La Route de la Conquête

La Route de la Conquête

Lionel Davoust

Finaliste et Vainqueur du Prix Exégète 2015 !

Yo. C’est Faquin qui revient. Peu d’articles ces dernières semaines, je m’en excuse platement et ne cherche pas à me justifier mais… vous savez ce que c’est les campagnes de jeu de rôle à la traîne, les sorties Comics du mois et les autres trucs divers et variés qui vous empêchent de faire votre boulot, comme, à tout hasard, la grippe ou la sortie d’un chef d’oeuvre dans les salles obscures qui vous prend plusieurs soirées avant de le digérer.

Mais, comme dit l’autre, « ainsi va la vie et le monde vieillit » et faut se remettre au taff. Alors quand j’ai repris les crayons le clavier pour m’atteler à une nouvelle critique, disons que les réseaux sociaux m’ont bien influencés : entre la chronique de l’ami Xapur, celle du Dévoreur de Livres et enfin l’entretien des Mandragores, j’étais prédestiné à m’y atteler aussi. Alors je vous avoue que ça fait deux semaines que je dois m’y coller mais que j’osais pas. Pourquoi ça ? Parce que mon précédent billet sur La Volonté du Dragon avait été très très bien reçu et que, ipso facto, celui sur La Route de la Conquête était attendu comme le tigre de Seine et Marne. GENRE LA PRESSION quoi.

Mais bon, je n’pouvais pas rester plus longtemps muet, il fallait bien que j’en parle. Fichtre.

Un travail de longue haleine que la publication d'un recueil de nouvelle. Et une certitude : Evanégyre n'est pas né de rien et a eu le temps de mûrir. Ca laisse présager du meilleur, non ?

Un travail de longue haleine que la publication d’un recueil de nouvelle. Et une certitude : Evanégyre n’est pas né de rien et a eu le temps de mûrir. Ca laisse présager du meilleur, non ?

Visuellement Conquis

La Route de la Conquête est publié, comme La Volonté du Dragon, aux éditions Critic dont j’avais parlé plus longuement dans l’article sus-cité. A l’époque de la parution de La Volonté, il n’y avait que deux auteurs au catalogue, pour guère plus d’œuvres. On s’aperçoit aujourd’hui que ce n’est plus le cas et que la maison compte pas moins de 30 bouquins au catalogue et 3 à paraître sous peu, pour un total de 16 auteurs. On note d’ailleurs l’un des traits communs à ces petites maison d’édition qui se lancent : fidéliser non seulement le lectorat mais aussi les auteurs. On a en effet quelques auteurs n’ayant publié qu’un seul ouvrage et, à l’inverse, nombreux sont ceux (9, en tout) à en avoir publié entre 2 et 4 (les Whale, Genefort, Davoust, Geha, Hérault, Khara, Ward et Miller…) ; notons également que les noms desdits auteurs reflètent une certaine qualité dans l’écriture, notamment si l’on rajoute au catalogue Justine Goddess Niogret pour Gueule de Truie, son roman post-apo.

 Concernant l’édition en elle-même, j’avais dit que le travail était soigné et je m’aperçois qu’avec 4 années d’expertise et de pratique du métier, la qualité s’en ressent : l’édition fait moins brouillon, les rares erreurs sont corrigées (on se souvient du quatrième de couverture plus que moyen), et l’ouvrage se dote d’une identité visuelle beaucoup plus professionnelle et identifiable. Cette identité visuelle tient à deux points notoires qui sont l’étoffement de l’offre de Critic qui se dote du coup de collections différentes selon les thèmes (ici, fantasy) et au choix de l’artiste. Bref, on a un ouvrage plus abouti que précédemment mais avec toujours ce plaisir de lecture et de toucher – je maintiens que c’st important – que je n’ai rencontré que chez Critic. On note également la disparition du label Imprim’Vert qui tient vraisemblablement au changement d’imprimeur – on passe de Mayenne à Millau, toujours en France donc – et à la quantité du tirage également.

