Chien du Heaume

Chien du Heaume & Mordre le Bouclier

Justine ‘Godess‘ Niogret

Dans le précédent article, je vous avais parlé de ce livre qui m’a accompagné à mon arrivée dans l’ogre lyonnais et qui m’avait épaulé, sorti de la cassonade méh’qu’d’une comme on dirait dans les coins reculés, par chez moi. Cette fois, j’enchaîne sur un autre ouvrage qui me tient à cœur, tant par l’impact qu’il a eu sur moi après la lecture que par le moment de sa lecture.

Comme vous savez que j’aime contextualiser un max, histoire d’être relativement clair dans le propos, je ne vais pas me priver. Imaginez : trois années de double licence, trois années de master recherche, le tout combiné à une épopée dans le monde de l’emploi en parallèle. Vous imaginez aisément que mes lectures n’ont pas été des plus diversifiées pendant ce temps là. Boulot + études + vie sociale faisant rarement bon ménages. La lecture d’ouvrages passionnants – enfin, pas tous – agrémentant une bonne partie de mes journées/nuits d’étudiant, j’ai donc décidé de passer en mode off mes lectures perso, pour ne garder que les lectures universitaires. Si dans les premières années j’ai pu lire du Bernard Cornwell (Le Roi de l’Hiver par Exemple) ou du Michel Pagel (Le Roi d’août), très vite j’ai été submergé.

A l’automne 2013 j’ai émergé de ce marasme avec la tête pleine comme une passoire, des trucs griffonnés sur tous les morceaux de carnets que j’avais pu trouver et une PAL longue comme… Oui longue mais étrangement pas tant que ça… Parce qu’à force de raquer pour les ouvrages universitaires dispo en un unique exemplaire en BU et dont 187 étudiants ont besoin simultanément, bah j’avais fini par ne plus rien acheter que ça.

Et pourtant, année après année, j’avais suivi le départ d’une jeune auteure, ma conscrite de 10 ans, qui écrivait des trucs qui avaient l’air cools et, année après année, j’achetais ses ouvrages : Justine Niogret. Si je n’ai toujours pas lu Gueule de Truie ni Coeur de RouilleChien du Heaume et Mordre le Bouclier sont, à peine 24 heures après ma soutenance les premiers ouvrages sur lesquels je me suis jetés. Ils n’ont pas duré plus de 10 heures chacun.

Le soir même, j’avais replongé.

On peut le voir, deux petits ouvrages pas très épais. La preuve que je ne mens pas.

On peut le voir, deux petits ouvrages pas très épais. La preuve que je ne mens pas.

C’est le même roman en fait ?

Oui. Publié en deux fois, et qui pourrait se suffire à lui-même pour peu qu’on soit si peu curieux qu’on ne veuille pas prendre la peine de s’investir dans l’histoire. J’ai choisi ici de parler des deux œuvres ensemble pour une raison très claire : sans Mordre le BouclierChien du Heaume serait caduc – comme les feuilles d’un aulne, oui voilà. Si, pour ma part, je dispose de deux ouvrages séparés et édités, à deux années d’intervalle (2011 et 2013), c’est justement parce que je les ai acheté au fur et à mesure des sorties (2009 et 2011). L’écart de deux ans à chaque fois s’explique par le fait que j’ai acheté la version poche de chez J’ai Lu, dont je vais vous parler dans cette critique. Comme à l’habitude avec les éditions J’ai Lu, on a affaire à de petits tomes peu coûteux, plutôt résistants et qui restent ultra fonctionnels même après plusieurs lectures. Pas la peine de s’attarder outre mesure, au final.

Ce sur quoi je veux m’attarder un peu plus, une fois n’est pas coutume, ce sont les illustrations de couverture, signées de Johan Camou. Johan Camou, si vous ne le connaissez pas de nom mais que vous êtes malgré tout amateur de fantasy et notamment des pontes du genre, vous l’avez forcément croisé au travers soit de vos lectures – si vous avez du goût – soit dans les rayons de votre libraire favoris – si vous avez moins de goût mais que vous voulez néanmoins nous aider à survivre – soit dans des recueils d’illustrations du genre. Bref, le sieur Camou a fait l’encre et la couleur, comme on dit dans les milieux autorisés – non, plus autorisés que ça, s’il vous plait -, pour des éditions de Glen Cook et sa Compagnie Noire, les époux Feist et leurs nombreuses chroniques, David Gemmell (vous savez), Pierre Pével, …, et donc Justine Niogret. Je vous conseille de cliquer ici pour avoir un aperçu de son travail.

