Mad Max

Mad Max (Mad Max)

George Miller

Avec la venue plus qu’imminente du quatrième opus, Fury Road, de la saga Mad Max [ndlf : kikitoutdur], il était temps de se replonger dans les trois premiers épisodes, tous différents et tous réalisés, écrits et produits par George Miller. La  trilogie Mad Max a quasiment inventé le post apocalyptique  au cinéma (thématiquement et visuellement). De plus elle a posé certaines bases importantes du cinéma d’action (notamment les fameuses courses-poursuite automobile), et reste probablement en tête des films australiens les plus connus. De plus on la connait pour avoir lancé la carrière de l’acteur, futur réalisateur, Mel Gibson, promis à un bel avenir. Je n’ai pas ici la vocation d’analyser en détail les films, et leur impact, tout cela a été déjà fait, de très nombreuses fois, et je n’ai pas la prétention d’apporter quelque chose de neuf. Je vais tenter de faire un tour d’horizon de tout ce qu’on peut lire dans Mad Max.

Mettons tout de même les choses au clair. Je n’ai pas découvert Mad Max à sa sortie,  je suis bien trop jeune. J’ai vu les films plus tard, et ils ne m’ont pas forcement marqué. Le buzz autour de la saga avec la sortie du quatrième volet et tout ce qui s’ensuit (nouvelles éditions vidéo, rétrospectives, et surtout bouche à oreille autour des films), combiné à mon amour pour le reste de la carrière de George Miller m’a donné envie d’y replonger, et de m’y intéresser [ndlf : le Vil Faquin tient à dire que lui a mouillé comme une jouvencelle à chaque opus et devant la bande-annonce du quatrième].

Ouais, essayer d'être badass avec une 106, c'est pas évident. Mais avec Mel Gibson, ça aide.

Ouais, essayer d’être badass avec une 106, c’est pas évident. Mais avec Mel Gibson, ça aide.

La folle Histoire de Mad Max

Mad Max, premier épisode de la série, sort en 1979. Produit avec un budget ridicule – ça se voit à l’écran d’ailleurs -, il rencontre un succès mondial, et restera pendant longtemps l’un des films les plus rentables de l’Histoire. Il remporte le grand prix au prestigieux festival d’Avoriaz, et fait polémique à cause de son extrême violence et du message politique que certains y voient (on le dit tour à tour fasciste ou anarchiste, comme si ces deux choses représentaient la même facette d’une même pièce et étaient facilement confusionnables – oui, tout à fait -, bien qu’il ne soit aucun des deux). A sa sortie en France le film est même classé X, domaine réservé à la pornographie et à l’extrême violence, et se voit interdire les circuits de diffusion normaux. Il sera même amputé de certaines scènes, bien qu’aujourd’hui la version complète soit largement diffusée. Mad Max nous raconte comment un policier de la route sain d’esprit perd la raison dans un monde qui dégénère dans la folie générale. Alors que le monde part en vrille, Max (notre héros) peut être perçu comme un espoir (son patron veut faire de lui un héros pour redonner espoir à la plèbe, qui se morfond dans sa tristitude – oui, tout à fait). Mais alors que la folie du monde, personnifiée par les motards, lui prend tout ce qu’il a (femme, enfant, ami, …), Max devient fou (d’où le titre, eh ouais ma couille). Tout ce qui est du domaine de la folie est rattaché à la route, comme la voiture de Max, l’Interceptor, tandis que ce qui garde Max du bon coté en est détaché (sa femme vit dans leur maison, son ami est le seul qui semble avoir un appartement). La chute de Max symbolise sans doute la chute d’une société, toujours existante (on voit un juge, un journal télévisé) mais au bord du chaos. Le fait que la route soit le théâtre de cette décadence n’est pas un hasard. Dans n’importe quelle contrée, les routes et autres voies de communications sont des éléments plus que vitaux et, dans un pays aussi inhospitalier et immense que l’Australie, c’est encore plus vrai.

Dès les premiers plans, Max est iconisé comme une sorte d’ultime barrière contre la folie.  La première scène montre un chauffard complètement fou, et Max l’arrête, ou du moins provoque l’accident qui le tuera. Tandis que le chauffard est filmé de profil et en plan large, Max lui est présenté par une succession de gros plans. En parallèle, les autres policiers sont filmés exactement comme le fou du volant. Miller différencie ainsi Max, qui est encore bien dans sa tête, et ses collègues qui sont aussi fous que ce(lui) qu’ils poursuivent. On nous montre que Max perd la raison lorsqu’il décide de se venger et, grâce à un fondu dans un même plan il se transforme littéralement en sa voiture dans une sorte d’apothéose de la folie ambiante.

