Les Cow-Boys

Les Cow-Boys

Méninge Faquin

A lire sur ça.

Parfois, le monde s’acharne. Déjà plus d’une année que LorianO me tanne pour que je lise des aventures de cow-boys. Puis il y a eu The Salvation et une retombée totale dans l’esprit du western spaghetti à la suite, et, plus récemment, la découverte du texte de Cendrars sur la première conquête de la Californie, L’Or, puis la lecture de l’anthologie Star Ouest par le festival ImaJ‘nère qui a fait resurgir dans mon esprit mon adoration sans borne pour Firefly. Et puis… bah il y a eu l’annonce du thème de la Convention Octogônes sur le thème du Space-Western et ma plongée dans le jeu de rôle Star Wars – Edge of the Empire (Aux confins de l’Empire) et, finalement, les bandes-annonces de l’épisode VII et celle de The Hateful Eight et de l’annonce de sa BO prometteuse.

Alors, quand le monde s’acharne à nous faire comprendre qu’enfin il est venu le temps de sortir les éperons et chausser les santiags, d’enfiler le stetson et huiler ses gros guns, bah on s’y plie. Mais avant on se dégote une bonne bouteille de bourbon et s’y colle. Parce qu’à un moment donné, faut pas déconner. Et on sera accompagné aujourd’hui de deux garçons vachers, Bill et Bob.

- Hein Bill, t'en penses quoi toi ?
- Ouais, j'en pense qu'il est temps, Bob.
- J'vais embrasser ma Daisy, s'agirait pas qu'elle m'oublie.
- Ouais t'as raison, j'vais aussi aller seller ma jument.
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Les films/romans sur l’Ouest américain, c’est aussi pas mal de personnages de femmes fortes !

I’m a poor…

- I'm a cow-boy, lonesome on the trail...
- Wow, qu'est-ce que t'as Bill?
- J'sais pas, j'me sens d'humeur à la chansonnette là.
- Tu chantes des trucs de gonzesse maint'nant ?
- Ouais.

Ce que Bill chantonnait juste au-dessus, ce sont les premiers vers de la très célèbre Cowboy songs des Thin Lizzy. A noter qu’elle a été reprise par le plus irlandais de tous les cow-boys, Gary Moore (en hommage au leader des Lizzy), mais nous reviendrons sur l’aspect musical plus tard.

Il convient d’abord de procéder à une définition claire et précise de ce qu’est un cow-boy. Alors comme pour Les Pirates, on reprend le vieux Hachette de poche obtenu à l’entrée en 6°B au collège du Vieux Fresne et on reporte :

  1. nm Gardien de troupeau au Far-West. Des cow-boys.

Paf. Claire net et précis. Un cowboy, c’est un garçon vacher. Voilà, merci d’être venus, on passe à la suite.


- Bill, j'crois qu'y s'fout d'not' gueule, là.
- Ouais Bob, j'crois aussi.

Non, mais vous énervez pas les gars, on peut développer hein ! Bon alors, les cow-boys, c’est simple. Déjà faut se replacer dans le contexte de leur apparition, celui du XIXème siècle sur les colonies d’Amérique. La présence de ces célèbres vachers doit beaucoup à la présence espagnole dans le début du siècle, notamment au Sud et à l’Ouest (Texas et Nouveau Mexique) où les riches propriétaires ont installés des ranchs et importé des troupeaux massifs. A leur départ de nombreux troupeaux à l’état sauvage sont disponibles notamment au Texas ce qui amènera l’afflux de nombreux colons que l’on connait. Cet afflux, dans les années 1830 posera un problème majeur entre les populations mexicaines et celles des Etats naissants du Nord pour le contrôle du Texas (raconté dans la superbe mini-série Texas Rising où l’un des personnages, le général-dictateur espagnol Santa-Anna (appelé le Napoléon de l’Ouest) est également celui avec lequel le héros de L’Or de Cendrars négocie la cession de la Californie).

