Roman Engagé

Le Mercenaire (Mercenary)

Le Mercenaire (Mercenary)

Mack Reynolds

ENCORE UNE FOIS ON CON-enflure de capslock-tinue avec les chroniques de l’event « Août – Nouvelles coûte que coûte !« , une fois de plus chez Le Passager Clandestin à la collec’ Dyschroniques.

Cette fois-ci,  on s’attaque au Mercenaire de Mack Reynolds, une nouvelle de 1962 absolument fantastique qui aurait aussi bien pu être écrite il y a une semaine, et qui a trouvé son prolongement dans Mercenary from Tomorrow, un full-lengh novel directement inspiré de la nouvelle et qui a connu un succès certain outre Atlantique.

Pour le dire très clairement, c’est LA nouvelle de la collection. Enfin de mon point de vue au moins. Comme toujours dans la SF et dans l’anticipation, je recherche du discours social, du concret, pas forcément de la grosse dénonciation inutile qui tache, mais au moins des thématiques sérieuses, traitées convenablement (pour des nouvelles) et qui apportent un aperçu des profondeurs des questions abordées… Pour permettre d’approfondir par la suite. Et… par Odin, Créateur de toute chose, ce que cette nouvelle est géniale !

Je ne sais plus si j'avais mentionné le fait que cette collection était vraiment une collection de poche.

Je ne sais plus si j’avais mentionné le fait que cette collection était vraiment une collection de poche.

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Un logique nommé Joe

Un Logique Nommé Joe

Murray Leinster

Nous avons inauguré mardi dernier le mois d’août et l’événement Août – Nouvelles coûte que coûte ! avec Vilaines Romances de la Clef d’Argent et écrit par les dérangés Mouret et Sorre. Lançons dès à présent une autre série au sein de cet événement : les nouvelles de science fiction des éditions Le Passager Clandestin, collection Dyschroniques.

Contrairement à l’habitude prise dans les billets de ce blog, nous allons peu parler de l’ouvrage choisi mais, au contraire, pour ce premier billet concernant une publication de cette collection, bien plus de l’éditeur, de sa démarche et de la collection ainsi que les buts recherchés. J’ai donc choisi le plus court texte de la collection, qui a aussi l’avantage d’avoir été le premier publié (1946) : il s’agit d’Un logique nommé Joe de Murray Leinster.

Mais avant ça, causons politique éditoriale et engagement.

Trilogie Gazaouite : chez Indigènes, Points et au Passager Clandestin, l'engagement touche aux mêmes valeurs. Avec des cailloux pour meubler.

Trilogie Gazaouite : chez Indigènes, Points et au Passager Clandestin, l’engagement touche aux mêmes valeurs. Avec des cailloux pour meubler.

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Farlander (Farlander)

Farlander (Farlander)

Col Buchanan

 

(attention, j’ai un peu craqué mon slip sur les liens hypertextes dans cet article, il se peut donc que certains renferment des surprises)

Jean-Philippe Jaworski, grand s’il en est, écrivait dans Jouer avec l’histoire (chronique ici) pour l’Atelier du jeu de rôle : « […] Le roman médiéval, en s’intéressant aux conquêtes d’Alexandre le Grand, à la geste de Guillaume d’Orange ou aux aventures des chevaliers Arthuriens [et, Vil Faquin que je suis, étant issu d’une formation en histoire médiévale et notamment sur Chrétien de Troyes et les romans arthuriens, je ne peux qu’approuver, avec un sourire à la fois satisfait et provocateur, ce qui va suivre], projetait souvent sa propre réalité dans le récit, et invitait à réfléchir autant sur l’époque contemporaine de l’écriture qu’à se divertir des merveilleuses aventures du passé. Cette dimension réflexive est plus que jamais reconnue (et recherchée) dans le roman actuel. » Il donne en exemple ce « second XVIème siècle » qui « nous déroute tant [par] sa complexité, sa violence, ses contradictions, son fanatisme même qui peuvent nous renvoyer par bien des aspects à notre propre époque. Le conflit entre tradition et modernité, la tension entre un Etat central et la fragmentation de la société, le communautarisme et ses dérives, la problématique de la cohabitation des religions, l’apparition même du concept de tolérance sont des questions clefs du second XVIème  siècle ; ce sont aussi des questions clefs pour notre époque. »

Si j’ai choisi Jaworski pour illustrer mon propos, et pas un brillant Duby ou un ventripotent (et regretté) Le Goff, c’est pour plusieurs raisons : je pense traiter plus tard de Jouer avec l’Histoire, Jaworski s’inscrit dans la ligne de publication de la Faquinade et sa qualité de professeur de lettres mêlés à son admirable travail de recherche sur la civilisation celte sur Même pas mort (sans parler de Gagner la Guerre ou du jeu de rôle Te Deum pour un massacre à propos duquel est écrite la citation que vous avez pu lire ci-dessus) lui donnent toute légitimité pour en discuter). De plus, une dernière raison et pas des moindres, c’est que ceci représente un aspect du roman de fantasy trop souvent mis au placard : la prise de parti, la défense d’un idéal, l’argumentation sociale sous le couvert de la description d’un univers alternatif. Ce dernier point a été trop souvent, et trop longtemps, l’apanage de la science-fiction : les Orwell, les Huxley, les Clarke, les Dick et consorts en sont autant d’exemples et, même si le fabuleux John Ronald Reuel Tolkien a probablement écrit sa trilogie de l’Anneau comme allégorie et mise en garde de la WWII, la fantasy s’est trop souvent écartée de cet aspect fondamental de la littérature (Zola, Hugo, Verne, Montesquieu, Camus… ou BHL ? Non ! Partez pas ! J’déconne), survolant souvent cet aspect des choses, et contribuant potentiellement (et peut-être d’ailleurs n’est-ce ici qu’un fantasme de mon esprit malade, mais j’ai tendance à noircir le tableau) à la catégorisation en ‘sous-littérature’ qui a longtemps collé à cet univers que j’affectionne tout particulièrement.

Bref, vous l’aurez compris, avec le monsieur nord-irlandais, on va ouvrir bien grand notre gueule.

Je ne sais pas ce qu'est cette plaque en fer juste à côté, vraiment.

Je ne sais pas ce qu’est cette plaque en fer juste à côté, vraiment.

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