On va s’attarder un peu sur le choix de l’artiste qui nous a pondu cette magnifique illustration de couverture. François Baranger. L’homme bosse pour Critic, Bragelonne, Gallimard ou Mango, est l’auteur de la bd lovecraftienne Freak Agency (chez Albin Michel) et de la saga de space-op’ Dominium Mundi (chez Critic) et est graphiste indépendant bossant pour le cinoche (HP 7) ou pour le jeu vidéo (Beyond: Two Souls). L’auteur, dans sa note de fin d’ouvrage le remercie pour « avoir prêté son talent époustouflant à la couverture de ce livre […] qui a véritablement donné vie à ce que j’imaginais des fantassins impériaux. » Et au vu de la couverture en question ainsi qu’à la lecture de l’ouvrage, on peut sans trop de doute possible dire que c’est mission accomplie. Le délicat mixage  entre tech-fantasy et fantassin romain historique est à lui seul une prouesse graphique qui s’appuie sur des éléments visuels forts (insigne des légions, cape rouge, casque, épaulettes, aigle impérial…). J’avais acheté La Route de la Conquête en même temps que La Volonté du Dragon et j’ai donc eu la vision du fantassin impérial de Baranger dès le départ mais ce n’est qu’au milieu de la lecture de cet ouvrage que l’image a pris toute sa force, toute sa pertinence et toute sa véracité.

J’ai cité la note de fin d’ouvrage made in Lionel Davoust mais ce n’est pas le seul élément de méta-texte et, comme vous savez que j’aime bien m’attarder sur ceux-ci, car ils font la richesse des éditions, je ne vais pas vous décevoir. On a déjà parlé un peu plus haut de la présence du catalogue complet de Critic en fin d’ouvrage, classé par genres (thrillerfantasy, science-fiction, autres) – les littératures de genre c’est mieux que la littérature genrée. On a signalé également les remerciements de l’auteur, du classique dans le classicisme quoi. Idem pour la note du graphiste où ce dernier est brièvement présenté mais qui nous permet d’avoir, malgré tout, une idée assez pointue des opti possibles et des multi-classages courants des milieux éditoriaux/artistiques.

Là où – oui je double localise, ma gueule – le méta texte sort des sentiers battus, c’est lorsqu’il entre dans le texte mais n’est pas explicitement présenté comme tel. Ouais j’m’explique, deux secondes. C’est-à-dire que La Route de la Conquête se présente comme un recueil de différentes nouvelles racontant divers moment clés de la conquête d’Evanégyre par l’Empire du Dragon. Chaque nouvelle est introduite par une citation du De Vayd Asrethia, sorte de Chroniques d’Asreth. Ces citations, accompagnées des dates approximatives des faits s’inscrivent pleinement dans les nouvelles, permettant de préparer le lecteur à un propos différent de celui auquel il était habitué. Ce qui est intéressant ce sont les citations de début d’ouvrage et la chronologie de fin, sur laquelle on reviendra après. Quand, dans La Volonté du Dragon, Davoust citait au début de son ouvrage Edmond Rostand,  il cite désormais son propre univers, qui dépasse le simple cadre de la fiction pure. Qui lui « échappe » – je mets en italique et entre guillemets parce que cette échappée est toute relative, non parce qu’il est bon le bougre.

On sent d’entrée de jeu que l’édition n’est pas la seule à s’être prise au jeu du professionnalisme, l’auteur aussi a mûri. On peut s’en rendre compte avec l’encart méta-textuel – encore un – « Premières Publications » des premières nouvelles de ce recueil dans différentes anthologies. Plus que les noms des anthologies, que vous découvrirez quand vous achèterez l’ouvrage – parce que vous le ferez – ce qui importe là, ce sont les dates : 2010, 2011, 2013… L’auteur et son oeuvre ont mûri ensemble, et quand on en récolte le jus, nous lecteurs de 2014, on atteint une ivresse rarement égalée.