Ensuite, toute l’économie de ces vastes espaces qui constitue la frontière aride entre les Etats et le Mexique verra son économie se tourner vers l’élevage et la gestion de ces troupeaux et, peu à peu, les vaqueros des anciens rancheros espagnols et mexicains deviendront des cow-boys et des ranchs. Deux aspects vont ensuite bouleverser l’image primitive du cow-boy : celle de la ruée vers l’or (années 1840/1850, racontée, on l’a dit, dans L’Or) puis celle de la guerre de Sécession (1861-1865). La première divise nos vachers (nombreux sont ceux qui partent à l’Ouest) et la deuxième entraîne la quasi totalité de ceux-ci sous les drapeaux confédérés (sudistes). Bien vite les troupeaux sont détruits (nourriture, vente, massacres…).

L’âge d’or des cow-boys tel qu’on le connait ne démarre que quelques temps après la guerre, une fois les troupeaux reconstitués. L’arrivée du chemin de fer permet de transporter les bêtes sur de larges distances pour exporter la viande. C’est donc à partir de là (1867) que vont s’effectuer les grandes-transhumances entre les lieux d’élevage et les points de départ, situés dans les cow-towns du Kansas.

Ce groupe à part de rovers a acquis une notoriété folle par rapport à sa représentativité de la population : 40 000 pour 60 millions d’Américains. Et encore on imagine le cow-boy blanc alors qu’une bonne partie d’entre eux (30% environ) étaient noirs, espagnols ou métis. De plus le cow-boy a été engagé dans le côté perdant de la guerre de Sécession (qui a bouleversé les U.S. of A. jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale) ce qui fait d’eux non seulement de grands frustrés mais aussi une pression sociale assez incroyable. En effet en dehors des rassemblements des troupeaux, de la vie autour du camp et de la transhumance, le rassemblements de ces hommes souvent sans attache mettait sous rude pression les populations locales et leur caractère vagabond (dû à leur travail, certes) implique une forte propension au foutage de merde, si vous me passez l’expression.

Luxy Luxo, en russe. Lincoln et L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu. Trois séries pour trois visions différentes de l'Ouest.

Luxy Luxo, en grand-duc-russe. Lincoln et L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu. Trois séries pour trois visions différentes de l’Ouest.

Image d’Abilene, Kansas

- Bob, il tourne autour du pot, il m'emmerde là. Il parle de nous comme des perdants, comme des voyous. Mais après tout, c'est nous qu'on a construit l'Amérique, pas vrai ?
- Pour sûr Bill ! Pour sûr. Attend, j'm'en vais l'faire danser, l'pied tendre s'il se ressaisit pas.

C’est bon les gars, un peu de calme, j’y viens, j’y viens !

Bon, alors pourquoi le cow-boy est-il devenu l’image d’Epinal d’Abilene des U.S. of A. ? Probablement parce que dès l’époque même de l’âge d’or des fameux vachers, certains cherchent à écrire sur eux, notamment dans un but unificateur face à la guerre civile qui fait rage. C’est ainsi que Buffalo Bill fait irruption dans la culture mondaine américaine, comme image de l’homme débrouillard – non, il ne vit pas dans la brume -, malin et triomphant de l’Ouest sauvage. Et paf ! Les cow-boys se retrouvent à la fois associés à l’image de la conquête de l’Ouest et à celle de la guerre civile et les perdants eux-mêmes de la guerre de Sécession se retrouvent glorifiés dans ce magnifique retournement de situation. Toute la France a résisté, ma bonne dame ! C’est exactement le même principe.

D’employé exploité et sous-payé, engagé du mauvais côté de la guerre, les cow-boys sont devenus l’image même de l’homme qui n’a besoin que de lui-même pour s’accomplir et changer le monde, ce mythe du self-made-man qui va bon train dans les Etats-Unis capitalistes naissants.