Mad Max n’est pas le premier film mettant en scène des courses-poursuite de voitures. On peut penser à La course à la mort de l’an 2000 (lien vidéo),  Vanishing Point ou encore à French Connection (lien vidéo) ou Bullit (lien vidéo). On en trouve même dans certains films de Buster Keaton et Charlie Chaplin.  Mais il est vrai qu’ici on pousse le bouchon plus loin. La caméra n’est presque jamais hors de l’axe de la route, et si elle l’est elle suit un véhicule. Elle est aussi toujours en mouvement, suivant, doublant ou s’embarquant dans les voitures ou motos. La seule musique de ces courses est le bruit des moteurs. Le montage ou l’enchainement des plans  permet de dynamiser encore tout cela, jusqu’à cette trouvaille fabuleuse qu’est le très gros (et extrêmement court) plan sur l’œil écarquillé juste avant un accident. Ceci dit, notons que certains effets ont vieillis aujourd’hui et paraissent folkloriques, comme les plans accélérés par exemple.

George Miller choisit de raconter son histoire comme, je cite, « un morceau de rock ».  Le but ici n’est pas de raconter l’histoire de Max, mais juste de faire ressentir au spectateur l’énergie de sa chute dans la folie, et c’est ce qui fait que ce petit film reste saisissant. Tous les aspects de la production ont été mis à contribution afin de ne laisser place qu’à cette énergie. Le scénario est d’une simplicité assez incroyable, on pourrait le résumer en trois lignes. Les dialogues sont limités au strict minimum (Max par Mel Gibson ferait passer le Blondin par Clint Eastwood pour un bavard). Dans cette même démarche, le manichéisme est aussi parfaitement assumé. Les méchants sont immédiatement reconnaissables, les gentils aussi.  Les décors sont vides et arides. A mon sens ce dépouillement, cette simplicité fait de Mad Max une révolution formelle, ou plutôt un retour à un zéro formel, comme l’ont été Assaut de Carpenter (voir) et Drive de Nicolas Winding Refn et peut être Duel ou Les Dents de la Mer de Spielberg. On prend une histoire qui existe déjà et on ne garde que sa sève, pour repartir de zéro. J’ai l’impression de parler de cuisine. Néanmoins c’est peut être pour ça que Mad Max premier du nom est mon favori de la trilogie et à mon sens le plus fort.

Caméra embarquée, violence, cuir, motocyclettes, tout est là.

Caméra embarquée, violence, cuir, motocyclettes, tout est là.

Mad Max 2 ; Le guerrier de la route

Suite au succès resplendissant du premier opus, Mad Max 2 est tourné, avec un budget bien supérieur. Mad Max 2, Le Défi (The Road Warrior), sorti en 1981,  est bien moins violent que son prédécesseur, bien qu’il le reste. Cette fois la société s’est bien écroulée. Suite à la pénurie de pétrole, une Troisième Guerre mondiale à éclaté (that’s life, bitches) et les rares survivants se battent pour le moindre bidon d’essence. Max, alors qu’il erre dans le désert, tombe sur une sorte de forteresse dans laquelle les habitants défendent une citerne de pétrole et cherchent à fuir le désert. Mais ils sont assiégés par une petite armée de voyous sanguinaires. Max va se retrouver malgré  lui a devoir les aider. Notons la présence de Bruce Spence au casting, qui reviendra dans le troisième film. Vous l’avez surement vu dans La Revanche des Siths, la version longue du Retour du Roi mais aussi dans Matrix Revolution, une sorte d’acteur iconique, mais discret, quoi.  Mad Max 2 est souvent le plus connu des trois films, et aussi le plus apprécié. Il est très souvent cité en référence, notamment par (excusez du peu) James Cameron, David Fincher, Jan Kounen ou Bong Joon-Ho. Des boloss, quoi.