Alors oui Edmond Rostand ça claque, mais on passe tout de même de ça – même si la citation colle tout à fait au texte ! – :

« Et nous, les petits, les obscurs, les sans-grade,
Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés, malades […]
Nous, nous ne l’étions pas, peut-être, fatigués ?
Et sans lui devoir, comme vous, des chandelles,
C’est nous qui cependant lui restâmes fidèles !
 »
Edmond Rostand, L’Aiglon, III, 9.

On parlait d'identité visuelle ? Bim : Gueule de Truie de Justine Niogret.

On parlait d’identité visuelle ? Bim : Gueule de Truie de Justine Niogret.

La Route de la Chronique

… à ça :

« Ceci est la chronique absolue, réelle et très véritable, des hauts faits, exploits, réalisations et sacrifices du Saint-Empire d’Asrethia, Rempart et Eclaireur des temps futurs, Lui qui unifia le monde dans Sa Lumière, Lui qui sauva l’humanité de l’extinction, Lui qui porta sur Evanégyre toute entière une ère de paix, telle qu’elle n’en connut jamais et n’en connaîtra jamais plus. »
Introduction à De Vayd Asrethia (« L’élan » ou « La Voix d’Asrethia« ), corpus de textes anonymes codifié dans sa forme définitive au IV° siècle après la Seconde Guerre d’Evanégyre.

« Il n’y a aucune raison de penser que le Vayd Asrethia, pas plus que toute autre bible historiciste, représente d’une quelconque manière un compte-rendu factuel, précis et fiable de la période dite du Saint-Empire. »
Aron Kurnaly, érudit du VI° siècle après la Seconde Guerre d’Evanégyre.

 Je vous entends d’ici : « c’est pas du méta-texte, Faquin, c’est du texte ! Ca fait partie de l’histoire toussa tavu sisi ! » Je vous répondrai ceci. Mais ça ne m’empêchera pas de m’expliquer. Quand je dis que ces éléments font partie du méta-texte c’est parce que l’auteur a construit son recueil. Le simple fait de n’avoir pas apposé des textes les uns aux autres mais d’avoir fait cet effort de construction place le méta-texte – certes important pour la compréhension de l’univers toussa 42 – en tant que méta-texte, comme explication technique à la compréhension de la globalité d’un tout. Comme la description de La Faquinade, à droite fait partie du méta-texte de ce blog, visant à vous faire comprendre ce qu’est la Faquinade, même si cette même description est déjà dans le ton du blog.

Le livre n’ayant pas d’introduction, ces deux citations que je re-qualifie de méta-textuelles – oui, je persiste et je signe – permettent de se glisser directement dans l’ambiance. Vous me direz également : « ouais mais un roman ou un recueil de nouvelles n’a pas forcément besoin d’introduction« . Ouais. Pas « forcément ». C’est bien là la nuance. Et, peut-être y verrez-vous une autre – encore une – déformation professionnel de l’historien de formation mais la construction de cet ouvrage a plus à voir avec la construction d’une chronique historique que d’un recueil classique. C’est dit dans la note de l’auteur : ce dernier a passé 15 ans à peaufiner son univers, à lui donner du liant, à en faire quelque chose de construit, justement. Well done, Sir.

Revenons donc sur cette chronologie qui dispose chaque récit à sa place légitime. Ces derniers n’étant pas forcément agencés de façon chronologique dans l’ouvrage, surtout si l’on rajoute La Volonté du Dragon qui est une publication séparée, les repères chronologiques permettent au lecteur de mettre des mots sur ce qui était deviné mais pas formalisé.