- Bill, je range ma pétoire. Il est pas si mauvais le p'tit jeune là.
- A la fin, c'est nous qu'on est les héros et qu'on a la gonzesse.
- C'est bien vrai, Bill, c'est bien vrai.

A partir de là, c’est la notoriété pour le cow-boy qui devient le mythe de toute une nation. Buffalo Bill, sentant les opportunités que la nouvelle économie capitaliste peut lui apporter, lance les Wild West Shows, transmettant sous tous les vents et toutes les latitudes une image romantique et idéalisée du désormais célèbre vacher et de la conquête de l’Ouest, ce fameux far-west. A partir de là, on n’en démordra plus et on s’enverra du cow-boy à toutes les sauces.

Même en France, plus d’un siècle après l’âge d’or des cow-boys les enfants et leurs parents vibrent encore à la suite des aventures du plus belge de tous les cow-boys : Lucky Luke. Créé par Morris et souvent scénarisé par l’incroyable Goscinny, il a particulièrement participé à populariser l’image du cow-boy et du pan d’histoire américaine qui lui est associé dans la francophonie. Chaque album étant en effet basé sur un point ou un personnage historique plus ou moins détourné et présentant, dans les derniers feuillets, des illustrations et textes prouvant de la véracité de l’inspiration des auteurs. D’un point de vue humoristique, parfois même anachronique, mais jamais incohérent, Morris et Goscinny ont livré une image pas si biaisée que ça du cow-boy. Plus récemment, une autre bande-dessinée, française, Lincoln, mettait sur le devant de la scène un autre cow-boy, exact opposé du souriant Lucky, et dont les premiers albums coïncident à peu près au retour en grâce des cow-boys dans notre culture de masse. Sans oublier les mille et une aventures du lieutenant Blueberry, qui valse avec ces deux caricatures, dans des nuances parfois insondables.


- Ce Luke, Bob, c'est quand même un vrai lonesome cow-boy, pas vrai ?
- Ouais, Bill, un vrai de vrai. Avec la clope et tout le bordel.
- Ha bah non, pas la clope, regarde.
- Ha ouais.
- Merde.
- Ouais, tu l'as dit, Bill.

Si Lucky Luke a l’image du gendre idéal, cela tient pour beaucoup à l’image de laquelle Morris s’est inspiré pour créer son personnage : celle de John Wayne. Alors que Lincoln tient plus du héros de spaghetti : sale et grincheux. Deux générations sont représentées ici, mais nous y reviendront.

La littérature autour des cow-boys a toujours été fournie et, bien que passée de mode fut un temps, elle ne s’est jamais tarie, comme en témoignent les nombreux romans de fictions qui sont désormais de plus en plus traduits sous nos latitudes comme Lonesome Dove (sorti en 1985 et traduit en 2011) de Larry McMurtry (Prix Pullitzer 1985) chez Gallmeister Edtions (spécialisées dans la fiction américaine : « L’Amérique grandeur nature« ), Blood Meridian de Cormac McCarthy (oui, celui de La Route), Far West: la piste de l’Ouest, de Meriwether Lewis & William Clark chez Libretto (qui est plus un roman d’exploration) et La Captive aux yeux clairs (1947 !) de A.B. Guthrie, chez Actes Sud (2014).

On voit donc que le matériau existe mais qu’il a souvent été négligé. Je ne sais plus quel grand sociologue américain disait qu’il aimait, en rédigeant un ouvrage, faire des pauses en regardant des westerns comme d’autres regarde des matches de sport, cristallisant ainsi autour de ce style et de ce genre des valeurs qui sont celles des hautes sociétés regardant un style neuf et considéré comme inférieur, voire populaire (un peu comme la fantasy et la sf en leur temps).

