Un rêve mandarine

Un rêve mandarine

Francis Valéry

Pour l’ambiance, cliquez ici.

Un rêve mandarine est une des plus belles choses que la littérature en langue française m’ait apportée. J’ai rarement ressenti ce besoin. Rarement à ce niveau là, du moins. Ni cette envie.

Bon, après cette entrée en matière des plus inhabituelles, je vais tenter de me ressaisir, parce que cela risque d’être compliqué de livrer un article si je reste dans cet état là. Du coup je fais contrepoids, là, direct : Un rêve mandarine n’est pas un chef d’oeuvre littéraire. Tout au plus un excellent recueil. Parce que c’est bien de ça dont il s’agit. Un recueil.

Mais un recueil avec un titre un peu niais. De prime abord. Et puis… Et puis bordel, c’est probablement dû à des sensibilités qui me sont proches, des thématiques dans lesquelles je trouve mes repères rapidement et qui me font tourner en rond dans un cocon duveteux de contentement et d’aisance figurative.

Et… Bon. Un rêve mandarine est une des plus belles choses qu’un conte en langue française m’ait faite découvrir. Disons que comme ça, ça devrait passer.

Un Rêve de Mandarine, Tangerine Dream, dans un environnement qui lui sied bien.

Un Rêve de Mandarine, Tangerine Dream, dans un environnement qui lui sied bien.

La rivière électrique

Bon après une intro aussi déroutante, habiles lecteurs, je m’en voudrais si je ne vous en donnais pas pour votre argent. – Comment ça vous ne payez pas ? – Le suspense durera donc au moins jusqu’à la troisième partie. HAHA. Vil gourgandin que je suis.

En attendons, reprenons sur les terres maintes fois arpentées qui sauront vous rasséréner : celles de l’objet. Un rêve mandarine est un recueil, on l’a dit juste au-dessus, suivez un peu bon sang, signé par Francis Valéry. Il est édité par Black Coat Press, dans la collection Rivière Blanche, dirigée par Philippe Ward. Paf. Accordons-nous un instant pour discuter de Black Coat Press, voulez-vous : dirigée par Jean-Marc Lofficier et sa femme Randy, et fondée en 2003, cette maison a pour but de traduire en langue anglaise des romans policiers, fantastiques ou de science-fiction français. Belle initiative, non ? Récompensée d’ailleurs en 2010 par le Prix Spécial du Grand Prix de l’Imaginaire pour le travail de promotion et de traduction de la science-fiction francophone (source wiki). Pas mal non ?

Quant à la Rivière Blanche dont vous avez pu entrevoir le travail de son directeur, Philippe Ward (merci à lui d’ailleurs pour l’envoi du SP d’Un rêve mandarine), dans cette interview et cet édito, elle a été créée en 2004 pour publier des recueils, des anthologies, des romans de fantastique et de SF (coup de coeur du Prix Bob Morane en 2010). Elle s’inscrit dans la droite lignée, en hommage, de la collection Fleuve Noir Anticipation qui avait en son temps tant fait pour la promotion des littératures de l’imaginaire, et dont les éditions de space opera, des Royaumes Oubliés ou des LanceDragon restent mythiques pour bon nombre d’entre nous. Ce qui est drôle, c’est que Fleuve Noir cherche aujourd’hui à se détacher de cette image et refuse de publier de la fantasy. Par contre ils font d’excellents romans noirs. Tout évolue, j’imagine.

Ce mois d’Août, et l’événement Nouvelles Coûte que Coûte, était donc le moment opportun pour mettre un peu à l’honneur le travail de cette collection.

Question objet. WellWell well well… Bon on va faire rapidement. C’est moche. L’illustration de Nathalie Lial, même si on voit très bien, une fois le bouquin lu, ce qu’elle veut représenter, est d’un kitsch innommable ; on se croirait presque en face d’un Milady romance, imaginez – mais bon, ce ne sont que les goûts d’un vil faquin, et puisque Romance se vend, c’est bien qu’il y a des gens qui aiment. Ou qui s’en foutent. Ou les deux. Question matériaux, la couverture semi rigide est du genre à avoir les coins qui fondent rapidement et le papier n’est pas vraiment blanc (mais ça à la limite…). Non, ce qui est pire que tout, c’est l’impression : ces lettre brillantes qui dégueulent quand on passe un doigt un peu gras dessus. En passant les doigts sur une page, on sent chaque ligne en sur-épaisseur, comme si l’encre était déposé sur le papier et non absorbé. Drôle de choix que cette presse anglaise. Toujours est-il que l’identité visuelle, avec ce bandeau blanc reste très facilement reconnaissable, et c’est bien là l’essentiel que l’on demande à une collection.

