Bryan Singer & les super-héros

Brian Singer & les super-héros

Bryan Singer

Yop. C’est le Lemming. J’avais laissé seul le Vil Faquin depuis un petit moment. Vous me direz, il est tout de même le Président Directeur Général et principal actionnaire de la Faquinade, il a dû tenir le coup. Mais hélas, aussi vil soit il, il reste un despote vaguement humain qui a besoin de ses sous-fifres et sbires pour exister, et du coup je reviens. J’en profite donc pour pondre un article des entrailles de ma cervelle, et qui j’espère apportera un petit peu de joie en ce monde. En effet, pour vous plaire, cher lecteur que je pointe de mon plus beau doigt, nous n’allons pas larmoyer devant les retrouvaille d’un Faquin avec son cousin de Lemming [ndlf : ouais parce que Lemming et Faquin sont cousins, #Mafiaquinade], mais parler du sujet qui hante l’internet mondial, les cour des écoles, collèges, lycées et prisons : les super-héros au cinéma. C’est ce qu’on appelle du populisme. Je vais essayer d’apporter un point de vue un petit peu nouveau sur la question. Je dis bien essayer. Pas de garantie. Même pas sur le ticket de caisse.

Comme Vil Faquin le sait (peut-être), je ne suis pas friand de super-héros. Cependant, j’affectionne tout particulièrement le cinéma de l’un des grands manitous du genre : Bryan Singer. Il a inauguré la saga  X-Men (crée par Stan Lee et Jack Kirby) au cinéma, et signé l’un des films Superman le plus incompris qui soient ; Superman Returns. Ses films sont symptomatiques des différentes tendances du genre super-héroïque, et de son évolution au fil des dernières décennies. Et c’est là tout notre sujet.

Singer the director

Bryan Singer, contrairement à son nom mensonger, n’est pas chanteur, mais bien réalisateur.

J’aurais voulu être…

Commençons par un traditionnel retour sur carrière du bonhomme. Il sort son premier film en 1993 (une très bonne année au demeurant), Ennemi Public, qui met en scène les rapports d’amour-haine entre la population d’une ville et un personnage charismatique tantôt bienveillant tantôt manipulateur, et qui dresse des groupes contre d’autres pour contrôler tout le monde. Ce film, inédit par chez nous, remporte un grand nombre de prix et de louanges de la part des critiques. Mais c’est avec son second film, Usual Suspects, qu’il connaît la gloire. Ce thriller labyrinthique rencontre un immense succès commercial et critique, et est aujourd’hui un classique contemporain. Si vous ne l’avez pas vu, eh bien voyez-le et puis c’est tout. Singer est alors l’un des cinéastes les plus en vue des États-Unis, et attire l’attention des grands studios. 20th Century Fox lui propose de mettre en scène Alien 4, tandis qu’Universal lui offre The Truman Show, que Singer refusera. Il préfère tourner Un élève doué, petit budget adapté d’une nouvelle de Stephen King. Notons la présence au casting de Ian McKellen, futur Magneto dans la saga X-Men. Ce film raconte comment un jeune adolescent californien découvre qu’un de ses voisins (joué par Magneto, donc) est un ancien SS qui a changé d’identité. Contre toute attente, le jeune héros va s’intéresser, puis être réellement fasciné par le passé plus que trouble de ce vieil homme. Le film est un échec commercial, mais suscite beaucoup de débats. En effet, Singer traite ici de la banalisation du mal, de comment un jeune en pleine recherche d’identité peut être fasciné, puis séduit, par une idéologie peu recommandable (incroyablement d’actualité, non ?).