Pourtant, très tôt dans l’histoire du cinéma, le western a occupé une place de choix, souvent populaire. Il n’empêche que l’image du cow-boy blanc et sans reproche véhiculée par les films de John Ford et incarné souvent par John Wayne – qui sera d’ailleurs choisi par la suite pour incarné l’homme le plus classe du monde. Coïncidence ? Je  ne pense pas. Le cow-boy après avoir été l’incarnation même du rêve américain devient désormais l’image du héros américain. Par la suite, dans les années 1960 et 1970, c’est d’Italie que nous viennent les plus célèbres des westerns : les westerns spaghettis. Si le principal réalisateur de ce genre, Sergio Leone, dira de cette appellation qu’elle est l’une des plus idiotes qu’il ait entendu, il n’en reste pas moins que les films de cow-boys italiens (dont le premier a été réalisé en 1913 par le père de Léone, avec sa mère dans l’un des rôles titres) se démarquent de la classe de ceux de Ford en ajoutant une touche de crasse et ces fameuses gueules qu’on connait (Saint Lee Van Cliff, si tu nous entends). On se souvient de Le Bon, la Brute et le Truand de Pour une poignée de dollars de Et pour quelques dollars de plusIl était une fois la RévolutionIl était une fois dans l’OuestMon nom est personne… On remarque que le personnage titre des trois plus connus n’est autre qu’un Américain de l’Ouest pure souche, Clint Eastwood, surnommé Blondin dans les films, mais qui est cette fois à l’image d’un Blueberry : jamais tout blanc, jamais tout noir, même s’il est blond et toujours un peu crasseux. Comme quoi, les clichés on probablement la vie dure.

Ceinturon de cuir et classe sub-luminale : Far-West et Far Star-Ouest.

Ceinturon de cuir et classe sub-luminale : Far-West et Far Star-Ouest.

Et l’Italie est là

Mais si les clichés ont la vie dure, ce sont aussi les premiers à tomber et en 2005, Le Secret de Brokeback Moutain (scénarisé par Larry McMurthry, l’auteur de Lonesome Dove dont on a parlé un peu plus haut) s’empare sur les écrans de cinéma du monde entier de la figure du cow-boy pour faire passer à travers elle un message fort sur la tolérance et la prise de conscience de l’homosexualité et des violences imposées pendant longtemps aux homosexuels. La résonance du film aurait-elle été aussi élevée s’il s’était agit d’ouvriers du rail ou de la constructions des buildings, autres travailleurs emblématiques (on se souvient du héros de They Live de Carpenter, Roddy Piper, décédé le 31 juillet dernier et qui incarnait un ouvrier du bâtiment). Le film est adapté de Brokeback Mountain d’Annie Proulx.

Depuis, entre Appaloosa (adapté d’un roman), SalvationTrue Grit (également issu d’un roman), 3h10 pour Yuma (tiré d’une nouvelle), Django unchained (qui fait écho à la légende de Django (1 & 2) dans le western spaghetti) ou encore avec les séries Texas RisingHell on wheels et aussi Sons of Anarchy (qui reprend maints lieux communs du western) et bientôt avec le très attendu The Hateful Eight, les films impliquant cow-boys et imagerie western sont partout. En se basant sur Mythe et idéologie du cinéma américain de Laurent Aknin, les héros de ces films s’inscrivent à nouveau dans un besoin de réconciliation de sociétés avec leur histoire et leurs figures tutélaires, après le traumatisme du 11 septembre 2001 (comme ce fut le cas avec Buffalo Bill aux U.S. of A. après la guerre de Sécession).


- Foutre Dieu Bill ! Si j'avais seulement pensé que je redonnerai espoir au peuple américain en torchant ma tequila dans des rades miteux, j'aurais pris un bain.
- Tu deviens mou, Bob, tu deviens mou.

