La Rédemption d’Althalus

La Rédemption d’Althalus (The Redemption of Althalus)

David & Leigh Eddings

« DIS VIL FAQUIN ! DIS TU AS LU LA BELGARIADE, DIS ? DIS TU NOUS EN PARLE QUAND, DIS ! DIS ! » Cela fait des semaines, des mois, que j’essaie de rester poli et posé devant tant de sollicitations, si posé et poli que j’en viens presque à me demander où sont passés mon sens de la répartie, hors du commun vous en conviendrez – je vous vois déjà venir : « oui mais tu te parles à toi-même c’est facile d’avoir de la répartie hein !« , et je vous répondrai que si vous expérimentiez ne serait-ce qu’une journée le bordel qu’il y a dans ma tête vous n’auriez pour moi que le plus profond des respects -, ainsi que mon esprit, critique et acerbe acéré comme un chainkill (comment ça, j’ai pas le droit d’utiliser des anglicismes hors contexte ? Je suis Français je vous f’rais dire !) – j’ai rayé acerbe parce que ça collait pas avec le jeu de mot que je voulais faire et qui était mieux que celui-ci mais que j’ai oublié entre le moment où j’ai rayé acerbe et le moment où j’ai voulu l’écrire. Toujours partant pour faire un tour dans ma tête ?

Bref, ce paragraphe introductif t’aura appris une chose, cher lecteur – là j’ai juste barré cher parce que ma maman elle m’a appris que mentir, eh bah c’est mal -, c’est que j’essaie de noyer le poisson. Ce qui est con puisqu’il vit sous l’eau. Ce qui est précisément mon objectif. L’article qui va suivre, tâchera néanmoins d’être à la hauteur du sommet de la littérature fantastique que voilà : David Eddingsfeaturing Madonna Leigh Eddings – là j’ai barré Madonna parce que j’aime bien barrer des trucs.

Autant vous le dire tout de suite, ça va chier dans les boîtes jaunes, désolé d’avance pour les amis postiers.

Composer une photo : Althalus c'est un voleur donc dague, et l'histoire se base sur des grimoires, donc PAF, faux vieux livre en cuir. Et hop, ça fait une photo remplissage.

Composer une photo : Althalus c’est un voleur donc dague, et l’histoire se base sur des grimoires, donc PAF, faux vieux livre en cuir. Et hop, ça fait une photo remplissage.

Les goûts et les couleurs

La Rédemption d’Althalus est un diptyque, composé de deux tomes – sans dec’ ? – intitulés Les Yeux d’Emeraude et Les Trois Grimoires. Ecrite en 2000, La Rédemption est à l’origine un seul et unique roman. Mais comme bien souvent, en France, on morcelle. Cela tient probablement pour beaucoup à une contrainte technique d’édition car la VO a été traduite pour la première fois en 2001 à l’initiative de Pocket par Isabelle Troin. Et puis bon, les format poche à la Harry Potter et l’Ordre du Phoenix chez Folio Junior, on a donné.

Il a été republié en 2008. Ma réédition date de 2010. Si je vous dis ça ce n’est pas pour raconter ma vie – bien qu’elle fut passionnante, vous en conviendrez – simplement pour signaler que le travail de relecture a probablement été fait par un aveugle s’attendant à lire en braille. C’est triste à dire, et rarement à ce point, mais les phrases sans verbe, ou les espaces manquantes, les conjugaisons et les accords mal régler (oui c’est de ce niveau, parfois), je veux bien que sur 950 pages, on en rate, mais sur les 300 dernières pages, c’est quasiment toutes les 5 pages qu’on tombe sur une horreur de la sorte. C’est dommage, surtout que Pocket doit avoir les moyens de revenir sur ses éditions pour les corriger.

