Serpentine

Serpentine

Mélanie Fazi

Cela fait des semaines, que dis-je, des mois que je me dis qu’il faudrait que je lise du Mélanie Fazi, tout autant de temps que mes amis, camarades et collègues amateurs de littératures de l’imaginaire me tannent pour que j’en dise quelque chose, ou au moins que je m’envoie un de ses ouvrages. Et… vous savez ce que c’est, hein ? Le temps qui passe, les nouveautés qui arrivent, tout le tintouin, on se dit qu’on le lira juste après le bouquin vachement bien qu’on est en train de lire. Et ça, c’était pour La Route, à l’époque.

Alors, quand aux Oniriques de Meyzieux, en mars dernier, j’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteure, je me suis retrouvé hyper boosté à l’idée d’entamer Serpentine, après une conversation tatouage. Et puis… vous savez ce que c’est, hein ? Le temps qui passe, les nouveautés qui arrivent, tout le tintouin, on se dit qu’on le lira juste après le bouquin vachement bien qu’on est en train de lire. Et ça, c’était pour Le Maître du Haut château, à l’époque.

Alors, quand sur Twitter il y a quelques semaines, l’équipe de community management de Bragelonne m’a fait gagner le grand format de son Jardin des Silences, je me suis senti un peu idiot d’avoir attendu tout ce temps en étant persuadé que j’allais lire du Mélanie Fazi juste après le bouquin en cours. Et puis… vous savez ce que c’est, hein ? Le temps qui passe, les nouveautés qui arrivent, tout le tintouin, on se dit qu’on le lira juste après le bouquin vachement bien qu’on est en train de lire. Et ça, c’était pour Star Ouest, à l’époque.

Alors, quand j’ai commencé Serpentine, clairement, je ne pensais pas que j’aurais besoin de tant de temps pour le savourer. Alors j’ai lu Le Programmeur de Mémoire et La Montagne Sans Nom pour faire des pauses et ne pas me gâcher le plaisir. Et puis… vous savez ce que c’est, hein ? Août – Nouvelles Coûte que Coûte et tout le tintouin, à un moment donné faut se résoudre à le terminer.

Une couverture parlante pour un recueil qui n'épargnera aucun des pores de votre peau.

Une couverture parlante pour un recueil qui n’épargnera aucun des pores de votre peau.

Serpent sinueux

Vous l’aurez sans doute remarqué, je ne parlerai de Serpentine que dans sa version poche dans la collection Folio SF de Gallimard. Mais ça n’empêche pas de parler de tout le tintouin – oui c’est un mot que j’ai envie d’utiliser à outrance aujourd’hui – des autres éditions. Et j’ai bien dit des.

Au début de l’ouvrage, en effet, on peut lire que l’ouvrage est sorti précédemment en 2008 chez Bragelonne, dans une version grand format dont la couverture est visible sur l’affiche de ce mois d’août, comme la version Folio SF d’ailleurs, comme l’avait justement remarqué un habile lecteur. Cependant, avant de paraître en grand format chez Bragelonne, le recueil était paru en 2004 aux éditions de l’Oxymore, qui a fermé ses portes en 2006, d’où la récupération d’une partie des auteurs par d’autres éditeurs. On ne va pas s’en plaindre, puisque ça nous a permis une disponibilité des ouvrages de l’auteure.

Un itinéraire intéressant pour un ouvrage qui a fait parler de lui, j’arrive effectivement à Mélanie bien après la guerre. Cette dernière, comme il est dit en prologue de l’ouvrage dans l’édition Folio SF, a été primée de nombreuses fois que ce soit pour ses nouvelles (prix Merlin [x2], Grand Prix de l’Imaginaire, Prix Masterton [x2]), ses romans (prix Merlin, prix Masterton) ou ses traductions (Grand Prix de l’Imaginaire). Parce que la bougresse est aussi traductrice chez Bragelonne. Et c’est loin de s’arrêter là. Elle est également très active sur son site internet où sortent pas mal d’articles de fond des plus intéressants – je vous encourage vraiment à y jeter un oeil -, qui remplace son blog Rêves de Cendre fermé en mars 2015, et encore plus active (si si, c’est possible, enfin je crois) sur un très bon webzine musical : Le Cargo ! dont je vous partage ci-après la description :

« Le Cargo est un webzine pré-2.0 (il se murmure même qu’il aurait été conçu sur Minitel…) né quelque part en 1999. Il a voyagé de Paris à Cotonou (Bénin), de Mahajanga (Madagascar) à Ouagadougou, de Hambourg à Stockholm, et même de Strasbourg à Melun, s’enrichissant à chaque escale de nouveaux talents, de nouvelles inspirations.

