Le Mercenaire (Mercenary)

Le Mercenaire (Mercenary)

Mack Reynolds

ENCORE UNE FOIS ON CON-enflure de capslock-tinue avec les chroniques de l’event « Août – Nouvelles coûte que coûte !« , une fois de plus chez Le Passager Clandestin à la collec’ Dyschroniques.

Cette fois-ci,  on s’attaque au Mercenaire de Mack Reynolds, une nouvelle de 1962 absolument fantastique qui aurait aussi bien pu être écrite il y a une semaine, et qui a trouvé son prolongement dans Mercenary from Tomorrow, un full-lengh novel directement inspiré de la nouvelle et qui a connu un succès certain outre Atlantique.

Pour le dire très clairement, c’est LA nouvelle de la collection. Enfin de mon point de vue au moins. Comme toujours dans la SF et dans l’anticipation, je recherche du discours social, du concret, pas forcément de la grosse dénonciation inutile qui tache, mais au moins des thématiques sérieuses, traitées convenablement (pour des nouvelles) et qui apportent un aperçu des profondeurs des questions abordées… Pour permettre d’approfondir par la suite. Et… par Odin, Créateur de toute chose, ce que cette nouvelle est géniale !

Je ne sais plus si j'avais mentionné le fait que cette collection était vraiment une collection de poche.

Je ne sais plus si j’avais mentionné le fait que cette collection était vraiment une collection de poche.

Mack Cormic sans MS

Et paradoxalement, j’ai rien à en dire. Ou plus exactement je ne sais pas comment je pourrais parler d’un sommet de la short-story tel que celui-ci sans en biaiser le discours, en amoindrir la portée et en faner la saveur – je vous avais dit que j’étais poète aussi ? Ouais je sais, je fais souvent cet effet.

Du coup, c’est pas parce que j’ai rien à dire sur l’oeuvre (ou trop, en fait) que je ne vais pas parler ! Non mais ! Comme à l’habitude, on va discuter un peu de l’éditeur, parce que ces petites éditions format poche sont aussi faites pour ça, faire découvrir les textes, certes, mais aussi les auteurs. D’ailleurs je vais une nouvelle fois vous citer l’éditeur à travers le leitmotiv de début d’édition :

Dyschroniques exhume des nouvelles de science-fiction ou d’anticipation, empruntées aux grands noms comme aux petits maîtres du genre, tous unis par une même attention à leur propre temps, un même génie visionnaire et un imaginaire sans limite.

A travers ces textes essentiels se révèle le regard d’auteurs d’horizons et d’époques différents, interrogeant la marche du monde, l’état des sociétés et l’avenir de l’homme.

Lorsque les futures d’hier rencontrent notre présent…

Philippe Lécuyer

Avec un tel discours de la part de Lécuyer, peu m’étonne que les joutes littéraires proposées soient au diapason des noms d’auteurs aperçus, tous chevaliers de l’anticipation, ces Lancelots intrépides pourfendant les veules idéologies arriérées des conservateurs de Gorre ! – J’avoue être assez fier de moi. La métaphore filée partait bringuebalante et elle a continué de manière poussive pour se finir en appel à peine caché à la transcendance de Chrétien de Troyes. Non, j’suis content, d’un zéro absolu, j’ai réussi à créer un paragraphe inintéressant, je progresse. Je pourrai bientôt, comme certains, écrire 8 chroniques par semaine en ne disant rien (ne vous sentez pas visés, chers lecteurs, si vous êtes ici c’est que vous avez du goût).

« Interroger la marche du monte, l’état des sociétés et l’avenir de l’homme« … Tout un programme. Mais au final, ne serait-ce pas là le but affiché de la sf ? Ne serait-ce pas là l’entier intérêt du genre, plus que les vaisseaux-spatiaux et les voyages temporels ? Ne seraient-ce pas, comme on le disait pour Farlander du Nord-Irlandais Col Buchanan il y a quelques temps, que des moyens de discourir d’un point plus important ? Et si le ciel était rouge, Superman serait-il si fort ? Et est-ce que vous avez senti l’ironie dans le paragraphe précédent ou bien est-ce que vous l’avez pris premier degré ? Et 42 ? Et Metamorph est-il réellement un Pokemon utile ? Ovide ne s’en retourne-t-il pas dans sa tombe (là il faut cliquer sur Ovide pour comprendre le lien) ? Est-ce que tu baises ?

Autant de point sur lesquels Le Mercenaire ne répond pas forcément, mais qui s’imposent à nous lors que nous comprenons enfin les tenants et les aboutissants d’un genre. Sympa non ?

Souvenirs de Famille : socialisme et résistance.

Souvenirs de Famille : socialisme et résistance.

Mack la Menace

Avec un titre de sous-partie comme ça, on a l’impression de retomber dans une vieille série kitch et désuète, mais malgré tout aux considérations pas si surannées que ça.

Toujours est-il que ce titre cache une part de vérité vraie, de celles que les Etats Unis d’Amérique se font un sport national de propager autour du monde. Ca et faire découvrir le processus démocratique aux pays de la liste noire (pas dans l’annuaire des pays cools en gros). Et justement, Mack Reynolds, avec sa gentille tête de deputy du sheriff du comté, est un mec qui dit des vérités, mais pas forcément celles que l’Oncle Sam aime à entendre.

En effet, issu d’un milieu populaire, Macko comme on l’appelle dans le milieu, est le fils de Verne Reynolds. Et là ça ne vous dit rien. Normal. Mais si je vous dis que le monsieur a été candidat à la vice-présidence pour le Socialist Labor Party en 1924 et double-candidat aux présidentielles de 1928 et 1932 pour le même Socialist Labor Party, vous comprendrez l’objet de cet aparté un peu plus long qu’à l’habitude sur l’auteur.

