poésie

Y F’rait Beau Voir / Les Aventures de Tom Bombadil

Les Aventures de Tom Bombadil (The Adventures of Tim Bombadil)

J. R. R. Tolkien

John Ronald Reuel Tolkien a déjà tant et tant été débattu sur le net multimodal. Que vous alliez sur Tolkiendil ou Elbakin et vous trouverez des dizaines de plumes toute plus au faîte du linguiste d’Oxford que votre serviteur. Ceci explique en partie le fait que je n’aborde que très peu le Eru Iluvatar de la fantasy.

Rajoutez à cela une chiée, chaque année, de nouveautés à prendre en compte, et vous vous retrouvez à devoir faire des priorités dans vos papiers. Et, même à deux articles par semaine, vous vous rendez-compte que, tout important qu’il fut pour vous, le professeur anglais doit céder sa place.

C’est pour ce genre de cas que j’ai monté ce format des Y F’rait Beau Voir qui, après 18 mois, semble avoir fait ses preuves et conquis un bon lectorat. Tant mieux ! Alors, après Le Silmarillion et Roverandom, nous revoilà à nous intéresser à cet écrivain formidable, clef de voûte d’univers littéraires modernes quasi inenvisageables sans ses travaux préliminaires.

Et comme cela fait longtemps que je ne vous ai pas parlé de poésie et que, quitte à parler de Tolkien, autant prendre un ouvrage différent de ce qu’on lit partout, aujourd’hui on va parler du plus grand mystère des Terres du Milieu : Tom Bombadil.

Les couvertures de John Howe rendent n'importe quelle édition poche aussi sexy qu'un grand format. Même si l'illustration des Aventures de Tom Bombadil est issue du Hobbit.

Les couvertures de John Howe rendent n’importe quelle édition poche aussi sexy qu’un grand format. Même si l’illustration des Aventures de Tom Bombadil est issue du Hobbit.

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Le Panama ou les Aventures de mes sept oncles

Le Panama ou les Aventures de mes sept oncles

Blaise Cendrars

Vous savez l’affection que le porte à un certain courant de la littérature de guerre : le courant anti-guerre, justement. Je dis littérature de guerre car, dans la lignée des Jaurès, cette littérature aurait eu bien des difficultés à exister si ce n’était de l’abomination de la guerre. Génération spontanée d’écrivains qui se définit en réaction aux horreurs de la guerre, issus de différents pays, de différentes cultures, mais tous d’accord. C’est la génération des Henri Barbusse, des Ernest Hemingway (voir L’Adieu aux armes) et des Blaise Cendrars.

Vous savez également que j’ai une affection toute particulière pour Cendrars, dont j’avais déjà évoqué son merveilleux poème épique L’Or – paraphrasé ici -, que j’avais pu lire étant plus jeune sans jamais avoir eu l’occasion d’approfondir. Alors, un beau jour de janvier, alors que j’avais dans les poches une partie des étrennes des fêtes de fin d’année, et que je passais par une bonne librairie de mon voisinage, La Voix au Chapitre – dont le patron a eu récemment sur France 3 quelques très justes et optimistes mots sur le marché du livre -, je trouvais dans le rayon poésie une magnifique édition d’un texte que j’avais possédé de façon parcellaire plus jeune.

Et vous savez – oui, je manque d’originalité dans ma paragraphie – que j’aime les belles éditions. D’autant que celle-ci est particulière. Alors, pouf pouf, comme dirait Desproges, voilà-t-y que voilà-pas : Le Panama ou les aventures de mes sept oncles.

L'Or. Un mot pour décrire tout ce qu' a pu écrire Cendrars. De l'or brut. De Panama.

L’Or. Un mot pour décrire tout ce qu’ a pu écrire Cendrars. De l’or brut. De Panama.

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Edito 10.15 / Julien Delorme

De deux cathédrales qui se font face

(ou des rapprochements entre littératures de l’imaginaire et poésie)

Les dieux ont salué ta silhouette,
Là-haut sur le rempart
Statue chantée dans la nuit

Les dieux ont applaudi
A ton retour prochain parmi les arbres
Les plaintes du vent et les brumes tièdes
Sur les collines

La saison de chair meurtrie est passée
Tu regardes le pied de la muraille

La troupe guerrière s’est retirée de l’automne
Elle glisse vers l’infini de l’horizon

Gabriel Rebourcet, Le Chanteur de Mantoue

« Tas d’cons, se dit l’ange; comme si on pouvait limiter le champ de la littérature »

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La Confrérie des Chasseurs de Livres

La Confrérie des Chasseurs de Livres

Raphaël Jérusalmy

Autant le dire tout de suite, je ne saurais parler de cet ouvrage sans en spoiler le contenu et l’intrigue. Même si ce n’est pas au final ce pourquoi ce livre restera dans vos mémoires – son intérêt tient en effet majoritairement dans d’autres éléments de sa géniale conception – vous êtes pour le moins prévenus.

« Diplômé de l’École normale supérieure et de la Sorbonne, Raphaël Jerusalmy a fait carrière au sein des services de renseignements militaires israéliens avant de mener des actions à caractère humanitaire et éducatif. Il est aujourd’hui marchand de livres anciens à Tel-Aviv. En 2012, Actes Sud a publié son premier roman, Sauver Mozart (prix de l’ENS Cachan), déjà en cours de traduction en anglais (Royaume-Uni, États-Unis, Australie et Nouvelle-Zélande), en italien et en hébreu. Récemment : La Confrérie des chasseurs de livres (2013). » Voilà ce qu’on peut lire sur le site des éditions Actes Sud concernant l’auteur de l’ouvrage dont nous allons discuter aujourd’hui.

On a donc un écrivain avec un nom biblique, qu’on imagine avoir travaillé avec le Mossad et vivant Tel-Aviv. Si l’on rajoute à ça un contexte historique de contestation religieuse et de radicalisations en tout genre, comme ce fut le cas dans ce second XVème siècle, la récupération teintée d’idéologie d’un personnage historique sublime et controversé ainsi que l’omniprésence de la question juive, en bons fanboys de l’OSS – notamment du 117 cela va sans dire – vous avez des tonnes de répliques qui vous viennent aussitôt en tête. Pour ma part je citerai Woody Allen – du moins sa marionnette aux Guignols de l’info : « Le complot juif international, c’est nous ! » Et vous voulez savoir le pire dans notre histoire ? C’est que c’est vrai et que ça marche.

Alors avec une introduction comme ça, je vois déjà venir une armée coalisée du MRAP et de SOS Racisme menés par un Harlem Désir exalté et au visage dur – cmb – donnant l’assaut de mon modeste perchoir. Remarquez, rien que pour ça, j’hésite à m’expliquer ; ça aurait une sacrée gueule en une de Libé demain matin. Bref. Bref, bref… Ne vous inquiétez pas, je vais expliquer pourquoi, me justifier et expier mes dires sur les trois livres saints. Mais tout ça, ce sera quand j’aurai fini ma bière.

Gninhin... Je suis sournois... Tout plein.

Gninhin… Je suis sournois… Tout plein.

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