Si les films Mad Max sont souvent considérés comme des westerns motorisés, et c’est surtout grâce à cet opus.  Le scénario n’est jamais qu’une version de (Fort) Alamo combinée à La Chevauchée Fantastique, les méchants représentant dans ce cas-là les Indiens et les gentils, beh les cowboys yankee, bringers of freedom (nous parlons des visions fantasmés des colons – il est intéressant de noter que colon veut également dire trou du cul – et des cowboys dans les films cités plus haut). La fin de la civilisation faisant, les personnages doivent se tirer dessus à l’aide d’arcs – la lose quoi -, de flèches et d’arbalètes, histoire de pousser la comparaison.  Le manichéisme, encore une fois très volontaire est poussé plus loin, notamment dans les costumes, où les gentils sont tous de blancs vêtus (et la plupart sont blonds, yankee style), tandis que les méchants semblent avoir recyclés le surplus du magasin SM de la rue d’à coté, en remontrant royalement à Mr. Greycf la Crampe. Cette esthétique est source de beaucoup de moqueries, qu’on peut considérer comme justifiées vis-à-vis du film. Max est ici, bien plus que dans le premier film, un personnage de lonesome cowboy, une figure classique du cinéma. La présence d’un narrateur, ouvrant et concluant le film, renforce cet aspect presque légendaire de Max, dimension absente du premier film.

Le film est surtout connu pour ses courses-poursuite dantesques qui restent encore des références, sans doute plus que celle du premier film, et tout autant que celle des Aventuriers de l’Arche Perdue, film sorti la même année. Les courses-poursuite de ce deuxième épisode sont néanmoins plus dans l’action (d’où la surabondance de plans aériens et une mise en scène plus fonctionnelle) que celles du premier film, qui étaient plus rapides et plus furieuses, comme un premier jet, brutal et sans plus personne au volant ; ce qui, admettons-le, serait un comble. Mad Max 2 sort juste après un crash pétrolier, et joue sur la peur du manque d’énergie. En premier lieu le pétrole qui est ici une ressource plus que précieuse, mais par la même occasion l’électricité et l’eau potable. Qu’arriverait-il si le monde n’avait plus de carburant ? Miller propose une réponse des plus pessimistes mais qui fonctionne toujours (car cette peur existe et n’a pas diminué). La séquence expliquant la chute de la civilisation, et ouvrant le film, montre des images d’archive qui semblent être plus anciennes que 1981 (date de sortie du film), comme pour montrer une régression.

Le département costume s’est lâché... Et on va pas s'en plaindre ? ... Comment ça

Le département costume s’est lâché… Et on va pas s’en plaindre ? … Comment ça « si » ?

Mad Max 3, Au-delà de Tina Turner

Mad Max, Au-delà du Dôme de Tonnerre beyond Thunderdome – sort en 1985, réalisé par George Miller et George Ogilvie. On y retrouve Mel Gibson, plus chevelu que jamais, et surtout Tina Turner (qui interprète quelques chansons pour les génériques du film notamment l’immanquable We don’t need another Hero) et dans un second rôle Angry Anderson, chanteur du groupe Rose Tattoo. Notons également la présence de Maurice Jarre, le papa de Jean-Michel, à la composition musicale du film, qui n’est pas n’importe qui puisqu’on lui doit les extraordinaires BO de Lawrence d’Arabie, Le Cercle des Poètes Disparus ou encore de l’excellent L’Echelle de Jacob. Ce troisième opus est de loin le moins aimé et aussi le moins connu, ou du moins le plus sujet à des idées préconçues. Le financement est en partie Américain (notons que le quatrième opus n’est quasiment qu’Américain), et le budget nettement plus élevé. Le film est de loin le moins violent de la saga, et vise très clairement un public plus vaste, oserais-je familial ?

Pourquoi n’est-il pas aimé ? L’aspect western est presque totalement oublié pour quelque chose de plus proche du peplum, ou de film d’aventure et, chose plus qu’inconcevable, les voitures et courses-poursuite semblent presque absentes, excepté pour un final mou qui semble être là juste pour faire plaisir aux fan de la première heure. Il n’en reste pas moins que cet épisode est très riche et très intéressant. Je ne peux pas ne pas signaler que cet épisode dispose de la meilleure photographie de la saga.

On retrouve Max qui arrive (sa voiture tirée par des dromadaires) à Trocpolis, ville nouvellement fondée (et dirigé par Tina Turner). Notre héros se retrouve piégé dans les complots politiques pour le contrôle de la ville. Ses mésaventures le conduisent à être banni dans le désert. Il est alors sauvé par des enfants vivant dans la forêt qui voient en lui une sorte de messie d’une prophétie. Ils voudront rejoindre la Terre Promise au-delà du désert et Max devra les sauver lorsqu’ils tomberont sur Trocpolis, ville de tous les dangers.

