La Dernière Aventure de Long John Silver

La Dernière Aventure de Long John Silver (L’ultima Aventura del pirata Long John Silver)

Björn Larsson

Bon, pour tout vous dire, je pensais pouvoir enchaîner avec Octogônes, les Intergalactiques, la vie, le boulot, le bénévolat et ce blog de façon tout à fait naturelle, d’autant que la semaine dernière était une semaine de congé pour ma part, la première depuis… ho wait! plus de 8 mois en fait. Et pour être tout à fait honnête, l’attrait de MII:TW a été beaucoup plus fort que celui de WP. J’ai donc profité de cette semaine pour recharger les batteries comme un accu – lé! – et lire des tonnes de trucs et décider de GRANDES choses pour l’avenir de ce blog, mais je ne vais pas vous en parler maintenant.

Parce que maintenant on a un sujet sérieux : « Maman, faut qu’on parle ! » – Wesh tactac tavu sisi – la, on ne déconne plus. On revient sur l’un des gros articles de ces dernières semaines sur la Faquinade : Long John Silver – La relation véridique et mouvementée de ma vie et de mes aventures d’homme libre, de gentilhomme de fortune et d’ennemi de l’humanité – Dieux que j’aime ce titre qui comble l’air de rien mon manque d’inspi – de l’inénarrable Björn Larsson. J’en ai dit presque tout ce que j’avais à en dire. Presque.

Et la parution du MYSTERIEUX CHAPITRE PERDU – comprendre : supprimé pour l’édition originelle – nous offre bien plus que l’occasion de rattraper ce retard. Et je vous conseille de lire cet article sur le dernier album d’AlestormSunset on the Golden Age et notamment sur leur merveilleuse reprise de Hangover de Taio Cruz.

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La B.A.S.E. : Brevet d’Aptitude au Service d’Equipage. Trois lectures qui vous donneront tout ce qu’il vous faudra pour être un bon moussaillon.

Un air de Santiano*

Pour Long John Silver – La relation véridique et mouvementée de ma vie et de mes aventures d’homme libre, de gentilhomme de fortune et d’ennemi de l’humanité – non sérieux, il est top ce titre – je vous avais présenté l’auteur, que je ne vais pas vous présenter plus avant pour le moment ainsi que l’ouvrage dont j’ai fait la lecture à savoir l’édition poche chez J’ai Lu. J’avais néanmoins mentionné que l’édition française se faisait chez Grasset. Et bien pour La Dernière aventure de Long John Silver, c’est la version que nous avons.

Comme bien souvent avec Grasset, l’édition est soignée et l’objet en lui-même est plutôt agréable au toucher – je trouve cela important dans l’appréhension qu’on a des objets qui nous entourent, vous aimeriez toucher des livres qui vous font l’effet d’une croûte d’eczéma purulente vous ? – notamment grâce à la fausse-couverture amovible qui recouvre le jaune de la couverture habituelle de Grasset. Une couverture qui est aussi sympa que sobre. Bref, au moins avec la couverture du bouquin et l’autre amovible on peut habiller notre bibliothèque comme il nous semble. L’amovible est aussi réussie et je vais même jusqu’à lui tirer mon chapeau bas, mesdames et messieurs, pour l’illustration magnifique qui la recouvre. Soulignons également que le découpage sur la couverture de l’image pour laisser la place au cadre texte [auteur/titre/catégorie] est astucieusement replacé sur le quatrième de couverture au milieu du texte cette fois-ci ; l’initiative est d’autant plus louable qu’elle nous permet de ne rien rater de cette superbe illustration.