Quand on est communiste dans le pays fer de lance du capitalisme libéral à outrance moderne, on ne peut qu’être auteur de sf – je vous dis que si et les exemples sont légion, mais là, j’en ai aucun en tête. *mauvaise foi* Ou réalisateur de films complètement barrés et des joyaux du 7° art. Je ne parle pas du tout de Caprenter et d’Invasion los Angeles  THEY LIVE! -, dont le slogan est désormais repris – et est une marque déposée… – sur les casquettes des jeunes complètement dépolitisés… Bref.

Alors quand on sait que Macko rejoint le Socialist Labor Party en 1938 à 18 ans on ne peut qu’envisager la portée de ses textes, dont on sait aujourd’hui qu’il les a écrit par la suite mais à l’époque, tout le monde l’ignorait encore, la vie est belle des fois, si l’on excepte les chars. Et c’est donc dans les 1960’s que ce bon vieux Mack Reynolds nous sort Le Mercenaire, et tout le reste de son (imposante) bibliographie, en pleine Guerre Froide donc. Pas peur le mec !

Entre contexte et conseils de lecture pour approfondir.

Entre contexte et conseils de lecture pour approfondir.

Mack 3 Turbo – Fusion pro-glide et tout

N’ayant rien à en dire, si ce n’est qu’il m’a véritablement happé et que je l’ai relu 4 fois en 3 jours, j’essaie par ce billet de vous donner envie de vous lancer dans Le Mercenaire (faites gaffe il est baraqué, le bougre) sans parler du bouquin. Parce qu’au final, le contexte est plus fort que le concept, comme dirait MC Solaar. Comme c’est compliqué de n’en rien dire, voilà quand même quelques éléments :

En 1962, Mack Reynolds imagine une société où la guerre est l’affaire des multinationales.

Pour faire simple, Joe Mauser – comme la très célèbre Waffer Fabrik allemande oui, bien vu Macko – est un mercenaire, capitaine, qui évolue dans une société de classe. Un peu comme dans la très mauvaise série Dominion, chacun naît dans une classe sociale de laquelle il est très dur de s’extraire. Mauser, lui veut parvenir, par l’armée, à celle des supérieurs. La guerre, ce sont les multinationales qui se la font, pour régler des contrat, des monopoles etc, chacune disposant de sa milice et pouvant embaucher des mercenaires, comme Mauser. Mais par un protocole en vigueur, les armes employées sont toutes antérieures à 1900, pour éviter le carnage des guerres mondiales, dont on sent le traumatisme très présent dans la plume de l’auteur.

Alors j’aurais pu vous en parler en long en large et en travers de cette lutte des classes étouffée, de ces idéaux Marxistes, de cette révolte sous-tendue, de ces désillusions, de l’humanisation de l’ennemi de l’époque (le Russe ! Que dis-je, le Soviétique ! Pire, le Bolcho !), de l’ingéniosité…

Mais comme je l’ai dit, je préfère laisser libre cours à votre esprit d’analyse, à votre recul de lecteur,  aux qualités de votre esprit critique et de votre libre arbitre. Parce qu’au delà des convictions personnelles, c’est aussi ça, lire (et c’est pas les lecteurs du mormon Poul Anderson qui me contrediront).

Vil Faquin.
Dans la même collection : Murray LeinsterMarion Zimmer-BradleyPoul Anderson
James BlishWard MooreJean-Pierre AndrevonRobert Sheckley et Philippe Curval.
Hors série : Fred Guichen.
Sur la collection Dyschroniques : Interview de Dominique Bellec.

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18 commentaires

  1. Bravo pour la première photo je me demande encore si tu t’es contorsionné ou si je suis en retard sur certaines avancées technologiques permettant d’obtenir ainsi un résultat pas trop flou (ou seulement à but artistique). Je ne sais pas trop si tu m’as spécialement donné envie de lire ce livre mais j’ai bien ri, et tes derniers commentaires me rappellent très sérieusement le Talon de Fer de Jack London.

    1. Alors en vrai je n’ai pas du tout compris ton commentaire. Je vais donc te questionner et tu me pardonneras :
      -de quel résultat pas trop flou parles-tu ?
      -quels commentaires ?

      Sinon bah merci pour la comparaison à London (mon héros, un gros socialo, lui-aussi) et pour l’avancée technologique, c’est un implant prénatal, je crois qu’on appelle ça le B.R.A.S.

      1. J’ai noté que tu avais tenté de photographier ta poche arrière, ce qui me semble choisir un angle ni facile à viser, ni facile à mettre au point. Cependant on arrive à lire le résumé sur la 4e du livre et j’avoue que j’ignore si le léger flou est dû à une volonté artistique, à un défaut technique, ou, plus prosaïquement, au fait que tu éprouvais à ce moment la difficulté que j’aurais également à tenir l’appareil fixe pendant qu’on se tord le dos :D.
        En relisant je vois que mon « dernier » est de trop : tu rappelles la lutte des classes en conclusion, mais tu as abordé le sujet du socialisme / communisme et tutti quanti rossi auparavant.
        Ah oui je vois de quoi tu parles, j’en ai même deux.

      2. Alors tu m’en vois ravi pour toi !
        Pour le reste, oui effectivement je me suis un peu tordu le dos et tout et tout, et le flou est du au fait que j’ai eu la flemme de me contorsionner pour faire mieux, parce que… mais flûte à la fin. J’avais pas envie de mettre une photo de mes fesses en mode « le bouquin est un prétexte » donc c’est pas évident :p

        Pour London, oui, et le reste, oui aussi. J’aime dire oui. Oui. OUI.

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