Edito 11.14 / Neil Gaiman

« Le 14 octobre 2013, Neil Gaiman a donné une conférence à l’invitation de la Reading Agency, au Barbican Centre de Londres. Voici une retranscription intégrale de son discours.  Né en 1960 en Angleterre, Neil Gaiman est auteur de célèbres comics, scénariste et romancier. Lauréat de nombreux prix, il est lu dans le monde entier.  Cette édition gratuite, destinée aux bibliothécaires, libraires et lecteurs, vous est offerte par Neil Gaiman et les éditions Au Diable Vauvert. » peut-on lire au début de ce petit ouvrage. L’auteur nous explique, s’il en est besoin, l’importance de la lecture et des lieux de lecture comme les bibliothèques dans nos sociétés modernes, notamment au travers de l’exemple Chinois.

« Pourquoi notre futur dépend des bibliothèques, de la lecture et de l’imagination »

« Une conférence sur le devoir de chaque citoyen d’exercer son imagination et de pourvoir à ce que les autres exercent la leur. »

Un petit ouvrage agrafé envoyé gracieusement par le  Diable Vauvert à leurs librairies partenaires ! Une bien belle initiative !

Un petit ouvrage agrafé envoyé gracieusement par le Diable Vauvert à leurs librairies partenaires ! Une bien belle initiative !

Voici un extrait de cette conférence, traduite de l’anglais par Patrick Marcel et que vous pouvez retrouver en intégralité en format texte sur cet article et avec la vidéo de la conférence à ce lien.

« Il est important que les gens précisent dans quel camp ils se rangent et pourquoi, et s’ils pourraient être de parti pris. Une déclaration d’intérêts de la part des membres, en quelque sorte. Donc, je vais vous parler de lecture. Je vais vous dire que les bibliothèques sont importantes. Je vais suggérer que lire de la fiction, lire pour le plaisir, est une des plus importantes activités à laquelle on puisse s’adonner. Je vais lancer un appel passionné pour que les gens comprennent ce que sont les bibliothèques et les bibliothécaires, et qu’il faut les préserver.

Je suis de parti pris, de façon évidente et gigantesque : je suis auteur, souvent auteur de fiction. J’écris pour les enfants et les adultes. Depuis une trentaine d’années, je gagne ma vie par mes mots, en majorité en inventant des choses et en les écrivant. Il est évidemment de mon intérêt que les gens lisent, qu’ils lisent de la fiction, que bibliothèques et bibliothécaires continuent à exister et aident à favoriser l’amour de la lecture et des lieux où la lecture peut se pratiquer. 

[…]

Nous avons une obligation de dire à nos politiciens ce que nous voulons, de voter contre les politiciens, quel que soit leur parti, qui ne comprennent pas l’intérêt de la lecture pour créer des citoyens de qualité, qui ne veulent pas agir pour préserver et protéger le savoir et encourager l’instruction. Ce n’est pas une affaire de politique politicienne. C’est une question de simple humanité.

On a un jour demandé à Albert Einstein comment nous pouvions rendre nos enfants plus intelligents. Sa réponse a été à la fois simple et sage. « Si vous voulez que vos enfants soient intelligents, a-t-il dit, lisez-leur des contes de fées. Si vous voulez qu’ils soient plus intelligents, lisez-leur plus de contes de fées. »

Il comprenait la valeur de la lecture, et de l’imagination. J’espère que nous pourrons donner à nos enfants un monde dans lequel on leur fera la lecture, où ils liront, imagineront et comprendront.« 

Lecteurs, Libraires, Bibliothécaires : même combat.

Lecteurs, Libraires, Bibliothécaires : même combat.

Maintenant, il est clair que nous comprenons cette importance, nous lecteurs et amateurs de littératures en tout genre. Il est clair que nous sommes conscient de nos privilèges d’avoir accès à ce plaisir et à cette chance. Il nous revient donc de lutter, chacun à notre propre et petit niveau, pour que l’importance de la lecture et de la lecture de fiction soit comprise par nos concitoyens et par les instances publiques, que les bibliothèques soient sauvegardées et développées, aidées. Cela permettrait à nos jeunes de se trouver, de se construire mentalement et d’avoir une plus grande emprise sur le monde qui les entoure, de ne pas s’y perdre ou s’y noyer en quête d’une identité qu’il leur refuse.

Cela résoudrait aussi un des problèmes majeurs de notre temps : le manque de spiritualité de notre société matérialiste pourrait être pallié par la lecture et l’imagination, et il est peu probable qu’alors les extrémismes de tout bord puissent aussi facilement embrigader nos jeunes en perte de repère à l’autre bout du monde sous des prétextes aussi fallacieux qu’illusoires, qui imploseraient aux yeux de ces mêmes jeunes si ceux-ci avaient eu la chance de se construire par et au travers de la lecture.

Vil Faquin.

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