Mnémos

Y F’rait beau voir – Le Lion de Macédoine

Le Lion de Macédoine (Lion of Macedon)

David Gemmell

J’étais revenu en tout début d’année sur les premières amoures de La Faquinade. Le premier juillet 2014 sortait le premier article de ce qui n’était alors qu’une simple occupation oisive. Et déjà, c’était David Gemmell qui lançait la machine, avec son Dark Moon chez Milady.

L’ouvrage, bien que passable comparé à l’oeuvre de l’auteur, inaugurait le goût de La Faquinade pour les explorations d’univers fouillés, les plongées dans les cohérences internes et l’incroyable style anglo-saxon qui a tant et tant hanté ses nuits depuis.

Le cinq janvier dernier, donc, je revenais le coeur gros d’avoir laissé trop de temps couler depuis ce premier article, sur l’auteur britannique et m’attelais à lire et comprendre L’Echo du Grand Chant, merveilleuse fresque de la fin d’un temps et témoin indiscutable de la passation de pouvoir de l’histoire à la légende. De la fondation des mythes.

Plus que jamais depuis, j’ai ressenti le besoin de me replonger dans l’un des livres qui m’a fait basculer dans le côté obscur des littératures de l’imaginaire – celui avec des cookies, des peaux de bêtes et des vaisseaux de l’espace – lorsque j’étais encore au lycée. Et ce bouquin, c’est Le Lion de Macédoine.

Le glabre faciès de l'homme de poussière qui ne laisse pas de Thrace.

Le glabre faciès de l’homme de poussière qui ne laisse pas de Thrace. Sinon vous pouvez lire ça.

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Interview de Justine Niogret / 18.4.15

Interview de Justine Niogret.

Billets à lire : Edito d’avril, Chien du Heaume, Mordre le Bouclier,
Gueule de Truie & Mordred.

Présentation

Bonjour, t’es qui ? Si j’en crois le titre de ton interview, je suis Lionel Davoust [ndlf : ouais, mea culpa sur le coup], ce qui est plutôt cool, car il est très gentil et agréable. Mais sinon je suis Justine, j’ai trente-six ans, j’écris, des fois, je file de la laine, des fois, j’ai des chats, tout le temps. J’ai envie de vivre sous une yourte et d’élever des cocottes comme dans Zelda [ndlf : oui bon si c’est pour les maltraiter comme le fait Link, c’est peut-être pas la peine], d’avoir trois chèvres angora pour filer plus de laine encore, de couper mon bois et d’être tranquille en short troué quelque part en Islande, ce que je ne saurais pas tarder à faire si on continue à m’appeler Lionel.

Ca va ? J’veux dire la vie, la famille ? Ça va. La vie va, après avoir été bien merdique pendant longtemps, mais la vie va toujours, au fond, c’est même sa nature, faut juste apprendre à le voir, parce que la seule chose qu’on puisse changer, vraiment changer, c’est soi-même. Et quand ça va vraiment pas, faut se barrer dans une yourte. Ou même quand ça va bien, parce qu’une yourte n’est jamais de trop. J’aurais dû faire publiciste.

Et sinon, tu as un vrai métier ? Non. Je n’ai pas eu la chance de faire des études, et comme je le dis plus haut, en fait c’est peut-être une chance de ne pas en avoir fait, le tout c’est de rigoler de sa misère, comme les pauvres dans Zola, quand ils meurent dans un caniveau en susurrant Rosebud, peut-être parce qu’ils ont drôlement mal au cul. Comme ça j’ai appris plein d’autres choses, et mon vrai métier c’est vivre, un peu comme un bondi norois, ce qui n’est pas une contrepèterie. Je n’y suis pas encore, au bondi niveau trois, et puis va pêcher du tofu sauvage, c’est pas pratique, mais j’ai toute la vie pour y parvenir. Faire les choses au lieu de les acheter, c’est un vrai métier, c’est même peut-être le seul qui vaille. (pose d’intellectuel un peu gris, cigarette à la main, chemise débraillée sur torse velu mais entretenu)

La personne qui a écrit ce texte ment. Et j'ai un témoin qui peut le prouver.

La personne qui a écrit ce texte ment. Et j’ai un témoin qui peut le prouver.