Une autre preuve patente de mauvais goût, ce sont les illustrations. Alors oui, je sais, aimer ou ne pas aimer, c’est très personnel mais ça, même en 2008, c’est moche. Y’a rien. La première, qui est la moins pire, présente le héros, Althalus, couvert de sa cape et entrer dans ce que l’on devine être la fameuse pièce en haut de la tour dans la Maison au Bout du Monde. Bon. Okay. Sauf que dans le texte il est barbu et que, sur l’illustration, la seule partie de son visage que l’on voit, c’est son menton, glabre. Passe encore. On me voit se diriger vers un pupitre sur lequel un grimoire bleu l’attend. Sauf que dans l’histoire, des grimoires, il y a en a trois, comme le titre du second tome le laisse présager, un blanc, un noir et un doré. Pas de bleu. Bref. La deuxième illustration, ma foi, est simplement moche. On y voit le poignard, qui est un élément central du livre, tenu par une main gantelée, alors que personne de gantelé ne le tient jamais. Bref, un Marc Simonetti bien loin de son meilleur niveau (voyez plutôt), mais au vu du bouquin, on comprend qu’il n’ait pas eu envie de se fouler, on y reviendra dans la deuxième partie.

Et je ne peux pas passer à la partie suivante sans vous parler des raisons qui ont fait que j’avais ce livre dans un carton. Une ancienne connaissance m’en avait dressé un portrait des plus alléchant et, bien que je sache qu’elle avait un goût pour les grandes sages initiatiques à la Belgariade et consorts, j’avais cru bon de me les faire offrir – héhé, je suis vil ET faquin. En plus, le fait que l’un des personnages principaux soit une chatte aux yeux d’émeraude, sic., comme la sienne – on parle de l’animal, là, hein ! – a dû jouer, mais c’était plutôt intrigant. Donc ça c’est pourquoi j’avais Althalus dans mes rayons. Pourquoi je l’ai lu sachant ce que je m’apprête à en dire ? Bah en grande partie parce que, bordel, Eddings. Ouais David & Leigh Eddings, dans le genre classique à l’anglo-saxonne de la fantasy, je crois que tu fais difficilement mieux. A la limite tu as David Gemmell, Robin Hobb et, pour les plus jeunes, Lynn Flewelling par exemple, pour rester dans les mêmes thèmes d’initiation.

Et puis, on vient de le dire, c’est un couple. J’avais déjà lu des hommes, sur-représentés dans le milieu – notamment l’horrible Terry Goodkind dont son cycle tient autant du fantasme inavoué que de la psychanalise douteuse -, et quelques femmes, mais pas de couples, même si on n’a attribué que tardivement, et encore seulement sur les derniers ouvrages, à Leigh l’égal rôle d’auteur. L’impression qui se dégage de ce texte, notamment au travers des personnages rendus empathiques de façon simple, efficace et pas grossière, et de l’humour, c’est celle d’une forte complicité, qui fait plaisir à lire. Et puis, les Eddings, c’est aussi la double pentalogie de la Belgariade et de la Mallorée, précédées de deux ouvrages spin-off formant des préquelles ainsi que d’un guide du monde. Ce qui nous donne ouvrages/romans. Althalus était donc un bon moyen d’apprendre à connaître un tel duo de monstres de la fantasy.

D’autant que, je sais pas, depuis que je n’ai plus 16 ans, je ne suis pas attiré outre mesure par ce genre de High Fantasy aux thèmes classiques, immuables et un poil daté. Althalus promettait d’être différent. Pour l’être, il l’est. Mais il cache bien son jeu, le voleur aquilin.

Un truc bien dans ce bouquin aussi, ce sont les cartes en début de chaque 'livre' (le récit est décomposé en plusieurs livre, 1 / perso en gros) recentrées en fonction de l'action à venir, donc précises et pratiques.

Un truc bien dans ce bouquin aussi, ce sont les cartes en début de chaque ‘livre’ (le récit est décomposé en plusieurs livre, 1 / perso en gros) recentrées en fonction de l’action à venir, donc précises et pratiques.

C’est rigolo

Après avoir dit cela, reste à le vérifier dans le texte ces allégations. Alors quand on lit du Eddings, à quoi doit-on s’attendre ?

