Jurassic Park

Jurassic Park / Le Monde Perdu (The Lost World) / Jurassic Park III / Jurassic World
Spielberg #1

Steven Spielberg
Joe Johnston / Colin Trevorrow

Cet article est le premier d’un tétraptyque sur Spielberg : Cheval de GuerreEmpire du Soleil, Indiana Jones 4.

Les deux papiers précédents (Effets Spéciaux 1 et 2) devaient introduire celui sur la saga Jurassic Park, et nous y sommes [ndlf : et ouais, on dirait presque qu’on a une ligne éditoriale hein]. Jurassic Park est l’une des sagas les plus populaires de l’histoire du cinéma. Le premier film de 1993, réalisé par Steven Spielberg, est rentré dans l’histoire pour tout un tas de raisons, mais surtout pour avoir connu un succès monstrueux et changé la face du blockbuster et du monde (comment ça je m’emballe ?). Le film de Spielberg a connu trois suites : Le Monde perdu en 1997, peu aimée, et Jurassic Park 3 en 2001, largement conspuée. Très récemment, le quatrième film, qu’on n’attendait plus, Jurassic World, a remporté un immense succès et offre un nouveau départ à cet univers si populaire [ndlf : voir deux avis intéressants en vidéo : ici et ].

Bon, bah, on va rentrer dans le vif du sujet. Et par vif, j’entends : dans la chair. Si vous voyez ce que je veux dire.

Teaser et Spoiler :

Teaser et Spoiler : « Graou ! Graou ! Des dinosaures ! Graou ! Miam ! Gragraou ! »

Des tréfonds du jurassique littéraire

Jurassic Park est, à la base, un roman de Michael Crichton, auteur à succès de thrillers scientifiques, dont les livres ont été adaptés au cinéma moult fois, notamment avec Sphère et Le Treizième Guerrier, déjà traités ici. La légende veut que Crichton ait écrit ce roman en flairant le retour à la mode des dinosaures, et il n’aura pas eu tort, le bougre [ndlf : je dirais même plus, le sacripant]. Steven Spielberg (grand ami de l’auteur) ainsi que le studio Universal achètent les droits du livre avant sa publication. Notons que l’ami Steven produit, depuis la fin des années 1980, avec son comparse George Lucas et le génie de l’animation Don Bluth, la série de dessin animé Le Petit Dinosaure et la Vallée des Mere, sorte de Bambi préhistorique (Faquin je sais que tu as les VHS sous ton matelas).

Le Parc Jurassique, de son titre français (qui sera aussi le titre québécois, mais du film cette fois), remporte un vif succès en librairie, mais Spielberg ne désire pas être réalisateur d’une adaptation au cinéma, juste la produire, comme il l’a fait pour des films comme Retour vers le futur. En effet, il planche sur son grand film rêvé, La liste de Schindler (adaptation du livre de Thomas Keneally), fresque intense sur la Shoa, mais a du mal à financer ce film difficile. Universal accepte de produire ce dernier si Spielberg réalise Jurassic Park. Le papa d’Indiana Jones accepte, et fait remanier l’histoire du livre afin de transformer ce thriller scientifique en film d’action et d’aventure. Les personnages sont simplifiés, ainsi que l’intrigue. Il embauche des comédiens de talents et expérimentés (mais aucune star) pour camper solidement les personnages. On retrouve Sam Neill (À la poursuite d’octobre rouge, L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux…), Laura Dern (Sailor and Lula, Blue velvet…), Jeff Goldblum (La Mouche…) et bien sur l’acteur-réalisateur Richard Attenborough.

En parallèle, les équipes d’ILM préparent les effets spéciaux, avec pour objectifs de montrer des dinosaures dans des plans larges, en train de courir, et qui soient autre choses que des gros mastodontes avançant lentement. Le film coûte au final 65 millions de dollars, ce qui est bien moins que Terminator 2 sorti deux ans plus tôt. À sa sortie, les effets spéciaux font sensation, et Jurassic Park devint l’un des plus grand succès de l’histoire, et le plus grand succès de Spielberg, battant E.T et Les Dents de la mer. Sans cesse cité, parodié ou repris, Jurassic Park est devenu un film plus que culte, adulé par toute une génération l’ayant découvert petit, et sans aucun doute le film favori de beaucoup de gens. Le succès impressionnant des éditions Blu-ray toute belles toute propres, et de la ressortie en 3D du film, le prouve bien.

