Récital pour les Hautes-Sphères

Récital pour les Hautes Sphères – Personne ne l’a jamais dit –  Tuning Jack

Lionel Davoust

Après le triste intermède du début de semaine la Faquinade reprend son rythme de publication normal et ses thèmes classiques. J’espère que, tous, vous comprenez la nécessité qui était la mienne de partager mon sentiment et ma douleur suite aux événements tragiques et impardonnables de mercredi. Mais le monde continue, la République redresse la tête et il nous incombe de continuer à poursuivre nos vies sans crainte.

Comme promis dans mes voeux de fin d’année, je vais tenter d’élargir le cercle de mes habitudes – oui, c’est parfaitement dégueulasse dans votre esprit – et cela commence aujourd’hui. En effet, je vais vous parler aujourd’hui d’œuvres dématérialisées. Je ne vais malgré tout pas parler de livre numérique. Je ne sais pas si je suis clair.

Reprenons. La dématérialisation est l’action de retirer à un contenu, quel qu’il soit, son côté matériel – sans dec’ ? – et de proposer ledit contenu de façon numérique. Donc on range les arts occultes, l’éther et la projection astrale, je vous vois venir. Simplement, certains auteurs, au rang desquels un chauve dont je vous ai déjà parlé ici, amateur d’orques et d’orcs, qui met en ligne de manière gracieuse sur son site internet certains de ses textes. Genre clique, et tu verras. Alors pourquoi ne pas en profiter, après tout hein ?

D’ailleurs, en parlant de cet auteur, je vans balancer la sauce directe. Je retire tout ce que j’ai dit de Lionel Davoust dans des articles précédents, genre ici ou encore . Tout, tout et re-tout. Je l’avais loué – pour pas cher – pour sa capacité à rendre humaine n’importe quelle situation, à instiller l’espoir dans des situations les plus inextricables et, quand il n’y avait plus d’espoir, il restait les convictions, la parole donnée et les principes profonds de l’être humain. Bref c’était beau. Si je casse le suspense direct, c’est pour faire un bon vieux cliffangher des familles – mais oui R’né ! – et vous donner l’explication seulement 800 mots plus loin. Je suis Vil.

Des couvertures et des titres. Autant La Volonté du Dragon c'est pas top moumoute, autant Récital pour les Hautes Sphères, ça envoie du bois.

Des couvertures et des titres. Autant La Volonté du Dragon c’est pas top moumoute, autant Récital pour les Hautes Sphères, ça envoie du bois.

Bac + 3 en Petit Père des Peuples

Ca sonnait pas un peu grand méchant dans un dessin animé ou comme la présentation d’un espion / assassin d’élite – Bourguignon donc – , non ?

Bref. Avant de parler des nouvelles, il y a l’habituelle partie sur l’édition : la présentation de l’objet et des caractéristiques particulières de l’édition à notre disposition. Alors ça risque d’être chaud patate pour des nouvelles diffusées de cette façon. Et puis, c’est plutôt au niveau des machines – je crois qu’on appelle ça des liseuses, moi j’appelle ça des machines, parce que liseuse c’est moche et qu’une tablette, pour moi, c’est ça (à la limite ça) – et de leur caractéristiques (zoom, affichage et tutti quanti).

Alors, quitte à parler de nouvelles libres de droit, allons causer un peu de la licence Creative Commons, dont on parle régulièrement sur les internets, mais, globalement, si tout le monde comprend que c’est plutôt un truc cool qui permet de partager des produits culturels for free – j’aime bien cette expression qui est à la fois gratuit et libre.

Sur le site gouvernemental, en fouillant un peu, on tombe très vite sur les termes de la licence. Je vous l’donne dans l’mille Emile :

Vous êtes autorisé à :

Partager — copier, distribuer et communiquer le matériel par tous moyens et sous tous format.
L’Offrant ne peut retirer les autorisations concédées par la licence tant que vous appliquez les termes de cette licence.