D’ailleurs, au vu de la qualité du récit, j’ai très vite oublié ces détails, dus probablement à de multiples facteurs (print on demand, réduction des coûts, maquette calibrée pour le marché anglo-saxon, qui sait ?). Ce que j’ai eu plus de mal à digérer c’est la quasi absence de relecture. Enfin j’imagine. Parce que sur un livre de cette longueur, 240 pages, il est compliqué d’avoir autant de coquilles. Ou de mots manquants. Sans parler des jeux typographiques (texte en gras, texte en italique) dont les règles changent parfois au sein du même paragraphe, ou qui sont mal ajustés (le bold qui déborde sur la moitié d’un autre mot). Bref, je comprends encore une fois qu’un ouvrage ne peut pas être parfait, mais, éditorialement parlant, on est loin du compte là. Ca n’enlève bien entendu rien au travail de la collection, qui nous permet de découvrir nombre d’auteurs et fait un remarquable effort de débroussaillage dans les manuscrits. Mais de mon côté ça me gêne malgré tout.

D’autant que tous les textes présents dans ce recueil, ou presque, sont des rééditions. Ils sont censés avoir été corrigés au moins deux fois, donc, si on suit le raisonnement, mais ça on va en parler tout de suite après.

Pendant 1 mois, on va parler nouvelles et recueils, acrrochez-vous, c'est parti !

Pendant 1 mois, on va parler nouvelles et recueils, acrrochez-vous, c’est parti !

Une vie, une époque

Et tout de suite après, c’est vachement vite, genre maintenant. La rapidité du Flash alliée à l’éclat du tonnerre ? C’est Vil Faquin pour vous servir.

Bref, recommençons au début. Par la préface donc. Dans celle-ci Francis Valery, parce que c’est bien de lui qu’il s’agit, on l’a encore trop peu dit, nous apprend pas mal de chose. Tout d’abord il nous apprend que cette édition de 2015 est totalement originale en l’état. En effet, auparavant, certains des textes avaient paru dans une revue, Ténèbre, entre 1998 et 1999 et que le cinquième était lui paru en 2000 dans une anthologie, De Minuit à Minuit, dirigée par Daniel Conrad chez Fleuve Noir. Vous vous souvenez de Daniel Conrad, anthologiste et critique sur Noosfere ? On en avait parlé il y a 5 articles de cela pour Serpentine de Mélanie Fazi, et de l’importance de participer à des anthologies pour se faire connaître, côtoyer des auteurs endurcis et tout le toutim (même si l’ami Francis, lui, avait déjà fait son bonhomme de chemin dans l’écriture). Eh bien devinez quoi ? Mélanie Fazi aussi faisait partie de l’aventure des 24 quadrants en 2000. Comme quoi, sur La Faquinade, on pense à tout. Le sixième ensemble de textes, plus courts, à la fin de l’ouvrage, comporte 4 textes réédités dont un inédit. Paf.

Rendons malgré tout à César ce qui devrait lui appartenir : quand je disais un peu plus haut que les textes avaient dû être corrigés deux fois, ce n’est pas tout à fait exact. Je m’explique. La volonté de l’auteur, et il le dit très bien dans la préface, était de créer un ensemble cohérent avec les 5 premières nouvelles pour que leur union dans un recueil ne paraisse pas factice :

« Les cinq textes [ndlf : Un rêve mandarine, Angie mon angeSuzie Q., Bleu et Cécile] d’origine ont été fortement remaniés pour cette édition. Certains passages ont été supprimés au profit de scènes nouvelles apportant davantage de cohérence à l’ensemble. Les nouvelles versions s’en trouvent beaucoup plus longues que les versions publiées précédemment. L’écriture a été revue dans le sens d’une plus grande fluidité : ces récits sont en cours d’adaptation audio avec des habillages sonores et musicaux inédits […]. »

