Le Loup-Garou (The Wolf-Man)

Le Loup-Garou (The Wolf Man)

 George Waggner

Voulant m’intéresser à autre chose qu’aux années 1980-1990, j’ai choisi aujourd’hui de pondre un papier sur un classique pur jus. Pourquoi classique ? Car nous allons parler d’un film qui a posé les bases de toute une mythologie au cinéma, celle du loup-garou. Mais aussi car il s’agit d’un film de 1941 qui a su être plus qu’une larme dans des océans de temps et ne pas être oublié. Nous allons nous intéresser au Loup-Garou produit et réalisé par George Waggner, ainsi que par l’immense studio Universal.

Pour des raisons purement pratiques, j’utiliserais le titre d’origine The Wolfman, qui se traduirait d’ailleurs plus comme L’Homme Loup que Le Loup-Garou. Le studio Universal a eu, entre les années 1930 et 1940, une production presque industrielle de film de monstres, comme Dracula ou Frankenstein. Certains de ses nombreux films resteront comme des classiques et des références dans le domaine et The Wolfman en fait partie. Maintenant que nous avons bien introduit, fonçons joyeusement au cœur du sujet.

La galerie des horreurs.

La galerie des horreurs.

La Monstrueuse Parade

Le cinéma d’horreur et de monstres remonte à bien longtemps. On peut en effet retrouver des films relevant plus ou moins de ce genre datant des premières années du cinéma. Les années 1920 marquèrent néanmoins le grand début. Des films comme Le cabinet du docteur Caligari (1919 de Robert Wiene) ou Nosferatu (1922 de Friedrich Wilhelm Murnau) peuvent être vus comme les premiers grands films d’horreur et de monstres. Ces deux œuvres (classiques s’il en est) appartiennent au mouvement cinématographique appelé Expressionisme Allemand qui influencera énormément les productions horrifiques à venir. Ce qu’on appelle expressionisme est la représentation subjective de la réalité – eh ouais, cmb. Ce mouvement s’est développé dans toutes les formes d’art (peinture, sculpture… et cinéma donc) dans l’entre guerre, en Allemagne notamment, d’où le nom – tout est lié vous dis-je. Les thèmes récurrents sont l’aliénation de l’humain, sa monstruosité naturelle et toute sorte de choses joyeuses. Notons que Nosferatu est sans doute la plus belle et terrifiante adaptation du roman Dracula de Bram Stocker, et ce malgré son âge avancé, son infidélité et le fait qu’il ait été produit sans les droits du roman. Bref, quittons l’Allemagne pour voler jusqu’aux États-Unis. Le studio Universal est le premier grand studio américain à investir dans les personnages monstrueux. En 1923 sort Notre-Dame de Paris, adaptation de Victor Hugo centrée sur Quasimodo, En 1925 Le Fantôme de l’Opéra, d’après le roman de Gaston Leroux et en 1927 L’Homme qui rit – toujours adapté d’Hugo, décidément les auteurs français avaient la cote.

Je vous invite à vous plonger dans ces œuvres qui, même si elles sont muettes, sont plus que passionnantes et intéressantes. Les immenses succès de ces films poussent le studio, d’abord réticent, à plonger encore plus dans l’horreur. En 1931 sort Dracula, réalisé par le vétéran du cinéma muet Todd Browning, film adaptant une pièce de théâtre elle-même adaptée du roman éponyme de Bram Stocker – oui, je me répète, mais c’est la base de l’éducation, non ? – (la transposition au théâtre réduit souvent le nombre de décors et donc son adaptation au cinéma coûte moins cher à produire, en général). Pour l’anecdote, le début des années 1930 est une période de transition entre le muet et le parlant. Le film Dracula dispose donc d’une version muette afin d’être projetée dans les cinémas alors pas encore équipés pour diffuser une bande sonore. On peut d’ailleurs remarquer que bon nombre de scènes sont parfaitement compréhensibles sans les dialogues, et souvent mêmes muettes.

