Une drôle de traversée (et autres nouvelles)

Une drôle de traversée (One Trip Across) et autres nouvelles

Ernest Hemingway

Je vous en parlais récemment, à l’occasion de L’Adieu aux ArmesErnest Hemingway m’a toujours fait rêvé, bien que je n’aie lu qu’un seul de ses ouvrages, jusqu’à présent tout du moins. Hemingway, c’est cette image d’Epinal de l’écrivain voyageur, comme on n’en fait plus, un peu à la London, qui couvre les conflits à travers les histoires humaines. Hemingway, c’est ce romantisme à peine voilé de la machine à écrire capricieuse et récalcitrante, la mythique Halda. Hemingway, c’est Le Vieil Homme et la Mer. Hemingway, ce sont aussi des conversations éperdues avec Justine Niogret pour savoir si, oui ou non, il n’y a que Hemingway qui puisse faire du Hemingway. Ce à quoi Houellebecq m’aide à répondre oui.

Alors, bah si on veut en parler, si on veut grandir dans son attention de lecteur, il faut lire. Vous me direz bien que je viens de formuler une lapalissade et vous aurez raison – d’ailleurs vous ne vous êtes jamais dit que La Palice de Lapalisse était le premier Captain Obvious de tous les temps à être passé à la postérité ? Lire, donc, car pour comprendre Hemingway, il faut lire Hemingway.

C’est pourquoi, de passage chez mon libraire habituel inhabituel – celui qui fait autre chose que de la littérature de genre, mais pas celui des comics, ni celui qui fait les premières éditions, hein, faut pas confondre, vous n’avez qu’à aller consulter Les Bons Copains – je me suis fait une petite sélection pas piquée des hannetons à la fin du mois dernier, en piochant allègrement dans la collection Folio 2€, sur laquelle on ne s’attardera pas tant elle est simple, classique et efficace.

Hemingway, ça vous plonge dans une ambiance, ça a une âme.

Hemingway, ça vous plonge dans une ambiance, ça a une âme.

Sur mon Boat People j’ai croisé trop d’people

La premier fascicule – non, on ne va pas appeler ça livre – est celui du titre de cet article, j’ai nommé Une drôle de traversée, en anglais One Trip Across, traduite par Jean-Marie Santraud (qui a fait une thèse sur les romanciers de la mer), à ne pas confondre avec One Step Beyond au risque d’être fort déçu. Le quatrième de couverture nous indique que « cette nouvelle inédite est à l’origine du célèbre roman d’Hemingway En avoir ou pas [To Have and have not], adapté au cinéma par Howard Hawks (Le Port de l’angoisse) avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall. » Bon, ça ne m’avance pas des masses puisque dans tout ça je ne connais pas ce monsieur faucon, je n’ai pas vu le film, pas lu le livre, que le nom de Lauren Bacall me fait penser à Bayal Sall et que Bogart sonne comme une carte Magic: The Gathering. Autant vous dire qu’on n’est pas sorti de la berge.

Question synopsis, c’est très simple. On a là un Américain habitant à Cuba et organisant des parties de pêche sur son petit bateau pour de riches touristes. Il est intéressant de voir comment, dans le roman, En avoir ou pas, cela s’étoffe d’une histoire d’amour plus ou moins compliquée et comment, dans le film de Hawks, s’ajoute à cela une thématique politique très présente (résistance et police vichyste). Globalement, notre convoyeur, Harry, notre pêcheur, a dans la nouvelle l’habitude de transporter des cargaisons entre Cuba et les USA, pas toujours légales. La nouvelle étant datée de 1934, soit un an après la fin de la Prohibition, Harry nous apprend que la gnôle n’est plus si rentable depuis quelques temps. Du coup, not’ bon gars s’en va arrondir ses fins de mois autrement, en transportant d’autres trucs moins rentables et en organisant des parties de pêche au gros en pleine mer.