Il est intéressant de voir ainsi le processus de création du recueil mis à nu. De plus, Francis Valéry ajoute :

« […] je me suis beaucoup interrogé sur ce qui relie mes personnages les uns aux autres, et sur l’évolution de ces liens au fil du temps. Patrick Marcel [ndlf : grand traducteur] […] rapproche ce travail de celui de l’écrivain étasunien Fritz Leiber [ndlf : l’auteur du Cycle des Epées, aka Swords and Sorcery également publié par Fleuve Noir Anticipation à l’époque, d’ailleurs]. C’est une référence que j’accepte pleinement.
[…] Un long manuscrit inédit situé chronologiquement juste avant Bleu et titré Chanson pour Zelda a été perdu lors d’un de mes nombreux déménagements. Un roman axé sur le personnage de Monsieur Charles (évoqué dans Bleu), n’a pas été achevé et le manuscrit a également été perdu – son titre de travail était Les Sources du Nil, titre que j’ai finalement donné à un autre de mes romans fantastiques. »

On analyse bien ici tout le travail fait autour du texte. Car on peut bien comprendre une chose, c’est que les cinq nouvelles qui forment le cœur même d’Un Rêve Mandarine, sont toutes étroitement liées entre elles. A ce niveau là, c’est quasiment du saucissonnage. Le narrateur de la première nouvelle est l’associé de celui de la cinquième nouvelle, qui est l’ancien meilleur ami de celui de la quatrième nouvelle quand ceux des deuxièmes et troisièmes sont également étroitement liés. Sans compter les multiples personnages secondaires qu’on rencontre, qui tissent un canevas de dentelle, ou qu’on ne rencontre pas, comme la sublime (en tout cas c’est ainsi qu’on l’imagine) Zelda, qui laissent bien souvent nos narrateurs impuissants.

Tant et si bien qu’en bout de course, au bout de 168 pages à faire mentalement les liens entre les uns et les autres, ce groupe des beaux arts, celui du studio à Nono, on déboule sur une Chronologie nous rappelant, bien dans l’ordre, tout ce qu’on a lu dans le désordre. Et là en vrac tout s’entasse : actualités de politique intérieure, biographiques (pour les personnages, principaux et secondaires), géopolitiques (Guerre Froide, luttes pour l’indépendance à l’Est, Guerre du Golfe…), littéraires et surtout musicales. Situés entre 1955 et 1999, ces repères chronologiques couvrent la vie de nos personnages mais plus précisément les années 1970 et 1980 (rapidement les années 1960 et tout aussi vite la période entre 1992 et 1999).

C’est tout le sang d’une époque qu’on nous balance dans le nez. sa sueur, sa gouaille, ses abus et ses fantômes aussi. Creedence Clearwater Revival et Suzie Q. Frank Zappa. Le White Album des Beatles. L’arrivée du rock psyché des Led Zep’. Les mythiques festivals de Woodstock et de l’Île de Wight. Bridge over troubled water de Simon & Garfunkel et The Rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars de Bowie. Neil YoungPink Floyd et leur Dark Side of the Moon. MagmaTubular bells de Mike Oldfield. Yves Simon (duquel je vous conseille ce document INA assez invraisemblable) et Transit Express. Tangerine Dream (qui donne son titre au recueil) et l’enregistrement de leur merveilleux album Ricochet. Dire Straits et Soldat Louis.

Bon, je vais vous laissez 10 secondes le temps de reprendre votre souffle.
Ca y est, habiles lecteurs, vous êtes bons ? On peut reprendre ?

Une logique dans tout ça se dégage à la lecture du quatrième de couverture et de la présentation de l’auteur :

« Francis Valéry évolue dans le monde du spectacle vivant, comme musicien de scène et de studio. Compositeur électrique, il écrit des chansons, des pièces électroacoustiques pour des spectacles et des événements artistiques, et réalise des livres audios musicaux. Ecrivain et essayiste fécond [ndlf : on l’avait croisé dans les Collections de la Maison d’Ailleurs, souvenez-vous], on lui doit plus de soixante-dix ouvrages (romans, essais, recueils) ainsi qu’une centaine de nouvelles. »

Bah oui. Parce qu’auteur ça ne suffisait pas. Et c’est là qu’on rencontre un autre point majeur de cette oeuvre pas comme les autres : la double visée : faire du fantastique okay, mais pas à n’importe quel prix.