Tout d’abord, et c’est la chose qui frappe principalement, grands dieux que c’est fluide. Et la traduction d’Isabelle Troin n’y enlève rien, pour ce que j’ai pu voir. Les 950 pages s’avalent aussi bien qu’un vin de coing pas pétillant, c’est doux et c’est sucré, ça descend tout seul dans le gosier. De plus l’histoire, les personnages et les ambiances, tout est fait pour faire faire le moins d’effort possible au lecteur, pour qu’il se laisse emporter sans jamais que son cerveau ne ressente le besoin de s’éveiller, les rares points d’intrigues ne restent pas suffisamment de temps inéludés pour qu’on ressente l’impérieux désir de s’y atteler et de les résoudre nous même. Ce confort de lecture se prolonge même jusque dans les descriptions qui sont ma foi tout à fait, encore une fois, suffisantes sans aller dans l’excès, au point que, parfois, on désire des informations supplémentaires sur un lieu, une action, une histoire racontée au coin du feu…

Cet ensemble d’éléments remarquables car simples – de cette même simplicité qui fait l’étoffe des succès dans divers domaines de l’intelligence humaine, notamment dans le football circus, pour reprendre les mots de Stéphane Guy, où un jeu simple et direct en une touche de balle est souvent bien plus efficace et esthétique qu’un jeu de possession où l’on joue à la baballe en la retouchant 40 fois ; et non, raté, cet aparté n’était pas ironique, car la tactique footballistique est réellement tarabiscotée – permet à David et Leigh Eddings de mettre sur pied des univers cohérents et riches, qui sont, malheureusement et on y reviendra, sous-exploités, sauf pour la Belgariade, mais on ne vas pas recommencer le topo d’entrée.

Le seul reproche à faire au récit, en soi, c’est cette fin d’intrigue principale qu’on attend en apothéose et qui nous laisse sur notre faim avant de se prolonger en circonvolutions revenant sur le prologue de l’histoire afin de réussir à former une sorte de cycle un peu cupilotracté – comprendre : tiré par les poils du cul – comme une partie de jeu de rôle poussive, un soir de semaine, en plein milieu des examens partiels – je ne parle, évidemment, pas d’expérience, hein.

Outre ceci, l’heureux couple du Nevada sait donner du corps à ses personnages, on l’a dit, en dépeignant ces derniers de manière très humaine et en rajoutant quelque chose sans quoi, en tout cas pour les deux tomes d’Althalus, le récit serait une sorte de potage insipide – pléonasme ! Oui parce que potage ça fait doublon avec insipide, parce qu’un potage c’est de l’eau chaude avec une patate qui flotte, au contraire d’une soupe – : l’humour. Et pas n’importe quel humour, hein. On a la plupart du temps à faire ici à des traits d’humour, des boutades, fines – comme la moutarde – et souvent bien sentis, qui permettent à l’esprit de réagir sur de petits instants brefs en évitant à ce dernier de s’emmerder entre deux passages où il ne se passe rien que l’on ne nous ait pas annoncé 20 pages plus tôt. Et, très honnêtement, même si je prends régulièrement beaucoup de plaisir à dire du mal de choses ici bas, ça passe plutôt bien. C’en deviendrait même gênant. Je m’explique.

Parce que oui, écrire des trucs sympas, ça se fait, en se penchant sur un truc 20 minutes, on a moyen d’en ressortir une moelle substantielle, sufisamment du moins pour en pondre pas loin de 1000 pages en brodant bien. Mais ce qui m’ennuie, c’est même pas que ce soit brodé, je n’en attendais pas moins, les auteurs anglo-saxons, et américains en particulier, s’étant fait une spécialité dans ce domaine, c’est juste que c’est un livre devant lequel on est passif. Oui, comme devant sa télé à regarder une série. Alors, certes, on n’en est pas au point des Z’amours, hein, mais quand même ; habituellement quand vous lisez un livre, cela vous demande une concentration, un minimum syndical d’efforts d’imagination, de contextualisation, de compréhension. Mais là, tout cela est réduit à sa plus simple expression tant les demandes sont catégorisées au possible, sans imagination. Tout est convenu, cliché, déjà vu 25 fois, ailleurs.

Que je sois bien compris, cela n’enlève rien à la qualité du récit qui est, à bien des égards, des plus agréables. Mais enfin, bordel, après des années de lectures, on est en passe d’attendre mieux, comme quand vous voyez le LOSC avec son milieu de terrain passif-agressif qui arrive, saison après saison, à accrocher les places européennes en jouant comme des quilles. On mérite mieux. Le coup des barbares du Nord, de la Civilisation du Sud et des mercenaires qui aident un héros parce que, je cite en substance, « Baisse ta culotte cocotte c’est Dieu qui pilote« , bah de mon côté c’est marre.