Personnellement, quand j’ai ouvert La Volonté du Dragon et que j’ai lu Rostand, je me suis mis dans un contexte intellectuel, culturel, dans un champ de référence intrinsèque à l’auteur, la citation et l’oeuvre elle-même. C’était plutôt pertinent. Mais, à la lecture de La Route de la Conquête, je suis directement passé dans un champ référentiel juste : celui d’Evanégyre. Direct. Cash. Et ça a joué pour beaucoup dans mon adoration.

La chronologie est extrêmement bien adaptée, en suivant les aventures narrées dans La Volonté du Dragon mais également en prenant la timeline à rebrousse poil ou en l’anticipant énormément, j’y reviendrai. Le travail de construction du récit est vraiment intéressant car au final les nouvelles s’installent dans une narration plus vaste et, en définitive, on en vient à espérer qu’entre deux autres projets l’ami Lionel revienne à ses amours sur Evanégyre et nous glisse des indications ici et là… Un peu à la manière d’un jeu de figurine à licence, qui se base avant tout sur les figurines, mais qui développe en parallèle un background ultra fourni. Honnêtement, je ne demande que ça, des bibliographies fictives intra-fiction ou des projets pan-médium… Oui je suis une vile crousti-pute.

L’autre point qui a joué dans l’adoration – j’exagère à peine – c’est de commencer la première nouvelle éponyme en suivant Stannir Korvosa, l’aide de camp du Généralissime de La Volonté du Dragon et qui a depuis été promue à son tour Généralissime. Lorsque j’avais parlé de cet ouvrage, j’avais mentionné qu’on suivait de multiples personnages, mais étrangement pas de femme. Et là – bim ! -on arrive avec une Généralissime qui roxxe et une jeune aide de camp. What else? Et bien la première nouvelle prend 150 des 350, laissant 200 pages aux 5 nouvelles restantes. Grave ? Non. Un autre intérêt de cette collecte de texte, qui est justifié par le fait que l’assimilation des peuples et de leur culture à l’Empire se fait via un office de Conservateurs (le Corps Conservatoire, cf chronologie), c’est la présence – enfin ! – des points de vue des assimilés, des peuples conquis. Et ça, c’est cool. Parce que le dilemme présenté dans La Volonté du Dragon reste le même, et vu comme il est traité dans la première nouvelle, la situation devient très vite intenable pour le lecteur. L’auteur éteint bien vite l’incendie mais il ne noie pas les braises, c’eût été trop facile. Sadique.

La Volonté du Dragon avec La Route de La Conquête, la suite des nouvelles se passant dans le monde d'Evanégyre.

La Volonté du Dragon avec La Route de La Conquête, la suite des nouvelles se passant dans le monde d’Evanégyre.

La Route de la thématique (à Nicomaque)

Boum. Place ta référence. Alors oui, c’est cool les chroniques mais si on avait eu à faire à un remix de La Guerre des Gaules de C.J.C. je n’aurais pas mis autant d’enthousiasme dans la présentation. Si je vous en parle, rassurez-vous ce n’est pas le cas.

La présentation du recueil par le méta-texte et le placement chronologique de chaque nouvelle laisse, de façon assez simpliste, entendre qu’on aura à faire à une énième resucée de la Grande Histoire Bataille gnagnagna toussa toussa. Techniquement, si on s’en tient purement et simplement au contexte de chaque nouvelle, ouais. On est carrément dans l’ambiancisation impériale des batailles et des conquêtes. Seulement, si l’on regarde les thématiques, on arrive très vite sur quelque chose de beaucoup plus profond, plus proche parfois de la micro-histoire (cf article sur LJS) où l’on recoupe les sources pour avoir une vision correcte d’un événement.

Chaque nouvelle présente son lot de thématiques profondes et prenantes, voire poignantes. comme vous en parler, c’est gâcher un peu le plaisir de découverte, je vous balance tout de suite mon /!\ Alerte Spoiler /!\ même si je ne vais pas vous boulotter l’intrigue, mais connaître les thèmes, c’est un peu connaître l’âme de la nouvelle. Alors si vous voulez, vous pouvez sauter directement à la conclusion. En attendant, une petite liste, qui en plus vous donne les titres des nouvelles.

