Le Programmeur de Mémoire

Le Programmeur de Mémoire (The Memory Coder)

Jessica Brody

Comme l’an passé, le mois d’Août sur la Faquinade rime avec nouvelles. En effet, jusqu’à la fin du mois, et hormis les deux Mots des Pros et les articles cinéma du Lemming Affranchi, vous n’aurez droit qu’à de la nouvelle. C’est ce qu’on appelle « Août, c’est nouvelles coûte que coûte ! » et ça commence maintenant !

D’ailleurs, pour débuter ce mois de folies autour des récits courts, on ressort un éditeur qu’on apprécie tout particulièrement, Au Diable Vauvert. Je dis ressortir parce que malgré tout, nous l’avons seulement peu croisé en nos terres : pour Un jour la guerre s’arrêta de Bordage et plus rapidement autour de l’article inaugural de notre section Edito avec leur publication gratuite du discours de Neil Gaiman : Pourquoi notre futur dépend des bibliothèques, de la lecture et de l’imagination ? Si le premier était, on peut le dire, après plus d’un an, un beau foirage et notre article le plus à côté de la plaque en termes d’analyse et de perspicacité, le deuxième nous a permis, avec de beaux retours en décembre dernier, de lancer de façon pérenne une nouvelle section.

Mais avant d’en parler plus avant, y’a tout un contexte, et on va le poser tout de suite.

Pendant 1 mois, on va parler nouvelles et recueils, acrrochez-vous, c'est parti !

Pendant 1 mois, on va parler nouvelles et recueils, accrochez-vous, c’est parti !

Young Memory

Tout d’abord avant tout pour commencer en premier lieu – rayer les mentions inutiles – il s’agirait de définir ce que l’on entend par le terme « nouvelles » pour le mois à venir. Dans nos contrées francophones, il est vrai que nous avons un peu pris l’habitude de qualifier tout récit de fiction qui ne se rentre pas dans la case du roman comme étant de la nouvelle. Ce qui est, convenons-en, assez vague et fourre-tout pour être flou.

Nos amis anglo-saxons ont quant à eux défini plusieurs niveau de courts-récits pour différencier les genres de nouvelles que l’on peut trouver. J’en parlais récemment avec un collègue libraire, l’avantage d’une telle classification est notamment au bénéfice des librairies dont les rayons  gagneraient en lisibilité si seulement ce genre peu mis en avant pouvait, par une codification plus claire, se mettre en avant. Je suis rarement de l’avis du « c’est mieux ailleurs« , surtout quand il s’agit d’anglo-saxonnie, mais dans ce cas précis, les différenciations existantes permettraient peut-être de redonner un second souffle à un genre majeur de l’histoire littéraire moderne, notamment dans les littératures de l’imaginaire – allez je n’en citerai qu’un : Lovecraft ! voir.

Or donc :

Ce n’est pas que ces catégorisations interféreront avec notre activité du mois, mais il me semblait important de pouvoir profiter de ce mois d’Août et de cette lancée pour rappeler tout cela. Le but étant, bien entendu, de mettre également le phare sur un genre que j’affectionne tout particulièrement, tant pour son côté formateur que pour ses caractéristiques propres. Pour expliquer ces dernières, une fois n’est pas – mais alors pas du tout – coutume en ces lieux, je laisse la parole à Charles Baudelaire, Pierre de son deuxième prénom . Quoi qu’il pourrait presque finir sur La Faquinade le bougre, avec ses Petits Poèmes en Prose. C’est de la short story après tout. Bon bref :

« Elle a sur le roman à vastes proportions cet immense avantage que sa brièveté ajoute à l’intensité de l’effet. Cette lecture, qui peut être accomplie tout d’une haleine, laisse dans l’esprit un souvenir bien plus puissant qu’une lecture brisée, interrompue souvent par le tracas des affaires et le soin des intérêts mondains. L’unité d’impression, la totalité d’effet est un avantage immense qui peut donner à ce genre de composition une supériorité tout à fait particulière, à ce point qu’une nouvelle trop courte (c’est sans doute un défaut) vaut encore mieux qu’une nouvelle trop longue. L’artiste, s’il est habile, n’accommodera pas ses pensées aux incidents, mais, ayant conçu délibérément, à loisir, un effet à produire, inventera les incidents, combinera les événements les plus propres à amener l’effet voulu. Si la première phrase n’est pas écrite en vue de préparer cette impression finale, l’œuvre est manquée dès le début. Dans la composition tout entière il ne doit pas se glisser un seul mot qui ne soit une intention, qui ne tende, directement ou indirectement, à parfaire le dessein prémédité. »