C’est fort de ces périples en eaux internationales qu’il a rencontré un lectorat fidèle et exigeant. Des artistes reconnus nationalement (…) et internationalement (…) aux trésors dénichés ici ou là (…), le webzine offre une plateforme d’expression unique par son étendue. »

Un excellent moyen de se renseigner sur la scène musicale, quelles que soient vos accointances. Mais revenons à nos moutons (qui ne rêvent pas encore d’androïdes à vapeur, mais ça viendra peut-être). L’édition poche contient une préface de Michel Pagel (les remerciements tendent à indiquer que la préface était déjà présente, au moins chez Bragelonne, si ce n’est chez Oxymore). Michel sacré-nom de Pagel. Mais si ! Souvenez-vous on avait consacré un Y F’rait beau voir à son Roi d’Août !

Et là on assiste à une préface d’un Pagel, ami et conseiller de l’auteure, qui tient plus de la nouvelle que de la préface. Quelques pages pour nous emmener dans trois dimensions soigneusement choisies avant de nous livrer son avis plein de tendresse sur l’oeuvre de Mélanie Fazi. Une préface qui prévient le lecteur de la force des textes qui vont suivre, et qui coupe l’herbe sous le pied d’un honnête critique tel que moi – Attention, j’en entends qui rient au fond ! Bref, ce bouquin avait tout pour nous rosser les reins dès le début.

Tout ? Oui, parce que même sur l’illustration, on trouve difficilement quelque chose à redire. Pour la version Folio SF, c’est Bastien L., comme celle de Notre-Dame aux Ecailles et Arlis des Forains dans leurs versions poches, dont l’auteure dit de lui sur son blog : « Elle est toujours signée Bastien L. et complète très joliment la série de couvertures qu’il m’a faites pour cette collection. » Quand on voit desquelles elle parle, on ne peut qu’approuver. La couverture fournie par l’illustrateur prend tout son sens à la lecture du recueil, liant sur une même illustration des éléments de plusieurs nouvelles. Une véritable réussite à mon sens. Pour les précédentes versions, les couvertures étaient signées Jean-Marc Rulier (pour Oxymore) avec un beau visage pensif et Fabrice Borio (chez Bragelonne) – qui a signé des couvertures pour Norman Spinrad, dont on reparlera, notamment – qui nous gratifiait d’une couverture dans un style victorien des plus adéquats (la couverture chez Bragelonne de Notre Dame des Ecailles reprendra également ce ton).

Bref, de la préface aux remerciements, en passant par l’aspect, ce recueil suinte d’une ambiance qui ne vous laissera pas indifférent.

Pendant 1 mois, on va parler nouvelles et recueils, acrrochez-vous, c'est parti !

Pendant 1 mois, on va parler nouvelles et recueils, acrrochez-vous, c’est parti !

Mémoire des anthologies aromatiques

Mais on ne va pas en parler tout de suite, de l’ambiance. Non, ce serait trop facile et je sais que vous n’aimez jamais la facilité, rusés lecteurs. Avant cela, comme pour n’importe quel recueil, il faut en extirper la colonne vertébrale.

C’est quoi Serpentine ? Un recueil de nouvelles paru une première fois en 2004, avec le parcours que l’on sait ensuite. Ce sont 10 nouvelles, dont 7 inédites. Ce qui, si je ne m’abuse – et les dieux savent que j’aime ça -, nous laisse avec 3 nouvelles re-publiées. Alors on va s’y intéresser un peu. Parce que la construction d’un recueil n’est bien souvent pas une simple volonté de l’auteur : « Bonjour, Monsieur de l’édition, j’ai écrit des nouvelles le mois dernier, on en fait un bouquin ? » C’est plus souvent un parcours qui amène à la réunification de textes gravitant autour de thèmes communs, textes qui ont une histoire et un parcours propres. Ce parcours, pour Serpentine, a permis à trois nouvelles de mûrir :