De plus, le problème de l’exportation des films se posait. Les techniques de doublages étant encore à leur balbutiement, une version espagnole du film a été tournée en parallèle à la version anglophone, par une équipe et des comédiens hispanophones a partir du même scénario et dans les mêmes décors. Cette version, ayant pour but d’assouvir la domination du cinéma américain dans le marché d’Amérique Latine – donc de gratter la réputation d’être meilleure techniquement et plus audacieuse – reste beaucoup plus rare et méconnue. Le film Dracula (la version anglophone), malgré ses nombreux défauts, remporte un immense succès et ouvre la voie aux autres monstres. Très vite, Universal lance la production de Frankenstein, adaptation du roman de Mary Shelley, ou plus exactement d’une pièce de théâtre adaptée du livre. Le film, réalisé par le très vénérable James Whale, fait un carton et est sans aucun doute bien meilleur que Dracula. L’aspect classique de la créature (le gros front, les électrodes dans le cou, le teint pâle…) est né avec ce film et diffère de la description du roman. On a donc un premier cycle : en 1932 sort La Momie (tiré d’un scénario original pour une fois), en 1933 L’Homme invisible (adaptation par James Whale très réussie du roman d’H.G. Wells) et en 1935 le thème de la lycanthropie est enfin mis en avant dans Le Monstre de Londres (Werewolf in London en V.O.). Le Monstre de Londres, bien que techniquement réussi, ne s’impose pas et le monstre en question n’est qu’un prototype de ce qu’on peut appeler un loup-garou. Nous sommes finalement plus proches d’un Etrange cas du Dr. Jekyll et Mr. Hyde que d’un loup-garou.

Après avoir pondu des suites de Frankenstein et Dracula allant du magnifique (La fiancée de Frankenstein en 1935) au plat réchauffé (La fille de Dracula en 1936), Universal se décida à réessayer le loup-garou. C’est en 1941 que sort notre film du jour, The Wolfman. On peut le présenter comme le premier « vrai » film de loup-garou. Il mettra en place les thématiques que l’on retrouvera dans presque tous les films de loup-garou et assimilé. Le projet est porté par le réalisateur producteur, ce qui est tout à fait extraordinaire à l’époque – taste my bollocks dudes -, George Waggner, surtout connu pour des westerns. Si Le Loup-garou a mis plus de temps à s’imposer que Frankenstein, par exemple, c’est qu’il n’existe aucune œuvre majeure qui puisse lui servir de bases, comme le roman Dracula pour les films de vampires. Le risque d’échec était donc plus grand. La lycanthropie, ou le mythe du loup-garou est vieux comme le monde, mais diffère énormément selon les périodes, les régions, et le concept devait être expliqué au public.

Nous suivons les aventures de Lawrence Talbot, fils de lord Anglais qui revient dans le domaine familial dans les tréfonds de la campagne anglaise. Lawrence a longuement étudié aux États-Unis, terres de modernité s’il en est – j’aime cette expression, oui. Il redécouvre une Angleterre profonde plongée dans les mythes et les superstitions, qui semblent figée dans un siècle lointain. Alors qu’il visite un camp de gitan, il se fait mordre par un loup qu’il tue à coup de canne au pommeau d’argent. Or, on ne retrouve pas le corps du loup, mais celui d’un gitan, et la blessure de Lawrence guérit beaucoup trop vite pour que ce soit naturel. Bien évidemment le gitan était un loup-garou et notre malheureux héros se transforme lui aussi en loup-garou. The Wolfman est le premier film à placer les éléments clés du mythe du loup-garou. L’argent le tue, les victimes se transforment quand la lune s’élève (le lien avec la pleine lune n’a pas été inséré, surtout pour des raisons scénaristiques selon moi) et quiconque est mordu par un loup-garou et survit devient lui-même lycanthrope. Si ces éléments existaient déjà dans des légendes, et peut être certaines histoires (en littérature ou cinéma), jamais ils n’avaient été aussi clairement disposés et expliqués.

