Jack London

Nam-Bok

Nam-Bok (d’après la nouvelle de Jack London)

Thierry Martin

Il faut bien le dire, je n’avais aucune idée d’avec quoi commencer cette nouvelle rubrique de la Faquinade. Ce n’est pas évident de franchir un nouveau pas et de prendre un tel risque à quelques jours d’un autre événement majeur dans la vie de La Faquinade, à savoir le Colloque du Héros. Mais il faut parfois savoir prendre une grande respiration puis faire le vide, pour prendre la décision la plus adaptée.

Et, la décision la plus adaptée, c’était bien de rebondir sur l’un des auteurs sur lequel je suis revenu une paire de fois, même si je n’ai jamais trop présenté de ses oeuvres. Mais son écriture et la conscience populaire qu’on peut avoir de celle-ci ont tant traversé les âges qu’on ne peut que se réjouir de voir fleurir des adaptations de ses travaux.

Il s’agit, vous l’aurez de toute façon remarqué, de Jack London, le grand poète du Nord et de l’aventure humaine, que je n’ai jamais, à proprement parler, chroniqué ici. Tout juste paraphrasé dans deux Carnets (L’orLe Fils du Loup). Et, une fois encore, comme Les Chants de la Terre lointaine d’Arthur C. Clarke proposé il y a quinze jours, ce texte nous sera utile dans notre questionnement actuel de société.

London et le Nord, c’est aussi une histoire de bêtes, et de bateaux.

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Carnets de Faquin – Le Fils du Loup

Le Fils du Loup (The Son of the Wolf)
Je courais seul le long de coteaux interdits. Rien ne m'atteignait que le vent et parfois quelques moucherons malheureux. La piste est fraîche et je la suivais volontiers, sans peiner. Les pas se succédaient les uns aux autres, par-dessus le vaste monde de ceux d'en-bas ; ceux qui vivent dans le confort toxique de maisonnées chaudes. Et je dis toxique parce que ce confort me manque. Là où je vais, si ma pelle ne casse pas, tout au plus pourrai-je espérer creuser un trou dans lequel me blottir à la nuit.
Les infinités muettes du Grand Nord m'attiraient mais ce n'était pas dans ces hauteurs que je m'attendais à trouver ce que nous étions si nombreux à être venus chercher. Il faudrait que je rampe dans l'ocre passé de grottes oubliées et que je sinue dans le lit de torrents déchaînés.
Ce à quoi je pense,... eh bien voilà que ce n'est rien de construit. Je vois, je pense. Je ne réfléchis plus depuis longtemps. Je me suis pris les pieds dans une folie glacée dont je ne peux m'extraire. 

Sur les hauteurs du refuge de la Pierre à Bérard, à l'Est, Alpes françaises.

Sur les hauteurs du refuge de la Pierre à Bérard, à l’Est, Alpes françaises.

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