Et Dieux que l’image de couverture de Chien du Heaume m’a attrapé aux tripes. Après Feist ou Gemmell, c’est la troisième fois qu’il me donne envie de lire un ouvrage rien qu’en en faisant la couverture. Bordel, cette ambiance brumeuse, ces quelques drapeaux coincés sur des aplombs rocheux, ce ciel de morne val, ces soldats hagards et dont on sent le fardeau du devoir, la silhouette trapue de la femme dont devine les encombrantes mamelles (sans rire !) et la détermination à sa posture et ce bras – BORDEL – ce bras, couturé de cicatrices et sanguinolent, où perlent veines, tendons et muscles… Je ne sais pas vous, mais pour ma part j’ai envie en voyant l’ouvrage de savoir où la femme nous emmène. Je me fiche pertinemment de savoir pourquoi, comment et dans quel sens, je veux juste la suivre. Est-ce que ça fait de moi un lecteur sissy ? Ma foi, humI don’t expect so. L’illustration de Mordre le Bouclier n’est pas aussi impactante, mais quand tu en arrives au deuxième tome, ma foi, tu t’en fiches. Pourtant elle aussi retranscrit parfaitement l’atmosphère sereine du bouquin. Non j’déconne, lourde et froide plutôt.

Tout ça pour vous conseiller, si je puis me permettre – Mais oui vous puivez Monsieur Faqu… Alerte – Blague Resucée de Billet en Billet – Procédons à la censure – de ne pas acheter ces deux tomes. Sauf si vous êtes fauchés ou que l’objet livre vous est égal. Mais je pense que si vous souhaitez profiter au maximum de l’expérience de lecture sur ce fabuleux diptyque, vous devriez vous orienter vers l’édition grand format, plus onéreuse à elle seule que les deux tomes poches chez J’ai Lu, de chez Mnémos. Non seulement les deux ouvrages s’y trouvent réunis mais en plus, comme à l’habitude chez Mnémos, l’édition est soignée et propre ce qui en fait un bel ouvrage. Point noir, cependant, avec l’illustration qui ne correspond, je trouve, pas au bouquin. Chien du Heaume y est décrite comme laide, rude, bourrine et trapue et on se tape une elfe blonde en couverture. Alors loin de moi l’idée de ne pas apprécier la qualité de l’illustration – j’adorerais me réveiller à côté de la donzelle chaque matin – mais je pense que la pertinence en prend un coup. Y’a comme qui dirait, une couille dans l’potage (fonctionne aussi avec du pâté), m’est avis.

« Nous étions jeunes et larges d’épaule,
Derniers hoplites, insolents et drôles,
On the road again, again!« 

Une question d’ambiance

Je l’ai dit plus haut, mais je n’ai pas encore lu les deux autres ouvrages de Justine Niogret. Ni ses nouvelles. Ni les traductions qu’elle a fait pour La Guilde des Magiciens de Trudi Canavan. Je n’ai donc lu que ces deux ouvrages. Mon propos se nuancera donc de lui-même plus tard quand j’aurais une plus grande expérience de l’auteure, un peu perfectionnée par cette interview du Cafard Cosmique. Si vous n’avez pas lu les romans, je vous la déconseille, notamment certaines questions qui, sans spoiler ouvertement, ont tendance à vous livrer des éléments qui pourront gâcher votre plaisir de lecture. Je me permets de vous livrer le dernier point de ladite interview, néanmoins, car rien ne saurait mieux résumer l’image que j’ai de Miss Niogret et de son oeuvre :

Votre interview est courte. Vos réponses sont courtes. Votre roman est court. Vous ne faites rien comme tout le monde. Pourquoi pas une trilogie de 1000 pages, hein, pourquoi ?

Dali disait, je crois, qu’il vaut mieux partir avant d’ennuyer. Comme je n’ai pas de voiture et que je n’aime pas prendre le métro, je suis obligée de rester, souvent, donc je préfère me taire. Et puis je trouve, à mon sens, qu’un bon livre est un peu comme un coup de pied dans le ventre, ça coupe le souffle et on s’en redresse avec les joues rouges et les larmes aux yeux. Des coups de pied sur 1000 pages, ça fait trop longtemps mal, en fait.