Le rôle titre est confié à Lon Chaney Jr., dont le père a joué Quasimodo et le personnage du Fantôme de l’Opéra dans les films cités plus hauts. Coïncidence ? Je ne pense pas *air grave suspicieux*. On retrouve aussi Claude Rains (qui a joué l’Homme invisible dans le film d’Universal) ainsi que Bela Lugosi (le Comte Dracula de 1931) dans un petit rôle. Le plus gros défi du film a été le monstre en lui-même, car les moyens de l’époque n’étaient pas ceux d’aujourd’hui (nous étions alors en 52 avant Jurassic Park, pour reprendre un repère chronologique cher aux gentils Messieurs de Crossed.). Il n’y avait bien entendu pas d’effets numériques et les techniques optiques, mécaniques ou de maquillages étaient bien moins développées qu’aujourd’hui. Le maquilleur Jack Pierce est engagé pour concevoir le loup-garou, et je vous enjoins à regarder son C.V., sur le lien sous son nom, long comme le bras d’un jour sans pain. Et oui, monsieur, tout à fait madame, je mélange des expressions à ma guise. Comme le comte. De Guise. Clique. Vous ne le connaissez pas mais c’est lui qui a créé le maquillage de Dracula et de la créature de Frankenstein qui sont aujourd’hui des icônes culturelles #silenest. Il choisi de suggérer l’idée du loup, plus que d’imiter vraiment un loup (ce qui aurait été sans aucun doute ridicule). Lon Chaney portait donc un maquillage a base de poil de yack avec un faux museau et des dents pointues mais reste très humanoïde. La scène de la métamorphose a été conçue à base de fondus enchaînés. Notons que cette scène est techniquement moins réussie que la transformation en homme loup montrée dans Le monstre de Londres.

Le film est entièrement tourné en studio, comme une immense majorité des productions de l’époque, à cause du matériel absolument énorme et fragile, ainsi que gourmand en éclairage. Il s’offre des décors et une lumière splendides, contrastant par un certain romantisme avec les autres films de monstres d’Universal, souvent très inspirés par l’expressionisme Allemand, dont on a parlé plus haut. Les scènes dans la forêt, par exemple, ont certes des lumières très contrastées (élément intrinsèque de l’Expressionnisme), mais sont baignées dans une fumée qui donne un aspect relativement nouveau dans le genre horrifique (bien que l’on retrouve ça dans Dracula notamment mais à dose anecdotique). Le film prend son temps afin d’expliquer au public (qui n’avais jamais vu ça) le mythe du loup-garou. Mais, devant respecter les canons de durée pour ce genre de production (soit 75 minutes à peu prés), la fin et la résolution se précipitent et sont un peu confuses. C’est un défaut qui a été souligné à l’époque et qui reste toujours assez gênant.

Le film remportera un grand succès et le personnage de Lawrence Talbot apparaîtra dans plusieurs suites, toujours victime de lycanthropie aigüe. Il rencontrera même Dracula et la créature de Frankenstein dans des films comme Frankenstein rencontre le Loup-Garou (1943) ou La Maison de Dracula (1945), et on se plaint de nos Avengers. Comme quoi on n’a pas attendu Twilight ou Underworld pour que des loups Garous rencontrent des vampires, ni les films de super héros pour pondre une quantité astronomique de suites. [intervention impromptue du Vil Faquin : attention Lemming, si tu dis du mal de Kate, je te limoge.]

Jack Pierce, LE monsieur maquillage du cinéma d'horreur. Notre imaginaire collectif lui doit beaucoup.

Jack Pierce, LE monsieur maquillage du cinéma d’horreur. Notre imaginaire collectif lui doit beaucoup.