Tant qu’à en parler, de l’illustration, parlons-en boudiou. Elle est signée Mathieu Lauffray – et c’est là qu’on se rend compte qu’il y a une faute d’orthographe dans le prénom de l’illustrateur sur la couverture, merci google, écrit avec deux ‘t’, pas bravo Grasset ! – et partie de son (magnifique) artbook intitulé Axis Mundi, pour Ankama Editions. Si le nom de l’illustrateur ne vous dit rien, alors je vais vous éclairer de la lumière sépulcrale (je vous dit que ça se dit) de l’érudition : LONG JOHN F*CKING SILVER. Et oui, le monsieur n’est rien moins que le dessinateur de la BD éponyme qui a fait un tabac. C’est un petit chef d’oeuvre de roman graphique qui offre des perspectives tout bonnement géniales. Bref, pour la première fois depuis des années, j’ai acheté un bouquin uniquement sur sa couverture. Parce que j’aime les pirates, j’aime Long John, j’aime l’aventure et que j’aime les bouquin sur les aventures de pirates, du coup et donc, j’aime ça. Pour la peine je vous mets même le crayonné ici.

Bref, très bien joué de la part de Grasset qui n’a même pas eu besoin de rameuter le public cible du genre qui, entre l’auteur et le graphisme estampillés boucaniers, s’est vu magnifiquement hameçonné comme un collégien qui découvre ses hormones. Moi le premier. Par contre, les habitués du Suédois Flottant – ouais je voulais trouver un truc avec Flying Dutchman ou le Sunk’n Nowegian, mais ça sonne creux – auront remarqué une annotation particulière sur la couverture : oui ce n’est pas Philippe Bouquet qui a traduit cet ouvrage puisqu’il n’a pas été traduit depuis le suédois mais depuis l’italien et c’est donc Camille Paul qui s’y est collée, et elle a plutôt respecté le travail de Bouquet sur le roman initial. Not Bad.

Couv-ception, ou l'art de faire du joli par-dessus du classique.

Couv-ception, ou l’art de faire du joli par-dessus du classique.

La vraie dernière aventure ?

Si j’ai acheté le bouquin sur la couverture, je suis heureux de ne pas l’avoir fait sur le titre. Parce que bon, La dernière aventure de Long John Silver ça laisse supposer deux choses principales :  la présence d’une aventure et que ce soit la dernière. Bon bah fail et fail. Mais je comprends le choix éditorial, c’est la fin de « l’aventure » (au sens large) Long John Silver entreprise par Larsson.

Bref, pour en revenir à l’histoire, elle est cocasse même si non fondamentale. Elle se passe sur Madagascar, dans les vieux jours de Long John et Larsson fait intervenir un capitaine anglais qui vient chercher des esclaves pour son négrier, croyant ne cela une vieille légende qui disait que Madagascar foisonnait d’esclaves. Et en fait non. Encore un coup du sort qui permet à Silver de rencontrer un autre personnage historique sur la formidable longueur de… 82 pages. Ouais 10 € les 85 pages, ça nous fait… plus de 10 centimes la page. Ecrite gros. Avec des marges et des interlignes dignes d’un rapport de stage de cinquième. LARGES donc.

Si l’histoire du chapitre oublié a peu d’importance dans la chronologie du bouquin – avec les nombreux flashbacks elle aurait pu aisément s’insérer dans le récit – je dois avouer que cela fait plaisir de relire John Silver et sa morgue, grâce au bon travail de traduction. Si je suis resté sur ma faim en terme de contenu narratif (j’ai même oublié de vous parler du prologue fait a posteriori pour présenter le chapitre oublié séparément du reste, très habile !) je dois avouer malgré tout qu’à aucun moment je n’ai regretté mon achat.

Cela s’explique en grande partie, une fois n’est pas coutume, par la présence du méta-texte de postface. Au-delà des remerciements sirupeux habituels, on passe tous par là, cette postface est en fait le récit du pourquoi et du comment Long John Silver – La relation véridique et mouvementée de ma vie et de mes aventures d’homme libre, de gentilhomme de fortune et d’ennemi de l’humanité a été écrit. Alors autant le pourquoi importe au final peu, autant le comment, là par contre ma bonne dame, ça me botte. Et c’est tout l’intérêt de ce petit ouvrage en définitive. D’ailleurs, pour moi, l’intérêt du court récit retiré à l’oeuvre original se trouve également pleinement dans cette postface explicative, illustrant à la perfection la démarche de l’auteur.