Il est affublé d’un rabatteur, alcoolique notoire, qui lui dégote des clients et ils partent ensuite choper de l’espadon ou autre dans les eaux cubaines. Bien entendu ces parties sont locatives. Et voilà qu’un jour un certain Monsieur pète tout le matos au mépris des consignes de sécurité et, en plus, disparaît de l’île sans régler ses dettes.  Et notre bon Harry est fauché comme les blés d’été dans les champs du Minnesota. C’est alors qu’arrive un Chinois qui lui propose de transbahuter 12 de ses congénères – qui a dit négrier ? Enfin jaunier, là – vers les U.S. of A., ce qu’il accepte, faute de mieux, et la nouvelle se termine par la résolution de cette action.

Jusque là, je me suis livré à un exercice que je ne chéris pas, le racontar tout mou. Mais pourquoi, grands dieux ? Bah pour poser un contexte, et pour en parler. Parce qu’en 1934, Cuba n’est pas encore guévariste, il faudra attendre encore une trentaine d’années pour cela, et les échanges entre l’île et les U.S. of A. sont monnaies courantes. Une drôle de traversée nous plonge au coeur des difficultés sociales d’un homme qui a réussi, à force de travail et, il faut bien le reconnaître, parfois de magouilles, à acquérir un petit bateau et sort donc du commun des pauvres hères sans nom qui peuplent les berges et les quais de toutes les îles et de tous les ports des écrits d’Hemingway. Hé ! Mingway ! On n’est pas non plus du côté du self made man qui triomphe de tout mais bien dans la nature même de l’Amérique des années 1930 : la crise et les moyens d’y survivre.

Notre Harry est ce qu’on pourrait appeler communément un pauvre type. Il n’a rien du héros charismatique, on l’imagine même avec des mains vulgaires usées par les embruns, la face burinée, le ventre dépassant un peu de son bleu de travail à bretelles, il lui arrive des tuiles à peine croyables (en moins de 80 pages il est pris dans une fusillade, se fâche avec son seul matelot, est volé et floué, mêlé à du trafic humain) mais, d’une façon ou d’une autre, l’échine, il ne la ploiera pas longtemps, mais nous y reviendrons vachement plus avant dans notre troisième partie.

Pour terminer sur A Trip Across, il joue aussi sur la corde sensible du faquin que je suis avec mon amour des bateau et des choses de mer que je crie un peu partout à qui veut bien l’entendre (j e m e t s d e s l i e n s), même si ce ne sont pas souvent des engins flottant de la même époque. Et il le fait bigrement bien, le bougre.

Ces trois nouvelles sont un focus sur des moments de la vie de l'auteur, passés sous le filtre de son talent de romancier.

Ces trois nouvelles sont un focus sur des moments de la vie de l’auteur, passés sous le filtre de son talent de romancier.

Du sang au musée Bardot

Bon, ça c’était pour la première nouvelle. Mais le deuxième fascicule Folio en incorpore deux autres, traduites par Marcel Duhamel. On va faire un petit détour par l’histoire des publications de ces deux textes parce que l’exemple est intéressant. La Capitale du Monde et L’Heure triomphale de Francis Macomber, puisque c’est de ces textes que l’on parle, sont extraites du recueil Les Neiges du Kilimandjaro et autres nouvelles comme nous l’apprend la quatrième de couverture. Ce recueil, publié en 1961 en anglais, reprend une sélection de nouvelles d’un autre de ses recueils The Fifth Column and the First Forty-Nine Stories paru en 1938. Fait intéressant, aucun des deux titres originaux n’est présent dans l’édition Folio, ce qui est pour le moins gênant. En fouillant sur le net on retrouve facile The Capital of the World et The Short Happy Life of Francis Macomber. La première, de 1936, est sortie à l’époque dans Esquire (qui reprend le titre non conventionnel anglais d’esquire, dérivé d’écuyer, qui témoignait d’un respect entre membres de la gentry anglaise au début du XXème siècle, ce qui donne un peu le ton du magazine), un magazine pour hommes, alors que la seconde, de 1938, est sortie dans Cosmopolitan (aujourd’hui en France, et depuis les années 1970, il s’appelle Marie-Claire), un magazine pour femmes. Je vous autorise à retenir ça, ça aura sa petite importance pour la suite. Et puis, j’en parle parce que c’est pas aujourd’hui que Marie-Claire ou GQ publieraient des nouvelles d’un écrivain de la trempe d’Hemingway.

