David Gemmell

Y F’rait beau voir – Le Lion de Macédoine

Le Lion de Macédoine (Lion of Macedon)

David Gemmell

J’étais revenu en tout début d’année sur les premières amoures de La Faquinade. Le premier juillet 2014 sortait le premier article de ce qui n’était alors qu’une simple occupation oisive. Et déjà, c’était David Gemmell qui lançait la machine, avec son Dark Moon chez Milady.

L’ouvrage, bien que passable comparé à l’oeuvre de l’auteur, inaugurait le goût de La Faquinade pour les explorations d’univers fouillés, les plongées dans les cohérences internes et l’incroyable style anglo-saxon qui a tant et tant hanté ses nuits depuis.

Le cinq janvier dernier, donc, je revenais le coeur gros d’avoir laissé trop de temps couler depuis ce premier article, sur l’auteur britannique et m’attelais à lire et comprendre L’Echo du Grand Chant, merveilleuse fresque de la fin d’un temps et témoin indiscutable de la passation de pouvoir de l’histoire à la légende. De la fondation des mythes.

Plus que jamais depuis, j’ai ressenti le besoin de me replonger dans l’un des livres qui m’a fait basculer dans le côté obscur des littératures de l’imaginaire – celui avec des cookies, des peaux de bêtes et des vaisseaux de l’espace – lorsque j’étais encore au lycée. Et ce bouquin, c’est Le Lion de Macédoine.

Le glabre faciès de l'homme de poussière qui ne laisse pas de Thrace.

Le glabre faciès de l’homme de poussière qui ne laisse pas de Thrace. Sinon vous pouvez lire ça.

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L’Echo du Grand Chant

L’Echo du Grand Chant (Echoes of the Great Song)

David Gemmell

On va commencer par clairement poser les choses. Après tout, c’est à cela que sert une introduction, non ? Il y a désormais plus d’un an et demi, quand j’ai lancé ce site, un de mes premiers articles fut l’un des ouvrages du Sieur Gemmell. J’ai nommé Dark Moon.

J’y disais, en gros, plein de chose sur le fait que Gemmell c’était sympa mais que bon, globalement, il laissait une trace d’inassouvi sur l’arrière du palais. Un peu comme une amie que j’ai bien connue. N’allez pas vous imaginer quoi que ce soit. Elle aimait la cannelle et moi la cannelle, ça me fait gerber. Alors du coup, comprenez l’agression palatine que je ressentais alors.

Bref tout ça pour dire qu’il y a quelque jours, à la librairie, j’arrivais pour prendre mon poste et un collègue, voyant dans ma main L’Echo du Grand Chant me fit, à peu près en ces termes : « Aaaah mais tu lis du Gemmell ? J’ai bien aimé son bouquin ! » Surpris, je lui répondis : « Son bouquin ? Lequel ? » Suite à quoi il me laissa coi en lançant : « Je crois avoir tout lu, mais à part les noms des personnages ils sont à peu près tous pareils…« 

Et ce n’est pas avec Dark Moon que j’aurais pu le contredire. Mais bon, vous tombez bien, habiles lecteurs, nous voilà avec L’Echo du Grand Chant.

Il est beau. Il est haut. Non, pas le château, mais le chant de Gemmell !

Il est beau. Il est haut. Non, pas le château, mais le chant de Gemmell !

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Dark Moon (Dark Moon)

Dark Moon (Dark Moon)

David Gemmell

 

Mort trop tôt pour certains, au sommet de son art pour d’autres, un génie pour d’aucuns, qui déplait parfois, fascine souvent, David Gemmell a été et restera l’un des auteurs de l’âge doré de la nouvelle vague de la fantasy. Ce qui est sûr, c’est que cet auteur prolixe a toujours été lu assidûment depuis Légendes, son premier roman en 1984, et continuera de l’être encore pendant longtemps. Il ne se passe jamais une semaine à la librairie sans qu’une bonne demie douzaine de lecteurs s’arrêtent dans le rayon où il trône anonymement parmi ses pairs, et feuillettent les pages de l’un de ses ouvrages, dans les nombreuses éditions (grand format, poche, hardcover, deluxe, limitée…) offertes désormais par les maisons d’éditions – Bragelonne notamment. Gemmell se vend, Gemmell se lit, Gemmell se ressent.

