Mélanie Fazi

Interview de Mélanie Fazi / 6.2.16

Interview de Mélanie Fazi.

A lire : édito de Mélanie Fazi sur l’interview, justement.

Présentation

Bonjour, t’es qui ? À force de jongler avec les casquettes, j’ai de plus en plus de mal à répondre à cette question. Quand on me demande ce que je fais dans la vie, je réponds généralement traductrice puisque c’est ce qui paie les factures. Dans d’autres contextes, les gens me connaissent plutôt comme auteur de nouvelles fantastiques, et dans d’autres encore, comme chroniqueuse musicale pour le webzine Le Cargo. Pour mon chat, je suis le grand truc sans poils qui remplit le bol de croquettes et refuse toujours de jouer à 3h du matin. Pour ma petite nièce, je suis la personne qui montre ses tatouages et qui fait l’andouille en imitant les ours de Boucle d’Or. Il m’est aussi arrivé d’être l’auteur d’un édito sur ce blog où j’expliquais pourquoi cette question est en réalité affreusement compliquée. En bref, tout ça est éminemment relatif.

Ca va ? J’veux dire la vie, la famille ? Ça dépend (ça dépasse).

Et sinon, tu as un vrai métier ? Tout dépend si l’on considère que traductrice en est un. Quelqu’un qui bosse chez soi sans horaires imposés, c’est forcément un peu louche.

Entre rituel et routine.

Entre rituel et routine.

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Edito 2.16 / Mélanie Fazi

Il était une fois… l’interview

[ou une réflexion sur une pratique trop banalisée]

Tout est parti d’une constatation, dans un contexte particulier où, n’étant pas au mieux de ma forme, les tâches les plus simples semblaient me demander un surplus d’énergie. S’y ajoutait l’étape symbolique et déroutante de mes quinze ans d’édition, associée à des impressions contradictoires (« C’était hier »/« C’était il y a longtemps »). Toujours est-il qu’il m’a semblé franchir une étape dans l’exercice de l’interview ; un moment où, soudain, certaines questions récurrentes m’ont semblé perdre de leur sens, au point que je ne savais plus très bien ce que j’étais censée répondre, ni si les mots que je répétais depuis tout ce temps correspondaient encore à ma pensée. La conscience même du nombre de fois où j’y avais répondu (et y répondrais encore) devenait vertigineuse. Une expérience de déréalisation assez étrange, née de l’impression d’un cycle sans cesse répété alors même que je percevais le passage du temps avec une netteté accrue.

Une fois sortie de cette mauvaise passe, la perplexité et la réflexion associée sont restées. C’est là que j’ai commencé à poser cette question à d’autres écrivains ou artistes, puis sur Facebook où elle a donné lieu à des échanges intéressants : « Quelle est la question que vous détestez le plus en interview ? » Celle qui n’a pour vous aucun sens, celle dont vous vous êtes lassé, ou à laquelle vous n’avez jamais aimé répondre ? Le but n’était évidemment pas de jouer les blasés en ronchonnant sur le dos des journalistes, ni de décourager les aspirants intervieweurs ; encore moins de prétendre que l’exercice en soi serait pénible – au contraire, j’ai toujours adoré ça. Mais au fil du temps, la récurrence de certaines questions m’interpelle, et savoir s’il en allait de même pour d’autres m’intéressait. Le sujet me passionne à trois titres : en tant qu’auteur et traductrice parfois interviewée, en tant que chroniqueuse qui soumet des musiciens à la question pour le webzine Le Cargo, et en tant que fan/lectrice/auditrice qui adore explorer l’univers de ses artistes préférés. Et cette interrogation, qui semble faire écho chez certains de mes collègues, ne me paraît pas avoir été souvent abordée.

Ou comment ne plus savoir ni quoi ni comment, mais apprendre à comprendre.

Ou comment ne plus savoir ni quoi ni comment, mais apprendre à comprendre.