On a un peu l’impression de finir une vieille partie de JDR à 6 heures du mat’ avec un MeuJeu qui a certes de la ressource scénaristique mais qui est épuisé et mal en point depuis 5 heures que ses amygdales baignent dans le surplus de soda qui remonte de son estomac avec des flotteurs de croûte de pizza qui surnagent à chaque fois qu’il ouvre la bouche pour nous sortir un bon vieux TGCM des familles.

C’est bien, oui, mais c’est déjà vu 50 fois. Et du coup, ça en perd une partie de l’intérêt, comme de faire un PMT par semaine pendant 3 ans. On est en droit d’attendre plus du Meujeu / écrivain qu’un truc mou du genou ; bien, mais mou.

Celle-là, c'est juste parce que j'aime bien l'arbre. Et pour vous montrer que Pocket, pour l'achat de deux Pocket, m'avait offert un troisième, le tome 1 de la Belgariade. Mais je les ai vus venir, hein !

Celle-là, c’est juste parce que j’aime bien l’arbre. Et pour vous montrer que Pocket, pour l’achat de deux Pocket, m’avait offert un troisième, le tome 1 de la Belgariade. Mais je les ai vus venir, hein !

Il est vieux mais…

… mais il est (pas forcément quand même tout le temps/systématiquement) bien.

Enfin ça, c’est ce que je répondrais si on me demandait mon avis sur ce bouquin. Or ici personne ne me pose la moindre question. Mais ne vous croyez pas tirés d’affaire pour autant, je la connais (mon affaire), et je suis là pour parler tout seul (comme je me le suis brillamment fait remarquer à moi-même dans l’introduction) et là tout de suite, on a envie de donner un avis pas forcément partagé par la communauté des gens lamb(a)das qui ne lisent pas entre les lignes. Le ton se veut méprisant mais ne t’inquiète pas, lecteur, il l’est moins qu’il ne devrait l’être en réalité, je suis après tout un Vil Faquin.

La rédemption d’Althalus, est-ce que je le conseillerais à un client ? Oui, toutafé. Seulement, avec certaines conditions : que ce client soit un habitué de la fantasy, qu’il sache où il met les pieds et qu’il ait une certaine capacité à se détacher des idéologies sous-jacentes au propos pour s’en forger une opinion propre. Vous me ferez remarquer, amis lecteurs, que ce genre de recommandations, ça se donne avant tout pour des bouquins durs comme, par exemple et si l’on omet la dernière, Gueule de Truie de Niogret ou La Route de McCarthy, que je ne ferai pas lire à un ado mal dans sa peau. Pire, vous pourriez me récriminer : mais s’il est aussi fluide que tu le dis, Faquin (sur un ton méprisant, je sais bien comme vous êtes, tous), pourquoi ne pas le conseiller à des ados, c’est pourtant idéal non ? Et prout carabossoldat ! Non. C’est pas si simple.

Pourquoi ? Parce que l’ouvrage se traîne un vieux discours qui le désert totalement. Dans le cas présent, il s’agit d’un discours qu’on pourrait qualifier de conservateur, mais que je trouve carrément réactionnaire. Et ce n’est pas être un gros gaucho que de trouver cela dangereux. On ne va pas y aller par quarante-et-un chemins (quarante étant trop peu pour montrer à quel point je suis ici outré – sans faire la liaison ‘z’ entre ici et outré, s’il vous plait), que ce soit ce genre d’idéologie ou une autre, exprimée de façon aussi claire, c’est dangereux. Col Buchanan, ce Nord-Irlandais qui a écrit Farlander, faisait, lui, poindre dans son texte un discours altermondialiste qui tenait avant tout à l’univers donné, en l’appuyant et en le faisant refléter par les pensées, actions, des personnages ou des PNJ, pas en le justifiant a divinis toutes les 5 minutes comme peut le faire Eddings.

Cela m’ennuie d’autant plus que j’ai apprécié ma lecture, qui je pense aurait été des plus agréables sans cela. Pour la faire simple, La Rédemption d’Althalus est un ramassis d’idées toutes plus réac les unes que les autres. Que ce soit volontaire ou non l’intrigue, les descriptions, les personnages sont tous touchés par cela. Sans revenir sur les présupposés de base à toute lecture de fantasy que sont la supériorité de la tradition sur la nouveauté, sur le changement, et l’intervention divine.

