Farlander (Farlander)

Farlander (Farlander)

Col Buchanan

 

(attention, j’ai un peu craqué mon slip sur les liens hypertextes dans cet article, il se peut donc que certains renferment des surprises)

Jean-Philippe Jaworski, grand s’il en est, écrivait dans Jouer avec l’histoire (chronique ici) pour l’Atelier du jeu de rôle : « […] Le roman médiéval, en s’intéressant aux conquêtes d’Alexandre le Grand, à la geste de Guillaume d’Orange ou aux aventures des chevaliers Arthuriens [et, Vil Faquin que je suis, étant issu d’une formation en histoire médiévale et notamment sur Chrétien de Troyes et les romans arthuriens, je ne peux qu’approuver, avec un sourire à la fois satisfait et provocateur, ce qui va suivre], projetait souvent sa propre réalité dans le récit, et invitait à réfléchir autant sur l’époque contemporaine de l’écriture qu’à se divertir des merveilleuses aventures du passé. Cette dimension réflexive est plus que jamais reconnue (et recherchée) dans le roman actuel. » Il donne en exemple ce « second XVIème siècle » qui « nous déroute tant [par] sa complexité, sa violence, ses contradictions, son fanatisme même qui peuvent nous renvoyer par bien des aspects à notre propre époque. Le conflit entre tradition et modernité, la tension entre un Etat central et la fragmentation de la société, le communautarisme et ses dérives, la problématique de la cohabitation des religions, l’apparition même du concept de tolérance sont des questions clefs du second XVIème  siècle ; ce sont aussi des questions clefs pour notre époque. »

Si j’ai choisi Jaworski pour illustrer mon propos, et pas un brillant Duby ou un ventripotent (et regretté) Le Goff, c’est pour plusieurs raisons : je pense traiter plus tard de Jouer avec l’Histoire, Jaworski s’inscrit dans la ligne de publication de la Faquinade et sa qualité de professeur de lettres mêlés à son admirable travail de recherche sur la civilisation celte sur Même pas mort (sans parler de Gagner la Guerre ou du jeu de rôle Te Deum pour un massacre à propos duquel est écrite la citation que vous avez pu lire ci-dessus) lui donnent toute légitimité pour en discuter). De plus, une dernière raison et pas des moindres, c’est que ceci représente un aspect du roman de fantasy trop souvent mis au placard : la prise de parti, la défense d’un idéal, l’argumentation sociale sous le couvert de la description d’un univers alternatif. Ce dernier point a été trop souvent, et trop longtemps, l’apanage de la science-fiction : les Orwell, les Huxley, les Clarke, les Dick et consorts en sont autant d’exemples et, même si le fabuleux John Ronald Reuel Tolkien a probablement écrit sa trilogie de l’Anneau comme allégorie et mise en garde de la WWII, la fantasy s’est trop souvent écartée de cet aspect fondamental de la littérature (Zola, Hugo, Verne, Montesquieu, Camus… ou BHL ? Non ! Partez pas ! J’déconne), survolant souvent cet aspect des choses, et contribuant potentiellement (et peut-être d’ailleurs n’est-ce ici qu’un fantasme de mon esprit malade, mais j’ai tendance à noircir le tableau) à la catégorisation en ‘sous-littérature’ qui a longtemps collé à cet univers que j’affectionne tout particulièrement.

Bref, vous l’aurez compris, avec le monsieur nord-irlandais, on va ouvrir bien grand notre gueule.

Je ne sais pas ce qu'est cette plaque en fer juste à côté, vraiment.

Je ne sais pas ce qu’est cette plaque en fer juste à côté, vraiment.

