Interview de Julien Campredon / 19.12.14

Interview de Julien Campredon.

Billet à lire : Brûlons tous ces punks pour l’amour des Elfes.

Présentation

Bonjour, t’es qui ? Julien Campredon, gémeaux. (Voir : Question travail, instables par nature, les Gémeaux aiment avoir de l’espace pour exprimer leur existence. Bourlingueurs, artistes ou reporters, ces métiers sont compatibles avec le caractère des Gémeaux. L’agitation étant une composante essentielle chez les Gémeaux, les professions qu’ils embrasseraient volontiers sont celles qui nécessitent déplacements et voyages. Mais à courir trop de lièvres à la fois, les Gémeaux ont tendance à ne jamais parvenir à bout de leur entreprise.)

Ca va ? Comme un gémeaux.

Et sinon, tu as un vrai métier ? Gémeaux.

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Œuvre

Présente-moi ton parcours : Scolarité laborieuse mais linéaire, puis cinq ans de détention en Fac de droit, et enfin mon premier interview sur Télé Toulouse en 2000.

Raconte-moi tes relations avec ton éditeur : Tumultueuses, présentées au début du recueil, ainsi que le processus avant l’édition en poche chez un autre éditeur ? Tu as été partie prenante ou ça s’est fait sans toi ? C’est simple, pose la question à un éditeur, il te dira qu’il a fait l’auteur. Or tout le monde sait que les éditeurs mentent, sinon ils n’arriveraient jamais à vendre des livres. Pour Pocket, j’étais au bord de ma piscine à Saint Barth, je ne me suis occupé de rien.

Quel est ton projet préféré/celui qui a la plus grande portée (dans ce que tu as produit) ? Je pense qu’il faut être un père aimant avec ses œuvres et avoir des préférences tournantes. Aujourd’hui ce sera L’Assassinat de la Dame de Pique [ndlf : voir cette vidéo] publié aux éditions Léo Scheer en 2011, car il s’agit de mon projet le plus intime.

Critique

Alors j’ai lu, et j’ai envie de parler de Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes. Tu nous racontes d’où il sort ? J’ai eu la chance d’être placardisé lors de mon premier emploi, et j’ai commencé à écrire ma colère là. Brûlons tous ces punks, c’est l’histoire d’un déclassé qui découvre le No Future des années 2000, que l’on vit aujourd’hui, puisqu’en 2014 nous sommes en plein dans le futur raté des années 2000. C’est également une colère qui redécouvre un passé mystérieux qui est presque un tabou, l’histoire d’un Sud qui ne se rend pas et qui n’en finit pas de mourir. Après, pour le contenu concret, une forme d’errance et des petits boulots ont permis de transformer les idées en histoires.

Je sais que tu as pris connaissance de la critique que j’en avais faite, j’y qualifiais l’œuvre de nouveau jalon sur l’échelle des genres des littératures de l’imaginaire en la qualifiant de fantasy municipale. Qu’est-ce que tu en penses ? Écoute mec, j’habite dans une commune où la moto-crotte est rouge avec une énorme croix occitane, je me demande même s’il n’y a pas des pois noirs qui lui donne des allures de coccinelle, tellement que, quand ils la croisent, les enfants applaudissent. Alors fantasy municipale, oui, évidemment.

Une question me taraude, d’où te vient ce rapport aussi inconvenant avec l’organisation du système (social/administratif/politique) ? Nous avons tous aimé Zorro… Le moment où tu écris Brûlons tous ces punks, c’est quand tu comprends que Zorro, n’est qu’un imposteur parce qu’il se révolte contre l’État central simplement pour ne pas payer d’impôts, et que, comme il est paranoïaque, il ne fait confiance qu’à un serviteur muet qui ne révélera jamais où est caché son or. La veuve et l’orphelin pleurent toujours.

Je t’ai gentiment taxé de punk des édredons, et après avoir discuté avec toi, je m’aperçois que tout ça est plus profond et transparaît dans ton ouvrage. Je sais que tu bosses sur un roman, cela ressortira-t-il aussi ? Non surtout pas je déteste la polémique ; moi ce que j’aime, c’est les gens, l’amour et la tendresse et un peu New-York. Et puis je suis un auteur français, pourquoi me demander d’avoir un propos ?

J’ai pu également voir le premier épisode, le pilote, de La Seria, la première série sur la culture catalane dont tu es scénariste. La culture catalane abreuve ton fil d’actualité sur facebook, on te sent baigné et passionné, tu veux nous en parler ? J’ai écrit un article sur mon affection pour la Catalogne dans le numéro de septembre dernier [ndlf : septembre 2014] dans Alternatives Internationales, car le civisme et la passion culturelle de nos cousins catalans fascine l’Occitan que je suis. Toute la presse française, à contrario de la presse internationale, stigmatise les Catalans en ne parlant que d’enjeux économiques, quand il me semble que c’est tout l’inverse qui se passe là-bas. Si tu ne parles pas Catalan en Catalogne, tu sais ce qui t’attend ? Des cours de langue gratuits, c’est génial ! Là-bas les gens se battent pour parler leur langue, quand nous on se bat pour construire des supermarchés. Le repli identitaire implique le repli, ce que ne font pas les Catalans, je crois qu’ici on leur prête des intentions qui sont les nôtres. En France nous sommes victimes d’un repli qui n’est pas identitaire, car le mélange des cultures, des savoirs, des langues, ne peut en aucun cas être nuisible. Mais comme je ne suis pas Catalan, je monte patiemment mon projet qui parle de deux jeunes qui veulent créer une série en Occitan, et ça donne une comédie culturelle qui justement illustre le côté très sympathique de tout ça. [ndlf : je confirme !]

Cette série promet d’être décapante, si elle tient le rythme du premier épisode, qu’est-ce qui change entre écrire des nouvelles et un scénario ? [ndlf : voir vidéoEt bien déjà, pour La Seria, nous sommes deux co-créateurs, et ça c’est vraiment très agréable. Il s’agit du réalisateur, Amic Bedel, et franchement, on a bien rigolé en l’écrivant. Ce qui change également, c’est qu’il y a beaucoup moins d’enjeux stylistiques, mais le diable s’y cache tout autant dans les détails, il faut avoir des yeux dans le dos et une grosse capacité de projection. Une BX, deux acteurs, un Catalan, notre Bollywood sera Occitan !

« Més que un seria ! »

« Més que un seria ! »

 Meta

  • Ton livre préféré ? Je crois que je n’en ai pas, ou trop.
  • Ton morceau préféré ? El Debat par Obeses.
  • Ton film préféré ? 태극기 휘날리며 de Kang Je-Gyu.
  • Ton auteur préféré ? J’en ai plusieurs, mais Zola m’a inspiré pour me lancer, j’adore les livres de Sven Hassel mais c’est très mal écrit, les nouvelles d’Enrique Serna, et puis après il y en aurait trop, car je ne prends jamais tout chez un auteur.
  • Ce que tu n’arriveras jamais à lire, même en te forçant ? Un texte de Dominique Seux.
  • Un truc inutile dont tu n’arrives pas à te passer ? Les analyses de Thomas Legrand.
  • Information secrète : J’ai suivi un régime l’année dernière parce que j’avais grossi en arrêtant de fumer.
  • Complète : « Est-ce que je suis obligé de répondre à la dernière question ? »
  • Qu’as-tu à dire pour ta défense ? (soupir)…

Vil Faquin.

Du même auteur : Brûlons tous ces Punks pour l’amour des Elfes.

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