Je vais très vite rappeler l’histoire du film, pour la forme, mais tout le monde l’a vu dix fois donc bon. John Hammond, le propriétaire de la société Ingen, veut ouvrir un zoo avec des dinosaures dedans – les monstres du passé étant ramenés à la vie grâce à la science magique de la biologie génétique. Des spécialistes (paléontologues, mathématiciens et autres avocats), doivent visiter le parc (disposant de CD-ROM interactifs !) en avant-première pour le juger, accompagnés par les petits enfants d’Hammond. Mais il y a une tempête, les dinos s’échappent, des gens se font croquer… Le film se termine sur un plan montrant des pélicans volants. Ce plan a plusieurs significations : tout d’abord, il rappelle l’idée défendue par le film, celle que certaines familles de dinosaures ont évolué en oiseaux. Ensuite, il montre le retour rassurant à la nature que nous connaissons, celle à notre échelle.

Spielberg est ici en terrain conquis, de l’aventure, des gros monstres, il a déjà fait tout ça et très bien. Sorte de mix entre Indiana Jones et Les Dents de la mer, Jurassic Park brille par sa mise en scène maitrisée au millimètre, sa musique splendide (John Williams au mieux de sa forme), ses effets spéciaux bien sûr, son sound design absolument magique et son scénario simple mais tellement efficace. Chaque personnage est clairement identifié (le héros Allan Grant, l’avocat véreux…), et chacun porte d’ailleurs des vêtements de couleurs différentes. Ils ont tous un petit arc narratif qu’ils remplissent gentiment, tout cela fonctionne parfaitement. Mais les vraies stars du film, ce sont les dinosaures. Spielberg abandonne le format cinémascope pour un format plus haut, afin de pouvoir cadrer des bestioles sans trop s’en éloigner. Le cinéma de Spielberg a toujours été tiraillé entre deux sensations très proches, l’émerveillement (Rencontres du troisième type) et la terreur absolue (Les Dents de la mer), et tout cela passe par la vue des personnages (d’où le nombre important de plan montrant des gens qui regardent dans sa filmographie). Jurassic Park, avec ses monstres venus des tréfonds du passé, s’y prête parfaitement. L’apparition des sauriens est travaillée pour impressionner ou terrifier. Les premiers dinosaures que l’on voit sont d’inoffensifs géants, les brachiosaures (qui se déplacent en troupeaux). Devant leur taille titanesque, les personnages sont émerveillés, effet garanti pour le spectateur grâce à la musique de John Williams. Mais c’est sans musique que la dimension terrifiante des créatures arrive. En effet, beaucoup plus tard, le T. Rex, véritable star de la franchise, apparaît lors de ce qui est sans aucun doute la meilleure scène du film. Il débarque dans un plan assez lent, et bien préparé. Comme les personnages, on est d’abord fasciné de voir ce tueur géant, avant que la terreur ne prenne le pas. Toute la saga oscillera entre émerveillement devant les beautés de la nature et terreur devant sa cruauté implacable.

NON NON JE NE SUIS PAS FAN DE CRICHTON

Quand le Vil Faquin a reçu cette photo, elle s’intitulait : « NON JE NE SUIS PAS DU TOUT FAN DE CRICHTON. »

A la poursuite du Jurassic

On qualifie souvent Jurassic Park de méta-film. Pourquoi ? Eh bien, pour plusieurs raisons. En bon petit descendant d’Hitchcock qu’il est, Spielberg joue avec l’attente du spectateur, en l’assimilant complètement aux personnages principaux. Comme à eux, on nous promet des dinosaures et on les découvre avec eux. Nul doute que les premiers spectateurs du film ont eu la même réaction qu’Allan Grant et Ellie Sattler devant les premières images de dinosaures. Cet aspect méta atteint un paroxysme avec la scène ou les personnages regardent une vidéo explicative sur la création des dinosaures, en réalité destinée au public du parc et du film en lui-même.

