Essais

Des ouvrages à propos des autres ouvrages. Et paf ! Ça fait de l’ouvrage-ception.

Le Petit Chaperon Rouge dans la tradition orale

Le Petit Chaperon Rouge dans la tradition orale

Yvonne Verdier

Vous savez, vous qui fréquentez régulièrement ces lieux, à quel point j’affectionne la forme du conte et l’importance que celle-ci revêt à mes yeux. Une importance que j’ai plusieurs fois ici essayé de mettre en avant, au travers du premier roman (chez Les Moutons Electriques) d’Estelle Faye, Porcelaine, mais aussi par deux billets Y F’rait Beau Voir consacrés à deux grands auteurs de notre temps et qui se sont eux aussi exercés au conte : Tolkien, avec son Roverandom, et Rowling, avec Les Contes de Beedle le barde.

Bon si vous ne le saviez pas, vous voilà prévenus. Alors quand, au détour d’un rayon d’une librairie spécialisée que j’affectionne, je tombe sur ce petit essai, je ne me pose pas de question. Après tout, on l’a dit à maintes reprises, qu’est-ce que le conte, si ce n’est un matériau malléable qui évolue, se déforme et s’adapte au cours du temps ? C’est bien là, dans l’oralité, que résident toutes les variantes des contes que l’on a pu connaître par l’écrit, d’abord, puis par le cinéma, ensuite.

Alors Le Petit Chaperon Rouge dans la tradition orale, pensez.

Le Chaperon, blanc ici, représenté dans de vieilles expériences photographiques du XIXème siècle, de l'époque des versions orales étudiées par l'auteure.

Le Chaperon, blanc ici, représenté dans de vieilles expériences photographiques du XIXème siècle, de l’époque des versions orales étudiées par l’auteure.

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Star Wars, un monde en expansion & De H.P. Lovecraft à J.R.R. Tolkien

Star Wars, un monde en expansion & De H.P. Lovecraft  à J.R.R. Tolkien

La Maison d’Ailleurs

La Maison d’Ailleurs est de retour. En tout cas sur la Faquinade, parce que ça fait un bail que les tomes 2 et 3 des Collections de la Maison d’Ailleurs, co-éditées avec Actu SF, sont dans les rayons des librairies. Mais le Faquin que je suis avait un peu oublié qu’il les avait dans un coin. Alors on se relance dedans, petit à petit, histoire de faire les choses bien.

Première chose, comme on avait déjà longtemps discouru sur l’édition et la forme de ces petits livres pour les deux premiers tomes de la collection – j’ai nommé Le Post-Apocalyptique et Les Super-Héros -, on ne va pas se replonger dedans. Après le bleu cyan et le rose, on a du jaune et du vert, l’intérieur est toujours aussi formidablement bien illustré et le prix est toujours attractif au vu de la qualité des ouvrages qui, s’ils sont évidemment courts (c’est le format qui veut ça après tout), ne manquent pas d’aborder des sujets parmi les plus sérieux et d’ouvrir la voie à d’autres.

Et comme à la Maison d’Ailleurs, ils sont gravement cools, leur retour après ces deux premiers tomes s’est effectué avec des gros morceaux : du Star Wars au programme et Lovecraft et Tolkien. C’est dire ! Allez c’est parti :

« Tiiiin tintintin tintintintintintin tintintintintintin tintintin tintintiiiiiiiin
TIN TIN TIN TIIIIIIN ! TIIIIIIN ! tintintintin TIN tintintintin TIN tin-tin-tin-tin !
« 

On finit par le côté nostalgie, avec la BO du film de Ralph Bakshi et le Retour du Jedi raconté par Dominique Paturel. Ouais, c'est toujours plaisant.

On commence par le côté nostalgie, avec la BO du film de Ralph Bakshi et Le Retour du Jedi raconté par Dominique Paturel. Ouais, c’est toujours plaisant.

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Kaamelott, la Quête du Savoir

Kaamelott, la quête du savoir

Nicolas Truffinet

Il y a quelques temps, au détour d’un Y F’rait Beau Voir,  je vous faisais présentation des scripts de la série télévisée Kaamelott, créée par Alexandre Astier, Alain Kappauf et Jean-Yves Robin. Peu avant je vous proposais également une analyse rapide de deux morceaux choisis de la littérature fantastico-historique française présentant sous un jour nouveau la légende arthurienne.