Le problème ici c’est que tout est fait avec de gros sabots. La tradition et l’immuabilité du monde son répétées, assénées à coup de massue au lecteur par des lourdeurs incroyable : un des personnages principaux en est le garant (rien de nouveau jusqu’ici) mais peut-être n’était-il pas obligé de tout verbaliser. Qu’un concept soit présent passe, surtout quand comme ici il s’agit d’un incontournable du genre, mais qu’il soit énoncé et formulé encore et encore, et ça devient lourd, dérangeant. Tout dans cet ouvrage respire l’archaïsme, mais rassurez-vous, pas au point d’un Terry Goodkind et de son trip collier-cuir et cravache-lacérations.

D’autres exemples ?

  • L’affrontement des divinités : le Créateur ne prend pas part aux hostilités qui se déroulent entre les suppôts de la déesse de la conservation et de la fructification et le dieu du changement. Et que dit la déesse de la fructification ? Je cite littéralement : « Mon frère Daeva veut que l’ordre du monde change, et ce n’est pas une bonne chose. » Jamais, jamais !, elle n’expliquera pourquoi. Alors oui, Daeva est un connard fini, mais bon… Dans le genre argument d’autorité…
  • Quand Daeva essaie de faire se soulever une région où la population est sous l’emprise du clergé, il crée un ordre de moines aux robes rouges (et plus grises, brunes ou noires comme avant) qui réclament de la justice sociale. Les héros eux fondent un ordre de robes… dans le mille ! Bleues ! pour les convaincre que l’ordre établi est le bon, même si les dirigeants sont des enflures modèle géant. Un tel manichéisme avait déjà du mal à passer dans le cinéma d’action américain de la guerre froide, alors en 2000…
  • Chaque PJ de l’histoire DOIT se marier avec un personnage de l’autre sexe. Point, c’est comme ça, c’est la déesse de l’ordre qui y veille et on finit sur un happy ending. Alors il y a bien moyen de prendre ça comme un running joke, mais bon, c’est dérangeant…

Bref, j’en passe et des meilleures. Ce qui est intéressant, c’est que les personnages se rendent compte, parfois, notamment Althalus (un gros voleur un peu anar sur les bords au début), qu’ils aident les pourris aux dépens du peuple parfois, mais bon, que veux-tu qu’on y fasse mon pauvre Dédé ? Ce discours est peut-être voulu. N’ayant pas lu d’autre ouvrages du couple, je ne saurais m’exprimer sur le sujet. Maintenant, l’ironie est puissante quand on la décèle, de même que le second degré, et ici tout est tellement grossier qu’on cherche en vain une once de second degré, chose que même l’humour de très bon goût qui parsème l’écriture ne parvient pas à changer…

Ce phénomène n’est pas récent dans la fantasy et je vais rapidement citer Lionel Davoust qui, dans son édito du mois de février dernier, nous tenait ces propos, résumant assez bien la situation :

« La fantasy représente l’affrontement du bien contre le mal, de la tradition contre le changement, et se solde inévitablement par un retour perpétuel à l’ordre ancien : c’est donc un genre manichéen, biaisé, voire réactionnaire. La preuve en est bien que Tolkien a placé le Mordor à l’Est et que les elfes sont des aryens. »

Maintenant il existe des alternatives, des jeux sur ce pré-requis immuable à la fantasy et j’espère pouvoir vous parler un jour prochain du travail de Regis Goddyn à ce propos dans son Sang des 7 Rois.

La trilogie des fufus ; Farlander, Althalus et la Voie des Ombres, et un jour on triangulera dessus.

La trilogie des fufus ; Farlander, Althalus et la Voie des Ombres, et un jour on triangulera dessus.

Ca se lit bien

Et c’est bien ce qu’on demande en priorité à un livre, il me semble. Maintenant, le côté réactionnite aiguë me démange au plus haut point.

J’ai apprécié ma lecture, d’une manière générale, j’ai passé un bon moment et, maintenant que vous êtes avertis, je vous assure que c’est un diptyque sympa à lire pour se détendre, après une bonne journée de randonnée de printemps, les pieds et les lombaires en compote, sans trop se prendre la tête. Vous vous endormez en pleine page ? Pas de problème, vous y reviendrez le lendemain sans sourciller ! Un peu comme quand on avait lu Dark Moon de Gemmell.