Et c’est tout naturellement que l’image formidable du cow-boy, l’aventurier ultime va être réutilisée dans le cinéma et les productions culturelles d’aventure. La série des Indiana Jones le montre bien. D’ailleurs, quitte à parler du rôle titre d’Harrison Ford, parlons aussi de Cow-boys et Envahisseurs (de John Favreau, ouais, celui d’Iron Man, Avengers et Le Loup de Wall Steet) dans lequel l’interprète du professeur Jones joue également les premières places aux côtés de Daniel James Bond Craig – à ne pas confondre avec Craig David – mettant en scène cow-boys et aliens et vaisseaux-spatiaux, comme son titre le dit assez clairement.

Et là on arrive tout naturellement sur une licence que tout le monde connait mais que personne, à première vue, ne classerait comme une adaptation de l’univers des western Star Wars. Ouaip, Les Guerres de l’Etoile – oui parce que Star Wars c’est Les Guerres et pas La Guerre des Etoilesfucking nonsense. Pourquoi ? Tout simplement parce que George Lucas veut que son aventure, son univers soit universel et surtout intergénérationnel donc, outre se baser sur les principes du mythe et de la figure du héros tels que définis par Joseph Campbell (à savoir le principe du monomythe dans Le Héros aux mille et un visages), l’ami George va tout faire pour que son aventure spatiale, disposant d’un contexte déjà assez déroutant, ne perde pas les spectateurs : pour cela il réutilise tous les codes traditionnels du western (ou presque). On ne va pas les lister ici (d’autres l’ont déjà fait et bien mieux) mais on peut cite Harrison Ford (ha, tiens, encore ?) et son personnage de contrebandier qui rappelle beaucoup les outlaws de l’Ouest sauvage, Boba Fett et son père Jango qui cache mal l’hommage au Django des spaghettis, Jabba le Hutt qui est un gros rancheros qui opprimait son petit bout de Tatooine (comme dans Salvation, tiens), ou encore la bordure extérieure (outter rim) rappelant sans coup férir la frontière Ouest de la colonisation du Far-West. Et que la toute récente gamme de jeu de rôle dans l’univers des Guerres de l’Etoile soit lancée par un premier jeu intitulé Aux Confins de l’Empire montre bien la force évocatrice, ici même comme argument de vente et de possibilités d’exploration et de jeu, de cet inconnu qui nous appelle.


- Bill ! Regarde il a parlé de la fois où Little John et le Texas Red on tiré sur des fourgons volants !
- Bordel, Bob ! Tout le monde le sait, s'ils calmaient sur la téquila, ils verraient moins de bisons roses.
- Pour sûr, Bill.
- Bah ouais.

Les deux trilogies – je suis désolé auprès de mes amis puristes, mais il y en a bien eu deux, quoi que vous en disiez – ont indéniablement contribué au re-lancement de la mode des cow-boys et, du coup du space-western sur les écrans. Mais n’oublions pas une autre production remarquable (et remarquée) du début des années 2000 : Firefly de l’inestimable Joss Whedon. Avec son opening qui suinte l’Amérique des ranchs, ses personnages vêtus de cuir et prompts à dégainer, on ne peut nier la formidable inspiration western à l’origine de la série et, pour conclure, du film, Serenity. Pour conclure sur ce point, permettons-nous la réflexion suivante : quand on sait que Joss Whedon a réalise Avengers et Marvel’s Agent of S.H.I.E.L.D. comme John Favreau l’avait fait avec Iron Man et Avengers (producteur), on peut se demander si, outre la future trilogie Star Wars et ses films de développement annexes, l’imagerie du cow-boy ne serait pas, dans nos années 2010, complètement récupérée par les gros bras super-héroïques ?

Et, quand on voit les acteurs de la (plutôt bonne) série The Flash reprendre entre eux The Ballad of Serenity de Sonny Rhodes (aka la chanson du générique de Firefly), et a capella (voir), on ne peut que se dire que le pont est probablement plus évidemment ancré dans les mentalités qu’on ne le pensait de prime abord.

Qu'est-ce que serait le western sans tout l'onirisme flottant au travers des bandes originales !

