Uchronie

Y F’rait Beau Voir – 1984 (Nineteen Eighty-Four)

1984 (Nineteen Eighty-Four)

George Orwell

A lire sur ça.

Il y a quelques années, quand j’étais au collège, j’avais une prof d’histoire, Mademoiselle Barbier, qui confortait, encore et encore, cours après cours, ma passion pour l’histoire. Mais elle me glissait de temps à autre des petites références à des bouquins à lire. J’avais déjà dévoré tout (littéralement) Tolkien mais j’ai encore découvert, par le truchement d’une tante aussi, Le Royaume de Tobin de Lynn FellewingLes Aventuriers de la mer et L’Assassin Royal de Robin Hobb, et plein d’autres…

Mais j’avais aussi, et j’en parlais dans l’article sur Le Feu de Barbusse, la chance d’avoir une prof de français merveilleuse, Madame Dupâquier, qui m’avait fait étudier en classe Dino Buzzati, un peu d’Arthur C. Clarke et de Heinlein et surtout George Orwell.

Pour coller au programme d’histoire sur la deuxième guerre mondiale, on s’était tapé une masse d’uchronies et de dystopies comme Pauvre petit garçon ! (dans Le K) de Buzzati ou encore La Ferme des Animaux d’Orwell. Et elles voyaient bien que j’adorais, les bougresses.

Et c’est pourquoi elles sont venues m’annoncer, un jour, qu’il fallait que je lise un certain bouquin, qui sonnait comme une année de quand je n’étais pas né. Paraissait même que ça me plairait. Et paf, le meilleur livre de tous les temps.

Si je m’y attendais.

“If you want a picture of the future, imagine a boot stamping on a human face—for ever.”

“If you want a picture of the future, imagine a boot stamping on a human face—for ever.”

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Y f’rait beau voir – Le Roi d’Août

Le Roi d’Août

Michel Pagel

Il est de ces romans que vous connaissez depuis des temps qui vous semblent si immémoriaux que vous n’osez plus vous y replonger, de crainte que la magie première, celle qui définit alors à vos yeux païens les doux contours des sentiers rares que vous empruntez depuis, ne s’estompe et que le voile de gaze ne se déchire au gré d’un dernier vent sacré.

Il est de ces passions oubliées que vous nourrissez depuis un âge où vous ne saviez pas encore qui vous étiez et qui pourtant, encore des années après, maintenant que vous vous connaissez et vous êtes laissés naître à votre cosmos, persistent en vous comme autant de petites voix de farfadets qui vous enjoignent à ne rien jeter des lueurs d’antan.

Il est de ces auteurs que vous avez découverts incultes mais neufs comme le froment fraîchement planté d’octobre, et donc disposés à profiter dans les meilleurs conditions de l’étonnante fresque qu’ils tentent de dessiner devant vos yeux éteints.

Il est des royaumes enfuis que de tout temps vous avez cherché à atteindre, espérant y trouver les secrets enfouis d’un monde que vous ne comprenez pas.

Il est Le Roi d’Août. Il est Michel Pagel.

Le Roi d'Août est Philippe II Auguste de France. Et si vous voulez en savoir plus, la monographie que lui a consacré Gérard Sivéry est plutôt excellente.

Le Roi d’Août est Philippe II Auguste de France. Et si vous voulez en savoir plus, la monographie que lui a consacré Gérard Sivéry est plutôt excellente.

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Le Maître du Haut Château

Le Maître du Haut Château (The Man In The High Castle)

Philip K. Dick

Philip K. Dick, c’est un monstre. Un monstre qui manquait à ma culture. Enfin, j’avais lu des trucs sur lui, des analyses des nombreux films et remake tirés de ses oeuvres, de ses univers imaginaires si particuliers et complets. Mais j’avais pas lu. Alors j’me suis pointé à ma librairie, j’ai pris 4 ou 5 volumes qui me paraissaient intéressants et je suis rentré à ma maison.

Parmi ceux là, entre les Blade Runner / Les Androïdes Rêvent-ils de Moutons Electriques et les Total Recall / Souvenirs à Vendre en passant par les Minority Report, je n’ai pas pris trop de risque. Il me reste le vieux Dr. Bloodmoney de mon père aussi. Bref, des classiques de l’uchronie, et pas des moindres.

D’un certain côté, je ne souhaitais pas découvrir un tel auteur à un moment non propice. Et puis il y a eu ce pilote, en janvier, de la mini-série The Man in the High Castle. Alors, bon, il était temps. Et puis la nouvelle traduction me tendait ses deux petits bras tous mignons en me disant, à travers la moustache d’un fuhrer aquilin : « mais prends moi grand fou ! Vas-y prends moi là, dans le rayon. »

Incapable de résister aux avances d’un dos si blanc, j’ai donc cédé.

Je déroge à l'habitude de faire figurer une photographie de l'ouvrage pour vous faire découvrir l'écran titre de la mini-série, qui a le mérite d'être efficace à bien des titres.

Je déroge à l’habitude de faire figurer une photographie de l’ouvrage pour vous faire découvrir l’écran titre de la mini-série, qui a le mérite d’être efficace à bien des titres.

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