Brûlons tous ces Punks pour l’amour des Elfes (BtcPpadE)

Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes (BtcPpadE)

Julien Campredon

Pour l’article de ce samedi, le dernier avant la fin du concours Août – Nouvelles Coûte que Coûte – auquel vous pouvez encore participer en postant en commentaire de cet article votre critique de nouvelle ou de recueil – j’ai décidé de vous parler de l’ouvrage qui sert de lot au concours sus-dit-nommé qui est l’oeuvre d’un certain Julien Campredon.

Alors on va pas faire comme d’habitude. Parce que l’habitude est mère d’adultère – oui, c’est de moi – et que, merd’alors, ce mec là n’est pas comme les Poul Anderson ou autres Anne Robillard. Campredon c’est un punk des édredons, c’est un rebelle des soupières et un fou-du-genou de l’écriture. Alors j’ai prévu une petite organisation de derrière les fagots pour cet auteur hors norme et ce recueil qui m’a fait hurler de rire dans le silence monotone des lectures dans les transports en commun, tant et si bien que moultes dames ont tiré leurs bambins loin de moi quand, les yeux révulsés et la lèvre supérieur se retroussant dans un rictus hystérique, je bavais de contentement dans les pages de ce petit tome d’à peine 140 pages dont la quatrième de couverture annonce fièrement :

Des marins maltais aux vieux saules de Tolkien,
Des parkings aériens aux appâts des sirènes,
Chez Julien Campredon, cher lecteur, tout est bon.

Et puis, comme je le disais, j’ai prévu de vous faire réfléchir, j’ai lu, j’ai de la référence, je vais tenter de vous proposer des trucs. Je pense qu’il faut rendre à César ce qui appartient à César. Campredon – dont je vous invite à lire ce portrait avant de poursuivre le billet –  lui, s’en tamponne l’oreille interne avec le coton-tige de l’indifférence, si je puis me permettre.

Faut avouer que, sans raison, ces couvertures bichromiques me font de l'effet. C'est sobre, c'est classe comme un Herbert Léonard au p'tit dej', et ça envoie du steak.

Faut avouer que, sans raison, ces couvertures bichromiques me font de l’effet. C’est sobre, c’est classe comme un Herbert Léonard au p’tit dej’, et ça envoie du steak.

Météorite dans ta face

Ça fait un bail, avec ces petites éditions de nouvelles, que je n’ai pas parlé des livres en eux-mêmes, ces objets carton-papier qu’on farfouille allègrement. En plus c’est l’occasion de parler d’un grand éditeur, Pocket, chose qui n’arrivera pas non plus hyper souvent ici bas, mes littératures n’étant, à peu de chose près, pas au catalogue des gros. Bref. La première chose qu’on remarque sur ce petit tome, bien relié et propre, c’est cette couleur de gris-métallisé qui, depuis les Folio SF me fait pointer l’oriflamme vers les cieux, agrémentée d’un titre rouge sanguin. Et avec un titre tel que Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes, je vous assure que ça fait ton sur ton. Bref, cette couleur grise est associée dans mon esprit à la science fiction, mais aussi à des ovnis bien particuliers, et BtcPpadE – oui, c’est plus rapide – n’échappe pas à ce cas.

Bref un petit tome qui reprend des codes habituels des grands éditeurs pour les littératures de l’imaginaire, une illustration qui déchire, toute en bichromie où des individus lambdas type ombres chinoises tirent avec des cordes une météorite en feu – j’vous ai dit que c’était cupilotracté ? Comment ? Tiré par les poils du cul, oui voilà – sur un troisième mec à la merci sans rien derrière. Genre LA classe quoi. En cherchant l’illustrateur – les illustrateurs en fait : Raphaël Urwiller et Mayumi Otero – dans les références de l’ouvrage, je tombe d’ailleurs sur une info non visible a priori : l’ouvrage est une édition Pocket mais avec les droits des Editions Monsieur Toussaint Louverture – vous aussi vous avez levé un sourcil ? – pour la nouvelle Diablerie diabolique au club house – non, non… cherchez pas j’vous dit. Bref, c’est le binz, mais comme diraient les joueurs de Warhammer Battle : « c’est fluff ! » (avant de faire un incident de tir sur leur baliste gobeline, comme quoi, y’a une justice dans c’bas monde).

Il y a ce méta-texte également, qui est génial. La présentation de l’auteur, déjà, qui commence par :

Julien Campredon est une légende, et si vous demandiez à tous les éditeurs, ils seraient unanimes : il n’existe pas.