Et c’est là que, pour m’expliquer, j’en reviens à Defoe et que, ça devient une manie par les temps qui courent, je m’auto-cite :

Cependant, on se souvient que Silver adresse une partie de son récit à Daniel Defoe, qui est lui un personnage aussi réel que chamarré, avec lequel il discute notamment de ses précédents ouvrages, le célèbre Robinson Crusoé – The Life and Strange Surprizing Adventures of Robinson Crusoe, of York, Mariner et le moins connu The Fortunes and Misfortunes of the Famous Moll Flanders (à ce point on ne peut que comprendre la longueur véritable du titre de Long John Silver qu’on abrège ainsi à l’image de Robinson Crusoé ou Moll Flanders). Mais l’ouvrage qui est central dans leur discussions comme dans la composition de l’oeuvre de Larsson est bien entendu : A General History of the Pyrates. Des citations méta-textuelles de cet ouvrage sont insérées (avec d’autres de L’île au trésor) avec le début du récit comme pour donner du crédit à ce dernier. Surtout elles témoignent de l’état d’esprit dans lequel s’est placé Larsson pour rédiger son ouvrage.

Grands Dieux que je parle bien quand je m’y mets. Donc Defoe c’est un mec cool tu vois. Mais c’est aussi le mec qui arrive à raconter Les Aventures du Capitaine Singleton (The Life, Adventures and Piracies of the Famous Captain Singleton) et à faire croire à tout le monde que ce bon monsieur a réellement existé et, PIS!, que ce serait lui qui aurait découvert les sources du Nil (ce qui sera vaguement accepté par la masse indolente des gentlemen anglais a-culturés). C’est aussi celui qui écrit un pamphlet contre les dissidents religieux (The Shortest way with the Dissenters) où il explique comment les pendre haut et court… étant lui-même dissident religieux notoire, et noté, imaginez un peu la tête de tous les bon-pensants qui ont acclamé ce pamphlet quand ils en ont découvert l’auteur.

Et bien figurez-vous que v’là-t-y-pas que notre bon M’sieur Defoe a également écrit les aventures de ce bon monsieur qui part à Madagascar chercher plein d’esclaves et qui en ramène à foison… et qui l’a fait croire à nombre de capitaines anglais par la même. Encore une bonne grosse part de flan. Alors faire rencontrer un de ces idiots trop conformistes pour réfléchir par eux-mêmes avec un Silver toujours aussi en jambe – si je puis me permettre – sur un Madagascar peuplé d’autochtones peu amènes, Larsson n’a pas pu résister. Et, même si ça ne fait pas vraiment avancer l’histoire, raison pour laquelle ce fut dans un premier temps enlevé du roman, cela illustre à la perfection la façon avec laquelle Björn Larsson s’est imprégné de la culture d’un temps pour la rendre crédible et viable. Et ça, mes p’tits amis, c’est ce qu’on appel un vrai travail.

Extrait de la BD éponyme : Long John Silver par Mathieu Lauffray au dessin donc et Xavier Dorison au scénario.

Extrait de la BD éponyme : Long John Silver par Mathieu Lauffray au dessin donc et Xavier Dorison au scénario.

Devez-vous acheter une postface ?

Oui.

Comme je le disais avant cette partie, cet ouvrage nous permet de découvrir un essai/postface qui se présente au final comme une explication de texte. Björn Larsson nous dévoile tout son cheminement dans l’élaboration du récit. Je fais le choix de vous présenter cela dans les grandes lignes parce qu’il ne faudrait pas gâcher l’occasion de découvrir plus avant son processus de création lors de votre lecture – car, oui vous le lirez.

