclectique qui souhaite s’intéresser à autre chose que son domaine de prédilection. Pourtant qui pourrait l’en blâmer, qui pourrait souhaiter interdire au curieux de jeter un œil à d’autres matières ? La France, lieu de naissance de l’humanisme, aurait pu être le terrain fertile du développement de l’éducation érudite. Mais l’occident, dans sa majeure partie, est le domaine de « la spécialisation ». Si la spécialisation a des qualités évidentes, nécessaires à l’élévation de la connaissance dans tous les domaines, elle est encore trop souvent opposée à l’érudition. Ne dit-on pas que le spécialiste est celui qui connaît presque tout de son sujet, et que l’érudit est celui qui connaît un tout petit peu de presque tous les sujets ?

Pourquoi cette opposition ? Pourquoi le spécialiste ne pourrait-il  pas s’autoriser de temps en temps à se lancer dans l’étude d’un sujet totalement inconnu pour lui ? L’érudit ne pourrait-il pas creuser un sujet qui l’intéresse jusqu’à le maîtriser parfaitement ?

"Donald Dingue, l'érudit par excellence!"

« Donald Dingue, l’érudit par excellence ! »

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