Néanmoins, le film souffre de quelques défauts. On peut citer certaines ficelles scénaristiques trop évidentes, ou encore la photographie généralement assez fade, avec un aspect relativement toc parfois, mais ce premier film reste cependant le meilleur et le plus intéressant de la franchise.

Jurassic Park, comme le livre qui lui sert de base, se veut être une critique des dérives de la science et de la génétique. Il pose la question de l’éthique. A-t-on le droit de créer des espèces juste parce qu’on peut ? L’un des thèmes principaux est l’inéluctable victoire de la nature sur l’humain. La tempête ravageant le parc, puis les dinosaures s’échappant, symbolisent ici la nature reprenant ses droits, quoique d’aucuns se demanderaient si des dinosaures OGM sont vraiment naturels.

Nous pouvons également remarquer que le personnage de John Hammond change du tout au tout du livre au film. Chez Crichton, il est un entrepreneur animé par l’ambition et le rêve de profit, qui n’a que peu de considération pour les dinosaures. Il ne survit d’ailleurs pas à l’aventure. Chez Spielberg, il devient un doux rêveur qui n’a pas assez réfléchi avant de construire son parc et de créer des dinosaures, et il est épargné à la fin. Il est gratifié de certaines séquences le rendant complètement touchant, par exemple quand il raconte ses premières attractions, bien modestes… Il est même montré en train de manger des glaces qui fondent à cause de la coupure de courant, tentant de s’occuper l’esprit, ses petits-enfants étant introuvables dans le parc. Ce détail m’a toujours touché, et le rend complètement humain, je ne saurais dire pourquoi. Il revient même dans le second film, cette fois complètement en tant que gentil. C’est que Spielberg a dû sacrément s’identifier a ce vieux créateur de parc d’attraction. Le cinéma de Steven a toujours été comparé à une attraction, à des montagnes russes. Si ces raisons sont évidentes pour la série des Indiana Jones, c’est aussi à cause de l’excellente direction de spectateur de Spielberg que cette comparaison prend sens. Que ce soit pour E.T. ou Les Dents de la mer, Spielberg dirige totalement ce que pense et ressent son personnage (ce serait pas plutôt « son spectateur » ?), ses films ne sont pas du tout intellectuels, et ne fonctionnent qu’au ressenti (ce n’est pas du tout un défaut). Comme dans une montagne russe, le spectateur s’installe dans son siège et se laisse porter par le film pour arriver où Spielberg veut l’emmener.

Mais comme Hammond, on peut reprocher à Steven certaines choses faites avec les meilleures intentions. Lorsqu’il a touché a de grands thèmes, la ségrégation avec le très mauvais La Couleur pourpre et le guère mieux Amistad ou encore la Shoa avec La Liste de Schindler, nombre de plans, de scènes sont très facilement très mal interprétables. Je pense par exemple au suspense très mal venu dans certaines séquences de La Liste de Schindler, ou à la révolte des esclaves dans Amistad, qui sont filmées exactement comme les vélociraptors de Jurassic Park. Comment ça je sur-interprète ?

Le succès ahurissant de Jurassic Park laissait deviner une suite, encore plus impressionnante. Michael Crichton, ne se laissant pas déstabiliser, entame très vite la rédaction d’un second livre intitulé Le Monde perdu, subtil hommage au Monde perdu d’Arthur Conan Doyle. Il décrit les aventures d’un groupe de personnages, dont des enfants et des chasseurs de dinosaures, plongés dans une des îles du groupe Ingen où les dinosaures vivent en toute liberté, dans un écosystème stable, un vrai monde préhistorique à notre époque. Si on passera sur le fait qu’un écosystème peuplé de si grands animaux ne peut être stable sur une si petite île, et que la faune et la flore d’origine ont du être bousillées, il faut bien admettre que le concept est très plaisant. Spielberg s’empare de tout cela et fait modifier en profondeur l’histoire. Tout est simplifié, les enjeux et personnages changent, même si on garde les chasseurs de dinosaures. Si le livre en profite pour dévoiler les dessous de la société Ingen (le taux de mortalité très élevé chez les dinosaures, les conditions d’élevage, la machine a café qui ne marche pas…), le film occulte totalement cet aspect, ce qui est dommage à mon sens.