C’est alors que 20th Century Fox revient vers Singer pour lui proposer de reprendre un vieux projet, l’adaptation du comics X-Men. Celui-ci accepte après, paraît-il, d’âpres discussions, y voyant l’opportunité d’y développer ses thématiques personnelles. Le scénario est réécrit de nombreuses fois, et le tournage tenu sous le secret. Des polémiques autour de la supposée infidélité aux comics d’origine n’empêchent pas le film de sortir en 2000 et d’être un immense carton. Critiques et spectateurs acclament le film en tant que blockbuster d’action, mais aussi pour son sérieux, son intelligence et son courage. Un deuxième volet est aussitôt mis en route, Singer toujours aux commandes. X-Men 2 sort en 2003 et fait tout mieux que son prédécesseur. Le succès commercial est supérieur, les effets spéciaux et scènes d’actions plus aboutis, la mise en scène et le scénario sont plus poussés et peut-être même plus intelligents, bref, que du bonheur. Singer est alors une star intersidérale du cosmos, et est promis à un avenir radieux. Une première vague massive de films de super-héros inondera alors les salles obscures, parmi eux Spider-Man, Les Quatre Fantastiques, Daredevil…. Warner Bros contacte notre bonhomme du jour pour être à la tête d’un projet colossal, le retour de Superman au cinéma. Singer, fan du personnage et du film de Richard Donner sorti en 1978, accepte. 20th Century Fox fait pression pour que Singer tourne d’abord le troisième X-Men, mais celui-ci désire peaufiner le scénario et le tourner après Superman. La Fox prend la décision de se séparer de son poulain pour embaucher Brett Ratner (Rush Hour, Dragon Rouge, Hercule…) et tourner au plus vite le scénario inachevé d’X-Men 3, rebaptisé X-Men : L’Affrontement final (dont la platitude du titre n’a d’égale que l’inaboutissement global du produit final). Superman Returns est un projet immense, un budget énorme, et l’un des films les plus attendus en son temps. Il sort en 2006, rapporte beaucoup d’argent et reçoit de bonnes critiques… avant d’être complètement détruit par l’opinion publique qui semble changer d’avis comme de chemise (moi je l’aime bien ce Superman). La suite, envisagée par Warner Bros et Singer, est reportée, puis annulée. Cela marque un tournant chez Singer, et annonce la nouvelle voie des films de super-héros qui viendra par la suite.

Après ce coup du sort, Singer décide de quitter le monde cruel du blockbuster pour tourner le drame historique Walkyrie (2008) avec Tom Cruise. Le film narre une tentative d’assassinat sur Hitler qui échoue. L’accueil commercial et critique mitigé ne nous empêchera pas de remarquer quelques fulgurances de mise en scène dans ce drame très convenu.

Après quelques projet avortés (comme une réadaptation des Sept samouraïs dans un monde médiéval occidental, ou une nouvelle version de 20 000 lieues sous les mers), il tourne le film de commande Jack le chasseur de géant, afin d’expérimenter certaines techniques (la 3D et la motion capture, entre autres). Ce sera un échec commercial. Manque de pot, en acceptant ce projet pour Warner, Singer se voit éjecté du poste de réalisateur du nouvel épisode X-Men,  X-Men : Le commencement, au profit de Matthew Vaughn (Kick Ass, Layer Cake, Kingsman…). Singer restera néanmoins producteur de cet opus. Suite au désistement de Matthew Vaughn, Singer a repris la tête de la saga X-Men en signant l’épisode Days Of Future Past, qui a rencontré un très grand succès public mais où il est difficile de voir autre chose qu’un blockbuster d’été, ou de déceler la patte de Singer. En effet, il ne semble pas avoir pu toucher au scénario, et reste dans les canons de mise en scène du blockbuster moyen contemporain. Ce succès lui a permis de se retrouver à la tête de X-Men : Apocalypse, au poste de réalisateur mais aussi producteur et scénariste. Il est en effet clair que Singer se réapproprie cet univers en tous points ici. Il est encore trop tôt pour savoir si c’est un échec ou un succès.

Notons que Singer a quelques loyaux et très talentueux compagnons, comme le compositeur/monteur John Ottman, ou le directeur de la photographie Newton Thomas Sigel, mais surtout le scénariste Christopher McQuarrie (également ancien détective privé). Celui-ci a signé la plupart des scripts de Singer (notamment celui d’Usuals Suspect), mais à également réalisé (et écrit) les excellents Jack Reacher (avec Tom Cruise) et Mission Impossible : Rogue Nation (avec Tom Cruise). Un bon gars.

Oui bon, y'a David Douillet, aussi.

Oui bon, y’a David Douillet, aussi.

 X-Men 1 et 2

Dans un premier temps, nous allons voir comment les deux premiers épisodes d’ X-Men ont influencé la flopée de films de super-héros sortis les années suivantes. Nous allons pour cela prendre les exemples du Spider-Man de Sam Raimi (Evil Dead, Mort ou Vif) et du Hulk du très grand Ang Lee (Tigre et Dragon, Le Secret de Brokeback Mountain, L’Odyssée de Pi).