L’auteur du Spleen de Paris et des Fleurs du Mal appuie là sur un fait totalement fondamental : la nouvelle est plus propice à faire passer un effet, un message. Alors, en bon Faquin que je suis, je reprends à mon avantage cette phrase qui colle avec l’esprit de la Faquinade et du Prix Exégète et j’y accole une autre. L’autre, c’est celle qui dit que le nouvelliste peut, doit se détacher des contingences du réel pour écrire. Voilà qui est rudement bien parlé pour un site concentré sur les littératures de l’imaginaire comme l’est le nôtre, chez lecteurs. D’autant que vous savez pas la meilleure ? C’est que Baudelaire a écrit les mots que vous venez de lire comme des notes à propos de ses traductions des contes et nouvelles d’Edgar Allan Poe, le père du fantastique.

Et oui, encore un autre qui est passé par la nouvelle. Si cela vous surprend encore, jeunes gens, n’en jetez plus, c’est que vous êtes dotés d’un esprit aiguë ! Enlarge your spirit !

A défaut d’autre chose, si vous voyez c’que j’veux dire.

La review du premier n'était pas bonne, celle sur le second si... So what's next ?

La review du premier n’était pas bonne, celle sur le second si… So what’s next ?

Transgénérationnalisme et thématiques

Pof. Nous voilà donc, on l’a rapidement dit en introduction, avec un ouvrage signé Au Diable Vauvert. Comme dans le cas du Neil Gaiman précédemment cité, l’éditeur a fourni ce petit fascicule aux libraires et aux lecteurs, comme il est indiqué sur le quatrième de couverture, afin qu’ils puissent profiter de la lecture d’une nouvelle inédite de Jessica Brody, auteure de la trilogie In-AccessibleIn-Oubliable et In-Altérable, des textes fortement orientés youg adult. Et on ne parle pas de la Jessica Brody de Homeland.

Bref, le Diable, par ce petit format découverte, à l’instar des Moutons Electriques et Folio SF lorsqu’ils envoient les premiers chapitres du dernier Jaworski aux libraires, entend faire un peu de publicité, au travers de son petit fascicule orange, autour de la trilogie de l’auteure. Quoi de plus normal après tout.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que, autant par la démarche que par le texte, c’est réussi. Tout d’abord, la démarche. Présenter l’oeuvre d’un/e romancier/e en publiant ici et là, de façon gratuite, promotionnelle, des nouvelles de type short-stories est une initiative doublement brillante. Déjà, ça ne mange pas de pain pour l’éditeur, de sortir ainsi des textes qui auraient peine à trouver une existence éditoriale autrement. De plus, la nouvelle se passant dans l’univers de la trilogie citée ci-dessus, elle offre un excellent point d’accès à l’univers que l’on veut promouvoir. Adoptant un point de vue a priori différent (personnage central différent de ceux des romans, de ce que j’en ai compris sans les lire), Le Programmeur de Mémoire nous amène rapidement à considérer l’univers clos dessiné par l’auteure et à vouloir en explorer les moindres limites.

Vous savez, chers lecteurs, tout l’amour que je porte au young adult comme genre en général – bon je dis ça, mais j’ai bien fait Les Contes de Beedle le Barde, mais pour d’autres raisons – mais je me suis dit que, pour saluer l’initiative, et pour une vingtaine de petites pages, je ne risquais rien. Fou que j’étais ! Après la lecture de cet agent orange j’ai rapidement pris conscience que le but de l’éditeur et, probablement, celui de l’auteure, était atteint sans peine. Le style de l’auteure se prête vraiment bien au format choisi et la traduction de Laëtitia Graffart est tout aussi excellente.

Enfin, n’oublions pas le plus important : les thématiques abordées. Si le côté femme fatale est un peu rudement amené et traité, tout l’intérêt de ce petit texte est de donner une preview de ce que la trilogie permettra par la suite au lecteur de développer. Comme son titre l’indique, Le Programmeur de Mémoire est un récit dont le point central est… la programmation de la mémoire. Ou plutôt la reprogrammation. Pour permettre à quelques déviants/criminels de se réintégrer dans la société sans souvenir de leurs mauvaises actions ou des motivations d’icelles, ou encore en qualité de contre-espionnage pour faire en sorte qu’une information sensible ne soit pas véhiculée à l’extérieur de l’endroit d’où elle n’est pas censée filtrer, la reprogrammation de la mémoire des individus semble être une possibilité pratique et utilisée sans scrupules par le héros de la nouvelle. On apprend même qu’il a fait de nombreuses années d’études et des tests pour être jugé apte à s’y lancer.