  • Attribution — You must give appropriate credit, provide a link to the license, and indicate if changes were made. You may do so in any reasonable manner, but not in any way that suggests the licensor endorses you or your use.
  • Pas d’Utilisation Commerciale — Vous n’êtes pas autoriser à faire un usage commercial de cette Oeuvre, tout ou partie du matériel la composant.
  • Pas de modifications — Dans le cas où vous effectuez un remix, que vous transformez, ou créez à partir du matériel composant l’Oeuvre originale, vous n’êtes pas autorisé à distribuer ou mettre à disposition l’Oeuvre modifiée.
  • No additional restrictions — Vous n’êtes pas autorisé à appliquer des conditions légales ou des mesures techniques qui restreindraient légalement autrui à utiliser l’Oeuvre dans les conditions décrites par la licence.

Un licence qu’elle est donc pratique. Elle permet donc en gros, de récupérer un produit culturel comme ces trois nouvelles et d’en profiter de façon libre et gratuite, de le partager tout aussi légalement et librement avec nos contacts sans restriction autre que celle de faire figurer à la fois un lien vers la licence et un autre vers le site de l’auteur. Ce qui fut fait ci-dessus. Elle est pas belle la vie ? Cependant, il y a quelques dernières notions à noter avant de refermer ce paragraphe :

Bon en gros, à moins d’un gros coup de négligence de votre part, vous êtes quand même peinard Bernard (ici, Bernard, c’est le chien).

Bon le fait qu’il faille faire figurer les termes de la licence au début de chacun des fichiers partagés de la sorte rallonge le nombre de pages. Alors c’est pas grave, mais parfois chiant. Pour une nouvelle de 2 pages, ça nous donne une page titre, trois de licence et 2 de texte. Vous me direz, c’est là un super avantage du numérique : on ne gaspille pas 4 pages pour en imprimer 2. On a donc Récital pour les Hautes-Sphères (16 pages, dont 12 de texte), Personne ne l’a vraiment dit (7 pages dont 3 de texte) et Tuning Jack (32 pages dont 28 de texte).

Grâce à cette merveilleuse licence, nous avons donc pu, comme Lune, mettre la main sur ces trois textes afin d’en dire beaucoup de mal. Mouhahahahahahaha… ha… koffkoff #jeanpierre.

La licence Creative Common rappelée en début de fichier.

La licence Creative Commons rappelée en début de fichier.

Du Tunning pour Pinocchio

Pour tout vous dire, jusqu’ici j’avais écrit l’article avant d’apprendre les événements.
Je reprends deux jours après et je vous avoue avoir le plus grand mal à aligner deux mots.

Il conviendrait peut être, finalement de parler des nouvelles, initialement publiées dans le recueil L’Importance de Ton Regard aux éditions Rivière Blanche. Alors nous commencerons par Personne ne l’a jamais dit. Je vais faire simple. Vous connaissez Pinocchio ? Bon parfait. Parce que c’est tout ce dont vous avez besoin comme pré-requis culturel pour apprécier cette nouvelle. Et aussi d’une bonne dose d’empathie. Et cautérisateur [ndlf : néologisme 1] de lèvres tellement vous vous les mordrez. Je vous la fais brève : ça vous dit d’imaginer la fin d’un conte ? Enfin ce qu’il se passe après le conte, une fois que le rideau se ferme ? Ça vous dit de DETRUIRE votre enfance ? Cette nouvelle est, en grande partie, la raison de ma phrase choc de l’intro. Sa noirceur, son défaitisme génialement traités m’ont profondément choqué. Pourquoi ? Parce que j’avais l’expérience de Lionel Davoust comme un fabuleux noveliste optimiste et humain. Et là, sur deux ou trois pages, il reprend effectivement son côté humaniste, mais il le double sur 3 pages d’un défaitisme qu’on qualifiera de constatatoire [ndlf : néologisme 2]. Il n’en rajoute pas et son propos est d’une justesse glaçante. Quand je dis que « je retire tout ce que j’ai dit de Lionel Davoust dans des articles précédents« , je ne dis pas que je n’aime pas. Je dis juste qu’il m’a surpris de façon extrêmement soudaine avec ce très court texte que j’ai lu mine de rien, dans le TGV, sans m’attendre à cela – vous me direz, c’est la définition de surprendre. Bref, encore une fois, je vais être obligé de louer le bonhomme, et ça va finir par me coûter cher de le louer à chacun de ses textes – on me signale dans l’oreillette que j’ai déjà fait cette blague. Mmmmh… okay.