Après cette entrée en matière, digne d’une de ces élégies contemplatives dont le XIXème siècle avait le secret, je ne peux qu’à moitié cacher ma honte. Amateur de littératures de l’imaginaire, je n’ai quasiment rien lu de lui. Et ce n’est pas faute de ne pas avoir eu l’occasion, ou le temps. J’ai découvert le monsieur il y a déjà… onze ans et depuis… hé bien je n’ai pas voulu relire un Gemmell. Pourquoi ? Peut-être simplement parce que cette expérience de lecture m’a énormément marquée. Je m’étais effectivement frotté à l’époque au Lion de Macédoine, dans l’édition poche qu’en fit Folio SF en 2002 (L’enfant maudit, La mort des Nations, Le prince noir et L’esprit du chaos) et j’avais été soufflé par la virtuosité de l’écriture, la facilité avec laquelle se mêlent en une même trame réalité historique et justifications fantastiques.

Le livre-objet

Et pourtant quand Milady – filiale de Bragelonne – a réédité une partie du catalogue du monsieur en poche début 2014, je me suis dit : « Ecoute Vil, tu as aimé Gemmell, il serait bête d’à nouveau passer à côté de l’occasion d’en lire plus, encore un peu plus, toujours un peu plus ! » et j’ai jeté mon dévolu sur un roman one shot que certains rapprocheront volontiers du Cycle Drenaï, que je n’ai donc pas lu.

Je me permets de passer quelques instants sur l’objet-livre que j’ai eu entre les mains pendant les quelques jours de lecture. L’édition en question est donc celle-ci : Dark Moon, Milady, février 2014 sur une traduction de Karim Chergui. Un mot d’abord sur la traduction qui, si je n’ai rien à reprocher à l’homme vu la place qu’occupent ses traductions dans mes lectures (de Scott Lynch à Gemmell, entre autres) il ne livre pas là son meilleur travail. N’ayant aucune difficulté avec l’anglais, j’aime néanmoins à lire en français, probablement un trait de ma faquinerie, on ne se l’explique pas. J’ai cependant jeté un œil à la première édition anglaise du bousin et diantre ! certains passages perdent de leur saveur et auraient mérité une traduction mieux adaptée ou mieux ajustée. Enfin, comme je le disais un peu au-dessus, cela arrive et Chergui est impeccable sur Lynch, alors on lui passera aisément.

Ce qu’on ne passera pas – non je vous interdis de le passer ! ho ! – c’est l’édition. Autant Bragelonne nous a habitué, depuis le temps, à ses éditions soignées, souvent abordables d’un point de vue financier, mais aux reliures souvent trop fragiles (je me souviens avec peine de ce grand format de La Marque, le tome premier de la trilogie de Kushiel de Jacqueline Carey et de mes chapitres entiers reclassés au trombone après la seconde lecture) et aux quatrièmes de couverture à la conviction douteuse (notamment celui de la même Marque au format poche qui est effrayant de fadeur), autant Milady déçoit rarement en termes d’éditions format poche bâclées. Dans le cas présent on a pour 8.20€ un ouvrage des plus corrects. A priori. Parce qu’il faut bien admettre qu’à la lecture on est loin du niveau que l’on serait en droit d’attendre pour une édition à ce prix. Folio SF fait moins cher et plus pro, pour le coup. Déjà, les pages qui ne sont pas imprimées droites. Cela pourrait être une erreur ponctuelle d’un ouvrage particulier mais c’est au contraire un caractère récurrent des publications fantasy et sf de chez Milady (on en reparlera avec Terre : planète impériale d’Arthur C. Clarke).

Tu la vois ma belle lune noire ? Hein tu la vois ?

Tu la vois ma belle lune noire ? Hein tu la vois ?

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