La première chose qui frappe en voyant X-Men, c’est la volonté d’ancrer le film dans le réel, et ce malgré la présence de mutants aux pouvoirs fantastiques. Ainsi, les costumes, décors et lumières sont créés dans une optique de réalisme (les costumes de combats des X-Men sont bien éloignés des costumes bariolés des BDs), cela n’empêche pas parfois un certain panache (le Cérébro par exemple). De plus, Singer va utiliser à fond les effets spéciaux numériques (une première dans les films de super-héros), alors en pleine explosion. Comme Matrix l’a fait un an plus tôt, nous avons droit, dans X-Men, à de nombreuses doublures numériques, permettant aux personnages de réaliser l’impossible, mais aussi énormément de mouvements de caméra physiquement impossibles. Le célèbre plan de Wolverine tournoyant au dessus d’un pic de la couronne de la statue de la liberté est un mélange de tout ça : un personnage numérique, un mouvement de caméra généré par ordinateur… Cela permet d’une part d’obtenir des scènes d’actions à la hauteur de nos personnages, mais surtout d’en parfaire la crédibilité. Le second opus ira beaucoup plus loin, avec entre autre la fameuse séquence d’ouvertureDiablo le téléporteur attaque la Maison Blanche. Bien sûr, aujourd’hui, tout cela parait normal, et certains effets ont vieilli, mais à l’époque c’était de la bombe… oui.

Ang Lee et Sam Raimi utiliseront un maximum ces techniques qui ont permis pour la première fois de montrer l’étendu des pouvoir de Spider-Man (qui ne touche jamais le sol et se balance de building en building dans le film) et de Hulk. Notons que Hulk (le film) est aujourd’hui connu pour mettre en scène l’un des pires personnages totalement numérique de l’univers (ce qui est faux). En effet, le Hulk tout vert est entièrement numérique, et loin d’être parfait . Mais il faut saluer le défi de créer un personnage de A à Z, de lui confier un rôle important, de le faire interagir avec des éléments réels et de lui donner des émotions… surtout un gros bonhomme humanoïde vert… C’est très difficile de rendre crédible un truc proche de nous, mais vert fluo… Ce n’est pas un défi totalement réussi ici, mais il fallait sans doute passer par là avant d’arriver au Hulk très réussi d’Avengers.

Comme je crois l’avoir dit plus haut, Singer a fait d’ X-Men un film totalement sien. Dès les premiers épisodes en BD, les mutants étaient une métaphore de n’importe quelle communauté rejetée, ou crainte. À leur sortie, on a très vite fait le rapprochement avec la lutte de la communauté afro-américaine aux États-Unis. Le professeur Xavier, qui prône l’entente entre tout le monde, serait le Martin Luther King des mutants, et Magneto, qui prône la lutte armée, serait une sorte de Malcom X. Singer a fait de cette métaphore le cœur de son film. Il est allé jusqu’à l’ouvrir sur une scène dans un camp de concentration, la traitant avec tout le sérieux et la pudeur nécessaire. Et le combat entre Magneto et le Prof X (comme l’appellent les jeunes) est un combat idéologique ici, loin du manichéisme des films de ce genre.

Les relations violentes d’une communauté envers une autre, et les réactions que cela entraîne, sont une thématique majeure chez Singer. On pensera à son premier film, Ennemi Public, mais aussi à Un élève doué et Walkyrie (qui traitent tous deux du nazisme), et même, dans une moindre mesure, Jack le chasseur de géant, où les géants sont une communauté exclue.

Avec X-Men, Singer est allé même beaucoup plus loin. Les mutants ne sont pas qu’une communauté. Ils représentent en effet métaphoriquement le mal-être qui peut frapper tout un chacun, et surtout à l’adolescence. La plupart des mutants le deviennent d’ailleurs à cette époque charnière de la vie, suite à un surplus de stress. Les pouvoirs ne sont jamais montrés comme quelque chose de cool, mais comme un truc totalement effrayant pour la personne en question et son entourage, et qui peut être source de rejet. C’est donc une métaphore de la découverte et de l’acceptation de soi, souvent éprouvantes et parfois douloureuses, que subit l’adolescent moyen. Et au-delà de ça, le mutant représente le solitaire et l’outsider. Wolverine est un vagabond, Malicia une fugueuse, Diablo un reclus, et les autres vivent entre mutants, en petits groupes. Le second opus (qui est également très « post 11 septembre » avec sa théorie du complot) ira encore plus loin, comme nous le montre la scène ou le gars qui fait de la glace avec les mains annonce à sa famille qu’il est mutant, ou lorsque Diablo demande à Mystic pourquoi elle ne se cache pas grâce à son pouvoir de métamorphe (voyez-les et vous comprendrez). Notons également que Singer retrouve dans le second volet le thème d’Un élève doué. Pyro, un djeun’s mal dans sa peau et qui semble se chercher une identité, se voit séduit par l’idéologie extrémiste de Magneto, comme l’était le héros d’Un élève doué par le nazisme. Les deux thèmes dont on a parlé se rejoignent. C’est-y pas beau.