La Bête Humaine

Nous n’allons pas parler ici d’une obscure reprise de Téléphone, mais bien du thème principal de The Wolfman : la part bestiale qu’il y a en chaque Homme. Lawrence Talbot est le parfait homme du vingtième siècle. Il à vécu dans une Amérique moderne et ne prête pas attention aux légendes de loups garous, sauf bien sûr quand il s’agit de draguer la première fille qui lui tape dans l’œil. Mais cela ne l’empêche pas, une fois mordu, de devenir une bête féroce et de s’attaquer et tuer de pauvres gens. Cette idée que l’on retrouve dans L’Étrange Cas du Dr Jekyll and Mr Hyde de Robert Louis Stevenson, mais aussi dans Sphère dont on a déjà parlé, est le cœur même du mythe du loup-garou, et de son traitement au cinéma. Quoiqu’on fasse, il y aura toujours une bête incontrôlable en nous. Ce constat très freudien (si je ne m’abuse, #silenest) est omniprésent dans l’Expressionnisme Allemand et, par voie de conséquence, dans pas mal de films de monstres Universal. Si, dans The Wolfman, la transformation en loup-garou symbolise physiquement ce concept (il se transforme littéralement en grosse bête), il était développé plus subtilement dans le scénario d’origine, qui restait évasif sur la transformation. Avait-elle réellement lieu ou tout n’était que dans la tête du héros ? La production choisit la première option afin de montrer un nouveau monstre à un public friand de nouveauté et d’horreur.

Mais cet aspect de monstruosité cachée dans l’humain prend une autre dimension si on s’attarde sur son scénariste, Curt Siodmak, et le contexte dans lequel le film a été produit. Siodmak est un Allemand de confession juive qui a dû fuir son pays natal avec l’arrivée du nazisme. La transformation du brave Lawrence Talbot en loup-garou assoiffé de sang peut être mise en parallèle avec la transformation de certains gens normaux en fanatiques nazis avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Siodmak a dit lui-même avoir été traumatisé par ses voisins ou amis qui devinrent hostiles à lui du jour au lendemain. C’est cette dimension de l’humain que décrit plus spécifiquement The Wolfman. Une situation particulière (un régime politique, une morsure dans la nuit) et l’Homme peut devenir un monstre. Et ce n’est pas un hasard si le loup-garou voit apparaître un pentagramme (une étoile en rappelant une autre) sur la main de sa prochaine victime, élément du scénario qui semble n’être là que pour dramatiser l’intrigue.

Je ne cesse de vous parler de « films de monstres », mais qu’est ce que c’est donc que ça ? Le cinéma dit de monstre désigne les films qui se focalisent sur le monstre (ou l’être anormal). Par exemple Frankenstein est un film de monstre car le sujet est la créature Frankenstein. Alien n’en est pas un car les monstres en questions, aussi terrifiants et mémorables soient-ils, ne sont pas le centre du film, justes les éléments de danger. Si Alien était un film de monstre, il aurait été tourné du point de vue d’une des méchantes bestioles et de sa nature faisant qu’elle est rejetée de toutes les sociétés. Après, bien sûr, on peut se demander si Sigourney Weaver n’est pas elle-même un monstre, mais peut-être qu’on abuserait. Le monstre est presque toujours un personnage profondément triste, seul et rejeté. Le cinéma de monstre traite en général de l’intolérance des sociétés humaines, le rejet de la différence. Le monstre en lui-même est une métaphore des minorités, des gens exclus, des outsiders… Comme l’a si bien dit Guillermo Del Toro (grand maître du fantastique actuel au cinéma), le monstre est la minorité ultime. Il l’a brillamment mis en scène avec ses adaptations du comicbook Hellboy qui, avant d’être des films d’actions ou de super héros, sont des films de monstres. Hellboy et sa bande vivent cachés par le gouvernement en échange de la traque d’autres monstres, et sont rejetés par les humains quand ils se croisent.