N’allez pas croire que Justine Niogret est fan des moustaches folichonnes. Vous êtes par ailleurs totalement libres de comprendre et croire que L’épée de Vérité de Terry GoodkindLa Roue du Temps de Robert Jordan ou les 117 392 saisons prévues pour l’adaptation TV de Game of Thrones de G. R. R. Martin, c’est trop. Et par trop j’entends trop long. Parce que oui, c’est pas la taille qui compte, sauf en escrime. Dans le cas présent, on a un premier ouvrage de 208 pages et un second de 197 pages. Et pourtant on a un Grand Prix de l’Imaginaire 2010, un Prix des Imaginales 210 (meilleur roman français), un Prix Elbakin 2012 et un Prix Européen des Utopiales 2012 (meilleur roman français). Rien que ça. Et dans un temps où tout tend à s’allonger, de la dette publique à la durée des films au cinéma – fichtre qu’il est devenu difficile de trouver un bon film d’une heure trente de nos jours ! – ça fait du bien.

Et l’ambiance, dans ce diptyque, c’est le point central. J’en parlais pour les illustrations, qui vous plongent directement dans l’esprit de l’ouvrage, j’en parle également pour tout ce qui accompagne l’ouvrage, le méta texte. On sent que l’auteure, dont la schizophrénie sera à infirmer ou confirmer par nos plus brillants spécialistes, a une formation précise dans ce qu’elle nous décrit. Que ce soit au niveau du contexte historique, des objets (armes, vêtements, ustensiles de tous les jours…), des décors, des mentalités, des personnages… et ce à quelques petites exceptions près, toujours justifiées scénaristiquement – chapeau d’ailleurs, rares sont les auteurs qui se turlupinent autant pour leur lectorat -, tout disais-je est historico-crédible. Que ce soit une formation universitaire (histoire, archéologie) ou complètement autodidacte (aux côtés d’une troupe de reconstitution, par des lectures…), Justine Niogret nous livre un univers réel, réaliste, palpable et surtout crédible. Quand on lit ces deux ouvrages, on sent avec les personnages l’odeur de la rouille, on a le goût cuivré du sang sur les lèvres, on perd peu à peu la notion de la fatigue, on s’essouffle, notre gorge se serre en même temps que celle de l’héroïne…

Et l’auteure, toujours, de fournir un glossaire ou des repères historiques indispensables dans le méta-texte avec un humour remarquable et frais, comparé au ton du livre, pour permettre à ses lecteurs les moins expérimentés de suivre.

Bon j'avoue je l'ai passée en N&B celle-ci parce que le rendu de la surexposition était dégueulasse. Et là j'essaie de la faire passer ni vu ni connu juste avant la partie triste, dans l'artifice espoir de créer une ambiance. Mais comme vous êtes un lectorat futé, ça ne prend pas !

Bon j’avoue je l’ai passée en N&B celle-ci parce que le rendu de la surexposition était dégueulasse. Et là j’essaie de la faire passer ni vu ni connu juste avant la partie triste, dans l’artifice espoir de créer une ambiance. Mais comme vous êtes un lectorat futé, ça ne prend pas !

La fin d’un monde

Cette dualité d’auteure fait en grande partie l’attrait des ouvrages : on a la Justine Niogret guillerette et chantante des postfaces et des glossaires et la Justine Niogret grave et sérieuse, sadique voyeuriste d’un univers à l’agonie, et si Alfred de Musset disait dans son Allégorie du Pellican :

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots.

Alors je connais quelqu’un qui en a extrait l’essence même afin de la distiller goutte à goutte dans à peine 400 pages. L’histoire, ma foi, est celle d’une mercenaire, relativement âgée, fatiguée, laide, usée et expérimentée qui roule sa bosse ici et là en quête de travail. Sans pitié, rude et forte, Chien du Heaume, c’est son nom, va de village en château pour trouver de quoi se nourrir, mais on sent dès les premières pages que cela devient de plus en plus difficile. L’époque est relativement facile à située, fin de XI ème siècle, avec son lot de croisades en Orient, mais on n’a aucune indication plus précise… Le lieu par contre… Ma foi j’aurais une tendance naturelle à vous sortir le vieux topos du pays celte, ou gaélique. Mais je n’en sais rien à vrai dire. J’imagine plus probablement une Basse Normandie froide, avec ses quelques villes et ses routes, comme on peut le voir dans le second tome mais aussi les épreuves terrifiantes des terres reculées. Cela reste un avis. Toujours-est-il que, petit à petit, Chien du Heaume va chercher à découvrir son nom, à remonter la voie de ses origines. Et dieu sait que c’est pas jojo.