Un homme – un livre

Vous ne connaissez pas Col Buchanan ? Rien de bien dramatique : wikipedia et google sont tous deux aux fraises sur le bonhomme, on en tire seulement qu’il a écrit les deux tomes de Farlander. Pour en savoir un peu plus, on se rend directement sur le site de l’éditeur, à savoir Bragelonne parce que la version Milady dans laquelle je lis l’ouvrage est une réédition poche (Bragelonne créant Milady : ou comment créer sa propres concurrence quand elle n’existe pas pour endormir les lecteurs, bien joué !), et on y trouve effectivement quelques lignes : « Col Buchanan est né en 1973 à Lisburn, en Irlande du Nord. Il a vécu presque toute sa vie hors des sentiers battus : retiré dans les montagnes de Mourne, sans domicile fixe à Belfast, perdu dans un monastère zen, cordialement invité à séjourner au poste de police local. Désormais, il n’aime rien tant qu’une bonne soirée autour d’un feu avec ses amis. » Et c’est tout. Alors on comprend vaguement que le monsieur n’est a priori pas un animal politique, comme l’entendait Aristote en son temps (enfin lui disait que si, l’homme en était un. D’animal. Politique) ce qui me le rend sympathique. Pour faire un parallèle rapide qui ne semble pas manquer de sagacité au vu de la photo du monsieur, on aurait un éventuel hippie, altermondialiste et un poil rebelle dans l’âme. Ça vous annonce le ton des romans là ? Non ? Parce que pourtant ça devrait grave.

Avant de parler du roman, de l’histoire, du style, de tout ce qu’il y a dedans, je fais mon traditionnel point sur l’objet. Encore une fois c’est du Milady (je ne fais pas exprès, je vous jure), et encore une fois c’est correct, sans plus. Pour une fois je ne vais pas m’attarder sur ce point-là, j’aurai déjà largement de quoi parler par la suite. Notons cependant que le premier tome a été traduit par Emilie Gourdet et le second par Frédéric le Berre.

Une dernière chose sur laquelle revenir avant de passer à la sus-dite-nommée suite. Farlander, ce sont deux tomes. Le 1, sobrement intitulé Farlander, et le 2, Entre Chiens et Loups. Quand j’ai découvert les romans, il y a un an et demi, sur liseuse, plusieurs questions se sont imposées à mon esprit : sont-ils dissociables ? Sont-ils dissociables ? Sont-ils dissociables ? Sont-ils dissociables ? (j’avais dit plusieurs questions mais en fait je n’en avais qu’une sous le coude). Une réponse : non. Ce ne sont pas là deux romans. C’est un roman coupé en deux. Rien ne les sépare hormis l’édition en deux tomes, pas de climax, même pas de cliffhanger, juste une continuité événementielle, de trame, de tout ! Vous voulez savoir mon avis ? C’est presq

Avec sa tête, je suis sûr qu'il fume des batonnets d'encens

Avec sa tête, je suis sûr qu’il fume (pas que) des bâtonnets d’encens

Désolé mais j’étais en train de spoiler ma seconde partie, alors bon.

ue criminel de m’avoir forcé à attendre un an et demi pour connaître la fin de cette intrigue bordel ! C’est un peu comme si je me mettais à couper mes phrases au plein milieu d’un article et que je les poursuivais dans le prochain. DANS HUIT MOIS ! Bref, avec ça, je pense que vous avez deviné : j’étais bien dedans (demandez à la môman à Jé).