Ces sous-textes contrastent avec l’aspect super-héroïque qui semble ici presque accessoire.

Les films de super-héros du début de la première décennie des années 2000 utiliseront systématiquement le super-héroïsme comme une métaphore, sauf exception, bien sûr. Et Singer et ses X-Men ne sont peut être pas l’élément déclencheur, mais sûrement les premiers à le faire à ce point. Les aspects super-héroïques ne sont souvent qu’une façade, ou de simples prétextes à l’action, au divertissement et à l’aventure.

Dans Hulk, Ang Lee s’en fout clairement de l’histoire du gros bonhomme vert qui casse tout. Il signe un film sur la colère, et comment des traumatismes d’enfance ou enfouis peuvent marquer quelqu’un et influencer son comportement dans la vie de tous les jours. Dans Spider-Man, la mutation accidentelle de Peter Parker symbolise clairement le passage à l’âge adulte, et le fait qu’il se mette à secréter des fluides blanchâtres à cette occasion n’est pas un hasard. Raimi ira à fond sur cette métaphore au fur et à mesure des épisodes qu’il dirigera, et nous noterons que si, au début, Spider-Man en fout de partout (sa toile d’araignée hein), dans le troisième opus, alors qu’il a des problèmes dans son ménage, eh bien il aura des gros coups de mou dans sa production de toile… Raimi a d’ailleurs choisi d’adapter les versions des BDs où Spider-Man produit lui-même cette toile, et non pas via un accessoire.

#JeSuisJésus #ClubDes33

#JeSuisJésus #ClubDes33

Superman Returns

Après les immenses succès d’X-Men 1 et 2, Singer se plonge corps et âme dans la réalisation de Superman Returns, un projet qui le passionne, puisqu’il est fan du personnage depuis tout petit (paraît-il). Superman Returns est la suite directe du film de 1978 réalisé par Richard Donner (qui est ici producteur, au passage), ainsi que de ses suites toutes plus ou moins nanardesques. C’est également l’un de mes films de super-héros favoris, avec les premiers X-Men, et c’est tout à fait subjectif. Le budget colossal alloué par Warner Bros est très bien utilisé par Singer, qui signe ici un film plus que spectaculaire, d’un lyrisme affolant, et avec un scénario et des épreuves à la hauteur de son héros (ce qui est une première dans les aventures au cinéma de slipman). Le relatif échec du film est surement dû au ton, assez léger et naïf, qui contraste avec la mode d’alors (Batman Begins est sorti quelques mois plus tôt).

Superman a été analysé différemment avec le temps. À l’époque de la sortie du film, l’aspect métaphorique (encore des métaphores, toujours des métaphores) était à la mode. Superman est en effet un réfugié d’une autre planète, qui doit mêler sa culture d’origine (ses pouvoirs et tout le bazar) avec sa culture d’adoption (les valeurs qu’il défend…). Bref, Superman s’intègre à son monde d’adoption (les États-Unis et les nations capitalistes) en œuvrant pour lui. Il aurait été logique pour Singer d’utiliser cet aspect du personnage, mais il n’en sera rien. Il préférera l’angle christique. Superman a toujours été une figure christique, peut être même plus que Jésus lui-même pour notre XXème siècle. Il est en effet le fils d’un monsieur tombé du ciel, élevé par de pauvres p’tites gens, et qui sauvera l’humanité par sa lumière et ses pouvoirs… Dans Superman Returns, Superman revient sur terre après cinq ans de vacances dans les ruines de Krypton. Le monde a alors cessé de croire en lui, ou d’espérer ses interventions salvatrices. Il devra alors affronter Lex Luthor, un humain bien décidé à rabaisser Superman au rang de mortel, et à utiliser sa technologie (quasiment magique par rapport à la nôtre) pour ses projets personnels. Pour le vaincre, Superman va devoir soulever des avions et tout le tintouin, mais surtout se sacrifier. Les méchants vont jusqu’à lui planter une lance en kryptonite dans le flanc (comme JC), et il devra mourir puis ressusciter, littéralement, les bras en croix devant le soleil et devant les humains qui croient en lui désormais. Dans sa mise en scène, Singer pousse ce choix encore plus loin, en reprenant des images fondamentales du christianisme (la crucifixion, …).