Ça c’est pour la micro-nouvelle. On sent très fortement dans cet écrit de profondes questions sociales être soulevées. Des questions de différence, de rejet de l’autre, d’étranger – au sens alien -, de stigmatisation. Pinocchio n’est pas un garçon comme les autres. C’est un être de bois qui est devenu humain. En cela il est donc bien différent. En cela il est donc rejeté par ses semblables – jamais mot n’a semblé aussi inapproprié – et il en vient même à regretter le don qui lui a donné la vie. De telles thématiques, énoncées dans le contexte qui est le nôtre en France à l’heure actuelle, révèlent toute leur importance. L’étranger dans cette nouvelle, c’est celui que l’on suit ; le stigmatisé, c’est celui dont on partage la souffrance ; l’esseulé, c’est celui qu’on plaint et qu’on voit se déliter. Un peu d’empathie, voilà qui ne peut que faire du bien et apaiser les cœurs. Une micro-lecture par trop conseillée, du coup.

Continuons avec Tuning Jack. Une nouvelle qui ne m’attirait pas tellement au début. Parce que tuning + Vil Faquin = vomi. Une équation simple. Bon, ma réticence n’a pas duré longtemps. Je l’ai déjà dit et je vais me répéter, mais Lionel Davoust a une sorte de talent d’écriture qui fait qu’il peut tout à fait vous mettre dans la peau d’un héros arthurien (je traiterais de L’Île Close une autre fois) que dans celle d’un voyou de lycée. A chaque fois, il nous transforme tout matériau qu’il touche en délice.

Faisons simple : Tuning Jack nous parlera de Tuning. Mais pas de tuning au sens où on l’entend, avec les néons sous la bagnole et le béquet de l’enfer sur le pare-brise arrière. En effet, Tuning Jack se présente comme une nouvelle se situant dans un futur proche qui ne diffère pas tellement du notre d’un point de vue sociétal. Voire carrément pas. On a même l’impression que, plutôt que dans un futur proche, Tuning Jack prend place dans notre société actuelle, en ce moment, à juste un (petit) détail près. Le tuning ne s’exprime non pas sur des véhicules mais sur le corps des gens. Cette mode du self-tuning se développe a priori dans toutes les couches de la société mais notamment chez les jeunes. Cela varie d’un individu à l’autre : du rafistolage d’un pied-bot par une prothèse à des trucs purement esthétiques (genre une plaque pectorale estampillée du crocodile d’une marque célèbre). A l’image des tatouages ou des piercings, vous pouvez vous faire triturer dans des cabinets officiels avec tout ce qu’il y a de meilleur ou dans la réserve d’un atelier quelconque, chez votre pote Robert qui fait venir du matos illégal en scred. Bon j’exagère dans la comparaison, amis du body-tuning veuillez me pardonner.

Toujours est-il que le jeune homme que l’on suit, un lycéen, s’est lancé à corps perdu –huhu – dans cette nouvelle tendance et ne jure, avec son meilleur ami, plus que par ça. On voit le monde à travers ses yeux, ceux d’un adolescent à la vie compliquée et qui ne reconnait la réussite que dans l’apparence et le regard des autres. On retrouve une nouvelle fois tous les aspects de notre jeunesse 2.0 – Dieux, je parle comme si je n’en faisais pas partie, ho wait! – avec une connectivité permanente, une course à la mode absolument incontrôlée et un côté misanthrope effrayant. Corporatiste même. Ceux qui ne font pas de body-tuning ou qui en font de manière à ce que les retouches ne se voient pas ou presque sont mal considérés par les autres. Dans cet univers ma foi aux fortes tendances cyberpunk – si vous souhaitez revenir sur cet aspect, n’hésitez pas à lire cet article – la voix de la raison est incarnée par une jeune fille qui s’intéresse au héros mais que ce dernier hésite à fréquenter car elle réprouve la mode au body-tuning et a une mauvaise image auprès de son meilleur ami.

A l’image de la nouvelle précédente, on retrouve des thèmes sociétaux très forts et très bien exploités. On retrouve, à peine en sous-jacence [ndlf : néologisme 3] tellement les allusions sont reconnaissable au premier coup d’œil, énormément des tendances actuelles, à peine déformées pour s’adapter au besoin du récit, d’une jeunesse superficielle. Si, à première vue, la critique « jeunesse idiote » semble un peu facile, ce n’est vraiment pas le ressenti à la lecture et il ne faudrait pas que cet article vous laisse cette impression. Sur plus de 30 pages, Tuning Jack a le temps de développer toutes ses thématiques et d’en faire ce qu’il veut sans jamais tomber dans la facilité. On sent également un certain travail dans l’agencement des événements dans nouvelle qui est assez agréable.