A cette occasion, celle lors de laquelle je vous ai présenté Mordred de Justine Niogret et L’Île Close de Lionel Davoust, donc, je vous avais présenté le lourd passé – passif ? – de la Matière de Bretagne et la difficulté de s’y distinguer d’une quelconque façon lorsque l’on est pris de l’envie – déraisonnée, certes – de s’y frotter. On avait évoqué le cinéma, la télévision, les monceaux de littérature et tout le reste. D’ailleurs, on remarquera que le magazine Histoire et Images Médiévales nous avait contacté afin que nous puissions en faire un article sur leur site internet, ce qui fut fait dans Mordred, ou l’abysse des sens.

Bref, tout cela pour en venir à ceci : j’avais, à l’occasion du double article sur Mordred et L’Île Close, essayé de dresser une analyse, rapide et incomplète, certes, des raisons pour lesquelles ces deux œuvres se distinguaient dans le paysage littéraire de la Matière de Bretagne. Eh bien Kaamelott, ou la quête du savoir de Nicolas Truffinet fait exactement le même travail pour la série d’Astier.

Au final, ça fait un bon paquet de trucs à lire. Il faudra y revenir, chez Vendémiaire.

Au final, ça fait un bon paquet de trucs à lire. Il faudra y revenir, chez Vendémiaire*.

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Mythes et Idéologie du Cinéma Américain

Mythes et Idéologie du Cinéma américain.

Laurent Aknin

Le cinéma de genre, on vous en parle sur La Faquinade. Le Lemming Affranchi vous fait régulièrement des « petits » papiers à son propos et vous avez le plaisir de découvrir régulièrement des films fous et improbables ou de redessiner les contours des grandes productions. Cependant, dans ses papiers, il s’intéresse aux hommes et aux bandes de pellicules, mais peu aux évolutions globales de ce média fantastique et moderne qu’est le cinéma. Ce n’est pas son propos.

D’où l’intérêt de cet ouvrage signé Laurent Aknin, et qui rejoint, sur certains points, celui de Nikolavitch sur Mythe et Super-Héros. Sur certains points car Nikolavitch parlait de comics, alors qu’Aknin parle, avant tout, de cinéma et essaie de dresser un large plan d’ensemble du cinéma américain – et pas restrictivement hollywoodien car, même si les productions du saint bosquet y tiennent nécessairement une place importante, la part belle est également faite aux productions indépendantes, qui participent tout autant et sont aussi révélatrices des tendances, des courants et des idées de l’ensemble du milieu – dans l’époque moderne qu’est le XXIème siècle.

Et puis l’ouvrage aborde le point tout autant essentiel de la conquête culturelle des Etats-Unis, de leur rapport au monde et leur vision d’icelui, enfermant le lecteur du côté de la bannière étoilée pour une plongée dans un référentiel tout à fait différent, afin d’éclaircir les questions et les angoisses.

Here we go.

« I’m Batman. »

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Mythe et Super-Héros

Mythe et Super-Héros

Alex Nikolavitch

La question des super-héros est à la mode en ce moment. Quand je dis à la mode, je ne parle pas des deux grandes franchises américaines, Marvel et DC, qui sévissent depuis plus de dix ans déjà sur le marché de l’industrie cinématographique, avec le succès que l’on sait, et plus récemment dans le domaine des séries télévisées, avec un succès non moins important, ce qu’aucune des deux firmes ne boude.

Du coup quand je dis que les super-héros sont à la mode en ce moment, de quoi que j’cause ? Hein ? Bah déjà faudrait définir un sujet et un espace-temps. C’est complexifique tout ça. Le sujet ce sont les super-héros (avec ou sans trait d’union) et l’espace-temps c’est l’apparition des mythes indo-européens, parce que je connais pas les autres, en GROS.

Bah ouais, parce qu’au final nos super-héros ont quoi de plus que les super héros antiques – et là, vous comprenez l’importance de ce trait d’union – hein ? La combo slip-caleçon, ça oui, on peut pas la leur enlever. Mais bon quand même. Et c’est là tout l’intérêt du livre d’Alex Nikolavitch que je vais essayer de vous présenter ce jour.

Et comme je me sers pas mal de ce bouquin pour préparer une conférence que je donne vendredi soir dans un petit cinéma au Sud de Mâcon, bah en fait, je prends du retard dans mes chroniques. Ouais.

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