J’ai dit, régulièrement ces derniers temps parce que mes lectures s’y prêtaient, que souvent ce n’était pas l’histoire qui importait mais le contexte, qui imposait le ton de l’histoire et qu’avec la forme de l’univers, le fond des personnages se tramait (pour Farlander notamment). Dans ce cas précis on se demande si ce n’est pas l’inverse, si ce n’est pas de l’histoire personnelle de Chien que découle tout le reste, l’atmosphère notamment, d’autant que Justine Niogret, quand le Cafard Cosmique lui demande si le ton de son livre était délibéré, répond que « ce n’était pas voulu. » Cela renforce, avec le reste, l’impression de tangibilité de l’univers mis sur pied par l’auteure qui, même s’il incorpore des éléments réels (Rutebeuf, les Croisades, un armement réaliste d’une période donnée…) a légèrement tendance à nous emmener vers l’onirique.

Je l’ai mentionné plus haut, Chien du Heaume et Mordre le Bouclier sont un seul et même ouvrage où se raconte de façon linéaire – et ça ne veut pas dire chiant, me faites pas dire ce que je n’ai pas dit – l’histoire d’une femme détruite et aux abois, dans un univers sans merci dont on sent la morsure à chaque page. Rien n’est épargné, un coup d’épée tue un personnage en moins de dix secondes – réalisme historique chéri, te revoilà ! -, une vilaine toux dégomme à la livre les poumons d’un personnage on les sent se désagréger dans notre propre poitrine, on frappe on a mal, on crie on hurle et quand le froid et l’humidité s’installent, même par 30° à l’ombre bonnes gens, je vous assure que vous allez aller le chercher, ce plaid que vous n’avez pas sorti depuis que vous vous êtes installés à la Grande Motte – quel manque de goût !

Si l’univers est froid et sans pitié, l’écriture elle est chaleureuse et fluide, elle ne nous force jamais, n’est jamais déplacée même si on sent des maladresses parfois, mais n’oublions pas que c’est un premier roman. Si le point de vue change peu, le récit lui évolue sensiblement dans le deuxième tome où de nouveaux personnages interviennent dans l’histoire. On a un temps l’impression, plus légère, qu’un récit d’aventure en 6 tomes va se lancer, la fleur au fusil, avant de se rappeler la taille de l’ouvrage et d’être ramené à la réalité par cet univers qui semble échapper à la plume de l’auteur et orienter l’action à sa guise. En parlant de la plume de l’auteure, je ne saurais que recommander la finesse avec laquelle Justine Niogret traite la notion de l’irréel. Encore une fois, c’est avec un réalisme à toute épreuve que ce dernier se manifeste. Il se manifeste dans l’esprit des personnages, tant et si bien qu’on finit par y presque croire, à presque s’y lancer mais ne se concrétise jamais, même s’il joue parfois un rôle concret dans l’action. Je perçois d’ici votre scepticisme, un truc irréel mais concret, onirique mais palpable… Je ne saurais trop que vous conseiller de lire et relire le passage illustré par la couverture J’ai Lu de Chien du Heaume. Cette rencontre en Chien et les hommes d’armes dans les brumes sordides. Tout y est. C’est ce qui m’a fait chavirer en définitive.

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J’en ai pas encore parlé mais on peut saluer le remarquable travail du Dr. Fabrice Cognot Bladesmith sur cette dague à rouelles typique de la fin du XV ème. Alors non c’est pas histo compatible avec les romans (fin XI ème on rappelle) mais osef, puisque c’est de la fantasy ! Haha mémé, t’es bien mouchée !

Et définitivement, d’ailleurs.

Les ouvrages, comme on l’a dit, étant relativement courts, j’avais souhaité faire une chronique courte. Concise. Pertinente. Je vois qu’au final j’ai fait aussi long voire plus qu’à l’habitude. Est-ce grave ? Non pas, mais que voulez-vous, on n’se refait pas. Tout ça pour dire que j’ai lu ce diptyque il y a peu ou prou un an tout pile – peu ou prou ou tout pile ? Va falloir se décider Faquin ! On ne joue pas auto-reverse impunément ! – et je voulais d’abord en parler en ouverture de ce blog. J’ai finalement souhaité patienter avant tout pour me permettre de lire d’autres ouvrages et surtout de les critiquer afin d’être bien sûr de l’impression gardée. J’ai également voulu le relire avant de le critiquer, mais, après trente pages, le souvenir et l’émotion étaient tous deux trop présents, ce qui m’a conforté dans le ton a adopté.