Deux nouvelles donc qui nous poussent à porter un regard réflexif sur notre société et sur nous-mêmes. Et en ce moment, nous en avons bien besoin.

Les dernières lectures numériques, du Davoust et le Webzine de Génération Ecriture.

Les dernières lectures numériques, du Davoust et le Webzine de Génération Ecriture.

Le nom le plus classe du monde

Reste Récital pour les Hautes Sphères. Avant toute chose je tiens à dire que j’ai avant tout téléchargé les nouvelles de Davoust pour une seule et unique raison : ce titre est génial. Il y a deux choses qui me font craquer sur un ouvrage ou une nouvelle en général, avant la lecture (hormis, bien entendu la réputation d’un auteur ou les critiques que j’ai pu en avoir). La première chose est la couverture qui est le premier eye-catcher dont l’ouvrage dispose, mais ça c’est pour les versions papiers. Dans le cas présent je n’ai plus qu’à me replier sur ma deuxième option : le titre. Il s’agit pour moi d’une des options les plus évidentes et importantes qu’ont l’auteur et l’éditeur de mettre en avant une oeuvre. Et je peux vous garantir qu’un vrai bon titre, ça a une importance capitale dans mon choix.

Simplement, après m’être un peu penché sur la question, je me suis aperçu d’une chose absolument remarquable. La plupart des titres sur lesquels j’ai crushé immédiatement présentent de grandes similarités, à l’exception de The Malazean Book of the Fallen (Le Livre Malazéen des Glorieux Défunts en français) de Steven Erikson. Voyez plutôt :

D’aucuns diront que j’ai une tendance au romantisme à l’allemande au vu de ces noms. Je ne nierai pas, mais vous n’obtiendrez aucun aveux ici. On remarque toutefois l’omniprésence des hauts et des chants. Alors pensez-vous, quand on me propose un Récital pour les Hautes Sphères et qu’il comprend ni plus ni moins que les deux notions en soi… Je ne puis résister à tant de classe, et suis une personne faible by the way.

Bref, nous en somme maintenant à discuter de cette nouvelle et il va bien falloir que je vous dise de quoi elle cause hein. C’est l’histoire d’un mec qui en a assez d’entendre à gauche ou à droite le bourdonnement du monde et qui décide assez vite de se crever les tympans pour pouvoir entendre la musique des astres célestes de façon pure et pour pouvoir en composer des symphonies en rapport avec les fameuses Hautes Sphères qui tournent dans les confins de notre système solaire.

Si les questions de société relatives au milieu de la musique cette fois-ci – pourriture du système des majors company pour le disque, foutaises de plaire au plus grand nombre, producteurs qui vendent le cul des artistes – sont présentes, quoique sous forme quelque peu cliché, l’intérêt principal de la lecture ne se situe pas là. Il se situe dans une autre question sociale : notre rapport au bruit, et plus globalement, au son.

Récital pour les Hautes Sphères n’est pas le premier ouvrage que je lis à traiter de cela. De l’isolement et de la folie dans lesquels l’omniprésence du son et du bruit dans notre société peut mener certains individus. De même, dans nos salles obscures est sorti récemment Noise, bon okay en fait c’était il y a 8 ans. Noise c’est l’histoire d’un mec a qui tout souri (travail, famille, santé, loisirs) mais qui, de plus en plus, pète un plomb à cause des bruits omniprésents et agressifs de son New York natal. Peu à peu, il va aller défoncer des bagnoles dans la rue dont l’alarme s’est déclenchée, devenir irascible et dangereux pour ses proches, se retrouver au tribunal, perdre sa famille qui en vient à avoir peur de lui. Sa vie devient un enfer et nous le suivons dans sa quête effrénée de silence et de calme. Au final l’omniprésence de la société qui s’impose aux oreilles de notre héros va le pousser à s’exiler, à s’isoler. Dans la nouvelle dont nous avons le plaisir de parler ici, il en va de même, le héros préférant s’isoler de la communauté des hommes en se crevant les tympans. Et alors qu’on ne pense pas qu’il puisse encore plus s’effacer du monde, son dégoût du fonctionnement des majors va le pousser à n’avoir de relations humaines plus que par interface. Et c’est de cette façon qu’il semblera retrouver un peu de son âme.