Le Monde perdu, le film, raconte comment les nouveaux patrons d’Ingen veulent recréer un parc à dinosaure à San Diego. Pour cela, ils envoient des chasseurs de dinosaures capturer des spécimens pour les ramener. Hammond, mis à l’écart, envoie quant à lui une équipe prendre des photos pour que le monde sache et que les dinosaures soient protégés. Hélas, chasseurs de dinos et écolos vont vite s’opposer et puis le T. Rex arrive et montre qui est le patron, tout part en cacahouète, les personnages secondaires se font manger… Les chasseurs de dinosaures arrivent cependant a ramener un T. Rex et son petit à San Diego, ce qui offre un final des plus rigolo au film, où notre dino saccage des rues entières. De nouveaux dinosaures font leur apparition, comme les stégosaures, les compsognathus ou encore les Stégoceras.

JP 1 et 2, quelques moments choisis.

JP 1 et 2, quelques moments choisis.

Jurassic Town

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce second film est très différent du premier, ce qui est louable. Spielberg veut faire du Monde perdu un grand film d’aventure comme on en faisant avant les années 1960, à la manière du Monde perdu de 1925, ou de King Kong de 1933. Le film reprend d’ailleurs la structure de ce dernier, et multiplie les hommages et références. On retrouve l’archétype d’un autre temps du grand chasseur blanc, à la manière d’un Allan Quatermain, en la personne de l’antagoniste chasseur de dinosaures. John Williams choisit de composer une musique très différente du premier, ce qui est couillu. Le thème culte de Jurassic Park se fait discret, et une musique pleine de percussions et rappelant grandement les films d’aventures d’antan prend le dessus. Sachant que le public ne serait pas aussi impressionnable que pour le premier film, Spielberg s’autorise des caméras bien plus mobiles, et la photographie du film est bien plus sombre, les décors bien plus oppressants (l’environnement de la forêt semble aussi dangereux que les dinosaures). Cette démarche sera reprise avec un certain éclat par le King Kong de Peter Jackson. Le personnage de Jeff Goldblum revient, même s’il n’a plus grand-chose à voir avec le premier film. On trouve aussi une tripotée de second rôle campé par de bons acteurs, Vince Vaughn (Dodgeball [ndlf : DodododododododoDODGEBALL], Into the wild…), Julianne Moore (Still Alice, The Hours…), Peter Stormare (Fargo, The Big Lebowski, Armageddon…) et Pete Posthlethwaite (Au nom du père, Usual suspects…).

Le Monde Perdu rapporte beaucoup moins que son prédécesseur et déçoit critique et public.

Ce second film n’a pas vraiment le même message que Jurassic Park. SI l’idée de la nature incontrôlable est toujours là, le message est avant tout écologique. Il ne faut pas abîmer la nature, pas embêter les gentils animaux, parce que ce n’est pas bien voyez-vous. Comme dans le premier film, le thème de la famille est ici présent. Les événements et les péripéties rapprocheront les membres d’une famille et tout et tout. Que du revu en somme.

Si le film n’est pas vraiment aimé, c’est qu’il croule sous les incohérences et les fautes d’écritures, à un tel point que le visionnage demande parfois beaucoup d’indulgence. On en vient plus à apprécier les chasseurs de dinosaures que les héros, dont les actions sont incroyablement stupides, et qui semblent n’avoir aucune considération pour la vie humaine (par contre pour les dinosaures pas de soucis). Le final est rigolo, mais n’a aucun sens et arrive comme un cheveu sur la soupe.