C’est là que je vais enfin pouvoir répondre à l’une des premières followeuses de la Faquinade, à savoir Acr0 qui avait goûté l’histoire trop classique, trop prévisible. Je reprends les mots que j’avais eu il y a quelques semaines en librairie en montant un rayon coup de cœur à propos des Enfants de Lune (tome 1 du cycle Héritages par Hélène et Romain Rias). On est tous ici, enfin je l’espère au moins pour ceux qui s’attardent sur ces articles, amateurs de fantasy. La fantasy est, à défaut de déplaire à certains la taxant aisément de sous-littérature (les camarades libraires en auront tous eu la remarque un jour), un genre littéraire à part entière. Et qui dit ‘genre’ (genre !) dit codification (codific… Ah oui, non). On ne va pas élaborer de théorie du genre – déjà parce qu’elle n’existe pas – ici, mais le cinéma de genre notamment nous permet d’illustrer cela de façon empirique : le western, les films de zombies, de super héros, d’horreur ou les comédies ont tous leurs points de passage obligés. Un western de l’époque de Ford est identifiable et dissociable au premier coup d’œil d’un western époque Léone, les films de zombies ne seront plus jamais les mêmes après La nuit des morts-vivants, le chef d’œuvre de Romero. Il en allait de même pour les romans de chevalerie (notamment les romans arthuriens que j’ai beaucoup étudiés) du Moyen-Age, pour les tragédies grecques également, et il en va de même pour la fantasy. Des œuvres maîtresses en ont posé les bases et aujourd’hui encore, on retombe dans les mêmes points de contrôle. Sont-ce les points de contrôle qui font que le roman est un roman de fantasy ou l’inverse, que l’auteur veuille faire un roman de fantasy et que, ipso facto, il mette en place ces points de contrôle afin de bien composter sa carte de membre du genre ? Une vraie question à laquelle je ne répondrai pas ici.

Où en étais-je déjà ? Oui, chez le couple Rias. Dans le premier tome on a une intrigue ficelée de façon très classique et précise : des jeunes se baladent, doivent accomplir une mission plutôt vachement importante, et donc ont besoin de monter un groupe avec des qui tapent, des qui travaillent et des qui prient (hop Dumézil, tripartition des sociétés indo-européennes toussa). On assiste donc en direct live à l’assemblage bon gré mal gré d’un groupe de PJ (excusez, vieilles habitudes de rôliste, mais le topos est le même si on y réfléchit bien)… classique ! Ce n’est pas palpitant, mais c’est nécessaire et fondateur pour le récit. Comment auraient-ils fait sans le Conseil de Fondcombe, les neuf bonshommes (bonshobbits, bonsnains, bonsistaris, et bonselfes aussi, ne soyons pas ethno-centrés) de la Communauté pour se trouver ? Legolas et Gimli n’auraient jamais pu aller vivre leur idylle sur un bateau.

Sans tomber dans cet extrême, le début de Farlander  est certes un peu longuet, dans le sens où les personnages tardent à se rencontrer et même quand ils sont réunis, on a parfois l’impression que l’intrigue cale, broute et tarde à s’enflammer réellement. C’est là cependant la première lecture, dans laquelle je ne peux qu’être d’accord avec Acr0. Toutefois, selon ce que j’ai pu voir de l’ouvrage et en comprendre à la seconde lecture, c’est toute la toile de fond que l’auteur nous tisse comme de rien, sans que personne ne s’interroge, qui importe car c’est de là que part tout le sens du récit – pas des personnages, tout symboliques qu’ils soient. Le roman tire sa veine, son âme, son liant de cette toile de fond. Si le peu de psychologie humaine que j’ai pu lire/étudier/appréhender m’a servi à quelque chose, je lance volontiers l’hypothèse suivante : what if  Col Buchanan n’a pas décrit un monde énormément similaire au nôtre en racontant son histoire mais plutôt l’inverse ? Et s’il avait, en fait, mis en place une intrigue spécifiquement pour se permettre de nous conter ce background – plus précis, soit dit en passant, qu’une campagne impériale menée par le vaillant Président Vaillaut (le président qu’il vous faut !) ? A l’image de Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol où l’histoire a moins d’importance que la société humaine aseptisée présentée à l’écran et (à juste titre je crois) redoutée par le réalisateur. Personnellement, c’est ce que je crois.

Et c’est ce que j’aime.

La trilogie des fufus ; Farlander, Althalus et la Voie des Ombres, et un jour on triangulera dessus.

La trilogie des fufus ; Farlander, Althalus et la Voie des Ombres, et un jour on triangulera dessus.

Des détails ? Un peu mon n’veu !