Il y a un autre ouvrage dont je souhaite vous parler. Il s’agit d’un ouvrage dont j’ai fait la lecture il y a, facilement, 8 ou 10 ans. C’est le dernier roman de Loup Durand, chez Plon, Le Grand Silence – mais attention, ce n’est pas l’autre Grand Silence, celui du cinéma qui est lui un western ne traitant pas du tout (pas trop) de ces thématiques. Ce roman narre les aventures d’un personnage disposant d’une sacré particularité : il peut lire les pensées des gens et des animaux. Incapable de maîtriser son pouvoir, il va choisir d’aller s’isoler dans le Grand Nord Canadien auprès de quelques animaux domestiques afin de ne plus souffrir en vain les agressions constantes des pensées de chacun. Ce n’est pas l’intrigue de poursuite par les mercenaires qui enlève cet aspect au roman. Bien entendu, l’agression des pensées doit être perçue comme une métaphore à peine cachée pour celle du bruit. En fuyant le bruit spirituel, le personnage fuit le bruit.

En fuyant le bruit les héros de Récital pour les Hautes sphères, du Grand Silence et de Noise fuient avant tout la civilisation moderne qui se déshumanise dans son effervescence et représentent ceux qui perdent leur équilibre dans les agressions permanentes de nos oreilles – internes. Et ces pertes d’équilibre reviennent, ma foi implicitement, à la perte de repère qu’engendre la sur-information et la sur-activité de nos sociétés et de nos réseaux. Ces pertes d’équilibre effraient les héros car ils perdent leur humanité dans le processus et réagissent vivement en s’isolant, seuls, pour leur bien et celui des autres.

Ça ne vous rappelle rien ? Regardez autour de vous. Regardez mieux.

Une fin d'un cynisme tellement difficile à à digérer... Comment ça spoil ?

Une fin d’un cynisme tellement difficile à digérer… Comment ça, spoil ?

J’ai pas le temps

Maintenant que tout cela est posé, il faudrait se livrer à une étude complète de cette vaste question du bruit dans notre société et analyser son traitement par divers auteurs ou réalisateurs, ou compositeurs, afin d’arriver à tirer une substance intéressante de tout cela. Et je suis sûr qu’il y en a une. Et puis j’aime la pulpe.

Bref, pour ne rien vous cacher, de la pulpe il y en aura aussi pour L’Île Close et dans la chronique que je vous en pondrai bientôt, mais j’ai souhaité la traiter à part parce que j’ai des trucs à dire.

Dans tous les cas, je n’aurais pas exactement définitivement retiré ce que j’ai pu dire auparavant sur Lionel Davoust, vous l’aurez compris. J’ai taunté, créé un hoax, ce que vous voulez. Mais cela avait à la base le sens de ne surtout pas se tromper dans l’idée : Lionel Davoust a un talent fou, sait écrire et faire transparaître la condition humaine comme peu de monde, mais il a livré là une autre image, beaucoup plus sombre et en souffrance, de sa plume. C’est un délice d’être surpris de la sorte par un auteur que l’on apprécie, surtout avec tant de classe.

Enfin, pour ne rien vous cacher, les coïncidences font les choses. Je ne dirais pas « bien » parce que des assassinats ne peuvent pas être bons. Simplement, j’avais prévu de retenir ces textes en début d’année pour revenir avec vous sur ces valeurs sociétales et républicaines qui nous sont si précieuses. Et puis, du coup, plutôt qu’un baume au cœur, on essaie de se rassurer et de se rassembler. Comme quoi, on a toujours besoin de tout cela.

Vil Faquin.

Du même auteur : La Volonté du Dragon, La Route de la Conquête, Port d’âmesL’Île Close, l’interview et l’édito de février.
Lionel Davoust est lauréat du Prix Exégète 2015.

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20 commentaires

      1. Vu les agissements de certains, on se demande parfois si on n’a pas attrapé une maladie orpheline, mais non l’empathie s’étend de temps en temps, c’est rare, mais il faut en profiter, de cette sympathique maladie. 🙂

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