Maintenant si vous attendez quelque chose de différent, qui vous propose des intrigues et je ne sais quoi encore qui mérite que vous fassiez travailler votre cerveau passez votre chemin.

Bref, j’ai lu Althalus parce qu’on me l’avait conseillé – une folle des chats – et qu’on m’avait dit du bien de l’écriture du couple Eddings. Je constate et je note, merci bonsoir. Maintenant j’y vois un autre intérêt, notamment après la lecture du Farlander de Col Buchanan et avant celle de La Voie des Ombres de Brent Weeks, pour faire un petit panorama de la figure du stealth dans la fantasy et dans l’imaginaire collectif. Un projet de Triangulation, quoi.

Vil Faquin.

A lire : (avec des fufus) Farlander & (mou du genou) Dark Moon.

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6 commentaires

  1. C’est vrai que c’est facile à lire, pas trop prise de tête, et qu’on nous sert du tout cuit. D’ailleurs la Belgariade et Mallorée (que tu n’as pas lus, donc ?) devraient je pense te faire la même impression, j’avais bien aimé Althalus justement parce que j’y retrouvais à peu près tous les ingrédients de l’autre saga (en moins épique peut-être). Donc si t’as pas aimé, je te dirais lâche Eddings, d’eux j’ai aussi lu la trilogie des joyaux (enfin, un bout) – et là c’était comme tu dirais encore pire, sur cette saga-ci je me suis ennuyée ferme, alors que les deux autres ont très bien su me divertir. Cependant quand je repense à Gemmell, Goodkind, Jordan, ou d’autres qui marchent bien aussi, je trouve qu’Eddings a au moins l’humour pour lui, un bon rythme scénaristique, et des personnages certes lisses mais pas trop plats non plus. Oui, tu lis de la Fantasy « d’aventures », mais au moins si c’est ce que tu cherches je pense que tu es bien servi. En même temps comme tu dis (je crois ? c’est la pause j’espère que j’ai pas lu trop de travers avec les collègues qui essaient de me parler en plus!) lire du Niogret à tous les instants c’est pas forcément ce que recherchent tous les lecteurs. Et au milieu ? Bah j’ai peut-être pas assez cherché mais de la bonne heroic-fantasy j’ai du mal à en trouver, je suis sûre que ça existe, mais je tombe principalement soit sur des trucs chelou et sombreux soit sur des séries largement accessibles aux ados (ou pas, donc) par leur simplicité (même si encore une fois je ne les renie pas, ces petites séries ! :)). D’ailleurs pendant que tu en parles je veux bien une biblio : si je veux des épées, des dragons, un monde médiévalesque, des héros, de la magie et des prophéties à la con, qui ne soit pas de la dark fantasy non plus parce que j’aime bien que mes personnages préférés aient une espérance de vie de plus de 20 pages, tu me conseilles quoi ? ^^
    Concernant notre belle (?) jeunesse, quand je vois ce que certains gens (et même des vieux et sages, c’est peu dire ! je blague pour le deuxième adjectif, bien sûr) ressortent de Tolkien ou d’autres auteurs, franchement leur mettre Eddings dans les mains s’ils sont un peu jeunes, ça ne me fait pas peur ! –‘ De toutes façons je pars du principe (prouvé) que les gens trouvent des idées à la con partout où ils veulent (on pourrait installer des compteurs de tours sur beaucoup de tombes d’auteurs), et ne retiennent pas les idées malavisées d’une oeuvre s’ils n’en ont pas envie (s’ils en ont la jugeotte) non plus.

    1. Je ne lis pas que du Niogret, mais j’aime en lire. De la bonne fantasy ? Lis P. Rothfuss, le Nom du Vent ou Tolkien (hum). Ou les Lames du Cardinal de Pevel, qui est excellent 😀 Et y’a des dragons.
      La jugeotte… Hum…. erreur 404!

      En tout cas merci pour ton gros retour !

      1. Le Sang des 7 Rois de Regis Goddyn ou l’univers d’Evanegyre de Davoust, qui est loin d’être aussi archétypal qu’on peut le penser au premier abord.

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