Deux choses, une fois encore, à soulever : mémoire et cyberpunk :

  • A propos de la mémoire, il est bon de voir que le travail effectué pour la publication de cette nouvelle et, du coup, de la trilogie, le tout orienté en young adult, permet de faire passer un champ de réflexion qui était jusque là trop souvent cantonné à la science-fiction mature. La trilogie de Jessica Brody est sous-titrée : « La trilogie de la mémoire » et la phrase phare, la catchline du premier tome est : « Quand se souvenir de son passé est pire que de l’avoir oublié. » La place de la mémoire dans le travail de Brody, au travers d’aussi peu d’éléments, n’est pas sans rappeler une autre certaine trilogie, cinématographique cette fois, celle de Jason Bourne dont le premier tome s’intitule : La Mémoire dans la peau (adapté du roman éponyme de Robert Ludlum). De la même façon que Ludlum, Brody mêle espionnage et altération de mémoire dans sa nouvelle ; deux thématiques qui semblent inextricablement liées depuis, notamment, We Can Remember It for You Wholesale (Souvenirs à vendre) du génial Philip K. Dick, plusieurs fois adaptée au cinéma sous le titre Total Recall. Cette transposition de thématiques habituellement traitées de façon mature à un public plus jeune laisse espérer de bonnes choses pour l’avenir d’un genre particulier telle que l’est – ou sait l’être – la science-fiction.
  • Le cyberpunk quant à lui, n’est pas présent de la même manière – ostensible – que le sont les questions entourant la mémoire. Si les questions mémorielles apparaissent dès le titre, les aspects cyberpunk se font nettement plus discret. Cependant, le titre lui-même les laisse déjà apparaître : programmeur de mémoire. Plus cyberpunk, tu meures je pense. Il n’empêche que ce courant de littérature, très en vogue dans les années 1980 a depuis disparu des modes (voir), malgré le récent portage à l’écran de Total Recall : Mémoires Programmées (2012). Y’a pas comme une thématique qui joue là ? Encore une fois, faire passer ces thématiques cyberpunk à une nouvelle génération en utilisant le biais d’une littérature qui a pour but de donner à de jeunes lecteurs les moyens d’appréhender un milieu littéraire dense et complexe (et le monde dans lequel il vivra, aussi) est une véritable bonne idée.
J'exagère peut-être le trait, mais j'ai comme qui dirait envie de ranger Le Programmeur de Mémoire au milieu de ça. Avouez que ça envoie.

J’exagère peut-être le trait, mais j’ai comme qui dirait envie de ranger Le Programmeur de Mémoire au milieu de ça. Avouez que ça envoie.

C’est go!

En soi, Le Programmeur de Mémoire n’avait pas suffisamment de matière pour que je lui dédie un article habituel complet. Pourtant je ne pouvais pas laisser passer l’occasion de mettre en avant à la fois l’initiative de l’éditeur, Au Diable Vauvert, et de l’auteure.

C’est pourquoi, le placer dans un billet d’ouverture de mois après une réflexion sur la nouvelle et sa conception en France a semblé être la meilleure solution car il ne pouvait être question de passer à côté de ce petit morceau d’espoir. Je ne lis effectivement pas de ya et il est peu probable (faute de temps, mais je dois avouer que ça me déplairait peut-être moins que prévu) que je trouve un jour le temps de lire la trilogie de la mémoire de Jessica Brody.

Quoiqu’il en soit, ce mois d’août, chaque fois que nous nous retrouverons, ce sera pour mettre l’accent sur de la nouvelle, des éditeurs et/ou des projets aux initiatives louables, et encore de la nouvelle. Alors accrochez vos ceintures, ça va cogner.

Vil Faquin.

A lire : Interview de Jessica Brody.
Autre petit fascicule gratuit : Pourquoi notre futur dépend des bibliothèques,
de la lecture et de l’imagination ?
Sur le cyberpunkCyberpunk 1988NeuromancienInner CityLa Voix brisée de Madharva,
édito de Raphaël Colson partie 1 et 2,
et Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques? / Blade Runner.

