Edito 11.15 / Capitaine du Nexus VI

D’une identité à une autre

(Ou de la place particulière de la SF dans l’imaginaire collectif de la génération Y ?)

Qu’est ce qui définit une génération ? La décennie à laquelle les individus sont nés ? Les évènements sociopolitiques qui ont parsemé leur jeunesse et ont, donc, forgé leur personnalité ?

Certainement un peu de tout cela, bien évidemment. Mais, à mon sens, ce qui définit réellement les générations, qui fait que chaque individu se reconnait comme faisant partie d’un groupe plus ou moins homogène, qui permet l’apparition de ce que je pourrais appeler une « conscience de classe générationnelle », ce sont les repères et références culturelles qu’ils ont en commun.

"O Captain! My Captain! our fearful trip is done; The ship has weather'd every rack, the prize we sought is won; The port is near, the bells I hear, the people all exulting," Ho wait!

« O Captain! My Captain! our fearful trip is done;
The ship has weather’d every rack, the prize we sought is won;
The port is near, the bells I hear, the people all exulting…« 
Ho wait!

La génération Y est particulièrement sensible à cet aspect. Qui n’a jamais fini saoul en sa soirée à parler du bon vieux temps de Dragon Ball Z, Ulysse 31 et autres Il était une fois la vie ? C’est une chose qui s’est encore renforcée depuis l’émergence d’internet. Cela nous a permis d’échanger nos références avec la terre entière, de donner une visibilité bien plus grande à celles-ci et de trouver d’autres personnes qui les partageaient. Si les générations précédentes avaient également des références communes, elles n’ont pas eu, du fait de moyens de communication plus rudimentaires, cette possibilité de se lier à ce point et aussi facilement dans cette conscience de classe culturelle (bien qu’ils aient eu d’autres repères pour se lier : la révolution sexuelle par exemple).

Les humains nés dans les années 1980/1990 sont donc (pour ceux qui s’intéressent aux œuvres de la pop culture tout du moins) des êtres hyper-référencés qui attachent une réelle importance aux symboles de leur enfance et les communautés grandissantes de fans se rassemblant autour d’œuvres diverses (Star Wars, Star Trek, Doctor Who, Stargate etc.) montrent bien qu’il existe un besoin de se retrouver autour de ces œuvres qui nous ont forgés.

Alors, déformation passionnelle oblige, je n’ai pris ici que des exemples d’œuvres de science-fiction alors que la liste des genres qui ont touché la génération Y est bien plus longue. Mais ce genre particulier ne tient-il pas une place particulière dans l’imaginaire collectif de cette génération ?

En effet, la récente date anniversaire de l’arrivée de Marty McFly et l’engouement qu’elle a suscitée me parait être l’exemple le plus parlant de cette capacité qu’a la science-fiction à marquer les esprits de manière durable. Néanmoins, je ne pense pas que cet attachement soit particulièrement dû au fait que la saga Retour vers le futur appartienne à la science-fiction.

D’ailleurs, il est fréquent d’entendre des gens dirent qu’ils ne sont absolument pas sensibles à ce genre de l’imaginaire pour, dans la même conversation,  encenser HER de Spike Jonze qui, si le sujet principal de l’œuvre est le sentiment amoureux, n’en reste pas moins un film s’inscrivant dans un pur univers SF.

Il s’agit là d’un problème d’appréciation que l’on retrouve souvent concernant ce genre. Celui-ci a tendance à être souvent cantonné, dans l’imaginaire des non-initiés, à des éléments récurrents tels que les batailles spatiales, les lasers, les robots etc… dans lesquels beaucoup ne se retrouvent pas.

Pourtant la SF est infiniment plus large et profonde que cela (esprits mal placés s’abstenir de tout commentaire) ! Car, concrètement, tout type de récit peut s’inscrire dans ce genre : une comédie romantique peut tout à fait se dérouler sur Mars en 2235 et un drame familial mettre en scène le déchirement inévitable entre une pondeuse Zyclonienne et les 1000 larves qui lui servent de progéniture.

Malheureusement, la grande majorité des humains (même ceux de la génération Y) n’ont pas conscience de cela et la science-fiction souffre encore bien trop de cette image d’un genre purement orienté action/aventure.

C’est pourquoi, à mon sens, la science-fiction ne tient pas une place particulière dans le cœur des individus quand bien même fussent-ils nés dans les années 1980/1990.

MAIS ! L’imaginaire au sens large si !

Et, au final, c’est bien cela le plus important ! Car que l’on soit un(e) inconditionnel(le) d’Alien ou un(e) fou(folle) furieux(se) d’Harry Potter, ce qui compte c’est cette capacité à se laisser embarquer dans des mondes qui n’existent pas. L’imagination est ce qu’il y a de plus important chez l’être humain en cela que c’est grâce à cette pure merveille que nous offre la nature – à savoir notre cerveau – que l’on ouvre notre conscience à des choses nouvelles et que l’on aiguise notre curiosité.

Et, comme l’aurait dit Maitre Yoda, la curiosité mène à l’empathie. L’empathie mène à la connaissance de l’autre. Et la connaissance de l’autre mène à la paix !

Capitaine du Nexus VI,
16 novembre 2015 (années terriennes).

A lire : Edito d’Estelle Faye sur l’espoir en SF.
Sur Nexus VI : Interview du Capitaine du Nexus VI.

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