Il est impossible de ranger ce recueil dans ma bibliothèque. C'est donc en face, dans la discothèque, qu'il trouvera sa place.

Il est impossible de ranger ce recueil dans ma bibliothèque. C’est donc en face, dans la discothèque, qu’il trouvera sa place.

Un voile et la fin

« L’autobiographie est omniprésente. Quasiment tous les événements décrits ou évoqués dans ces nouvelles se sont réellement passés, les lieux sont bien ceux où ont vécu les personnages mis en scène ou auxquels il est fait allusion. Bien entendu, un personnage peut avoir été inspiré par plusieurs personnes – ou une personne unique peut avoir prêté un peu d’elle-même à plusieurs personnages. Par ailleurs, la plupart des noms ont été changés et les actions attribuées aux uns ou aux autres sont parfois décalées – dans le temps ou quant à la géographie urbaine.

Lorsque Patrick Marcel parle de « recréation du réel à partir de la mémoire », il a parfaitement compris ce projet littéraire. »

Rien d’étonnant à voir un musicien de scène, également auteur, adapter et remodeler sous nos yeux la vie de personnages réels, la sienne probablement, sans qu’on sache jamais démêler le vrai du faux. Là dedans, les références culturelles s’ajoutent comme autant de couches superposables et interchangeables. Là où, dans le recueil de Mélanie Fazi, Serpentine, la musique agissait comme élément du récit, là elle agit comme élément de vie des personnages. C’est parce que Téri et Kévin sont musiciens que leur histoire deviendra ce qu’on nous raconte. Une façon autre de l’intégrer, complémentaire même.

De plus chacune des 5 premières nouvelles du roman est accompagnée d’une fiche de Notes de deux ou trois pages résumant la vie du narrateur, qui n’est pas toujours si facile à appréhender de prime abord. Tout est donc fait pour que cette toile d’araignée qui se tisse sous nos yeux devienne un puissant échangeur autoroutier sur lequel les informations, remarques, références circulent et s’échangent à toute allure. Du pur travail d’orfèvre. Un régal.

Et le fantastique dans tout ça ? Encore une fois, c’est dans la préface que le fantastique nous est expliqué : le maître mot est, selon lui, « comment en est-on arrivé là ? » Et c’est ce parcours des personnages qu’il cherche à mettre en avant. Avec un certain brio il ne faut pas se mentir. On peut également noter plusieurs passages dans lequel le fantastique se manifeste également, mais d’une autre manière. C’est l’ingestion de stupéfiants qui fait voir à Blanche-Neige et Téri la fenêtre cosmique, ou qui plonge Stéphane dans un état depuis lequel une fille qui lui plait peut être sa propre jumelle, à moins que ce ne soit la même personne. Et au final, qu’importe ? Ce dont on se rend compte, c’est que ce fantastique, hormis dans le cas de ce personnage fantasmagorique de vampire, un peu capillotracté dans le récit, est réellement bien dosé. L’époque était elle-même par trop folle pour qu’un fantastique plus important ait pu être inséré. Tout est déjà dans le matériau de base, que le style de Francis Valéry a su sublimer avec une royale maîtrise. Tout en simplicité. Tout en direct. En repick direct même.


Bon, je vois le compteur de mots qui avance et on n’a toujours pas traité des 4 derniers textes. Il serait malhonnête de dire que ces textes vont bien avec les autres. Ce n’est pas le cas. Lors de ma lecture, j’ai marqué une pause entre la cinquième nouvelle et la chronologie puis, le temps de voir Monaco se faire sortir de la C1, entre la chronologie et le dernier ensemble. Je pense que c’était une merveilleuse idée, comme il m’arrive bien souvent. Ces quatre petits textes (L’horreur des collinesMémoire morteGoût de Vanille et L’envol du flambé) sont totalement différents dans l’ambiance et dans l’écriture, contrastant terriblement avec la première partie. Bien entendu pas par la qualité. Mais probablement par la volonté initiale, le but recherché. Nous avons droit à des récits fantastiques qui recherchent le chemin de celui-ci et s’y engouffrent, au moins pour deux d’entre eux. Le quatrième est lui clairement orienté dans un style qui se rapprocherait presque, par moment, d’une envolée par la fenêtre cosmique de Téri.