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Mordred & L’Île Close

Mordred & L’Île Close

Justine Niogret & Lionel Davoust

Vous le savez sans doute si vous avez lu la page de présentation des Faquins, je roule ma bille sur les larges espaces libertaires – pour combien de temps encore ? – des internets multimodaux, après avoir traîné ma bosse dans des contrées plus austères mais Ô combien importantes à mes yeux. J’ai en effet étudié pendant plusieurs années les textes de Chrétien de Troyes, le premier de tous les auteurs de SFFF modernes – bon okay, y’a eu Snorri Sturluson, juste après – et donc la mise sur pied de la légende arthurienne. Et autant vous dire qu’avant le cycle du Lancelot-Graal, et les maintes reprises successives, c’était bien plus simple que toutes les ramifications qu’on peut voir aujourd’hui.

Bien sûr, la légende arthurienne est célèbre encore à l’heure actuelle car, comme tout mythe et vivier de héros – pas encapés, mais c’est tout comme -, elle a été reprise, modifiée et adaptée de multiples fois, dans tous les médias modernes, du cinéma à la littérature, en passant par la musique, la télévision et la bande dessinée européenne ou anglo-saxonne, rien ni personne n’est épargné.

Pourtant, au travers des 3.000 productions annuelles, il en est certaines qui ont le mérite de se distinguer tant par leur originalité d’approche que par leur qualité. Dès lors, il convient d’en parler et de leur faire la part belle, parce que zut, hein, après tout. Et puis bon, nous on aime bien quand y’a des trucs biens. Alors, bah pourquoi pas leur faire la part belle ? Parce que ce ne sont pas des actualités du mois ! Toi, t’as pas lu les conditions d’utilisation, au revoir.

Mordred, un ouvrage d'une dignité statuaire.

Mordred, un ouvrage d’une dignité statuaire.

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Chien du Heaume

Chien du Heaume & Mordre le Bouclier

Justine ‘Godess‘ Niogret

Dans le précédent article, je vous avais parlé de ce livre qui m’a accompagné à mon arrivée dans l’ogre lyonnais et qui m’avait épaulé, sorti de la cassonade méh’qu’d’une comme on dirait dans les coins reculés, par chez moi. Cette fois, j’enchaîne sur un autre ouvrage qui me tient à cœur, tant par l’impact qu’il a eu sur moi après la lecture que par le moment de sa lecture.

Comme vous savez que j’aime contextualiser un max, histoire d’être relativement clair dans le propos, je ne vais pas me priver. Imaginez : trois années de double licence, trois années de master recherche, le tout combiné à une épopée dans le monde de l’emploi en parallèle. Vous imaginez aisément que mes lectures n’ont pas été des plus diversifiées pendant ce temps là. Boulot + études + vie sociale faisant rarement bon ménages. La lecture d’ouvrages passionnants – enfin, pas tous – agrémentant une bonne partie de mes journées/nuits d’étudiant, j’ai donc décidé de passer en mode off mes lectures perso, pour ne garder que les lectures universitaires. Si dans les premières années j’ai pu lire du Bernard Cornwell (Le Roi de l’Hiver par Exemple) ou du Michel Pagel (Le Roi d’août), très vite j’ai été submergé.

A l’automne 2013 j’ai émergé de ce marasme avec la tête pleine comme une passoire, des trucs griffonnés sur tous les morceaux de carnets que j’avais pu trouver et une PAL longue comme… Oui longue mais étrangement pas tant que ça… Parce qu’à force de raquer pour les ouvrages universitaires dispo en un unique exemplaire en BU et dont 187 étudiants ont besoin simultanément, bah j’avais fini par ne plus rien acheter que ça.

Et pourtant, année après année, j’avais suivi le départ d’une jeune auteure, ma conscrite de 10 ans, qui écrivait des trucs qui avaient l’air cools et, année après année, j’achetais ses ouvrages : Justine Niogret. Si je n’ai toujours pas lu Gueule de Truie ni Coeur de RouilleChien du Heaume et Mordre le Bouclier sont, à peine 24 heures après ma soutenance les premiers ouvrages sur lesquels je me suis jetés. Ils n’ont pas duré plus de 10 heures chacun.

Le soir même, j’avais replongé.

On peut le voir, deux petits ouvrages pas très épais. La preuve que je ne mens pas.

On peut le voir, deux petits ouvrages pas très épais. La preuve que je ne mens pas.

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