Récapépètons un peu les événements. La Capitale du Monde présente le jeune Paco – pas le même que dans l’interview de la semaine dernière, rassurez-vous – qui arrive à Madrid comme serveur dans une auberge de moyen standing dirons-nous dans laquelle se prélassent des toreros passablement moyens. Le jeune Paco n’a qu’un rêve, celui de devenir un jour torero, de faire se soulever les foules et de virevolter dans l’arène autour d’un taureau écumant. Un de ses collègues décide de lui montrer à quel point ce n’est pas facile et pour ce faire attache des couteau de boucher aux pieds d’une chaise et le charge à l’aide d’icelle. Comme vous le voyez venir gros comme une bétaillère avec un bec à foin grand ouvert, le jeune Paco se fait planter là et crève comme un caca mou.

Dans L’heure triomphale de Francis Macomber, ce dernier est en safari de chasse en Afrique et fuit comme une pucelle lors d’une partie de chasse au lion. Si je dis « comme une pucelle », ce n’est pas par manque de respect envers icelles – c-c-combo – mais bien parce qu’un mec de la trempe de Francis ne doit pas détaler. C’est bien d’ailleurs ce que ne cessera de lui reprocher sa femme. Il décide alors, pour poser un peu ses balloches sur la table et faire en sorte d’arrêter de se les faire piétiner à la moindre occasion, d’aller se farcir un buffle, un truc bien viril. Bon, après quelques tergiversations, ils y vont et, une fois face au buffle, Macomber fait le bonhomme, le tire bigrement bien, mais le bovidé blessé fuit. En le rattrapant, notre pauvre vieux Francis, prend un risque inconsidéré pour racheter son honneur, finit la bête qui l’embroche et l’éventre du même coup. Pouf pouf, double kill.

Ca, ce sont pour les histoires en général. Mais la première chose qu’on peut voir dans tout ça, c’est qu’on a à faire là, comme le dit l’éditeur au dos du bouquin, à deux destins brisés. J’irai même jusqu’à rajouter « dans des circonstances à la con », parce que je suis un faquin taquin. Le bris de ces deux moments de vie, bien que ponctué de la même finalité, tient à des choses différentes. D’une part on a les rêves d’un gamin, rêves de gloire et de romantisme, et de l’autre on a la pression sociale et les obligations qu’un hommes doit avoir vis-à-vis de son image d’homme. Le premier veut accomplir sa destinée d’homme en devenant une image public qu’il fantasme, ce qui le conduira au bout de sa vie plus vite que prévu. Le second a perdu le respect de sa femme et, à son retour aux U.S. of A., perdra probablement celui de ses pairs, c’est pourquoi il cherche avant tout à se racheter une conduite, en prouvant, au dépit du bon sens, une bravoure que sa virilité d’homme nécessite. Dans les deux cas, les personnages succombent à une pression extérieure, que l’on peut qualifier de sociale (le rêve de finir toréador est socialement ancré dans la mentalité populaire espagnole, c’est du moins ce que nous explique l’auteur, un peu comme celui de finir footballeur professionnel aujourd’hui).

Une autre chose frappante, et c’était déjà le cas dans la première nouvelle, c’est la place faite aux animaux dans ces textes d’Hemingway. Si dans Une drôle de traversée, les espadons sont juste là pour casser le matériel déclenchant l’abandon du touriste et la recherche désespérée de solutions financières pour la capitaine, on sent malgré tout un profond respect dans la description de cette pêche. De même les toreros de La Capitale du Monde parlent de leur métier et de leurs adversaires d’arène avec respect et, pour ne rien enlever à tout cela, dans L’heure triomphale de Francis Macomber, si le lion est rapidement évacué, la chasse au buffle et la souffrance de ce dernier, le respect dans le phrasé de l’auteur pour la puissance brute et l’innocence toute sauvage du grand bovin sont réellement poignants et nous arrachent malgré nous quelques noeuds d’estomacs.

Le voyage, toujours au coeur de l'oeuvre de l'auteur.

Le voyage, toujours au coeur de l’oeuvre de l’auteur.

Alors, écrivain du réel, ou pas ?