L’exemple le plus parlant reste pourtant Frankenstein de James Whale. La créature de Frankenstein est certes dangereuses par sa force mais est d’une innocence enfantine. Elle ne comprend rien de ce qui lui arrive. La foule la désignera comme monstre, encore plus que son créateur d’ailleurs, et tentera de la tuer. Les seuls personnes qui l’accepteront seront une petite fille (symbole de l’innocence) et un vieil aveugle (dans l’excellente suite, La Fiancée de Frankenstein, parce que les monstres aussi ont droit à l’amour).

Le genre s’étend au-delà du fantastique. En effet, l’un de ses classiques est Elephant Man (1980) de David Lynch qui est une histoire aussi terrible que vraie sur un homme horriblement déformé. On peut le rapprocher au film Freaks, la monstrueuse parade, réalisé par Tod Browning, réalisateur du Dracula de 1931. Freaks sort en 1932 et raconte l’histoire d’une troupe de monstres de foire incarnés par de vrais « monstres de foires » qui doivent s’unir pour survivre dans une société qui ne les considère que comme des attractions et certainement pas comme des êtres humains. Le film, le plus troublant de son auteur, est peut être le manifeste involontaire (et en retard) du genre. Il sera rejeté en bloc a sa sortie et jugé indécent et malsain. Notons par là même que le terme de freak est devenu le mot pour désigné les gens qui sortent du commun, d’une manière générale, dans la société, américaine, normée au possible. De la même manière, on peut apparenter bon nombre de films au cinéma de monstres, même s’ils semblent en être éloignés. King Kong (la version de 1933, et même les autres) par exemple avant d’être un film d’aventure, est un film sur le destin tragique de ce pauvre gorille géant qui n’a finalement rien demandé à personne. Dans un registre fichtrement différent, De Rouille et d’Os (2012) de Jacques Audiard, a été conçu et vu par beaucoup de gens comme un film de monstres. La vie et le rapport aux autres du personnage de Marion Cotillard change totalement quand elle perd ses jambes et devient dans le regard des autres une femme sans jambe plutôt qu’une femme normale. La grande question est, est ce que La Petite Boutique des horreurs peut être considérée comme un film de monstres ? J’en doute mais le débat reste ouvert. On vous en fera un article.

The Wolfman est, vous l’aurez compris, un film de monstres. Lawrence Talbot est maudit à partir du moment où il est mordu : en effet, il se transformera régulièrement en loup-garou et croquera férocement les gens. Il est contraint de vivre seul ou d’être un danger pour ses proches. De plus, au lieu de comprendre cette malédiction et d’essayer de l’aider, les gens le rejettent et au mieux veulent l’enfermer. Dès qu’il est soupçonné d’être un loup-garou, les villageois lui veulent du mal et l’évitent. La scène de l’enterrement du gitan est parfaitement représentative. Lorsque Lawrence rentre dans l’Eglise, toute la foule le regarde d’un air suspicieux s’il en est. Cette dimension est néanmoins assez peu présente dans le film, et sera plus développée dans les suites, s’il en e.. ? Non ? Bon okay. On y verra Lawrence Talbot ne désirant que mourir pour échapper à cette malédiction.

Photo de famille.

Photo de famille.