  • La route de la Conquête aborde les thématiques liées au commandement, au pacifisme, aux cas de conscience, à la lassitude et au respect de la parole donnée.
  • Au-delà des murs aborde les chocs post-traumatiques et les troubles mentaux que les soldats ramènent bien souvent de la guerre. Un petit chef d’oeuvre.
  • La Fin de l’Histoire porte bien son nom : guerre fratricide, questionnement de loyauté, sacrifice…
  • Bataille pour un souvenir m’a préparé en douceur à la dernière nouvelle avec une jolie métaphore sur la perte d’identité des hommes dans la sauvagerie de la guerre.
  • Le Guerrier au Bord de la Glace, dont je n’ai pas saisi le titre après plusieurs lectures nous emmène dans les errances psychique d’un soldat qui n’a plus qu’un pas entre lui et la mort et une falaise derrière lui.
  • Quelques grammes d’oubli sur la neige est parfaite – oui bon, ça va, j’en ai chialé comme un gosse, ça vous va ? Bande de fouille-caca va !. Je n’en parlerai pas.

Vous la sentez venir la claque ? Non ? Alors tendez bien la joue, là comme ça, vous verrez, ça va bien se passer. Comme vous le savez, j’aime les bateaux, les trucs de pirate, et j’aime les trucs qui me remuent les tripes. C’est pourquoi je vous propose de lire la fin de l’article en écoutant Une dernière Journée en Mer. Ca colle parfaitement, vous coince un peu le bide, et ça vous donnera une belle initiation à La Route de la Conquête.

« Avec pour seul bagage mon cafard et dans le bide un hameçon
Je m’en vais là-bas par pure dérision
Pour servir les jeux de la déraison.« 

Dans l’ensemble les nouvelles nous amènent à des comparaisons parfois avec des événements réels que Davoust aurait intégrés à son univers, qui se veut réaliste et cohérent, de main de maître. La bataille des Brisants, outre son nom féérique, rappelle celle du Chemin des Dames lors de la WWI. De même, les troubles psychologiques que les psychagogues – tiens, ça aussi c’est un point important : Davoust établit son univers propre en néologisant à partir de mots existants mais modifiés si habilement qu’on se laisse prendre au jeu –> les psychagogues sont des psychologues qui utilisent les dons possibles dans leur univers de jeu sur la mémoire et la psyché, alors un nom différent et bien dosé, c’est fluff ma bonne dame ! – ont du mal à cerner et à faire entrer en rémission, ne sont pas sans rappeler le traumatisme général de la cette même WWI, que nos Poilus – si votre enfant à un jour un devoir sur la Première Guerre Mondiale, ne le laissez jamais taper « Poilus » sur google, mes parents s’en mordent encore les doigts. Non, ne me remerciez pas. Bon okay, mais juste un peu alors – qualifiaient avec horreur de Der des Ders. Cette horreur de la guerre et de ces traumatisme est extrêmement présente dans les textes de Davoust. C’est véritablement bien d’actualité en cette semaine de commémoration de l’Armistice du Wagon. Et c’est là que je vous propose d’écouter Remembrance Day de Demon.

Sinon, j’avais dit que je reviendrai sur la chronologie, alors voilà, on va parler un peu du Guerrier au Bord de la Glace. Mais juste un peu. Déjà sans être prévenus, on bascule dans un futur dans lequel les mécha des soldats impériaux se retrouvent à voler. Rien que ça. Et là on comprend qu’on va avoir droit à du bon gros vieux dogfight. Comme si l’ami Lionel me connaissait par cœur hein. Bref, en plus de tout le reste, ce passage est tout bonnement délicieux. Il y a tout, du stress du pilote à la sensation de vitesse, celle de la gravité, le stress de la poursuite, le paysage qui défile, les hauts-le-coeur. Tout j’vous dis.

