Y f’rait beau voir / La Surprise

La Surprise

Patrick O’Brian

Me revoilà pour une deuxième édition de cette section d’assaut contre l’ignorance littéraire fondamentale. Dans la première, nous avions fait une présentation, que dis-je ?, une success story avec un billet qui avait été moultement apprécié sur Le Silmarillion d’Hubert-Félix Tolkien. Euh… ?

Nous allons donc continuer dans la même lignée. Sauf qu’après un article aussi relayé – non, j’vous assure, j’ai grave halluciné, mais merci les gentils éditeurs de relayer mes billevesées – ça va être dur de tenir la cadence. Du coup, quitte à se casser la gueule niveau audience, autant que ce soit pour présenter un truc complètement différent.

Et là, j’vous assure, on peut pas faire plus différent. On sort du mainstream fantasy-like à la Tolkien, Jackson & Co et on plonge dans du gros roman d’aventure velu, écrit à l’ancienne ET TOUT. Surprise. Le tout en essayant de rester court et concis, j’oublie pas.

En plus, j'veux pas dire, mais l'illustration de couverture, jolie canonnade, elle roxxe du poney.

En plus, j’veux pas dire, mais l’illustration de couverture, jolie canonnade, elle roxxe du poney.

Alors on va parler de La Surprise, justement, de Patrick O’Brian. Pourquoi ? Déjà fuck. Et ensuite parce que j’ai déjà parlé de Long John Silver – La relation véridique et mouvementée de ma vie et de mes aventures d’homme libre, de gentilhomme de fortune et d’ennemi de l’humanité et de La Dernière Aventure de Long John Silver et que ça reste dans le ton, même si nos amis gentilshommes de fortune auront disparu depuis 150 ans, au bas mot.

So let’s do this:

  1. L’auteur, tout d’abord, Patrick O’Brian. C’est une sorte de Tolkien des mers, le genre de mec qui a écrit avec une assurance non feinte sur un univers qui le passionnait. Ce monsieur, A écrit pas moins de 21 romans prenant place dans le même univers, celui de la marine anglaise du XIXème siècle. Il a également traduit en anglais du Simone de Beauvoir (Mémoires d’une jeune fille rangée). Irlandais, le romancier est malheureusement décédé en 2000, dans le Sud de la France. La Surprise est le troisième tome, sorti en 1973 après Maître à Bord (1970) et Capitaine de Vaisseau (1973) ; par cet ouvrage, je veux bien sûr vous faire découvrir toute la trilogie.
  2. Comme on l’a dit, ses romans se concentrent sur la Royal Navy et certains de ses personnages éminents (fictifs ou réels, nous y reviendrons) de l’époque de Bonparte, moultement cité. Et, soyons honnêtes, je ne peux pas résister à un bon roman d’aventure en mer prenant un contexte historique précis en fond, surtout quand il inclut des coups de canon dans les goules. Qui a dit que ces 5 raisons seraient objectives ? Non, ce sont celles du Faquin.
  3. Et puis… et puis… O’Brian est un scrupuleux bougre. Il est très tolkiennesque dans sa minutie des descriptions exactes, son exactitude de chaque instant et son peu de libertés prises sur la réalité des choses. Et puis ses personnages passent à travers de la Grande Histoire et rencontrent des personnages réels comme Melville et Saint-Vincent, Premiers Lords de l’Amirauté, Sir Joseph Banks, président de la Royal Society, l’amiral Linois, que les personnages combattent dans l’Océan Indien, prennent part à  la bataille d’Algesiras (1801), à la conquête de la Réunion et de l’île Maurice, à l’indépendance du Chili… Même les navires, les quarts, les bouts, les mâts, les voiles, les grades, tout est fait pour qu’on s’y croit. Et le perso principal est directement inspiré de Thomas Cochrane.
  4. Si je vous dis que ces romans sont surnommés les Aubreyades, en référence au héros, ça ne vous dit rien ? Oui, voilà, Jack Aubrey, capitaine de Sa Majesté et son fidèle ami Stephen Maturin, médecin, naturaliste et agent secret britannique. Ca vous revient ? Une belle fresque épique et réaliste – hé oui – Master and Commander : De l’autre côté du monde de Peter Weir avec Russell Crowe, Paul Bettany et James Darcy. Un chef d’oeuvre (nommé à 10 Oscars, en remporte 2) qui a fait date dans l’histoire des films de marine pour son approche réaliste, violente et sans concession des guerres navales franco-anglaises pendant la guerre anglo-américaine de 1812. Une adaptation qui envoie du fromage de tête, un peu comme les bouquins, sur un autre ton.
  5. Le Ton justement, c’est cela qui fait beaucoup dans le plaisir que j’ai eu à lire et relire La Surprise et ses deux grands frères. En effet, l’ouvrage est vu par le regard de Maturin, le lettre, le musicien, le botaniste et le médecin, qui suit son ami Aubrey pour l’aider à réaliser son rêve : mettre suffisamment de côté grâce aux prises pour financer son mariage. Comme quoi la thématique est pas très éloignée de nos problèmes modernes hein. Le fait que le Docteur Maturin nous invite à voir les choses par ses yeux permet à O’Brian et au traducteur (le brillant Jean-Charles Provost) de faire briller un langage ancien, pas le moins du monde désuet mais relativement agréable et plein d’ironie, notamment les passages où le miroir opposé de Stephen, la sulfureuse Diana. et puis tous ces Messieurs Wilks, Villiers, M’Alister, Killick, Babington, Blumb, Stourton, et compagnie, on peut dire qu’on est vraiment bien dans l’ambiance directement. La Surprise, c’est le nom du bateau, ne fait qu’un avec ses hommes et vice versa.
Un film qu'il est bien, même que y'a Pippin dedans. Si d'abord. C'EST PIP-PIN ! PE-RE-GRIN TOU-QUE. Ouesh.

Un film qu’il est bien, même que y’a Pippin dedans. Si d’abord. C’EST PIP-PIN ! PE-RE-GRIN TOU-QUE. Ouesh.

Si vous cherchez à vous procurer l’ouvrage, deux éditions sont principalement disponibles. Celle des Presses de la Cité et celle chez Pocket. L’édition chez Pocket est bien moins propre mais a le loisir de se glisser partout et croyez-moi, vous ne le lirez pas d’une traite tant il est dense. Mais la lecture vaut le coup et représente réellement une bonne expérience de lecture. Pour les rôlistes, les amateurs de Pavillon Noir sauront y trouver une expérience de jeu parfaite avant de brûler la fiche de leur précédent personnage et d’en créer un nouveau, avec des favoris blancs énormes, une gueule de loup de mer, un accent écossais à couper au couteau et de l’appeler Maître Grims Monsieur Gibbs !

Alors bon, jeunes gens ! Convaincus ? Non ? Allez revoir le fim hein, et on en reparle !

Vil Faquin.

Sur le voyage : La Fin du voyageLa Surprise.
Plus largement, sur la flibuste : Les Pirates, PiratesLes Pilleurs d’âme,
Long John SilverLa Dernière aventure de Long John Silver.

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