Cet ouvrage n’a pas révolutionné ma vie, il n’y a pas donné un sens pas plus qu’il ne m’a permis de m’affirmer, de me connaître. Par contre, dans cette triste vie de faquin qu’est la mienne, il y avait un gros trou empli de vide qu’il appartenait à quelqu’un de combler – je vous vois venir – et c’est Justine Niogret qui l’a intégralement colmaté – strap-on time ! – avec la sensibilité, l’émotion, la rigueur et la justesse qui lui sont propres.

Je vous ai parlé de la dureté de l’univers de Chien du Heaume et de Mordre le Bouclier mais je ne vous ai pas parlé des rares moments de tendresse qu’il offre. Pourquoi ? Parce que je n’ai pas les mots. Ils sont tellement rares (encore une fois, une rareté qui s’explique et qui n’est pas artifice !) et puissants qu’ils en deviennent eux aussi source de fantastique.

Pour résumer ce coup de maître – et oui, ça peut être le coup au premier ouvrage – de Madame Niogret – oui, maintenant on dit Madame, avec une majuscule – je vous laisse avec une chanson de Jean Ferrat qui colle on ne peut mieux à notre mercenaire préférée : Les Nomades.

« Mais ils s’en vont encore d’ici
Les Nomades
Ni la couronne d’oranger
Ni la cheminée de faux marbre
Ne leur mettent racine au pied
Ils ne sont pas comme les arbres
Les Nomades
Ils vont toujours de ville en plaine
Il n’y a rien qui les retienne
Eux c’est la route qui les mène
En dimanche comme en semaine
Les Nomades
Ils ont eu froid comme personne
Ils ont chanté mieux que nous tous
Mais c’est la route qui les pousse« 

Vil Faquin.

De la même auteure : InterviewEdito d’avril, Mordred et Gueule de Truie.
De plus : Mordred, ou l’abysse des sens sur Histoire et Images Médiévales.

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33 commentaires

  1. Je ne sais toujours pas si j’ai aimé ce livre (Chien du Heaume, je n’ai pas lu le deuxième), mais je suis parfaitement d’accord avec le fait que c’est une œuvre originale dans la fantasy moderne et même moins moderne, et qu’elle te prend aux tripes, carrément et longuement. Le réalisme frappe dès les premières pages, et pas le genre de réalisme que certains vont chercher entre les lignes d’une histoire fictive et romancée, toutes les 20 pages, non, ici le réalisme tu te le prends dans la gueule un peu comme quand tu te balades dans certains quartiers ou que tu croises certaines personnes, et qu’on adore ou pas c’est une sensation assez rare pour être notée.

      1. Ho la, tu sais la longueur, c’est pas forcément c’qui compte hein.

        En tant qu’historien tu sais aussi bien que moi que les monographies les plus longues ne sont pas forcément les plus cools. Sauf chez Pierre Nora. Mais c’est Pierre Nora, aussi.

  2. Outre le fait que tu m’aies déjà parlé de l’auteure, ce qui me donne réellement et particulièrement envie de lire ce bouquin, c’est ça: « L’histoire, ma foi, est celle d’une mercenaire, relativement âgée, fatiguée, laide, usée et expérimentée qui roule sa bosse ici et là en quête de travail. » UNE mercenaire. Ça m’intéresse. Et puis, le paragraphe sur la plume de l’auteure et l’extrait de son interview m’ont fait envie aussi. Bref, je le lirai sûrement un jour.

  3. Je comprends tout à fait : durant mes études, j’ai carrément mis mes lectures personnelles en stand by. Oh les belles photos ! De mon coté, la couverture de Mnémos m’avait aussi beaucoup plu. Mais le fait de le publier en deux livres a eu raison de moi : je n’ai toujours pas lu Mordre le bouclier (oui, tu as bien lu).

  4. J’ai beaucoup aimé Chien du Heaume, effectivement les premières pages mettent directement dans l’ambiance. Mordre le Bouclier est beaucoup plus lent et m’a moins plu, hélas.
    J’ai feuilleté Gueule de Truie qui ne m’a pas convaincu, par contre j’ai apprécié Mordred.
    Je pense qu’il faut être dans le bon état d’esprit pour apprécier, ou pas, les écrits de Justine Niogret, sinon on risque de passer à côté…

    1. C’est assez vrai ce que tu dis là. De mon côté je me suis relativement bien adapté à chacun des trois romans que j’ai lus. Je reviendrai plus tard sur Gueule de Truie.

      Mais la dame a un univers bien particulier, et ça me plait (:

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