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21 commentaires

  1. « Nos amis anglo-saxons ont quant à eux défini plusieurs niveau de courts-récits pour différencier les genres de nouvelles que l’on peut trouver. J’en parlais récemment avec un collègue libraire, l’avantage d’une telle classification est notamment au bénéfice des librairies dont les rayons gagneraient en lisibilité si seulement ce genre peu mis en avant pouvait, par une codification plus claire, se mettre en avant.  » Heu ? Sérieux, y’a des gens qui choisissent une oeuvre principalement au nombre de pages et ça les coince pour lire des nouvelles ? °° Et les anthologies qui regroupent de toutes petites nouvelles et aussi des grosses (tiens comme notre pote Howard, là), on les range où ? Nos copaings d’outre-Manche ils font comment, ils les publient pas ou ils arrachent les pages pour classer bien ? Je ne suis pas du tout convaincue du succès ni même de la faisabilité d’un rangement de ce genre (je parle bien du rangement physique, la catégorisation ne me paraît pas nécessaire mais pourquoi pas histoire d’être précis), hormis coller les novellas à part, à la limite. Ou alors il me faut plus d’explications. Et on fait comment quand on veut lire juste un auteur qui écrit des choses différentes ? On fouille partout ?
    « Vous savez, chers lecteurs, tout l’amour que je porte au young adult comme genre en général – bon je dis ça, mais j’ai bien fait Les Contes de Beedle le Barde, mais pour d’autres raison ». Je vois pas le rapport, des contes c’est des contes, et ça sera jamais du YA. Tu dis ça parce que le Harry Potter jeunesse de mon enfance a désormais été phagocyté par cette monstruosité difforme ? :/ Quand même, tu vois ce que je veux dire, non ?
    « Encore une fois, faire passer ces thématiques cyberpunk à une nouvelle génération en utilisant le biais d’une littérature qui a pour but de donner à de jeunes lecteurs les moyens d’appréhender un milieu littéraire dense et complexe (et le monde dans lequel il vivra, aussi) est une véritable bonne idée. » Tu parles des mêmes qui couinent et pleurent que 1984 c’est laid et triste et chiant et compliqué et qu’ils n’auraient pas dû le lire et que franchement Hunger Games c’est mieux ? (j’ai pas d’exemple positif, désolée… ^^’ Bon d’accord il doit y en avoir)(mais HG c’est quand même pas si mal du tout)

    Je râle beaucoup ce soir, mais ta chronique me donne quand même envie de lire cette nouvelle, et ça me rappelle que Neuromancien fait partie de ma-liste-à-lire-un-jour-probablement.
    Ah oui, j’ai toujours pas sorti le fascicule sur les bibs de mon sac. Il y est bien, je crois. Je le transporte tous les jours.

    1. Je crois que tu t’emportes beaucoup. Pour pas grand chose. Les Contes de Beedle, comme je le disais dans l’article consacré, font partie de l’univers étendu de HP, qui est lui-même un truc de YA. J’ai rien contre la YA, ça me correspond juste moins. Et aussi, la référence est là pour placer le lien de cette ancienne chronique (tu sais, déterrer les vieilleries pour leur redonner vie, tout ça).
      Pour le classement, on peut ne reparler si tu veux en privé, pas de soucis.
      Au moins, y’a un rayon de soleil tu vois 😀 ! Au moins, si tu le transportes, tu éviteras les maladies du quotidien, comme l’ennui 😀 !

      1. Ah oui mais justement je trouve ça pas honnête (je parle pas de toi, là, je sais que des tas de gens mettent HP en YA parce que des gens soi-disant bien informés l’ont mis dedans) de recaser les trucs écrits avant l’invention du concept du YA dans le YA. Hunger Games, c’est du YA. Harry Potter c’en est pas, c’était un roman jeunesse au départ et ça n’a gêné personne à ce moment-là. Le besoin pour la référence, je comprends, ça oui.
        Oui je vois bien que mon post fait un peu troll, ce n’était pas mon intention – après tout si plein de gens discutent tout à fait passionnément du besoin de cla

  2. – arf – sser, que je reconnais moi-même tout à fait, que ce soit du classement physique ou de la catégorisation abstraite, j’aime bien moi aussi en discuter, et mesurer les tenants et aboutissants, et outils utilisés pour ce faire. 🙂 Le YA est un sujet qui me fâche justement parce que cela (la catégorisation telle qu’elle est utilisée) me donne une impression de bâclé, de pas justifié et d’artificiel. Pour ce qui est de la sous-catégorisation des nouvelles, c’est différent, j’en ai entendu parler mais pas trop, ça me semble de prime abord assez tiré par les cheveux coupés en quatre et pas nécessaire à 100% mais j’aimerais vraiment savoir ce qu’en font les anglophones, et éventuellement les mesures déjà prises ou usages déjà en vigueur en France.
    Et oui, parfois je m’emporte un peu quand je ne comprends pas, ce qui est certainement un défaut perfectible avec un peu de boulot sur ma rédaction. 😉
    J’ai plutôt profité du soleil le samedi matin, dimanche on a fait du grand rangement !

    1. Pour la nouvelle, certaines collections ne vivent que par sa publication (Dyschroniques) et noyés dans d’autres classements (alphabétiques…) c’est pas évident de tirer son épingle du jeu.
      Enfin, moi dimanche, c’était grand ménage et là je viens de me lever, donc glande.

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