Ici, le super-héros n’est plus une métaphore de quelque chose d’humain, le super-héroïsme est le thème même du film… Comment l’humanité réagit devant un tel bonhomme ? Superman est ici une figure mythique…

Quelque temps plus tard, avec la sortie d’Avengers en 2012, notamment, les super-héros au cinéma deviendront clairement une mythologie moderne… Le récent Batman V Superman en est un exemple évident. Tout cela, Vil Faquin et d’autres sauront bien mieux l’expliquer que moi [ndlf : d’ailleurs, ]. Je me suis pour ma part assez désintéressé par cette vision du super-héros, peut être parce que je me sens moins concerné…

Bryan Singer et son Superman Returns mal aimé semble avoir été précurseur, sans doute très involontairement, de cette démarche.

J'ai l'air méchant ? Je suis méchant.

J’ai l’air méchant ? Probablement parce que je suis méchant, en fait.

La prélogie X-Men

Superman Returns et son semi-échec ont donné un gros coup de frein dans la carrière de Singer. Sans doute pour se refaire et peut-être parce que ça l’amusait, il a produit X-Men : Le Commencement, reboot et préquel à la première trilogie X-Men, puis réalisé X-Men : Days Of Futur Past et écrit/produit/réalisé X-Men : Apocalypse. On peut donc parler de prélogie X-Men, bien que cela soit autant un préquel qu’un reboot… en fait, je crois que personne ne sait vraiment comment ça se situe par rapport aux trois premiers films. Une chose est sûre, il n’y a pas Jar Jar Binks dans cette prélogie…

Les voyages temporels, mais aussi une version alternative de l’Histoire (avec un grand H), où les mutants existent, pourraient laisser penser que l’aspect mythologique de ces personnages est mis en avant. Ce n’est pas faux. Le fait de faire se croiser les vieux X-Men et leur nouveaux visages dans Days of Futur Past, et ce au prix d’incohérences monumentales, en est un bon exemple. En effet, ils ne sont plus que des figures qu’on n’a plus besoin de présenter et qui peuvent apparaître dans plein d’histoires. Le personnage d’Apocalypse, le méchant mutant Apocalypse, est censé être le premier mutant, et le plus puissant. Dans la diégèse, c’est un dieu, plusieurs cultes tournent autour de lui et il a construit les pyramide bon sang de bon soir. Il veut rebâtir le monde comme il le souhaite, et par-dessus tout détruire les « fausses divinités », les religions du monde quoi. Le combat des gentils contre lui sera principalement un combat sur ce thème, Prof X ira même jusqu’à lui dire qu’il est une fausse divinité lui-même. Ce personnage est rendu mythologique par sa construction (même s’il est tout bleu… pourquoi ils sont tous bleus dans cet univers…). De plus, certaines scènes des premiers films reviennent plan pour plan, alors que la timeline a changé et que tout aurait dû être différent. Singer met ainsi en avant l’aspect inéluctable de l’histoire des personnages, ou alors il a la flemme d’innover…

Cependant, même si cela reste très en surface, les thèmes de Singer et des premiers films X-Men sont conservés. Il est toujours question de conflits et de haines entre communautés, de personnages paumés… La saga X-Men garde cette particularité de voguer entre les deux grandes familles de films de super-héros, si j’ose dire, entre l’aspect plus terre à terre (où l’on parle de problèmes qui nous touchent tous) et l’aspect mythologique des personnages.


S’il faut conclure cet article, je le conclurai sur une note amère. En effet, la carrière de Singer semble s’être enlisée. Il a été l’un des plus prometteurs cinéastes américains, pouvant naviguer entre films dits d’auteur, puissants, intéressants, et blockbusters très réussis, divertissants et non moins passionnants. Cependant, ses derniers films nous laissent croire qu’il devient une sorte d’artisan prestigieux pour des blockbusters de luxe. Sa mise en scène virtuose se fait de plus en plus discrète (ou n’est que tapage à l’œil), et ses thèmes s’effacent avec le temps, pour nous proposer des choses bien plus génériques. Si son dernier film, X-Men : Apocalypse, remonte le niveau, ses projet suivants (une ribambelle de films X-Men) laissent peu d’espoir.

Mais on y croit…

Un peu.

Suite indirecte : Quid du super-problème ?

Lemming Affranchi

Pour aller plus loin : quelques articles sur les super-héros,
Mythes et idéologie du cinéma américainMythe et Super-Héros,
Le Mythe, Les Mythes dans le cinéma moderne.
Sur des thèmes similaires : La Culture Geek et l’Interview de Laurent Aknin

Publicités

3 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s