Et si vous ne vous y attendiez pas, vous voilà prévenus, ce livre dispose d’un service après vente largement mis en avant dans la préface, dans la présentation de l’auteur, sur le quatrième de couverture. Même qu’il se situe à la page 139. Qui dit mieux ? Julien Campredon himself, en fait, en fier larron qu’il est. Dans sa note d’auteur il explique comment l’éditeur est tombé amoureux de lui, de son génie, de sa prose fabuleuse dont il s’est emparé. Fourbe éditeur que voilà, c’est bien le fourbe de cette histoire (voir la bannière de ce blog) ! La première nouvelle du recueil commence effectivement par une note d’un prétendu éditeur qui se confond peu à peu avec l’auteur et en fait c’est l’auteur sauf que l’éditeur dit que c’est lui mais c’est pas possible parce que la narration commence dans la note alors on ne sait plus si c’est l’auteur ou pas mais en fait c’est fait exprès ça va vous avez encore un peu de souffle pour finir cette phrase sans ponctuation oui non et bien tant pis pour vous parce que je vais encore dire que j’ai un dernier point à aborder pour présenter le livre et que cette chose arrivera juste après le prochain signe de ponctuation qui aura lieu dans cinq quatre trois deux un zéro tout de suite.

La dernière chose à dire concernant ce livre, c’est peut être une réflexion sur le bandeau. Ce bandeau est tellement beau que, chez moi comme à la librairie, nous l’avons conservé, voire même mis en avant, tant il est atypique, plein de poésie et si bien adaptable à toutes les sorties littéraires de Milady Romance (pour peu qu’on aime le saucisson de foie) :

« Si vous n’aimez pas mon livre, j’irai manger du saucisson de foie.« 

Julien Campredon est peut-être fou, mais au moins il est courageux.

campredon

Bon faut avouer que ce bandeau peut aller avec quasiment tous les livres que vous voulez. Il suffit d’un peu d’inventivité, des tweets de Tyrion à Manon Lescault.

Et d’où qu’il sort ce tome ?

De ton cul !

Pour ne rien vous cacher, je suis arrivé à l’arrache dans la Capitale des Gaules début mars en étant un peu paumé avec deux brosses à dents et sans caleçon de secours (je me suis gouré de sac de voyage à la gare, en fait) – ça va, ça arrive à tout le monde – et je n’avais rien d’autre à lire que le plan de la troisième ville de France. Non que ce ne soit pas instructif, mais on a fait mieux comme littérature ces 10 dernières années en France. Et donc, première journée de stage, premier carton violemment déchiré avec la sauvagerie et la fougue du jeune libraire encore vierge de tout office sauvage – dédicace à mes potos de chez Hachette Diffusion et leurs deux palettes d’offices sauvages de la psychanalyse de l’ancienne-ex-future-première dame des Pays-Bas pour une librairie spécialisée Fantasy et SF – je tombe sur deux exemplaires perdus de BtcPpadE.

Ma première réaction – comme tout homme sain d’esprit – a été d’en acheter deux et d’en offrir un à ma connaissance la plus fantasque. Qui l’a lu et l’a perdu dans la même journée. La seconde a été de me rendre à la page 139 – la page duuuuu ? Du service après-vente éditeur, y’en a au moins un qui suit dans le fond ! – et de lire ça :

« […] si vous n’aimez pas mon livre ou que vous vous sentez floués par cet achat ou ce cadeau […] c’est très simple : je vous invite à aller gifler votre libraire ou la personne qui vous a offert ce livre. Pas besoin d’explications, ces derniers sont au courant […]« 

Bon dans mon cas, j’étais mon propre libraire et mon propre offreur de cadeau, ce qui aurait pu donner lieu à une scène assez cocasse le soir ou j’ai lu ce bouquin dans un bar à whisky bondé. Bon comme il m’a plu, ça n’a pas eu lieu, mais avouez que ç’aurait été digne d’une figuration honorifique aux Darwin Awards. Parce que oui, parfaitement m’sieurs dames, j’aurais très bien pu y rester. J’en connais qu’ont essayé. Ils ont eu des problèmes !

Je vous laisse sur la magnifique présentation de Monsieur Toussain Louverture :

NOTE DE L’ÉDITEUR : Julien Campredon écrit, fait du rhum arrangé (ananas, mangue et fruits de la passion), qu’il boit avec ses amis (ce n’est pas à la vente). Il va publier sa célébre nouvelle “Heureux comme un Samoyède” dans la revue Brèves n°72, sinon comme tout le monde il aime le sexe. Julien Campredon dit: Amis de Toussaint Louverture, vous avez des questions que je ne me pose pas, j’ai des théories qui ne vous questionnent pas : entendons nous, plutôt que de relire pour la centième fois le traité d’armistice franco-italien.

Voici le p'tit bonhomme alias le punkachien, le pantalon à rayures étant un élément identifiable de cette culture de damnés.