Je passerai donc (bien trop) rapidement (à mon goût) sur toute la préparation de l’ouvrage. Grosso modo, on apprend que l’auteur a passé son année entière de rédaction à ne lire que des ouvrages en rapport avec son sujet, à savoir la vie en mer et la vie des marins au XVIII siècle, afin de comprendre et d’apprendre pour avoir une matière à fournir. Il a ensuite, à bord du Rustica, son bateau à bord duquel il a passé près de 10 années si je ne me trompe pas, il a écumé – encore une fois sans mauvais jeu de mot – les librairies et les boutiquiers d’Ecosse, d’Irlande, du Danemark, de Galles et d’Angleterre afin de mettre la main sur des ouvrages de contemporains. Quelle idée me direz-vous ? Pourquoi a-t-il cherché cela, lui qui voulait narrer la vie fictive d’un personnage fictif ? Tout simplement pour se rapprocher de la véracité de ton, de langage et de comportement des gens de mers d’une époque qu’il n’a pas connue : il se familiarise avec un univers familier, raconte l’importance mesurée qu’a pu avoir la vie sur un bateau dans la rédaction de cet ouvrage, nous étonne de ses découvertes (comme lorsqu’il comprend ce que signifie la sanction du carénage – hey encore une super chanson à écouter – et qu’il vient de condamner son personnage à une mort certaine)…

C’est ainsi qu’il découvre Daniel Defoe et que lui vient la partie fondamentale de son récit : la rencontre avec Defoe (cf citation ci-dessus) et l’interconnexion entre fiction et réalité qui sous-tend l’intégralité du récit. Découvrant la facétie de l’auteur anglais, passé maître manipulateur du lectorat, il décide de les faire collaborer, lui, l’homme réel, et Silver, l’homme fictif, à la réalisation de son ouvrage sur les plus fameux pyrates. J’y vois personnellement une certaine part de génie. L’auteur tombe également sur de vieilles éditions de l’Ile au Trésor de Stevenson où celui-ci expliquait dans une préface une erreur de date de sa part dans les datations de la carte de l’île au trésor justement, permettant à Larsson de se servir de cette erreur afin de s’intercaler dans la chronologie parfaite de l’oeuvre originale et de l’histoire en plaçant les aventures de Long John Silver dans l’âge d’or de la piraterie et non pas dans le déclin qui s’ensuivit.

L’ensemble nous permet d’avoir le cadavre mis à nu d’une oeuvre complète. Plutôt que cadavre, j’aurais pu dire squelette. Mais cadavre, c’est cool. Tout ça pour signaler que le remarquable travail effectué ici par Björn Larsson se rapproche réellement du travail d’un doctorant préparant sa thèse ou d’un masterant préparant son master, bref de tout travail de recherche, et croyez-moi en ce moment quand je vous dit que je sais de quoi je parle.

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Je vous recommande à nouveau les lectures suivantes : La dernière aventure de Long John Silver et Long John Silver de Björn Larsson, L’île au Trésor de Robert Louis Stevenson, La Surprise de Patrick O’Brian, Capitaine de Sa Majesté d’Alexander Kent, Le Dernier Mousse de Francisco Coloane, Robinson Crusoé de Daniel Defoe et Les Pilleurs d’Âmes de Laurent Whale. De quoi s’occuper.

Un essai-postface concluant, donc ?

Toute mesure gardée, et pour rester dans la comparaison universitaire – oui aujourd’hui je fais mes transitions de façon bateau (c’est de bon ton non ?) et identique – que j’avais initiée juste avant, le travail que Björn Larsson a effectué sur cet ouvrage peut etre comparé au travail d’Alain Corbin sur Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot – Sur les traces d’un inconnu qui a posé les bases de ce qu’on a appelé après lui (en France) la microhistoire : en retrouvant la lifetime d’un individu, on apprend à comprendre le monde dans lequel il vivait. Imaginez la loupe de photoshop appliquée à un cours d’histoire classique (où on étudie souvent des systèmes, des masses, des organisations). Par Silver, on redécouvre le monde des gens de mers de la grande époque (celle que Patrick O’Brian nous a si bien contée), on redécouvre ses goûts, ses sons et ses couleurs** ainsi que ses Lieux de Mémoire***.

Au-delà du désossement du texte, l’auteur et ses déboires avec les éditeurs. Il n’était pas pris au sérieux. Un roman d’aventures de pirates, c’était pour les enfants. Et sur 600 pages, c’était trop long. Cela montre encore une fois que les problèmes de considérations quant aux littératures de l’imaginaire ou au littérature d’aventure sont les mêmes partout en Europe… Et ce même avec les intentions les plus louables ou le travail le plus sérieux du monde.