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Notre-Dame-aux-Ecailles

Notre-Dame-aux-Écailles

Mélanie Fazi

A lire en écoutant ça.

Il y a à peine un mois, je découvrais Mélanie Fazi au travers de son premier recueil de nouvelles, publié en 2004, Serpentine. En fin d’article, je m’étonnais :

Mais pourquoi ? Pourquoi j’ai attendu si longtemps avant de découvrir cette auteure dans le texte ? Quelque chose me dit que je ne suis pas le premier à me prendre un KO en 25 pages.
Toujours est-il que c’est chose faite et que, désormais, je puis vous assurer que vous allez revoir l’auteure incessamment sous peu sur les flux multimodaux de la Faquinade.

Alors, considérez bien, habiles lecteurs, que cet « incessamment sous peu« , c’est maintenant. Et, tout comme l’article sur Serpentine avait lancé en fanfare le mois de la nouvelle – Août, c’est nouvelles coûte que coûte ! -, je compte bien sur Notre-Dame-aux-Écailles pour lancer un tout nouveau mois à thème !

En effet, A Tire d’Elles est un événement qui aura lieu régulièrement sur La Faquinade avec pour but de mettre un coup de projecteurs sur les auteures des littératures de l’imaginaire, notamment françaises (mais on ne se refusera rien). Et quoi de mieux, dans ce cas, pour lancer les rotatives, que de débuter avec celle qui, sur une thématique précédente, vient de réaliser le plus grand nombre de consultations depuis le Prix Exégète ?

Je vous le demande bien.

Des yeux de beauté perdue qui vous percent les sangs. Parfait pour Notre-Dame.

Des yeux de beauté perdue qui vous percent les sangs. Parfait pour Notre-Dame.

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Serpentine

Serpentine

Mélanie Fazi

Cela fait des semaines, que dis-je, des mois que je me dis qu’il faudrait que je lise du Mélanie Fazi, tout autant de temps que mes amis, camarades et collègues amateurs de littératures de l’imaginaire me tannent pour que j’en dise quelque chose, ou au moins que je m’envoie un de ses ouvrages. Et… vous savez ce que c’est, hein ? Le temps qui passe, les nouveautés qui arrivent, tout le tintouin, on se dit qu’on le lira juste après le bouquin vachement bien qu’on est en train de lire. Et ça, c’était pour La Route, à l’époque.

Alors, quand aux Oniriques de Meyzieux, en mars dernier, j’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteure, je me suis retrouvé hyper boosté à l’idée d’entamer Serpentine, après une conversation tatouage. Et puis… vous savez ce que c’est, hein ? Le temps qui passe, les nouveautés qui arrivent, tout le tintouin, on se dit qu’on le lira juste après le bouquin vachement bien qu’on est en train de lire. Et ça, c’était pour Le Maître du Haut château, à l’époque.

Alors, quand sur Twitter il y a quelques semaines, l’équipe de community management de Bragelonne m’a fait gagner le grand format de son Jardin des Silences, je me suis senti un peu idiot d’avoir attendu tout ce temps en étant persuadé que j’allais lire du Mélanie Fazi juste après le bouquin en cours. Et puis… vous savez ce que c’est, hein ? Le temps qui passe, les nouveautés qui arrivent, tout le tintouin, on se dit qu’on le lira juste après le bouquin vachement bien qu’on est en train de lire. Et ça, c’était pour Star Ouest, à l’époque.

Alors, quand j’ai commencé Serpentine, clairement, je ne pensais pas que j’aurais besoin de tant de temps pour le savourer. Alors j’ai lu Le Programmeur de Mémoire et La Montagne Sans Nom pour faire des pauses et ne pas me gâcher le plaisir. Et puis… vous savez ce que c’est, hein ? Août – Nouvelles Coûte que Coûte et tout le tintouin, à un moment donné faut se résoudre à le terminer.

Une couverture parlante pour un recueil qui n'épargnera aucun des pores de votre peau.

Une couverture parlante pour un recueil qui n’épargnera aucun des pores de votre peau.

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