Voici le p’tit bonhomme alias le punkachien, le pantalon à rayures étant un élément identifiable de cette culture de damnés.

Serge, ce Héros

Vous voulez que je vous parle de l’intérieur du bouquin ? J’sais pas trop. J’ai décidé, comme j’vous ai dit plus haut, de faire un billet un peu atypique sur BtcPpadE et cela passe par ne pas trop, voire pas du tout, parler du bouquin en tant que tel. Cela peut paraître con, de prime abord, comme Optimus – Prime, ouais mec -, mais j’ai réellement envie de vous donner envie de vous pencher sur cette oeuvre juste en vous la présentant en contexte, en forme mais pas en fond. Ce serait tellement gâcher le plaisir de découverte que j’effleurerai seulement la fine surface des choses à la fin de cette partie mais sans plus. Et puis non j’vais l’faire maintenant.

Cela fait plusieurs articles que je vous parle de fantasy municipale à propos de BtcPpadE. Qu’est-ce que j’entends par là ? Ce n’est pas un drôle de spin off de la fantasy classique ou une dégénérescence absconse de l’urban fantasy (même si on pourrait le croire), c’est un genre qui ne s’est jamais vu à ma connaissance et qui ne sortira jamais du cadre de ce recueil – et ce n’est probablement pas plus mal. Toutes les nouvelles prennent place dans un contexte urbain, réaliste et récent, avec des personnages urbains, réalistes et récents et des intrigues urbaines, réalistes et récentes, mais l’ensemble est d’une cohérence folle. Quand je dis cohérence, ce n’est pas tant dans le propos que dans le liant global. Et ce liant global est très personnel et très propre à l’auteur.

En effet Julien Campredon, ce punk à chien de la littérature lançant des appels à l’ethnocide dans le titre de ses nouvelles, a le génie de lier entre elles toutes les nouvelles qui composent son recueil par un sens de l’absurde diablement ancré dans le réel, dans une sorte de cynisme assumé qu’il brandit en étendard en première ligne du front sanglant qu’il déclenche sous nos yeux voyeurs des maux de la jeunesse culturée – _Si je puis me permettre ! _Mais oui vous puivez Monsieur Faquin ! _Grand bien, merci ! – d’aujourd’hui. Pour n’effleurer que la surface de l’oeuvre, comme promis, vous aurez des parkings à étage, de la visite chez Pôle Pot’Emploi, du gardiennage culturel et de l’errance bibliothécarisée, bref des tranches de vie. Bien fantasmées quand même, parce que c’est là que tout l’intérêt du bouquin débarque. Et la question se pose dans nos têtes viciées : où est la fantasy dans toute cette merde ?

André-François Ruaud, dans Cartographie du Merveilleux (Folio SF, 2002), explique ceci :

La Fantasy est une littérature fantastique incorporant dans son récit un élément irrationnel […], présente souvent un aspect mythique et est souvent incarnée par l’irruption de la magie.

Nous sommes d’accord que, pour incorporer un élément d’irrationnel, il faut que le reste de l’oeuvre le soit, rationnel. De même, mettons-nous d’accord tout de suite sur le terme de magie. J’ai souvent tendance à penser, quand j’entends magie, à la magie de Donjon et Dragons où un mage lance des LIGHTNING BOLTS comme un épileptique en hurlant d’une voix stridente ou à celle plus naturelle d’un Gandalf – gris ou blanc, peu importe, de toute façon, on est tous bro. Chez Campredon, la magie est au cœur du récit, il ne faut pas s’y tromper, mais elle n’est pas évidente à voir. Nous nous trouvons en face d’un auteur qui nous renvoie notre propre réalité en pleine mouille, enrobée du cynisme de cette jeunesse désabusée à laquelle bon nombre d’entre nous appartient et, plutôt que de s’en tenir à un cynisme classique digne d’un Tribunal des Flagrants Délires, JC – vous pensez encore que ces initiales ne sont pas prophétiques ? Ouais, voilà, vous aussi vous commencez à vous laisser pénétrer par la lumière municipale ! – nous l’assaisonne non pas à l’aïoli, comme il aimerait j’en suis sûr, mais avec de la poésie. La poésie, me direz-vous, c’est pas de la magie, c’est juste des mots. Nous sommes d’accord. Alors je vous balance une autre piste de réflexion empruntée à Christian Chelebourg dans Le Surnaturel – Poétique et Ecriture (Armand Colin, 2006) :

« La poétique ne vise rien d’autre que la confusion créatrice de l’irréel et du réel.« 

Et PAF ! Ça fait du Campredon ! Il y a cependant une faille dans ce raisonnement : la magie poétique de Campredon se positionne dans la construction de l’écrit, dans dans l’histoire. A la lecture de BtcPpadE vous vous rendrez compte que cette magie, ce brin de folie créateur n’est même pas latent dans le récit tant il est important. Sa magie, c’est de transformer l’Administration avec un grand A en objet de fantasme onirique. Oui braves gens, vous qui souffrez tous de phobie administrative – et j’vous comprends – bienvenue dans un univers différent ou la volonté de l’auteur et la portée du texte sont à la fois clairement identifiables et en même temps tellement imbriquées que souvent, on ne sait plus si c’est la magie d’écriture ou la magie propre au conte lui-même qui nous emporte.