Il s’agit sans doute du scénario le moins simple de la saga. Plusieurs thèmes, forts différents de ceux des deux premiers films, sont présents. Trocpolis représente une caricature de la civilisation, dans tout ce qu’elle a de pire. Les intrigues de pouvoir sont présentes, notamment autour des sources d’énergie (ici basée sur les excréments de cochons), et le commerce est le cœur de tous les échanges. Les survivants à l’apocalypse recréent le monde qu’ils ont connu. Les enfants (qui rappellent ceux de Peter Pan ou de Sa majesté des mouches) n’ont pas connu cet ancien monde et vivent bien plus simplement, en ayant l’air assez heureux (comme les aborigènes dans une vision romantique qu’on peut avoir d’eux). Ils représentent aussi et surtout une sorte d’espoir pour un nouveau monde qui ne reproduirait pas les erreurs de l’ancien (comme le fait Trocpolis). Le titre du film, Au-delà du Dôme de Tonnerre, prend tous son sens dans cette optique. Le dôme du tonnerre n’est concrètement pas important dans l’histoire, mais il est le cœur de la caricature de civilisation qu’est Trocpolis. On y résout les problèmes juridiques et cela sert de divertissement de masse (il y a même un Nagui présentateur). La télévision et la justice représentaient déjà la civilisation moribonde de Mad Max 1. Et le « au-delà » fait allusion aux enfants qui doivent justement s’échapper du passé pour aller de l’avant et peut être créer un monde meilleur.

Mad Max 3 se rapproche aussi du conte, ou du mythe (Max est un peu le héros mythique – on parle du mythe ici en général et pour le cinéma – qui restera dans les légendes du nouveau monde créé/es par les enfants qui lui doivent la vie). Tout cela prend sens en se penchant sur la carrière de George Miller, en tant qu’auteur. On le compare souvent à George Lucas, déjà car il produit, écrit et réalise tous ses films (même si Lucas n’a pas réalisé tous les Star Wars)  et que la saga Mad Max peut être mise en parallèle avec la trilogie Star Wars, du moins dans sa trajectoire (un premier épisode qui semble tout inventer, un second que tout le monde adore et un troisième plus orienté tout public avec au choix des Ewoks ou des enfants perdus). Mais c’est la volonté de raconter des histoires de manières universelles que nos deux George partagent surtout, et une fascination pour les mythes qui se retrouvent dans toutes cultures. Si Lucas va directement prendre à la source en utilisant le travail du philosophe Jospeh Campbell (auteur du Héros aux Mille et un Visages traitant des points communs à tous les mythes), Miller n’a quant à pas fait exprès, ou du moins dirait-on. Comme nous l’avons vu le premier Mad Max est très épuré, et cela lui a permis de toucher des gens de cultures très différentes. En France on y a vu une vision de la décadence de civilisation, aux U.S. of A., un western, au Japon un film de samouraïs et même les aborigènes qui ont vu le film (pour la préproduction du Dôme du Tonnerre notamment) y ont reconnus des mythes de leur culture.

Dans Mad Max 3, Miller cherche à raconter un grand mythe et surtout dévoile sa fascination pour les récits. Toute la religion des enfants, qui les motive à vouloir découvrir le monde au-delà du désert, vient du récit mythique qu’ils se sont imaginés grâces à des déchets de l’Ancien Monde, notamment des jouets. Et lorsque le personnage de Savannah (une leader des enfants) raconte la prophétie, elle utilise un cadre rectangulaire en bois afin de désigner les éléments important au récit (une peinture d’avion, …), ce qui couramment s’appelle faire du cinéma, raconter une histoire à l’aide d’une image (un cadre en bois, un cadre de film il n’y a que la technique qui change). Cette fascination, Miller va la développer dans tous ses films suivants et ce sera le cœur de son excellent documentaire 40 000 ans de rêves, que je vous recommande chaudement.  Ce n’est pas pour rien que Miller va s’emparer, à la surprise générale, du cinéma pour enfants avec les excellents et intelligents films Babe, le cochon devenu Berger, sa suite, mais aussi Happy Feet 1 et 2, qui sont de plus des exploits techniques et logistiques. Dans ses films, pour diffuser des idées (qui sont assez absentes du cinéma pour enfant) il va utiliser la métaphore ultime, les animaux. (Pourquoi ce recueil des Fables de la Fontaine se dandine-t-il devant moi ?). [ndlf : techniquement ce sont les Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine, mais on accepte Fables]