Loin des Hommes

The Wolfman est souvent considéré comme le dernier grand film de monstres d’Universal. En effet, à partir de là vont s’enchaiîner des suites toujours plus poussives et souvent ridicule, jusqu’à devenir des comédies. Il y aura néanmoins quelques résurgences parfois rigolotes venant d’Universal comme L’Étrange Créature du lac noir de 1954 (qui a été tourné en 3D). En 1981, le thème du loup-garou est repris avec brio par John Landis avec le Loup-Garou de Londres, toujours produit par notre studio du jour. En plus d’être gorgé d’hommages aux films de monstres classiques, le film reste sans doute l’une des meilleures comédies horrifiques jamais faites. Universal ressuscitera ses monstres sous la formes de sympathiques films d’action au début des années 2000 avec la trilogie La Momie (1999, 2001 et 2008) et Van Helsing (2004) où l’on voit d’ailleurs Dracula, la créature de Frankenstein, Dr Jekyll (et mr Hyde) ainsi que des loups garou, tout ça pour le prix d’un seul ticket. [ndlf : et avec Hugh SexyGuy Jackman et Kate Fucking Beckinsale. Pardon] En 2010, le studio a sorti le remake direct et officiel de The Wolfman, qui porte le même nom d’ailleurs. Réalisé par Joe Johnston (Jurassic Park 3, Jumanji, Captain America: First Avenger…), ce remake a été un échec commercial et critique bien que doté d’un budget conséquent et d’un casting quatre étoiles (Benicio Del Toro, Emily Blunt, Hugo Weaving et le capable du meilleur et surtout du pire Anthony Hopkins). La mise en scène est sans imagination, le scénario (qui reprend et allonge l’original) est astucieux mais maladroit, la bouillie numérique indigeste et les fulgurances gores sont ridicules. Ceci dit il est intéressant de parler de la direction artistique qui a su prendre une direction aux antipodes des normes actuelles. Le design du loup-garou est rigoureusement le même que dans le film de 1941, ce qui fait plaisir à voir. On retrouve même le logo d’Universal des années 40 – d’ailleurs on ne sait pas si cela constitue un aveu d’impuissance ou un clin d’oeil fun. Bref c’est un film sympathique mais finalement peu intéressant. Mais voir Benicio Del Toro jouer un lord Anglais justifie totalement le visionnage.

Le thème du loup-garou a été repris par d’autres studios qu’Universal. La très célèbre maison de production britannique Hammer a produit en 1961 un remake inavoué avec La Nuit du Loup-Garou de Terence Fisher. On peut également citer Hurlement (1981) de Joe Dante – dont on avait beaucoup parlé – où un serial killer compulsif n’est d’autre qu’un loup-garou. Ce rapprochement est d’ailleurs très intéressant. Le cinéma d’animation nous a également offert des pépites, comme avec Wallace et Gromit: Le mystère du lapin garou (2005) de Nick Park et Steve Box, caricature intelligente (et très drôle) des films de loups garou et de monstres en général, avec un lapin legumivore à la place d’un loup. En 2012 sort Hotel Transylvanie de Genndy Tartakovsky. On y voit un conte Dracula ouvrir un hôtel pour tous ses amis monstres (l’homme invisibles, la créature de Frankenstein et bien sur le loup-garou) car ils ne sont plus aptes à vivre dans le monde moderne et ne font plus peur a personne. Les monstres sont dans leur design des années 30, et le loup-garou y est présenté comme le papa insomniaque d’une meute de louveteaux garou incontrôlables.

The Wolf-Man, l'Homme Loup, dans son milieu naturel. Certains spécialiste de la freak-faune estiment que la brume est spontanément générée ex-nihilo sur son passage.

The Wolf-Man, l’Homme Loup, dans son milieu naturel (studio). Certains spécialiste de la freak-faune estiment que la brume est spontanément générée ex-nihilo sur son passage.

It’s alive

Je conclurais en disant qu’il faut voir The Wolfman (de 1941), ainsi que tous les classiques Universal dont on a parlé, qui ont certes un aspect folklorique et ne font plus peur du tout (quoique Nosferatu de 1922 garde un côté inquiétant je trouve), car ils restent des fondamentaux et des films de grandes qualités. Ils gardent un aspect culturel et historique passionnant. On y voit les canons horrifiques, esthétiques et techniques de l’époque… Enfin voilà, je crois que j’ai conclu, tiens donc.

Sur ce, je vous laisse sur une autre histoire d’horreur.

Lemming Affranchi

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