Pourquoi s’attarder sur ces trois nouvelles ? Peut-être pour discuter du processus de création. On voit que les premières publications de 2001 – oui, il y a… 14 ans, Mélanie Fazi est déjà une auteure confirmée de la SFFF française – sont parues dans des anthologies dirigées toutes deux par Daniel Conrad, anthologiste et critique sur Noosfere. Ces deux premières publications permettent à Mélanie Fazi de fréquenter, du moins dans les pages des anthologies, des noms comme Jean-Pierre Andrevon, Francis Berthelot, Michel Pagel, Sara Doke (voir Star Ouest), Fabrice Colin, Philippe Curval (voir ce Testament) ou encore Jean-Claude Dunyach, et j’en passe. De plus, d’un point de vue éditorial, la fréquentation d’anthologies issues de petites maisons, dont les personnes motrices sont bien souvent des noms importants du paysage littéraire de genre en France (comme l’anthologiste à l’origine de Noires Soeurs, Serena Gentilhomme, Bisontine d’origine italienne),  permet de tisser un réseau qui permet ensuite d’ouvrir des possibilités nouvelles ; avec aussi des éditeurs de renom national, comme Fleuve Noir (qui a publié en son temps tous Les Royaumes Oubliés et les Lancedragon, dans univers de Donjon et Dragons).

Tout cela, allié aux conseils des anthologistes, des autres auteurs, aux rencontres et, bien entendu, au talent de l’auteur peut alors amener à la publication d’un recueil. Pour Mélanie Fazi, disons que la publication de 2004 a pu être encouragée par l’obtention du Prix Merlin en 2002 pour la nouvelle Matilda, précédemment citée, et du même Prix Merlin en 2004, mais en roman cette fois-ci, pour Trois Pépins du fruit des morts paru en 2003 chez Nestiveqnen, dont Michel Pagel parle dans sa préface.

Un parcours ma foi classique et qui a connu un succès suffisant pour que l’auteure soit récupérée par Bragelonne dès 2004 et son deuxième roman : Arlis les Forains. Pas mal non ? C’est ça le talent les p’tits gars. Et pour tous ceux qui n’auraient pas compris exactement l’exemplarité, dans le sens premier du terme, du cheminement de Mélanie Fazi, peut-être que la lecture des deux billets de Lionel Davoust de conseils aux jeunes auteurs (celui-là et un autre en 2 parties, ici et ) devraient vous faire voir la pertinence d’avoir pris autant de temps pour le décortiquer.


Retour de l’auteur sur mes suppositions ci-dessus :

Juste pour rebondir sur un point : l’initiative de publier « Serpentine » est venue de Léa Silhol chez l’Oxymore, pour sa collection dédiée aux recueils de jeunes auteurs, parce qu’on avait déjà un peu bossé ensemble. Les prix n’ont eu aucune influence je pense (en plus, c’était le tout premier Merlin, le prix débutait à peine 🙂 ). Et pour Bragelonne, en réalité, ça s’est décidé en même temps que « Serpentine », donc j’ai quasiment signé mes trois premiers contrats de parution à la suite, sans qu’une publication influe sur l’existence de l’autre. Juste pour resituer.


Mais recentrons-nous un peu sur le décorticage du recueil. Parce qu’on aime ça – si si je vous assure, vous aimez. Sinon que faites-vous encore ici ? Alors, donc, 10 nouvelles, dans lesquelles quelques similarités se remarquent du premier coup d’œil. Tout d’abord, sur l’ensemble du recueil, une seule nouvelle est écrite à la troisième personne du singulier. Les 9 autres sont, sauf erreur de ma part, toutes écrites à la première personne. Avec ce « je » dérangeant sur lequel on reviendra tout de suite. Cette nouvelle, Le Faiseur de pluie, est également celle à laquelle j’ai le moins accroché. Coïncidence ? Je n’en serais pas si sûr.

En effet, les 10 nouvelles se rejoignent, sauf peut-être la dernière, sur des ambiances bien particulières, propres souvent aux romans noirs, angoissantes et pesantes, où l’on cherche par les yeux du personnage à sortir de la bulle oppressante. Pour faire simple, la principale force de la plupart des nouvelles du recueil est de nous plonger dans l’esprit d’un individu aux pensées pas toujours en adéquations avec nos propres idées. De cette ambiance générale extrêmement réussie, qui donne une homogénéité incroyable au recueil, ressortent deux nouvelles : Le Faiseur de pluie, qui la respecte mais l’exploite différemment, brisant pour moi le sentiment d’immersion, et Ghost Town Blues, nous emmenant dans une ville du désert de Sonora (Arizona), si j’ai bien deviné, où le décor western (qui n’aurait pas dénoté dans Star Ouest) nous sort un peu de l’immersion (toutes les autres nouvelles se passant dans notre monde contemporain). Une bonne chose, donc, qu’elle fut placé en fin de recueil.