Cependant, les effets spéciaux et l’aspect plastique global dépassent celui du premier. De plus, certaines scènes sont absolument géniales, je pense à l’immense partie de chasse aux dinosaures dans une plaine ou on voit les véhicule passer entre les animaux, la séquences où les compsognatus (des petits dinosaures de la taille d’un poulet) dévorent lentement Peter Stormare, ou encore la fameuse scène dans les hautes herbes où les raptors pourchassent nos héros (on leur a dit de ne pas aller dans les hautes herbes pourtant). Le film se clôt sur un panoramique montrant toute une pelletée de dinosaures gambadant joyeusement dans une nature préservée, parce que c’est bien de préserver la nature.

En 2001 sort le troisième opus, sobrement intitulé Jurassic Park 3. Cette fois c’est Joe Johnston (dont on a parlé ici) qui réalise. Ce dernier a déjà réalisé Jumanji et a travaillé sur Indiana Jones, entre autres. John Williams laisse la place de compositeur à Don Davis (Matrix…) qui reproduit sagement les thèmes des premiers films. Jurassic Park 3 marque le retour de Sam Neill dans le rôle d’Allan Grant. On trouve également William H Macy (Thank you for smoking, Boogie night, Fargo…) et Tea Leonie (Bad Boys…). Grant part avec une équipe de branquignoles récupérer un gamin perdu sur l’île aux dinosaures. Sauf qu’évidemment, rien ne se passe bien. Le film n’a été fait que comme un gros film de divertissement pour vendre du popcorn et des places de cinéma, et il ne dure d’ailleurs qu’une heure trente. On y trouve des tas de nouveaux dinosaures, comme des ankylosaurus, le nouveau gros carnivore, le spinosaure, et des ptéranodons (qui appartenaient à une autre famille de reptiles que les dinosaures, à savoir les ptérosaures). Le plan final montre des ptéranodons s’envoler vers d’autres horizons plus cléments, tels les personnages… qui trouvent ça mignon… personne ne panique… ces bestioles qu’on a vu manger des gens… Très bien… Pourquoi le film veut nous faire croire que des dinosaures dangereux qui sortent de l’île est une chose mignonne ?

Jurassic Park 3 est-il si mauvais que ça ? Oui et non. S’il est facile de rire des incohérences très nombreuses du film, du fait que le spinosaure semble vouloir la mort des héros, et pas juste manger, de la fadeur globale du film, de certains éléments particulièrement loufoques et de sa mise en scène fort peu imaginative, le film a quelques qualités. La séquence des ptéranodons est réussie, celle de l’affrontement final avec le spinosaure également, le gag du téléphone me fera toujours rire les effets spéciaux sont plusieurs crans au-dessus des films précédents (sauf certaines animatroniques), et le film tente de renouveler la saga, quand il eut été facile de tomber dans le fan service. Ainsi le T. Rex n’est plus la menace ultime, les raptors sont plus malins… Jurassic Park 3 est également aussi l’un des derniers gros blockbusters dans le style des années 1990. Il est sorti très peu de temps avant les attentats du World Trade Center et de la transformation brutales des mentalités, et donc du cinéma : le Faquin en a parlé largement ici.

Jurassic Park 3 ne propose cependant pas de nouvelles approches thématiques, hormis la traditionnelle réconciliation familiale, et l’idée qu’on peut se dépasser pour sauver les êtres aimés. Jurassic Park 3 laissait supposer une conclusion pour la saga Jurassic Park. En effet, l’idée était plus ou moins insinuée par le film et l’équipe lors de la promotion que la vraie nature (la faune et la flore d’aujourd’hui) allait reprendre ses droits et les dinosaures s’éteindre. Une bien bonne idée, et logique car les sauriens de Jurassic Park sont une création de l’homme, et ne sont plus adaptés à notre planète. Le spinosaure devait d’ailleurs jouer le rôle d’exterminateur, un tueur trop gros pour son environnement. Le titre du quatrième film, devant faire suite directement au troisième, est resté pendant longtemps Jurassic Parc Extinction. Mais les réactions très négatives du public et de la critique ont considérablement ralenti la production de ce quatrième film, et des idées qu’il aurait pu proposer.