Voilà, on a fait le tour de ces trois nouvelles. Maintenant il est temps de revenir sur notre problématique du jour, à savoir l’auteur lui-même, Hemingway. Qu’est-ce qui fait que personne n’a écrit et n’écrira jamais comme lui ? J’imagine, et un rapide tour sur Google ne fera que me le confirmer, qu’il y a des centaines d’études, de thèses, de bouquins, d’articles et de billevesées à ce propos sur les internets multimodaux.

C’est un article un peu spécial que celui d’aujourd’hui puisque les textes présentés ne sont là que pour servir de prétexte pour discuter d’un autre sujet, celui de la place d’écrivain d’Hemingway dans les consciences collectives, une place qu’il occupe comme le vieux-tonton-tout-pété qu’on voit deux fois l’an dans des repas de famille interminables parce qu’il est toujours à vadrouiller à gauche ou à droite, d’un bout à l’autre du pays, quand ce n’est pas du globe. Hemingway – je le disais en intro, et quand je dis des trucs c’est pas pour rien d’abord – c’est le mythe du type qui roule sa bosse dans tous les milieux et endroits qu’il croise pour nous les raconter ensuite.

Comment qualifier l’écriture d’Hemingway ? Bah ça écrit la vie quoi. Ca suinte à chaque mot, ça dégouline entre chaque scène et ça vous claque les gencives comme un frimas à Avoriaz. Ernest Hemingway a cela de génial qu’il a décidé de vivre le monde pour le raconter. Ses premiers romans comportent tous un caractère auto-biographique, que ce soit A Farewell to arms dans lequel son expérience (voir) de la Première Guerre Mondiale en Italie est très présente ou encore The Sun also Rises en 1926 (son second roman) où il prend à témoin sa vie de journaliste à Paris comme décor de son intrigue. Ses expériences du front également, en Italie comme on vient de le voir, ou encore pendant la Guerre d’Espagne, qui commencera en 1936, l’année de publication de La Capitale du Monde qui se déroule à Madrid rappelons-le, vont profondément marquer sa conception de la vie. Ainsi la vie et la mort prennent une importance de premier plan dans l’oeuvre de l’homme. Deux des trois nouvelles se terminent avec la mort du protagoniste principal, mais la première est également marquée par la valeur de la vie, avec la réflexion que se fait le héros, lorsqu’il s’aperçoit que son acolyte est sur la bateau alors qu’il ne souhaitait pas l’emmener, de tuer un homme qu’il a pourtant apprécié, ou encore lorsqu’il tue le jaunier de façon aussi sèche que froide.

La vie, la mort, ne sont jamais reprises ou octroyées sans raison et, même si parfois cela se passe si rapidement qu’il ne peut y avoir de réflexion, elles ne sont jamais prises à la légère. On sent une sève qui pulse et qui creuse le récit. Malgré tous les griefs qui les opposent, les époux Macomber se réunissent juste avant la mort de l’un d’eux, par exemple.

Parler d’Hemingway, c’est aussi toucher un mot de ses multiples expériences de vie, de ses quatre mariages notamment. On ressent cette détresse dans le portrait du couple Macomber qu’il dépeint dans The Happy short life of Francis Macomber. Un couple auquel se greffe une histoire de respect et d’estime mutuels perdus lors d’une partie de chasse : l’un se couvre de ridicule, de honte, l’autre commet l’adultère avec le chasseur qui les accompagne, on sent la versatilité et la détresse des époux qui les poussent à agir de façon, avec le recul et la mort du mari, totalement insensée. De même, quant notre pêcheur pense à tuer son alcoolique d’ami, ou à l’abandonner à Cuba parce qu’il ne lui est d’aucune utilité, la question est longuement traitée parce que l’amitié, en ces temps de crise, vaut tout autant son pesant de cacahuètes. D’ailleurs, pour rester un peu sur One Trip Across, cette nouvelle offre une image pleine de compassion des idiots, des marginaux : entre l’alcoolique et l’ami sourd et un peu mou du bulbe qui est contrit et se plie en quatre pour sortir notre pêcheur de la panade, ils sont plutôt mis à l’honneur dans un tableau qui, s’il n’épargne pas leurs défauts (l’alcoolisme, la surdité, les deux), montre aussi leur énormes qualités humaines et leur empathie hors du commun. La nouvelle ne se termine-t-elle pas par : « – Ha! Harry, il m’a répondu. J’ai toujours su que t’étais mon pote ! » 