Cette ambiance est terriblement bien réussie et on comprend les mots de Michel le préfaceur Pagel, quand il dit :

« Mélanie Fazi est un monstre.
Il devrait y avoir des lois contre ça.
[…] Elle n’a à son actif que deux courts-romans […] et quelques nouvelles […] mais elle est déjà un écrivain à part entière, avec son écriture, ses thèmes, ses obsessions, en un mot sa patte, et il devrait être interdit d’être si doué avec si peu d’expérience. Moi qui vous parle je trouve ça vexant. »

T’inquiète Michel, comme on dit par chez moi. En tout cas, pour un premier recueil, il est rare que l’intensité et la force des textes soit telle qu’elle m’oblige à ne pas enchaîner les lectures. Diablerie, voyez-vous.

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Quand j’ai rencontré Mélanie Fazi, on a parlé tatouages. Jamais dédicace ne fut plus pertinente.

Petit Théâtre de Mélanie

A présent, on va pouvoir sortir les doigts du cambouis et plonger les bras dans les tripes. Ou le fromage de tête. Disons que vous pouvez appeler ça comme vous voulez, de toute façon, c’est thématique.

La première chose à remarquer ce sont les personnages. Qu’ils soient de doux idéalistes rêveurs ou les derniers des psychopathes – d’ailleurs Mélanie Fazi nous montre bien que des uns aux autres, il n’y a pas grand chose bien souvent – la plupart sont des jeunes gens qui se heurtent de plein fouet au monde de la maturité, avec toute l’incompréhension que cela implique. Publiées pour les premières (2001) alors qu’elle avait aux alentours de 25 ans, et probablement réfléchie et mûrie avant cela, des nouvelles comme Nous reprendre à la routeMatilda ou le Passeur montrent une volonté de décrire les influences qui pèsent sur la vie des jeunes adultes ; des influences pas toujours compréhensibles et facilement sur-interprétables – Comment ça c’est ce que je fais, là de la sur-interprétation ? Toutafé. D’ailleurs dans Elegie, dont la narratrice est adulte, ce sont des peurs et souvenirs d’enfance qui closent la nouvelle. Dans Le Faiseur de Pluie, où les personnages sont deux enfants, c’est une recherche profonde dans la conviction que ces enfants ont de leur enfance qui s’entreprend, ritualisant un passage à plus de maturité, encore une fois sous le fait d’influences issues du monde des adultes.

De même, pour rester sur les personnages, la narration à la première personne joue un rôle essentiel dans la réussite des neuf nouvelles qui empruntent cette forme. Que le narrateur soit un jeune homme perdu, un mort qui se se souvient, un observateur extérieur, un artiste à la dérive, un meurtrier repentant ou encore un fou à lier à deux doigts de la rechute, le « je » nous invite à explorer avec eux quelques instants de leur psyché en errance. On est tantôt amené à avoir de la compassion pour un meurtrier, de l’envie pour la liberté d’une jeune fille disparue ou bien simplement nous horrifier du flegme, dicté par l’habitude, de celui qui, de loin, regarde calmement quelques individus en faire disparaître un autre. Tous les personnages sont des humains comme le lecteur ou l’auteure elle-même, tout en demi-teintes et en niveau de gris, jamais limitables à quelques traits. On sait même que, quand on les laisse, ceux-là vont continuer à vivre en dehors de la nouvelle, et s’extirper du carcan du texte pour évoluer sous de moins tristes tropiques. C’est le « je » qui permet cela, tout comme la remarquable quasi-absence de dialogues, dont l’auteure me confiait il y a peu qu’elle n’avait pas l’habitude d’en écrire et qu’elle avait longtemps évolué avec bien plus d’aisance dans de la description. Et je puis vous assurer qu’aisance ne veut pas dire facilité tant l’efficacité des descriptions est au rendez-vous. Chaque recoin est fouillé et, s’il ne l’est pas, c’est tantôt qu’on n’a pas assez bien lu, tantôt qu’on l’imagine sans mal et que, plus tard, quand il vient en pleine lumière, ce recoin nous est connu.

Bref, c’est vachement bien.