Une dernière chose que j’aimerais aborder sur la saga de Miller, c’est sa place dans le cinéma australien. Mad Max 1 et 2 (et le 3 dans une moindre mesure) font partie intégrante du cinéma australien des années 1980, qui sortait alors d’une léthargie de plusieurs décennies, durant lesquelles il était complètement écrasé par les productions Américaines et britanniques. George Miller, ainsi que Peter Weir seront les figures majeures de ce réveil. Peter Weir est un immense réalisateur, peut être plus connu pour sa période américaine (avec Wittness, Le Cercle des Poète Disparus, The Truman Show ou Master and Commander, à ce propos voir) mais qui a réalisé parmi les plus grands films australiens, avec Gallipoli, La Dernière Vague ou L’Année de tous les dangers. Les problématiques récurrentes seront propres à l’Australie, ou du moins intrinsèques à sa culture et son histoire. Tout d’abord l’histoire incroyablement violente (que ce soit dans ses liens avec la grande Bretagne ou avec les aborigènes) de ce jeune pays est racontée, directement comme dans Gallipoli (film sur la bataille du même nom où l’armée australienne a servi de chair à canon inutilement) et parfois plus métaphoriquement, comme avec Mad Max. On peut voir dans les deux premiers films une représentation de l’Australie quand elle était une immense prison a ciel ouvert pour l’Empire britannique, où chaque habitants à un passé peu enviable et vit là parce qu’on l’y force. On peut y voir aussi la conquête de cette immense contrée par les colons occidentaux, qui n’ont pas été très pacifiques entre eux pour s’accaparer terres et richesses naturelles.

Les relations entre occidentaux et aborigènes (qui ont été traités comme des habitants de seconde zone, surtout en milieu urbain) est aussi un thème des plus importants. C’est une dimension fondamentale du chef d’œuvre La Dernière Vague, ou encore de Pique Nique à Hanging Rock du même Peter Weir. On retrouve cette opposition entre natifs et colons dans Mad Max 3, où les enfants peuvent très bien être vus comme des aborigènes attirés par les promesses des grandes villes (ici Trocpolis) qui sont appelées, comme le dit Max, « les avaleras ».

C’est aussi une période où le cinéma australien était aussi centré sur le combat entre l’humain et une nature destructrice et hostile, et souvent l’humain est écrasé par cette nature. On pensera à Gallipoli, notamment la scène ou Mel Gibson et Mark Lee traversent un désert et s’en sortent à peine vivant, ou encore (et toujours) La Dernière Vague dans lequel la civilisation occidentale dans toute sa splendeur semble mise a mal par les intempéries. Dans Mad Max, c’est le désert qui, de par sa taille, n’est traversable qu’avec des véhicules (on sait que pour parcourir l’Australie, les colons ont du importer des dromadaires), et semble presque tuer Max dans le troisième opus lorsqu’il est banni de Trocpolis.

« I am a Legend. » – Gibson style.

Il est libre Max

J’ai essayés ici de proposer des clés de lecture pour les films Mad Max, qui ne sont pas forcément novatrices, même pas du tout, mais qui, à mon sens représentent bien la richesse des trois films. Chaque idée et chaque film mériterait plusieurs papiers, et je vous invite à vous y plonger par vous-mêmes si cela vous intéresse. Après tout, La Faquinade est le bon lieu pour cela, pour l’échange et le partage ! Quant au quatrième film, j’espère qu’il sera à la hauteur des trois premiers, et pas juste une enveloppe vide ou un remake inavoué du second, pour faire plaisir aux fans.  A priori, ce semble être une suite.

Lemming Affranchi

A lire sur le mythe : Le MytheMythe et Idéologie du Cinéma AméricainMythe et Super-Héros.
A lire sur le post-apo : Le Post-ApocalyptiqueLa RouteCourse à la Mort de l’an 2000 et l’édito de Raphaël Colson partie 1 et 2.

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12 commentaires

  1. J’ai vu le 1er très récemment pour la première fois, il a franchement vieilli, j’ai pas réussi à accrocher, pourtant j’adore les suites mais là c’est vraiment old-school avec petits moyens

    1. Ha bah oui, quand il n’y a pas de budget on fait avec les moyens cheaps de l’époque… quitte à ce que sa devienne vraiment moche par la suite. Mais ce film a marqué son époque et a tout fait exploser.
      Personnellement, le premier est mon préféré 🙂

  2. Eh bien, comme toujours sur La faquinade, voilà un article riche et passionnant ! 🙂 Je n’ai vu que le premier Mad Max et je n’ai pas un gardé un souvenir marquant (ni en bien ni en mal, soi dit en passant). Il faut dire que je l’ai regardé très peu de temps avant/après (je sais plus) Soleil vert, ça n’a pas du l’aider à se faire une place dans ma mémoire de poisson rouge…
    Mais entre cet article et la sortie du 4, je vais me rafraîchir la mémoire sous peu et aussi – tant qu’à faire – jeter un oeil aux deux autres.
    Merci pour ce chouette article ! 🙂

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