Enfin, il y a deux cas particuliers à évoquer. Commençons par le moins évident : Mémoire Morte, ce récit un peu oppressant dans lequel un auteur ne sait plus trop démêler le vrai du faux, quel être est humain lequel n’est qu’un personnage. Pour ma part je me suis senti dans l’un des (rares) excellents rôles (avec Dead Man, dont la musique de Neil Young collerait aux nouvelles de la première partie du recueil) de Johnny Depp dans Fenêtre Secrète de David Koepp, adapté de la nouvelle Vue Imprenable sur un Jardin de Stephen King. Ensuite, c’est Goût de Vanille dont le narrateur ne souhaite rien tant que d’aller visiter la dernière demeure de Pierre Loti, écrivain voyageur s’il en est. Et là, Francis Valéry touche une autre de mes cordes sensibles, avec cet homme qui a connu le monde, passionné par la mer qu’il était après la disparition de son aîné sur celle-ci, « de l’époque où il y avait encore quelque chose à découvrir » pour reprendre les mots de l’auteur.

Dans tout cela, que ce soit dans l’ambiance ressentie (par la musique indirecte de Mémoire Morte, les réflexions psyché-philosophiques de L’envol du flambé) ou par les décors (la Côte Ouest de L’horreur des collines, l’invitation à la mer de Goût de Vanille), on retrouve, latente, les atmosphères surchargées des cinq premières nouvelles et, lorsque l’on clôt sa lecture, c’est une impression d’intense quiétude qui nous gagne. On vient de terminer un ensemble aux harmonies des plus intéressantes.

Portrait de Pierre Loti dans le magnifique ouvrage

Portrait de Pierre Loti dans le magnifique ouvrage « Ecrivains Voyageurs – Ces vagabonds qui disent le monde » de Laurent Maréchaux.

Vol au dessus d’un nid de foufous

Parce que c’est ce qu’ils sont tous, ces jeunes chiens fous qui peuplent les premières années de ce recueil, avant que la vie ou la mort ne se charge, chacune leur tour, de museler leur intrépidité.

Tout cela, je l’avais senti en rencontrant Francis Valéry en juillet dernier à la Nécronomicon à Lyon, lors d’un week-end où la chaleur nous avait à tous fait perdre la tête. J’avais senti un homme qui en avait sous le capot, dont les paroles trahissaient une expérience de vie loin de la normale que cherche Kévin, le narrateur de la cinquième nouvelle. Erudit, auteur de fiction ou d’essais, musicien…

Alors voilà, d’entrée de jeu je vous ai balancé la sauce. Peut-être pour vous prévenir. Peut-être pour vous donner envie. Peut-être un peu de tout ça. Parce que ce recueil a une force immense, insubmersible et dévastatrice. Mais particulière : elle n’attrapera pas n’importe qui. Il faut que le terreau soit là, un peu, en-dessous, pour qu’elle fasse son office. Sur moi, ce n’est pas un terreau qu’elle a trouvée mais quinze bonnes acres de terres en jachères à désherber, ensemencer et dont je récolterai la moisson pendant de nombreux mois. Après tout, finir sur une moisson quand Francis Valéry ouvrait sur les couplets du Harvest de Neil Young, quoi de plus normal ? Juste retour des choses.

Vil Faquin.

Du même auteur : De Lovecraft à TolkienLe Post-ApocalyptiqueLes Super-HérosLes Robots.
A propos de place du rock : Serpentine (not. la nouvelle Matilda)Notre-Dame-aux-EcaillesAlternative Rock.
Dans la même collection : La Voix brisée de MadharvaL’Île Close et
Récital pour les Hautes-Sphères et autre nouvelles.

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