Quand l’administration devient magie, que le cynisme devient poésie et que nos prisons de l’irréel nous font baver, j’appelle ça de la fantasy. Pas de l’heroic ou de la high fantasy, mais de la municipal fantasy. Je vous invite à en discuter avec moi dans les commentaires : peut-on faire surgir la fantasy de toute chose ? comme semblent le permettre les propos de Messieurs Chelebourg et Ruaud. Je suis très curieux d’avoir vos avis, non pas tant sur le concept même de fantasy municipale mais plutôt sur la réflexion qui m’a amené à cette conclusion.

La Sainte Patoune vous annonce qu'il est à fond dans son rôle désormais. Il envisage même d'écrire un article sur l'histoire de son implication dans le tirage au sort. Par contre, à l'image d'un Jospin des grands instants, il menace !

La Sainte Patoune vous annonce qu’il est à fond dans son rôle désormais. Il envisage même d’écrire un article sur l’histoire de son implication dans le tirage au sort. Par contre, à l’image d’un Jospin des grands instants, il menace !

La nuit, tous les chats sont Serge

Et là, l’air de rien, on vient d’inaugurer un nouvel encart de La Faquinade : Poussons la réflexion ! Et si vous vous demandez qui est Serge, vous n’avez qu’à acheter Brûlons tous ces Punks pour l’amour des Elfes et lire la nouvelle éponyme pour, comme moi, tomber en pâmoison devant la gloire municipale de Serge, sous la vision hypnotique de sa municipale moustache et de dire avec moi :

Nous sommes Serge et nous volons avec lui vers le pont : nous, les blogueurs de nuit, ce soir, nous sommes Serge !

Et je vous assure que c’est fluff.

Vous l’aurez compris, Campredon c’est comme les fous du volant : « c’est un truc stupéfiant, ça t’agrippe ça t’attrape et ça n’fait pas d’sentiments« . BtcPpadE est à la fantasy ce que Stupeflip est au Métal et au Hip-Hop combinés : un gang-bang en règle suivi d’un glory hole des plus seyants. Sauf que là, c’est loin d’être mis en scène avec les pieds. C’est plus brillant qu’une parure du Roi Heenok. C’est beau. C’est elfique. Si tant est que les Béruriers étaient des elfes (d’ailleurs vous saviez que leur nom venaient de ? Sacré San-Antonio).

Si j’ai autant de plaisir à parler de ce livre, c’est qu’il y a un affect tout à fait particulier entre lui et le faquin que je suis. C’est en effet le premier livre que j’ai lu en arrivant sur Lyon, premier livre lu après un nouveau départ quasiment à zéro, premier socle sur lequel construire quelque chose de nouveau, ma première vente délirante à un papy qui n’entendait rien aux littératures de l’imaginaire mais qui voulait s’y mettre et qui, malgré ça, est revenu m’acheter l’intégrale de La Compagnie Noire, mon premier bukkake littéraire. Bref, ce livre est particulier pour moi et c’est pour ça que j’ai souhaité vous en faire part sans en parler. Pour vous transmettre cette curiosité et ce côté loufoque.

Et puis, comme vous le savez, c’est le lot du concours lié à l’événement Août – Nouvelles Coûte que Coûte. Alors si malgré tout cela le livre venait à ne pas vous plaire, étant le libraire / blogueur qui vous l’a conseillé, et même celui qui vous offrira le livre si vous participez au concours et que vous êtes tiré au sort par l’heureuse Sainte Patoune, vous aurez bien sûr le droit, comme dit dans le service après vente, de venir me gifler irl afin de respecter la tradition et de faire vivre la culture littéraire. J’espère au moins que vous aurez trouvé ici le courage et la curiosité pour vous y plonger. Et à mardi pour les résultats du concours et le programme de la suite !

En fait, Julien Campredon est un vilain faquin malici… Ho wait!

Vil Faquin.

A lire : Interview de Julien Campredon.

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14 commentaires

  1. Pas encore lu le bouquin (c’est au programme cependant), mais chapeau pour cette critique… ce billet est déjà un ptit bonheur à lire, à lui tout seul !

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