On m’a reproché de ne pas souvent parler de l’histoire des ouvrages que je présente ici. On peut trouver deux raisons principales à cela. La première est naturellement que je ne veux pas spoiler le déroulement de l’intrigue ni des détails importants et, pour la seconde raison, cela s’explique par la faible pertinence de s’appesantir sur l’intrigue quand cela ne sert pas le propos. Mon objectif est de vous donner un avis subjectif sur les ouvrages que je présente, avec ce qui selon-moi, en justifie la lecture. Car oui, même si je dis parfois du mal, j’ai eu envie de lire les ouvrages et si je vous les présente, sauf exception majeure, c’est qu’ils m’ont apporté quelque chose.

Vous l’aurez compris ici, l’intrigue n’est pas centrale à l’intérêt de l’ouvrage (du moins dans le premier tome). De l’histoire, donc, parlons peu mais parlons bien (seulement de celle du tome 1, pour éviter les spoil trop violents et inopportuns). L’histoire suit donc effectivement une mise en place patiente dans laquelle j’ai eu plaisir à découvrir un monde qui présente moultes similitudes avec le nôtre mais qui possède son identité propre : des peuples avec des mentalités, des traditions et beaucoup de particularités propres et qui ne demandent qu’à s’exprimer. Au final, on découvre un vieux sage roshùn très respecté qui est l’un des plus vieux membres en activité de son ordre d’assassin ; et Ash, de son doux nom de farlander, d’homme du lointain – eh oui, c’est ça qu’ça veut dire – va prendre sous son aile un jeune un peu perdu et qui en est réduit à certaines extrémités pour survivre dans la ville libre de Khos. Il l’emmène donc avec lui sur une autre île de la mer centrale, Midérès, pour le former à son tour comme Roshùn au monastère avant qu’une mission formidable de péril ne s’impose à eux. A à peine 100 pages de la fin du tome 1. Du coup, effectivement on peut trouver ça long, et relativement passif, mais les interactions sociales entre les personnages sont peintes avec une humanité toute misanthropique. Chaque Roshùn est un modèle d’asocial, de l’exilé politique à l’introverti notoire. On dit souvent que l’identification aux personnages est importante… Ça doit expliquer une bonne partie de mon affection pour ce diptyque.

Et ce fameux background alors ? Hé bien là, j’ai trouvé la création très intelligente. Autant sur la trilogie Kushiel de Jacqueline Carey, j’avais beaucoup aimé le parti pris de calquer la carte de l’Europe ainsi que les divers peuples choisis chacun à une époque emblématique de leur période (les Angelins/Français dignes d’une fin de XVIème siècle, les Skaldiques/Germains sont des vikings à peu de chose près…) autant là, je n’ai pas saisi de prime abord les similitudes. Elles sont apparues de façon lisse et naturelle, renforçant leur côté légitime et l’immersion. C’est, je pense, le premier coup de maître de ce jeune écrivain – par la carrière en tout cas, aucune idée de son âge réel.

Le second coup de maître qui m’a scotché et m’a fait être si élogieux ce soir, c’est de recréer notre monde, sans nous l’imposer. Au final, on hérite d’un monde moderno-fantastique – au sens historique de moderne, l’histoire moderne était cette période entre la fin du Moyen Age et l’époque contemporaine, en gros entre la découverte des Indes américaines et la chute de Constantinople à la Révolution Française – rempli à ras bord de notions contemporaines. Déjà, insistons sur le fait que l’univers créé n’est ni médiévôl ni steampunk mais une habile période charnière où se côtoient fusils à poudre noire, arbalètes, épées et artillerie de bataille ce qui a le mérite d’apporter un vent de fraîcheur. Et puis ces navires montgolfières ! J’en ai vibré. Et, gravitant autour de tous ces ancrages culturels visant  nous fixer dans cet espace-temps a priori dépaysant, on retrouve certaines des aberrations du nôtre, bien entendu exacerbées pour les besoins de la narration. Aberrations, parce que quoi que vous en pensiez, c’est comme ça que l’auteur les présente. Et je dois dire que je suis plutôt d’accord avec son point de vue ; mais encore une fois, cela dépend des convictions politiques et sociales de chacun.