Mais il y a encore une dernière chose à aborder. Last but not least, dit-on dans la langue de Jim Morrison : c’est l’omniprésence de la musique. Dans la première partie, je vous parlais de son activité de chroniqueuse pour le webzine Le Cargo !, Michel Pagel aborde le sujet dans sa préface, et nous allons nous y attarder quelque peu ici. L’écriture de Mélanie Fazi est musicale. Elle chante. Elle tinte. Alors, oui, il y a évidemment ces moments où une jeune punkette d’autoroute balance des titres rocks des années 1970 dans les écouteurs trop sonores de son walkman, il y a ces musiques volontairement mises en abîme dans le texte, qui aident et supportent la narration. Mais il y a aussi la musique du silence – à moins que ce ne soit le Jardin, j’sais plus – qui traverse nombre de nouvelles, il y a le chant clair des muses antiques dans Mémoire des herbes aromatiques, ou de la hantise du remord dans Le Passeur ; il y a le blues lancinant de Ghost town blues, qui n’est mentionné que dans le titre (et encore, il s’agirait plus du spleen que de la musique à mon humble avis) mais qui imprègne chaque ligne ; il y a le tchacatchac sec et immuable des rames de métro dans Petit Théâtre de Rame, il y a la voie crue de l’adolescence qui hurle dans Rêve de Cendres (oui, comme le nom de feu le blog de l’auteure cité plus haut) ; et il y a la voix envoûtante du tatoueur de Serpentine, une nouvelle dont les contours mêmes du dessin imaginé chantent à nos oreilles pour ouvrir magnifiquement le recueil.

Et puis. Et puis il y a Matilda. Pas étonnant que cette nouvelle ait été récompensée d’un Grand Prix de l’Imaginaire tant elle dégage quelque chose d’exquis. Ce n’est pas tant le dénouement qui importe que la façon envoûtante qu’a l’auteure de nous projeter au premier rang d’un concert de rock comme on n’en fait plus, dans les yeux d’une adolescente furieusement en admiration devant ce bout de femme incroyable qui crache ses tripes dans le micro. La façon dont Mélanie Fazi fait se serrer votre estomac au rythme des basses que les enceintes de papiers du recueil ne crachent que dans votre petite tête de lecteur conquis. De mémoire, je n’ai jamais lu de texte parlant de musique, de live, avec une telle puissance et une telle justesse. Même Alternative Rock, une anthologie dont on avait parlé et qui regroupe de grands noms de la SFFF anglo-saxonne autour des figures du rock n’avait pas cette portée, même avec Patti Smith. Ici, avec un groupe qui n’existera jamais que dans ce recueil, on est projeté bien loin par un violent uppercut de vibrations à l’estomac. Cela marche-t-il parce que le type particulier de musique choisie me parle ? Je n’en sais rien, et au fond, je n’ai pas vraiment envie de le savoir.

Trois recueils de nouvelles à son actif. Trois bijoux que nous allons découvrir ensemble.

Trois recueils de nouvelles à son actif. Trois bijoux que nous allons découvrir ensemble.

A retrouver bientôt

Des semaines, des mois donc. Mais pourquoi ? Pourquoi j’ai attendu si longtemps avant de découvrir cette auteure dans le texte ? Quelque chose me dit que je ne suis pas le premier à me prendre un KO en 25 pages.

Toujours est-il que c’est chose faite et que, désormais, je puis vous assurer que vous allez revoir l’auteure incessamment sous peu sur les flux multimodaux de la Faquinade. Et dès le mois prochain.

Sur ce, je retourne me rouler en boule dans un Jardin des Silences.

Vil Faquin.

A propos de place du rock : Alternative RockUn rêve mandarine, Notre-Dame-aux-Ecailles,
Il était une fois… l’interview, et Interview de l’auteure..

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13 commentaires

  1. J’en crois pas Meyzieux ! On parle de Mélane Fazi sans aucun jeu de mots sur les jolis siens. Une honte, mon bon Monsieur ! 😉

    En tout cas, c’est vrai que c’est un monstre du texte court, et c’est une orientation qui me plaît.

    1. J’ai pas voulu rentrer dans ce genre de considérations, sinon je m’en serai pas sorti vois-tu. Déjà le corbeau.
      A moi donc, que ça plait ! J’ai du coup hâte de lire la suite morbleu ! (enfin quand je dis la suite, c’est pas la suite, c’est les autres trucs courts qu’elle a écrit. C’est pas le deuxième album de 1995 non plus, qui de toute façon s’écouterait. Comment ça je m’enfonce ?)

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