Il a fallu attendre presque 14 ans pour voir arriver Jurassic Park 4, intitulé Jurassic World et réalisé par l’illustre méconnu Colin Trevorrow qui a la lourde tache de redorer le blason de la saga. Je vais très peu en parler, étant donné qu’il est toujours en exploitation en salle à l’heure ou j’écris ces lignes. Jurassic World est à mon sens une réussite. La saga prend un nouveau départ plus que souhaitable, mais abandonne l’idée de l’extinction mise en place par le troisième film. Un vrai parc à dinosaures est enfin ouvert, avec un public nombreux venant le visiter. Mais pour garder ce public, l’innovation est nécessaire, et un dinosaure hybride, aberration génétique, est créé. Jurassic World propose plusieurs idées forts bien traitées, comme la possibilité de créé un lien avec les raptors, dont on nous vante l’intelligence depuis trois films. Le concept du parc en lui-même, calqué sur de véritables parcs zoologiques, est fort réussi, notamment avec les poneys dinosaures et le mosasaure (qui n’est pas un dino, mais appartient à une autre famille de reptile). L’idée de méta-film revient, on découvre le parc avec les personnages des enfants, qui sortent des phrases que des fans de la saga ont pu sortir (« j’en peux plus d’attendre ! »). L’un des personnages, Dr. Henry Wu (déjà présent dans le premier film), explique même que les dinosaures du parc ne ressemblent très probablement pas aux véritables anciens dinosaures, ce qui est une idée fort intéressante.

On peut très facilement y voir une métaphore des blockbusters et de leurs productions. Comme le public de Jurassic World, le public actuel n’est plus impressionné par de simples monstres en 3D, il faut toujours faire plus, même lorsque cela n’a plus de sens.

Un bout de JP 3 qu'on oubliera et cette scène emblématique de JW qui a déchaîné les passions du monde entier.

Un bout de JP 3 qu’on oubliera et cette scène emblématique de JW qui a déchaîné les passions du monde entier.

Where are thou’?

Cependant Jurassic World s’engouffre dans une série d’hommage, de fan service, certes parfois réussis, mais assez stériles, comme s’il essayait de régler ses comptes avec le premier film, mais espérons que les suites probables s’émanciperont plus. Le film ouvre sur tout un tas de voies possibles pour les suites. L’utilisation des dinosaures pour l’armée (signalons au passage un personnage totalement dispensable), mais aussi peut être pour l’industrie agroalimentaire, je ne sais pas. Il donne également de l’ampleur à la saga, qui restait centrée sur seulement quelques personnages, à l’exception de la fin du deuxième film. Comment le monde va-t-il changer avec la réapparition massive des dinosaures ? [ndlf : même s’il est possible de comprendre que le quatrième opus se place directement après le premier, sans autre forme de procès]

La saga Jurassic Park aura, espérons le, encore beaucoup de chose à nous proposer.

Lemming Affranchi

Du même réalisateur : Minority ReportCheval de guerre et Empire du Soleil.

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11 commentaires

  1. Très intéressant et riche, ce billet ! (avec comme toujours une plume délicieuse ^^)
    Ah, Jurassik Park… j’avais lu le bouquin après avoir vu le film. Je me souviens que ma grand-mère m’y avait emmenée, et avait mis sa main sur mes yeux pour que je ne vois pas le type se faire manger sur les toilettes (bon, j’avais 9 ans, hein ^^). J’adore le revisionner de temps en temps. Le monde perdu, je ne l’ai pas trouvé si mauvais (lu le livre aussi), par contre le 3… n’en parlons pas ! Je n’ai pas été voir le tout dernier, je préfère garder la magie des souvenirs du 1 originel, appelez-vois une nostalgique, j’assume ^^
    (sinon, je note une apparition de Legos, enfin ! ;))

    1. L’apparition de Légos est une erreur qui sera vilement châtiée. Le Lemming en prendra pour son grade !
      Merci pour ton retour en tout cas et, si tu veux garder la magie, Jurassic World est excellent pour ça !

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