On retrouve donc un empire prônant l’individualisme à outrance, qui se répand tout autour de la mer centrale avec agressivité en diffusant une religion violente et sanglante, une flottille d’îles rebelles qui résistent encore et toujours à l’envahisseur (mais de moins en moins) et qui se rapprochent, pour certaines, beaucoup des cités de la Grèce Classique (Vème siècle avant J.C. si certains se demandent), un empire oriental un peu loin de tout, qui ne joue pas de rôle politique mais assoit sa domination économique en vendant la poudre (noire, hein, rangez vos nez !) – nécessaire à l’artillerie et à la guerre – à chacun des deux camps (Moyen-Orient ?), et tout un tas d’autres détails (des lobbies et des groupes de pression …). A chaque bouge crasseux où les héros s’arrêtent, on reconnait un travers ou deux de nos sociétés modernes déshumanisées. Ce n’est jamais cynique, toujours empirique : aucune violence dans le propos, aucun dédain. Et c’est personnellement cela qui m’a tordu le ventre, cet aspect purement empirique des descriptions : Col Buchanan ne cherche pas à enjoliver les faits, choyer les personnages, il raconte ce qu’il se passe de façon réaliste et sans faire sa mijaurée. Un personnage tombe et se fracture le fémur ? Si personne ne passe il peut mourir là, bien que son point de vue ait occupé les deux-tiers de ce que vous avez pu lire jusque-là. Un autre pare désespérément un coup de dague de sa main levée, il perdra deux doigts. Un troisième n’arrive pas à calmer le froid qui le guette et meurt dans la foulée, il ne pourra pas prévenir ses camarades qui finiront massacrés dans une embuscade. Une réalité qui n’est pas sans rappeler, par certains aspects, un Game of Thrones, un peu comme le nouveau Kangoo (« c’est le même mais en différent »).

Entre chien et loup, il y a de l'encre et un sceau sur mon bureau.

Entre chien et loup, il y a de l’encre et un sceau sur mon bureau.

En deux lignes

Je ne m’attarderai pas plus pour vous livrer une conclusion sur Farlander. Ca a du se voir, je pense. Dire que j’ai aimé serait un euphémisme tant j’ai vibré pour Ash, Nico et les autres. Rien n’est tout noir ou tout blanc, tout est une nuance de gris, avec les zones d’ombre et les flashes de lumière inhérents. Les deux premiers romans, puisque c’est ainsi qu’ils ont été publiés, respirent une humanité perdue en elle-même, des personnages à la toile de fond. La lecture est parfois passive, parfois angoissante, mais toujours rétributrice, un peu à l’image du monde qu’il a mis sur pied : un univers réaliste, dur, sans pitié, mais capable de vous transporter sur un simple paragraphe. Le monde est semblable à l’un de ces univers persistants d’un jeu en ligne massivement multijoueur. Et les personnages y ont une vie propre comme je n’en avais pas découverte depuis longtemps (malgré tout le bien que j’ai pu dire de La Confrérie des Chasseurs de Livre de Jérusalmy dans mon précédent billet, les personnages sont des tableaux mais peinent à prendre leur indépendance, même la pseudo rébellion de Villon sonne un peu creuse par moment).

Et vous savez le pire dans cette histoire ? C’est qu’on est des esclaves, quelques parts assassins, ici bien incapables… Euh non. Le pire c’est que ça, c’est le tome 1. Et qu’après il y a un tome 2 et qu’il assure !

Vil Faquin.

A lire : (stealthLa Rédemption d’Althalus.

