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Edito 3.16 / Mathieu Rivero

Réécrire un mythe et réécrire Harry Potter, quelle différence ?

[ou une réflexion sur cette tendance mal-aimée qu’est la fanfiction]

Quand le Faquin m’a proposé cette tribune, je me suis demandé sur quoi j’allais écrire. En tant qu’auteur, plein de choses me passionnent, tant sur les aspects techniques du métier que sur ses côtés politiques. Mais j’aurais l’impression de donner des leçons, d’être un peu dogmatique. Du coup, je vais vous parler de tout autre chose aujourd’hui.

Il est une question qu’on ne m’a jamais posée. Jamais.

Or et Nuit, le roman que j’ai publié l’an dernier chez les Moutons Électriques, parle de Shéhérazade une fois qu’elle a raconté ses Mille et Une Nuits et quitté son palais pour fuir son mari et voir le vaste monde. Souvent, on me demande pourquoi Shéhérazade. Pourquoi elle. J’ai plein de réponses à fournir sur ça : elle permet d’ancrer le récit dans le conte, elle donne du liant à l’histoire, elle justifie le contexte oriental, entre autres.

Mais du coup, on ne me demande jamais ce que je pense de la fanfiction.

Ça y est, le gros mot est lâché. J’ai dit fanfiction. Oui, le truc qui a vaguement mauvaise presse sur tout l’internet.

S'emparer de l'oeuvre originale pour se l'approprier et lui rendre un hommage. Parole aux lecteurs.

S’emparer de l’oeuvre originale pour se l’approprier et lui rendre un hommage. Parole aux lecteurs.

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Mordred & L’Île Close

Mordred & L’Île Close

Justine Niogret & Lionel Davoust

Vous le savez sans doute si vous avez lu la page de présentation des Faquins, je roule ma bille sur les larges espaces libertaires – pour combien de temps encore ? – des internets multimodaux, après avoir traîné ma bosse dans des contrées plus austères mais Ô combien importantes à mes yeux. J’ai en effet étudié pendant plusieurs années les textes de Chrétien de Troyes, le premier de tous les auteurs de SFFF modernes – bon okay, y’a eu Snorri Sturluson, juste après – et donc la mise sur pied de la légende arthurienne. Et autant vous dire qu’avant le cycle du Lancelot-Graal, et les maintes reprises successives, c’était bien plus simple que toutes les ramifications qu’on peut voir aujourd’hui.

Bien sûr, la légende arthurienne est célèbre encore à l’heure actuelle car, comme tout mythe et vivier de héros – pas encapés, mais c’est tout comme -, elle a été reprise, modifiée et adaptée de multiples fois, dans tous les médias modernes, du cinéma à la littérature, en passant par la musique, la télévision et la bande dessinée européenne ou anglo-saxonne, rien ni personne n’est épargné.

Pourtant, au travers des 3.000 productions annuelles, il en est certaines qui ont le mérite de se distinguer tant par leur originalité d’approche que par leur qualité. Dès lors, il convient d’en parler et de leur faire la part belle, parce que zut, hein, après tout. Et puis bon, nous on aime bien quand y’a des trucs biens. Alors, bah pourquoi pas leur faire la part belle ? Parce que ce ne sont pas des actualités du mois ! Toi, t’as pas lu les conditions d’utilisation, au revoir.

Mordred, un ouvrage d'une dignité statuaire.

Mordred, un ouvrage d’une dignité statuaire.

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Récital pour les Hautes-Sphères

Récital pour les Hautes Sphères – Personne ne l’a jamais dit –  Tuning Jack

Lionel Davoust

Après le triste intermède du début de semaine la Faquinade reprend son rythme de publication normal et ses thèmes classiques. J’espère que, tous, vous comprenez la nécessité qui était la mienne de partager mon sentiment et ma douleur suite aux événements tragiques et impardonnables de mercredi. Mais le monde continue, la République redresse la tête et il nous incombe de continuer à poursuivre nos vies sans crainte.

Comme promis dans mes voeux de fin d’année, je vais tenter d’élargir le cercle de mes habitudes – oui, c’est parfaitement dégueulasse dans votre esprit – et cela commence aujourd’hui. En effet, je vais vous parler aujourd’hui d’œuvres dématérialisées. Je ne vais malgré tout pas parler de livre numérique. Je ne sais pas si je suis clair.

Reprenons. La dématérialisation est l’action de retirer à un contenu, quel qu’il soit, son côté matériel – sans dec’ ? – et de proposer ledit contenu de façon numérique. Donc on range les arts occultes, l’éther et la projection astrale, je vous vois venir. Simplement, certains auteurs, au rang desquels un chauve dont je vous ai déjà parlé ici, amateur d’orques et d’orcs, qui met en ligne de manière gracieuse sur son site internet certains de ses textes. Genre clique, et tu verras. Alors pourquoi ne pas en profiter, après tout hein ?

D’ailleurs, en parlant de cet auteur, je vans balancer la sauce directe. Je retire tout ce que j’ai dit de Lionel Davoust dans des articles précédents, genre ici ou encore . Tout, tout et re-tout. Je l’avais loué – pour pas cher – pour sa capacité à rendre humaine n’importe quelle situation, à instiller l’espoir dans des situations les plus inextricables et, quand il n’y avait plus d’espoir, il restait les convictions, la parole donnée et les principes profonds de l’être humain. Bref c’était beau. Si je casse le suspense direct, c’est pour faire un bon vieux cliffangher des familles – mais oui R’né ! – et vous donner l’explication seulement 800 mots plus loin. Je suis Vil.

Des couvertures et des titres. Autant La Volonté du Dragon c'est pas top moumoute, autant Récital pour les Hautes Sphères, ça envoie du bois.

Des couvertures et des titres. Autant La Volonté du Dragon c’est pas top moumoute, autant Récital pour les Hautes Sphères, ça envoie du bois.

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