Interview du Capitaine du Nexus VI / 15.11.15

Interview du Capitaine du Nexus VI

A lire : Edito du Capitaine du Nexus VI.

Présentation

Bonjour, Capitaine, t’es qui ? Salutations Citoyen ! Tu sais très bien qui je suis ! LE Capitaine tout simplement ! Comment me présenter autrement voyons ? A ton service pour causer science-fiction ou relations intimes inter-espèces galactiques.

Ca va ? J’veux tout se passe comme prévu, les médias, les inversions de positroneurs, tout ça ? Ça peut aller… Vu le monde dans lequel on vit… A mon époque comme à la vôtre… On ne va jamais réellement bien. Sauf lorsque l’on est posé sur une plage par 35°, les pieds dans l’eau et un verre d’un alcool quelconque à la main ! Ce qui n’est manifestement pas le cas ! Bordel ! Tu aurais pu m’inviter dans un autre endroit ! [ndlf : mais… elle est bien cette remise !]
Les médias ? Chaque jour ils me désespèrent de plus en plus ! Les positroneurs ? Je passe mon temps à demander à Robin de les calibrer, de les activer ou de les inverser sans que je sache vraiment ce que c’est ! Pas sûr qu’elle le sache non plus d’ailleurs…

Et sinon, tu as un vrai métier ? Parce que Capitaine d’un taudis comme le Nexus VI c’est peut-être pas un vrai métier ? Je m’insurge devant tant d’ignorance et de mépris ! Je suis sûr que tu es roux et que tu as une grosse barbe pour raconter des conneries pareilles ! [ndlf : hem, well, check it out !]

LUC_DUFRENE

Un équipage en plomb véritable.

Parcours

Tu peux nous présenter ton parcours ? Un jour vous découvrirez tout dans Nexus VI, Citoyens ! Mais disons simplement que j’ai pas mal roulé ma bosse, que j’ai vécu dans différents endroits et que j’ai exercé différents métiers. Par contre je suis, depuis toujours, un passionné de science-fiction qui est, à mon sens, LE GENRE qui permet d’explorer en profondeur toute les thématiques qui touchent les homo-sapiens que nous sommes. Lorsque l’on peut imaginer des organisations sociétales nouvelles ou des formes de vies incroyablement différentes, les possibilités sont infinies ! C’est cette diversité qui m’est chère.

Raconte-moi comment un projet tel que Nexus VI a pu voir le jour ? D’où sortent ces décors ? Je ne vois pas ce que tu veux dire par « décors ». Mais si tu parles du Nexus VI, je l’ai acheté dans une casse sur Praxis il y a quelques années. Le mec en voulait 20 000 crédits Xarlaxxs mais j’ai réussi à en obtenir 25 000. J’étais bourré. [ndlf : comme je te connais, ça ne sonne même pas comme une excuse !]
Pour ce qui est du projet en lui-même c’est assez simple. Avec Slexno, Sayreel et Thomas (qui s’occupe du son sur le projet) nous faisons des films depuis 16 ans maintenant. Sous l’impulsion de Sayreel, ce qui n’était qu’un hobby au départ, est devenu une association puis une société de production, la Fensch Toast. Ces dernières années, nous avons vu l’explosion de la création sur youtube sans avoir le temps de nous y consacrer. Pour être honnête c’était assez frustrant. Puis, l’année dernière, j’ai commencé à écrire le premier épisode sur Prometheus parce que j’avais envie d’aborder des aspects qui ne l’avaient pas été et parce que je sentais que l’on avait un plus à apporter par rapport à ce qui se faisait sur youtube. Slexno m’a encouragé, il a apporté ses idées, sa sensibilité et on était lancés.