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18 commentaires

  1. Je suis parfaitement d’accord avec toi sur le point « c’est pas parce que c’est de la fantasy que ça se veut uniquement distrayant / qu’on ne peut pas faire réfléchir le lecteur ».Oui, la SF s’est accaparée le créneau (encore que beaucoup de lecteurs n’ayant jamais mis leur nez dedans imaginent, je le rencontre fréquemment, avoir affaire à du space-opéra avec batailles et romances à 90%), mais bon soyons honnêtes tout écrivain qui veut monter quelque chose d’un peu provocant, philosophique ou sociologique peut le faire avec n’importe quel matériau, ça s’est déjà vu dans beaucoup de genres, tout comme la contemporaine n’est pas toujours si élitiste ou sérieuse que ça. J’avais déjà envie de lire Farlander, et ton avis ne m’a pas fait changer… d’avis. 😉 Je n’ai pas lu Brent Weeks mais la Rédemption d’Althalus était à mon sens une merveille, très original, léger et complexe à la fois si je m’en souviens bien, moins connu qu’une certaine Belgariade ou la plus fade (à mon avis) Trilogie des Joyaux, mais qui vaut tout autant le coup de l’avoir vue passer dans sa bibliothèque.

    1. Ce qui me donne encore plus envie de m’y plonger (bon après Susanna Clarke qui va m’occuper la fin de mois je pense).
      Pour le reste et bien je suis content, heureux même, d’avoir pu/servi à quelque chose dans le confort que tu te tissais à lire un jour Farlander. Je te conseille pour ma part de t’engouffrer les deux à la suite, comme ça. Parce que ça passe tout seul.
      Pour ce qui est de la littérature contemporaine, comme l’histoire du même nom, elle est beaucoup trop fragmentée et s’intéresse aux moments courts, aux espaces donnés et aux instants t. Ce que j’aime avec l’histoire médiévale, la sf ou la fantasy, c’est l’inscription dans le temps long, dans la construction et pas seulement dans le journalisme (je caricature), en cela je suis un vrai disciple de Fernand Braudel (La Méditerranée et le Monde à l’époque de Philippe II) et de son énonciation des trois temporalités.
      Bref, Farlander, c’est bien.

  2. Je trouve ça vraiment dommage d’avoir coupé une histoire en deux si aucun argument ne tient la route quant à cette séparation. Je sais malheureusement que je ne suis pas la seule à avoir abandonné la série car ce premier tome n’avait pas réussi à nous accrocher.
    J’ai beaucoup aimé tes photos bien légendées et ta façon de « chroniquer » 🙂
    J’ose espérer que tu accrocheras suffisamment à « La voie des ombres » pour lire la trilogie entière.

    1. Je pense que le découpage est une histoire de rythme dans l’écriture. Il faut dire aussi qu’il s’agit du premier roman de Buchannan donc peut-être peut-on excuser. Dans tous les cas, ça ne m’a pas dérangé le moins du monde. Pour ma part, quand je disais que ce n’était qu’un même ouvrage c’est parce que je trouve la complexité parfaite. On sent que les deux tomes ont été écrits en même temps, ou à la suite directe l’un de l’autre du mois.
      Je te remercie pour les photos, qui, il faut bien l’avouer, à défaut d’être belles doivent attirer le regard ailleurs ! Et je te remercie pour la façon de chroniquer, j’essaie de me démarquer de ce que font d’autres pages par l’angle d’approche plus sur l’analyse et le ton (très personnel on l’aura noté ^^).
      Pour Brent Weeks, il faut que j’accrche car je n’aurais pas l’occasion de relire un de ces ouvrages avant longtemps (d’autant qu’en plus il y a le prequel L’ombre Parfaite sorti il y a quelques semaines qui se rajoute aux trois volumes).

      Merci pour ton retour en tout cas : D!

      1. C’est une véritable interrogation pour moi : savoir ce qu’on peut excuser ou attendre d’un auteur sur son premier livre et sur les suivants.
        Figures-toi que j’étais justement en plein dans « l’ombre parfaite » au moment de lire ton billet sur Farlander 🙂 Alors oui, c’est une préquelle mais il s’agit d’une courte nouvelle sur une aventure de l’un des personnages. Il ne faut rien en attendre vraiment, la voir comme un bonus (et d’ailleurs, elle se lit très vite). Pourquoi faut-il que tu accrocher car tu n’auras pas l’occasion de relire un de ses ouvrages avant longtemps ?