Encore une fois, le but n’est pas de raconter la vie des pirates ou de démêler fiction et réalité mais de comprendre Silver en tant qu’homme ; beyond this, cela permet d’apprendre à construire un roman. Comme dirait Silver :

« Seul donc, jusqu’à ce que la mort me sépare de moi-même. C’était, je suppose, le prix à payer ici-bas pour n’avoir personne sur le dos. Etait-ce cher ou bon marché ? me demandez-vous. Faut-il en rire ou en pleurer ? Le Diable seul le sait ! En tout cas, je n’ai pas versé de larmes sur moi-même pendant que je vivais. Et il est peut-être bien tard pour procéder à une enquête de moralité approfondie. Mais il est possible de se demander si liberté**** et solitude ne sont pas inséparables, en ce monde tel qu’il est, si l’on veut demeurer un être humain.
Non pas que j’en aie souffert. J’ai eu, pour ainsi dire, le temps de vivre ma propre fin avant de m’en apercevoir. Mais j’ai tout de même compris que la solitude est le seul péché, sur cette terre, et le seul châtiment véritable pour ceux de mon espèce. Ceci, et uniquement ceci, est pire que la mort.
« 

J’avoue me reconnaître coupable d’avoir professé un calembour plus que douteux puisqu’il nécessite une explication de texte afin d’être saisi mais, comme il m’arrache un sourire, je le considère comme valable. Donc Santiano est une « chanson de mer » de Hugues Aufray. Et – attention révélation du lien de causalité – le dessinateur s’appelle Mathieu Lauffray. De la princesse. Désolé.

** Allez on reste dans les courants historiques dans lesquels l’oeuvre de Larsson peut s’insérer avec le même Alain Corbin (il est malin/taquin/faquin) : Les cloches de la terre : Paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au XIXe siècle qui apporte la démarche pour retrouver les paysages sensoriels des époques historiques.

*** Pierre Nora. Ce nom ne vous dit rien ? C’est pas bien. En bref, dès 1978, dans sa contribution sur la « mémoire collective » dans l’encyclopédie La Nouvelle Histoire, Pierre Nora note que « l’histoire s’écrit désormais sous la pression des mémoires collectives », qui cherchent à « compenser le déracinement historique du social et l’angoisse de l’avenir par la valorisation d’un passé qui n’était pas jusque-là vécu comme tel ». Selon lui, « un lieu de mémoire dans tous les sens du mot va de l’objet le plus matériel et concret, éventuellement géographiquement situé, à l’objet le plus abstrait et intellectuellement construit. » Et Dieu sait que la mémoire collective des marins est quelque chose qui fonctionne bien !

**** Allez une petite dernière pour la route pour rebondir sur les mots de Larsson par la bouche de Silver et tenter d’élever le débat : « La liberté, c’est très difficile. Parce qu’il est très facile de se laisser aller. L’homme est un animal paresseux. Il y a une phrase merveilleuse de Thucydides : « Il faut choisir : se reposer ou être libre. » Et Pericles dit aux Athéniens : « Si vous voulez être libres, il faut travailler. » Vous ne pouvez pas vous reposer. Vous ne pouvez pas vous asseoir devant la télé. Vous n’êtes pas libres quand vous êtes devant la télé. Vous croyez être libres en zappant comme un imbécile, vous n’êtes pas libres, c’est une fausse liberté. La liberté, c’est l’activité. Et la liberté, c’est une activité qui en même temps s’autolimite, c’est- à-dire sait qu’elle peut tout faire mais qu’elle ne doit pas tout faire. C’est cela le grand problème de la démocratie et de l’individualisme. » Cornelius Castoriadis, in Le Monde diplomatique.

Vil Faquin

Du même auteur : Long John Silver – La relation véridique et mouvementée de ma vie et de mes aventures d’homme libre, de gentilhomme de fortune et d’ennemi de l’humanité.
Même thème : Les PiratesLes Pilleurs d’Âmes, Pirates.
Sur le voyage en mer : La Fin du voyageLa Surprise.

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