Tu parles, dans l’épisode sur la production de Star Wars VII (en deux parties ici et ), ou plutôt tu expliques que ton esprit analytique prend le pas sur les émotions de l’enfant que tu fus un jour. C’est important pour toi cette capacité de réflexion ? De ne pas prendre les cons pour des gens ? Ce n’est pas tant que l’analytique surpasse l’émotif, c’est juste que, lorsque l’on est enfant, on est vierge d’expérience et de repère. Du coup, les films dont on s’abreuve (et le Grand Morlack sait à quel point j’en ai bouffé des films), nous marquent de manière bien plus profonde. Une fois adulte il est bien plus dur de se laisser embarquer dans un relâchement complet des sens. Lorsque l’on voit un film, on y réfléchit. Pourquoi le réalisateur a-t-il fait cela comme ça ? Pourquoi ce plan ? Pourquoi ce choix scénaristique ? [ndlf : ça sonne comme une question pour le Lemming Affranchi ça !]
Du coup, inévitablement, on intègre moins le film au niveau sensitif pur. Je pense que c’est certes dommage mais inévitable et salutaire puisque cela nous ouvre d’autres perspectives.
Donc pour répondre à ta question : OUI cette capacité de réflexion est très importante pour moi. C’est ce qui nous sépare de l’amibe eucaryote ou de 75% de ce qui se fait en termes de création audiovisuelle aujourd’hui (sur le net et dans les médias classiques).
Il est important d’apporter quelque chose aux gens qui nous regardent et cette chose ce n’est pas une « vérité » sur telle œuvre ou sur tel sujet. Non. C’est un processus de réflexion. Ce que je dis dans Nexus VI n’est pas une loi universelle. C’est une opinion, qui doit être débattue, malmenée, partagée, décriée.
Mon objectif est de susciter la réflexion et le débat ! Que les gens soit d’accord ou pas ce n’est pas le plus important. C’est le fait qu’ils sachent POURQUOI ils le sont ou ne le sont pas qui est primordial. Et surtout qu’il sache l’exprimer correctement ce qui est malheureusement trop rare de nos jours.


A ce propos, voir notre article sur le livre et le film : Seul sur Mars.

Réalisation et idée

J’imagine que ça prend du temps, tout ce bordel. Grosso modo, comment les thèmes viennent, c’est en fonction de l’actu, des coups de cœur ? Y’a un planning ? Ça prend BEAUCOUP de temps. Surtout que nous ne sommes pas à temps plein sur le projet. On a toujours une cargaison à livrer à l’autre bout de la Galaxie ou un contrat plus ou moins légal à exécuter dans la bordure extérieure. Pour être clair, si nous pouvions nous y consacrer à 100% nous pourrions être un peu plus prolifiques mais ce n’est pas pour tout de suite.
Les thèmes viennent comme ça. Il y a énormément de sujets que je souhaite aborder et je décide du suivant un peu en fonction de mon humeur du moment et de ce qui me semble pertinent à un instant T. Pas de planning particulier donc, si ce n’est sur le court terme.

La science-fiction sous toutes ses formes, c’est le leitmotiv de l’émission. Mais en quoi c’est vraiment représentatif du sujet abordé : la science-fiction, si propice aux univers étendus ? Je ne sais pas si c’est particulièrement « représentatif » du sujet. Disons que c’était une évidence car l’objectif est de devenir L’émission web numéro 1 sur la science-fiction. A partir de là, si nous n’avions parlé que de cinéma, la légitimité de notre démarche aurait été nulle dès le départ. Et puis, je suis un passionné de cinéma, oui, mais aussi de littérature et de jeu-vidéo, et il était important de rendre hommage à l’ensemble de ces arts.
Après… C’est aussi pour des raisons plus pragmatiques : beaucoup de gens parlent déjà de cinéma sur le web (des fois de bien meilleure manière, confer Le Fossoyeur) et il était important de nous démarquer.