Chronologie est un mot joli. Du grec Chronos, le temps, et Logos, le discours, la langue. Chono-logos, la langue du temps. CQFD, bitches.

Chronologie est un mot joli. Du grec Chronos, le temps, et Logos, le discours, la langue. Chono-logos, la langue du temps. CQFD, bitches.

La Route

La Route, c’est ce chef d’oeuvre de Cormac McCarthy (qui a connu une super adaptation ciné avec Viggo sexiest-man-ever Mortensen). C’est aussi, et surtout, le seul livre qui m’a fait pleurer. Enfin, du coup, c’était. Disons que c’était le premier. Et même pas à la fin. Juste des fois je le posais, et je me roulais en boule sous ma couette ou dans le tram en chouinant. C’est certes un road-movie (c’est étrange de dire ça pour un livre, mais j’ai pas trouvé l’équivalence) mais La Route de la Conquête aussi. Et pas parce qu’il y a « la route » dans le titre hein. Mais parce que Lionel McCarthy hum Cormac McDavoust errr Lionel Davoust réussit à mettre autant d’intensité dans son ouvrage, à en faire un chemin que nul héros ne parcourra mais qui s’ouvre devant le lecteur.

Un bon bout de chemin donc. Et pour vous autres, lecteurs qui avez sauté directement à la conclusion pour garder votre esprit vierge de toute information concernant l’ouvrage – une démarche que je comprends bien pour l’avoir moi-même expérimentée pendant ces quatre derniers mois pour Interstellar des Nolan Bros, grand bien m’en a fait ! – et bien je vous prie de ne point me remercier ce vous livrer ci-après les derniers paragraphes de la dernière nouvelle. Mais ne vous inquiétez pas, ce sont aussi les premiers de cette dernière.

« C’est le seul souvenir que je conserve […] : je demeurerai pour toujours dans le monde qu’elle a créé dans les mirages de la lune et de la roche.
C’est pourquoi, passant d’un village à l’autre, jusqu’aux confins de ce monde, ou bien jusqu’à ma fin si l’on doit m’en accorder une, je l’investirai de son histoire.
Et maintenant, je vais passer parmi vous, espérant voir naître sur vos lèvres des questions muettes.
« 

Mais faites donc, je vous en prie.

Vil Faquin.

Du même auteur : La Volonté du Dragonet, Port d’âmesRécital pour les Hautes Sphères
(+ 
Tuning JackPersonne ne l’a vraiment
dit) & L’Île Close, l’interview et l’édito de février.
Lionel Davoust est lauréat du Prix Exégète 2015.
Sur de la fantasy steampunk
Sense of Wonder.

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22 commentaires

  1. Quel billet dense qui rappelle un bon souvenir de lecture ! ça fait un moment que je me dis qu’il faut que je lise la Route (je n’ai pas vu le film, je veux lire le livre avant), en te lisant je me dis : il faut VRAIMENT que je lise La Route.
    Je ne connaissais pas le terme micro-histoire. C’est vrai que c’est intéressant cette façon de mettre plusieurs points de vue sur l’événement, comme des avis contradictoires dans un article de journaliste.

    1. La micro-histoire c’est passionnant, je te propose les oeuvres d’Alain Corbin à ce propos, notamment « La Vie Retrouvée de Louis-François Pinagot » où il retrace la vie d’un inconnu au XVII siècle.

      J’ai vu le film avant de lire le livre, pour La Route, et honnêtement, cela ne m’a pas influencé. Le livre est intraitable sur écran, l’angoisse est tellement prenante. Mais j’en parlerai bientôt dans un billet quand j’aurais rechoppé l’édition spéciale en .2 dans laquelle je l’ai lu.

      1. C’est noté pour Corbin ! je vais quand même essayer de lire le livre avant pour La route, car je crains que si je vois le film avant, j’aurais la flemme de chercher le bouquin ^^

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