Qu’est-ce que serait le western sans tout l’onirisme flottant au travers des bandes originales !

Bang bang

Bien entendu, tant qu’à parler de la bande originale totalement western et slide guitar de Firefly, on aurait pu – dû ! – évoquer également le génie qu’est Ennio Morricone et dont le travail a beaucoup contribué à l’imaginaire collectif que nous avons du western à l’heure actuelle – d’ailleurs à ce propos je vous propose la relecture de cet excellent édito sur la musique dans le cinéma moderne et les réflexions du sieur Morricone. Et, pour rester sur la musique, nous pourrions également citer de nombreux groupes actuels qui s’inspirent de l’Ouest ou de la figure du cow-boy dans différent styles comme Desperadoz ou Holy Cross (heavy metal) ou La Maison Tellier et Moriarty (folk française) dont le dernier album, Fugitive, nous conte les histoires de grands desperados ou bien encore The Old Crow Medicine Show, de Nashville – Tennessee.


- Bon tu vois Bob, Little John avait raison, ce Faquin, c'pas l'mauvais bougre.
- Yep.
- Pourquoi tu dis "yep" comme ça ?
- Boah... Pour dire Yep.

Sur cette musique, on pourrait discuter des heures des apports irlandais tant dans les instruments (mandoline, flûte, banjo) que dans les thèmes (ce n’est pas pour rien que je citais la figure du rover, du voyageur/vagabond tout à l’heure)… Voici deux comparaisons : tic (Marty Robbins) et tac (Rory Gallagher). De même l’image du cow-boy est présente dans les gammes de jouets connues comme Playmobil ou Lego. Les premiers ayant, sur la deuxième moitié des années 2000 laissé un peu le thème des cow-boys à l’abandon avant de réagir avec un retour en force de la thématique dans leur catalogue dès le début des années 2010. Révélateur ? Probablement.

Bien entendu, on a aussi zappé le monde du jeu vidéo dans lequel on a vu émerger (outre l’adaptation de personnages et licences célèbres comme Lucky Luke) des jeux de premier plan issus de studios reconnus, comme le très célèbre (et à juste titre) Red Dead Redemption (en… devinez… 2010 ! Bim !) des gars de Rockstar (oui, ceux de GTA). Désormais à la mode pour des rassemblements et des anthologies (comme Star Ouest ou Octogônes), le cow-boy est une valeur sûre qui s’exporte bien.

Cow-boys, pirates, chevaliers… Notre imaginaire est saturé d’images absolues de l’accomplissement personnel, de rebelles impertinents et admirables… En ce sens, Top Gun et Easy Rider ne sont probablement pas si éloignés que ça du reste de nos amis à stetson. Et j’ai oublié The Burrowers, qui mêle génialement cinéma d’horreur et cow-boys (ouais, ouais) sur une bande-son magique. Voyez, ol’fellows, il y a de quoi faire. Yee haw!

Vil Faquin

Autre triangulation en rapport : Les Pirates.
Sur le même thème : Star OuestL’or, Star Wars : un monde en expansion.
Pour aller plus loin : Mythes et idéologie du cinéma américain.
Carnets de lecture : L’orLe Fils du loup.

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12 commentaires

  1. Ah qu’il est bon de voir Firefly cité en ces lieux ! 🙂

    Très chouette article, une fois de plus, qui donne des références (et paf, ma liste des trucs à lire/voir/autre s’allonge) et des pistes à suivre si on veut creuser plus loin sur la figure du Cow boy. Instructif, passionnant… et avec du Firefly dedans, que demander de plus ?

    (une saison 2)

    (fallait que ça sorte ^^)

    1. J’ai entendu dire de loin, dans le noir, qu’une saison 2 était en discussion suite au récent succès de Joss Whedon avec ses héros en collants 😉
      Mais shut, paraîtrait que c’est secret !

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