Revenons un instant sur le côté web-série réfléchie : vous vous inscrivez à l’intersection de plein d’émissions actuellement existantes, en créant votre propre style et public. De même vous ne rechignez pas à mettre de la compréhension, de la réflexion, de l’analyse dans ses vidéos. Du coup, les coups de gueule de la News #1 sur les gros mots ? C’est une adaptation volontaire ou c’était forcé pour coller un peu à ce qui se fait sur le web ? Et sur la longueur des vidéos ? Idem ? Ou tu penses que ça gagnerait en clarté si c’était plus long ? Non, je ne cherche pas à m’adapter à ce genre de demandes. Je m’exprime de la même manière qu’en dehors des chroniques. [ndlf : j’ai remarqué lors de nos escapades Intergalactiques, ouais] Tu constateras que, après la News, je n’ai pas particulièrement édulcoré ma manière de m’exprimer en ce qui concerne les « gros mots ». Après c’est sûr que concernant Prometheus j’étais vraiment énervé donc inévitablement… mais lorsque je parle de sujets pour lesquels je suis enjoué, il n’y a plus aucune raison que je me mette à balancer de l’insulte dans tous les sens.
Je le rappelle : l’objectif n’est pas d’être le « JDG de la SF » ce que beaucoup de gens ont cru au début à cause du premier épisode « vénère ». Je m’émerveillerai quand je le serai, je m’énerverai quand je le serai.
Idem pour ce qui est de la durée des vidéos. J’écris les épisodes sans me soucier particulièrement du temps que fera l’épisode. J’écris ce que j’ai à dire tout simplement. Ensuite, une fois le tournage terminé et le premier montage effectué, Slexno apporte sa vision et me propose les coupes qui pourraient être faites afin d’éviter les répétitions ou de fluidifier le discours (ce qui contribue souvent à donner plus de clarté à l’argumentation).
Après si on se rend compte que l’épisode va durer 40 minutes on prend la décision de le couper en deux (c’est ce qu’il s’est passé pour Star Wars VII). Cela permet à la fois de laisser souffler le spectateur. De, peut-être, lui laisser le temps de regarder la première partie plusieurs fois afin de bien s’imprégner des arguments et de ce que j’essaye de véhiculer comme réflexion. Puis, on revient quelques semaines après pour en remettre une couche et conclure tout ça.

Et on ne l'a même pas payé pour dire ça, c'est dingue, non ?

Et on ne l’a même pas payé pour dire ça, c’est dingue, non ?

Meta

  • Ton livre préféré ? Putain… Impossible à dire. Je dirai que depuis 6 ans ce sont les différentes sagas de Peter. F. Hamilton qui m’accompagnent partout où je vais. Je vous conseille vraiment ! Mais sinon le livre qui ne me quittera jamais et auquel je jette souvent un coup d’œil le temps d’en lire un passage : le Hagakure.
  • Ton morceau préféré ? Pareil ! Comment répondre à ça ? Mais le morceau qui m’a peut être le plus marqué dans ma vie c’est Angela du Saïan Supa Crew. Mais depuis 5 ans Pursuit of Happiness de Kid Cudi et l’album My Beautiful Dark Twisted Fantasy de Kanye West me suivent partout où je vais.
  • Ton film préféré ? Blade Runner. Aucun débat ici. [ndlf : en attendant le 2, haha !]
  • Ton auteur préféré ? En ce moment comme je l’ai dit : Hamilton. Sinon Dan Simmons sans hésitation.
  • Ton jeu-vidéo préféré ? Final Fantasy VII forever.
  • Pourquoi Zarbut ? Pas eu le choix… Il était déjà intégré au Nexus VI quand je l’ai acheté.
  • Ce que tu n’arriveras jamais à lire/voir/écouter, même en te forçant ? A lire : les romans de Kevin J. Anderson. C’est le mec qui a co-écrit les préquels et suites de Dune avec Brian Herbert. Ce mec est un tâcheron incroyable. Sa Saga des Sept Soleils est une purge infâme. C’est cousu de fil blanc et extrêmement mal écrit. Impossible de lire tous les tomes… A voir : Cinquante nuances de Grey. A écouter : le rap français d’aujourd’hui… Me lancez pas là-dessus. [ndlf : et du rap français survivaliste et post-apo ça te dit ? Si jamais, clique là !]
  • Un truc inutile dont tu n’arrives pas à te passer ? Mon co-pilote…
  • Information secrète : Zarbut n’est pas celui que vous croyez… (Zardoz non plus d’ailleurs)
  • Complète : « Est-ce que les androïdes rêvent de moutons électriques ? »
  • Qu’as-tu à dire pour ta défense ? Rien. Je n’ai rien à me reprocher ! Vous avez un mandat ? Ces caisses-là ? Rien… Juste de l’humanitaire à embarquer pour Verona X. Comment ? Ouvrir la cargaison ? Je suis sûr qu’on peut trouver un terrain d’entente… 

Vil Faquin.

Nexus VI est à retrouvé sur : youtube, facebook, twitter.
Autre billet à lire : Edito du Capitaine du Nexus VI.
A lire :  Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques? / Blade Runner.

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