      2. Parce que je n’aurais tout simplement pas le temps ! J’ai tellement de Gabori et autres à lire que je ne reviendrais pas sur Weeks avant des semaines (si on me pardonne le jeu de mot).

      3. A qui le dis-tu ! Bon là j’ai découvert une collection qui m’a fait lâcher Johnatan Strange and Mister Norrel… u coup je m’envoie nouelle de SF sur nouvelle de SF.. Aïe Aïe Aïe !

  3. Je fais justement parti de ceux qui se sont arrêté à la lecture du Tome 1. Je suis d’accord que les codes en Fantasy sont obligatoirement présents, on peut les retrouver énormément, et offrir une histoire qu’on considère classique peut se lire très bien si l’auteur arrive à la rendre vivante. Pour Farlander et en me basant donc justement sur le premier tome je n’ai jamais remarqué cela, l’auteur n’arrive pas à y ajouter sa patte, son souffle, on a juste l’impression d’un mélange d’histoire reprise à droite à gauche et collé l’une à l’autre. Comme dis il cherche bien à y ajouter des navires montgolfières et autres armes à feu mais l’ensemble n’a jamais pris avec moi.
    Ensuite concernant les personnages ils ne m’ont jamais accroché que ce soit Ash ou Nico je ne leur ai trouvé aucun charisme, Nico se révélant même limite l’enfant gâté se laissant mourir lui et son animal pour une fierté mal placé. Je ne parlerai même pas du militaire (désolé j’ai oublié son nom) qu’on ne comprend jamais vraiment et qui n’offre aucune intérêt dans ce premier tome.
    Concernant le Background il m’a tellement paru binaire avec par exemple cette secte qui veut dominer le monde (pourquoi? on ne sait jamais) que je ne suis jamais rentré dedans.
    Alors oui, c’est vrai, n’importe qui peut mourir à n’importe quel moment, l’auteur évite ainsi les personnages immortels, mais je préfère clairement lire Abercrombie que lire la suite de Farlander. Après je comprends parfaitement qu’on puisse apprécier cette histoire, moi je n’ai jamais réussi à rentrer dedans. Si tu lis le Tome 3 je viendrai voir ton avis pour voir comment évolue l’ensemble.
    (désolé pour la longueur du pavé)

    1. Il n’y a aucun mal l’ami ! Le tome trois n’étant pas encore programmé (ou alors j’ai raté le coche) sa lecture n’est pas au programme.
      Le militaire, le Colonel, prend réellement tout son sens et une autre dimension dans le deuxième tome. J’ai, pour ma part, relativement aimé le côté ado de Nico, un peu soupe au lait et avec une motivation toute adolescente. Cependant on peut noter le manque de consistance des personnages, parfois, notamment le rival-amical d’Ash chez les Roshùns. Encore une fois, le tome un n’est que le début du tome deux, pour moi. Chaque personnage (sauf un, nécessairement) prend une dimension autre dans la suite. Ash s’engage sur une voie sans retour, on suit avec plus d’intention les élus de Mann (la secte impériale) et la plupart de leurs motivations sont révélées. Je trouve ça dommage que l’auteur ait perdu tant de lecteurs au tome 1.
      De mon côté, j’ai eu tendance à en apprécier les longueurs, et même parfois les langueurs (mon côté fanboy de Tolkien, il faut croire) et j’ai pris énormément de plaisir à me laisser raconter une vie quotidienne où peu de choses, parfois, se produisaient. A l’inverse, dans le second, je me suis laissé emporté par la virtuosité et le stress de certains passages qui, sans être remarquablement écrits (je rappelle que je lis en VF donc… forcément, le texte est dénaturé) restent pour le moins très prenants.
      Par contre, j’entends tout à fait ce qu’AcrO et toi me dites, et je l’entends d’autant plus que je l’ai entendu dans un cercle proche.

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