En parlant de l’importance de l’implication de l’auteur dans son oeuvre, revenons à cette fameuse partie de pêche : on sent ici que l’auteur, comme on l’a mentionné plus haut, aimait à pêcher à la ligne en haute mer de la sorte, ce que tend à confirmer cette photo prise sur son yatch en 1950 où l’on aperçoit au plafond des cannes et des lignes de pêche (ce qui explique la juste de son roman Le Vieil Homme et la Mer, et renouvelle mon attrait pour la thèse de Jean-Marie Santraud sur les écrivains américains et leur rapport à la Mer, dans lequel Le Loup des Mers de London ne doit pas faire que de la figuration). Idem pour la chasse, même si la photo en question est de toute évidence mise en scène, on ressent au travers les lignes l’implication émotionnelle et d’expérience dans l’acte qu’il raconte. Quand il nous parle de Cuba ( plus tard avec Fidel Castro) ou de Madrid (ici sur la Place de Castille), on sent également qu’il s’est imprégné des tissus locaux et du paysage, de l’atmosphère et de l’odeur que la vit peut y avoir.

Dans les histoires d’Hemingway, pour ainsi dire, on s’y croit, on a la sensation de présence, d’odeurs, les sons des cloches de Madrid et le cri des enfants dans les rues de Cuba, on angoisse avec Harry lorsque celui-ci fait monter des clandestins à bord de son embarcation, on s’intègre au tissu social en rencontrant les aumôniers de noir vêtu dans des auberges rares, en saluant au coin de la rade le chef de port de sa casquette, on est nous aussi « désappointés par le film de Garbo qui déçut Madrid pendant toute une semaine. »

Pour apprécier les textes à leur juste valeur, il faut se laisser porter par les odeurs d'encres sèches.

Pour apprécier les textes à leur juste valeur, il faut se laisser porter par les odeurs d’encres sèches.

L’homme à la machine

Et quand tout cela ne suffisait pas, quand une nouvelle seule était trop courte pour exprimer ce que l’auteur voulait exprimer, il la reprenait et en faisait un roman. Afin d’étaler encore ces morceaux de société si chers à son coeur.

On pourrait, on devrait, parler de l’importance de la place de la femme dans l’oeuvre d’Hemingway. Nombreux sont ceux qui me l’ont décrit comme un misogyne notoire… Je ne saurais me prononcer sur cela tant les seules choses que j’ai lu de lui sur les femmes étaient chaque fois une relation toute honnête sous la forme de témoignage de la vie des femmes du peuple aux époques voulues, ou bien une relation beaucoup plus chaotique d’un couple de circonstances qui souffre dans ce carcan imposé. Rien de bien exceptionnel à ce niveau-là.

Cependant, si l’on veut parler du Monsieur, on pourrait continuer à épiloguer pendant des heures, des jours, à retourner les textes dans tous les sens mais une chose restera : jamais je n’ai lu d’auteur – car on sent clairement la volonté de l’auteur au-delà de son texte, le texte ne nous hallucine jamais – disposant d’un tel pouvoir sur la réalité. Comme un sonneur d’alarme silencieux, Ernest Hemingway nous emmène, les mains dans les poches et la pipe au bec sur le pont d’une petite embarcation pour que l’on témoigne avec lui d’une réalité. Son travail, sa narration, tient autant du journalisme – travail qui a effectué pendant des années – que du récit.

Ce dernier, même s’il est souvent entouré du doux ruban de la fiction, n’oublie jamais qu’il existe par ce que qu’il peint, et que c’est cette réalité qui forme sa caractéristique première. Ernest Hemingway, l’homme à la machine, l’écrivain ex machina.

Vil Faquin.

Du même auteur : L’Adieu aux Armes.
A lire, de Cendrars : L’or et Le Panama ou l’aventure de mes sept oncles.

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